Le métro de la controverse

Le Metro Express, un des plus importants projets d'infrastructures jamais réalisés à Maurice, sera présenté officiellement lundi par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui compte rencontrer la presse par la suite pour s'inscrire dans les détails du projet.
Pendant quelque dix années, ce projet a fait l'objet d'une série d'études, de débats, de tergiversations. Il a même, à un certain moment, été enterré pour faire la place à la “bus lane”, et une troisième voie avait été aménagée le long de l'autoroute. Cependant, le Metro Express devait renaître de ses cendres avec le retour de Pravind Jugnauth au gouvernement et le soutien sans précédent de l’Inde, qui s'est engagée elle-même dans un vaste projet de métro léger en ces terres. La remise de ce projet sur les rails a relancé une vaste controverse que ce soit au gouvernement et au parlement, mais également parmi les employés des compagnies de transport, dont l'organisation pourrait être revue de fond en comble avec l'arrivée du Metro Express dans leurs zones d'opération.
Les critiques les plus virulentes proviennent de l'ex-ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, qui devait pousser sa démarche jusqu'à démissionner du parlement en vue de provoquer un « référendum » sur le projet de Metro Express dans sa circonscription à Belle-Rose/Quatre-Bornes, une des villes les plus affectées, selon ses dires, par ledit projet. Tous les autres partis de l'opposition se sont jusqu'ici insurgés contre l'opacité, l'absence de transparence et de dialogue ayant caractérisé les préparatifs en vue de la mise en œuvre du Metro Express. Nul, à deux jours qu'il ne soit rendu public, ne connaît le tracé exact du projet et les menus détails concernant les endroits où seront érigées les différentes stations. Nul ne sait si le projet sera exécuté en deux phases— à savoir une première entre Port-Louis et Rose-Hill et une deuxième entre Rose-Hill et Curepipe. La seule chose dont tout le monde est certain est qu'un délai s'échelonnant à demain a été fixé pour que toutes les infrastructures privées sur le tracé soient démolies…
Outre l'absence de transparence décriée par tous les partis de l'opposition, le financement du projet a jusqu'ici suscité d'innombrables débats. Après avoir, dans un premier temps, affirmé que le projet ne coûtera pas plus de Rs 17,7 milliards, le gouvernement a, par le truchement du Budget 2017/18, prévu un montant de Rs 20,9 milliards pour le Metro Express. Le gouvernement indien accordera non seulement un subside de l'ordre de Rs 11 milliards mais pourvoira également une ligne de crédit pour le financement du projet. Le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, devait susciter un sérieux doute dans la tête des parties prenantes en annonçant que la première phase du projet s'étendra sur 13 km entre Port-Louis et Rose-Hill. Le secret devrait donc être levé lundi sur ce plan, de même que sur le nom de la compagnie indienne qui exécutera le projet, son alignement et son coût total.
Visiblement, le lancement de ce projet n'est pas étranger à la campagne électorale en vue de l'élection partielle. L'accueil réservé à la présentation du projet pourrait éventuellement amener l'alliance MSM-ML à décider si elle désignera ou pas un candidat à l'élection partielle.
Si ce projet ouvre une nouvelle ère dans la modernisation du transport public, Pravind Jugnauth doit savoir qu'il ne détournera pas l'attention de la population sur le vrai défi du moment : la nécessité pour le pays de se doter d'un leadership éclairé bénéficiant de la confiance de l'ensemble du peuple. Le pays requiert une personnalité susceptible de revigorer toutes les énergies dans tous les secteurs afin de booster la croissance et permettre au pays de franchir une autre étape de son développement. Le Premier ministre n'est pas parvenu jusqu'ici à envoyer ce signal fort pour démontrer qu'il détient tout le contrôle sur son gouvernement et son entourage.
Les efforts du chef du gouvernement pour combattre le trafic de drogue sont annihilés par son immobilisme devant ceux de ses proches dont l'image a été des plus écornées. L'opinion publique déplore que Me Gulbul soit toujours à la tête de deux institutions clés comme la GRA et le LRC. SAJ, lui, avait eu le courage de prendre des sanctions rapides contre son bouillant ministre Raj Dayal, et avait retiré la fonction de ministre des  Finances à Vishnu Lutchmeenaraidoo. De plus, le Premier ministre a été la personne dont l'image a été le plus affectée par l'épisode Showkutally Soodhun. Pravind Jugnauth aurait dû s'inspirer de l'histoire politique pour savoir que ni SSR ni SAJ ou encore moins Navin Ramgoolam, malgré tous les grands projets qu'ils ont réalisés, n'ont été épargnés par l'électorat lorsqu'ils ont fait preuve de faiblesse en termes de leadership. À bon entendeur…


Commentaires

Il a démontré sa faiblesse , son incapacité ,son manque d'intelligence et ses propensites à se fourvoyer dans toutes sortes de magouilles . Il se met maintenant à créer un lit douillet au numéro huit (la circonscription) dans l'espoir que quoiqu'il arrive , il arrivera à sauver sa peau . Le plus haut fait de sa carrière jusqu'ici a été le Medpoint . La dernière risque d'être le Métro , la dernière gare , si ce n'est la BAI .