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Maurice, c'est un plaisir

Le cérémonial entourant la publication du rapport du Pay Research Bureau a été respecté. Avant sa publication, les politiciens avaient promis aux fonctionnaires de leur faire “la bouche doux”, les leaders syndicaux avaient mis en garde leurs membres contre les promesses des politiques. Des qu’ils ont pris connaissances des barèmes d’augmentation de salaire, les syndicalistes les ont jugés insuffisants, ont annoncé qu’ils allaient brûler le rapport, réclamé la tête du responsable du PRB et demandé la nomination d’un étranger “impartial.” Le gouvernement a d’abord fait dire que c’était un bon rapport avant d’annoncer que les travaux du comité devant corriger les anomalies du PRB sont avancés. Pourquoi avoir pris cinq ans pour faire un rapport pour le faire corriger par un comité qui ne va travailler que quelques mois? A quel niveau se situe l’erreur dans cette opération PRB qui semble ne pas se dérouler selon les plans du gouvernement?
Les personnages des Experts, cette série de télévision américaine mettant l’accent sur l’apport de la science et de la technologie dans la résolution des crimes, peuvent aller se rhabiller. Le chef du service des médecins légistes de la police mauricienne a inventé une méthode originale pour résoudre les crimes. Il procède aux examens post mortem à distance. C’est ainsi qu’il a affirmé que le travailleur social Lindsay Aza retrouvé pendu avec les poingts et les pieds liés s’était suicidé. C’est suite aux véhémentes protestations de la famille du défunt que “l’expert” a fini par reconnaître qu’il avait établi son diagnostic sans se rendre sur les lieux. Dans la série télévisée, un “expert” qui fausse un rapport aurait été suspendu sur le champ et aurait fait l’objet d’une enquête. A Maurice, il semble que la manière de faire des examens post mortem à distance de cet “expert” ne choque absolument pas ses supérieurs.
On pensait que le cours bidons n’étaient organisés que par les “institutions” autoproclamées se disant représentantes d’universités étrangères. On vient de découvrir que l’Université de Maurice pratique aussi la même méthode. Depuis 2008, 19 étudiants mauriciens ont passé quatre années à suivre des cours devant mener au diplôme de Bachelor of Pharmacy. Ils devaient ensuite faire un stage pratique d’une année dans des pharmacies avant de pouvoir exercer. Mais quand ils se sont présentés au Pharmacy Board pour obtenir leurs diplômes, ils ont découvert que leur certificat n’était pas reconnu par les autorités compétentes. Ils ont aussi découvert que l’Associate Professor de l’Université qui était responsable du cours a demandé et obtenu un congé d’un an et se trouve à l’étranger. Il est donc possible d’organiser au sein de l’université de Maurice des cours bidons qui ne mènent nulle part, comme dans n’importe quelle “académie” qui pousse comme des champigons après la pluie! Ailleurs, une enquête aurait été ouverte, les responsables suspendus, des mesures disciplinaires prises. Ici, chacun se renvoie la balle tandis que les 19 étudiants ne savent plus à quelle porte frapper. Finalement, l’université officielle n’a rien à envier aux universités craze crazé. On comprend maintenant pourquoi tant d’énergie avait été dépensée pour empêcher Conrad Morgan de devenir vice-Chancelier de l’Université de Maurice.
Comme dirait l’autre, Maurice, c’est un plaisir. Pour certains…


Commentaires

Doit aussi etre remis en question les conclusions des autopsies de Ramdonee, mort en cellule, de Emamdee mort en cellule, de Casimir, mort en cellule.

C un plaisir effectivement. Ce peuple mauricien a bon dos. Les gros bonnets s'amusent.
La caravane passe et les chiens, bof.