La courtière du MSM

Lundi dernier, au meeting du MSM, Leela Devi Dookun a lancé “ici, kouma enn femme arrivé, zot critique li.” Sur le fond, la ministre de l’Éducation n’a pas tout à fait tort. À Maurice et ailleurs, les femmes qui se font un chemin dans la vie professionnelle doivent faire deux fois plus d’efforts que les hommes pour obtenir le même poste. Mais le problème, c’est de savoir où, quand et surtout  comment arrivent les femmes dont Mme Dookun prenait la défense, lundi dernier. Il est évident que la ministre de l’Éducation parlait des nominées politiques du MSM/ML qui n’arrêtent pas de défrayer la chronique. Après l’affaire de l’auto augmentation de salaires au Cardiac Centre, il y a eu l’affaire des biscuits ordinaires vendus à l’aéroport comme produits de luxe après un simple changement d’emballage. Mais déjà avant, il y  avait eu l’affaire de l’avocate qui avait accepté une nomination pour laquelle elle n’était pas qualifiée et surtout l’affaire Choomka, une des premières nominées du MSM à faire parler d’elle. Mme Choomka est avocate, membre du MSM, et qui, après les élections, avait été nommée présidente de l’ICTA, l’organisme chargé de veiller au bon fonctionnement des radios à Maurice. C’est alors qu’elle présidait l’ICTA que fut lancé un appel d’offres pour recruter un directeur général pour cet organisme. À la surprise générale, le conseil d’administration présidé par Mme Choomka retint pour le poste la candidature de... la même Mme Choomka. Pour se défendre, cette dernière déclara qu’elle avait fait acte de candidature sans réaliser qu’il s’agissait du poste de directeur général de l’organisme qu’elle présidait! On devait également apprendre qu’un Secrétaire Permanent, qui était également vice-président de l’ICTA, avait demandé et obtenu de la firme chargée de procéder aux interviews des candidats les questions qui leur seraient posés. En dépit du tollé que suscita la nomination de la nominée, le gouvernement élu pour “combattre la corruption et le copinage” donna sa bénédiction à la présidente devenue directrice générale. On pensait que Mme Choomka allait se faire oublier. Ce ne fut pas le cas. On apprit qu’au lieu de veiller au bon fonctionnement des radios mauriciennes, elle s’occupait surtout de ses salaires. C’est ainsi qu’elle s’est fait payer son “end of the year bonus” en mars quand elle arriva à sa première année de service. Il semblerait que les avocates du MSM/ML seraient passées maîtresses dans l’art de manipuler les règlements à leur profit. À la Cardiac Unit, la nominée, trouvant qu’elle n’était pas assez  payée, s’était auto-octroyé une augmentation de salaires. À l’ICTA, la directrice générale s’offre le boni de fin d’année au mois de mars! La même Mme Choomka s’est encore fait remarquer en intervenant pour réduire la durée des messages publicitaires radiophoniques du MMM pour le meeting du 1er-Mai.
Mais le pire était à venir. On vient de découvrir que du temps où elle était encore présidente à plein temps de l’ICTA,  Mme Choomka avait également une autre occupation lucrative, celle de courtière. Grâce à une plainte déposée à l’ICAC, on a appris qu’elle avait agi comme intermédiaire  pour une compagnie basée au Ghana voulant investir à Maurice dans le secteur énergétique avec un partenaire sud-coréen. Elle les a fait rencontrer une série de personnalités mauriciennes, dont Pravind Jugnauth ainsi que le même Secrétaire Permanent qui avait demandé les questionnaires devant servir à l’interview pour le poste de directeur général de l’ICTA. Pour services rendus en tant qu’intermédiaire, Mme Choomka écrit qu’elle prend généralement  $15,000 mais que comme elle est conciliante, elle n’a demandé que $10,000 à l’investisseur kenyan. Le problème c’est qu’en cours de route, il semblerait que la courtière ait choisi de travailler avec l’associé sud-coréen aux dépens du Kenyan, et qu’elle aurait même bénéficié d’un transfert de fonds de la part du Sud-Coréen. Trahi par la courtière du MSM, l’homme d’affaires kenyan a voulu récupérer ses $ 10,000, sans succès. C’est alors qu’il a porté plainte à l’ICAC, révélant l’affaire dans ses moindres détails avec copies de emails et sms donnant des détails sur les services offerts par la courtière.
Décidément, les nominées MSM/ML ont des capacités extraordinaires pour se remplir les poches! Souvent, en puisant dans celles des contribuables. Est-ce à Mme Choomka que pensait la ministre de l’Éducation quand elle parlait des femmes “ki kouma zot arrivé gagne critique”?