Pour une modernisation à visage humain

Personne n'aurait souhaité ces jours-ci se retrouver à la place de ces familles de Cité Barkly ou de la région de La Butte. Il n'y a pas de pire sentiment de détresse que de se voir du jour au lendemain éjecter de sa résidence avec tous les membres de sa famille. Dans certaines situations, comme dans le cas de catastrophes naturelles, de “flash floods” ou de tremblements de terre, on aurait pu voir se déployer un vaste élan de solidarité. Mais qui sont ceux qui viendront à l'aide de ces familles de Barkly et La Butte, qui vivent désormais dans une situation désespérée. La question aujourd'hui est de savoir comment et pourquoi nous en sommes arrivés là ? Qui sont responsables de cette situation ? Est-ce que les autorités compétentes ont épuisé tous les moyens possibles et imaginables pour proposer aux personnes concernées une alternative acceptable ? Est-ce que les victimes ont pris suffisamment au sérieux les avertissements lancés par les autorités ? Il nous revient en tête cette chanson classique de Graeme Allwright. « Qui a tué Davy Moore ? Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? ». Même si nous croyons dans la modernisation du pays et dans l'introduction d'un système de transport moderne, nous pensons que cela doive se faire dans le respect de la dignité humaine et en prenant toutes les précautions voulues afin de veiller à ce que la modernisation ne se fasse pas au détriment des plus démunis, et surtout pas à la manière de Nicolae Ceausescu sous le régime communiste de Roumanie. La voie vers l'introduction du métro est encore longue et s'annonce donc délicate. Espérons que toutes les précautions seront prises afin d'éviter que la même situation que celle de Cité Barkly ou de La Butte ne se répète et souhaitons surtout qu'une solution juste et raisonnable soit trouvée pour les familles affectées aujourd'hui car nous croyons dans une modernisation à visage humain. En passant, la situation dans la région de La Butte hier a mis encore une fois en lumière le problème d'accès et de sortie dans la capitale. Le trafic routier est resté bloqué jusqu'en début de soirée dans les rues de la capitale lundi. Souhaitons que toutes les mesures concernant la sécurité routière aient été prises à l'occasion de la Maiden Cup pour demain.
Le métro devrait dominer l'actualité en septembre. Outre le fait que le lancement des travaux est prévu pour la 14 septembre à Cité Barkly, cela fera trois mois, ce mois-ci, que Roshi Badhain a soumis sa démission du Parlement en guise de protestation contre ce projet. Jusqu'ici, le Premier ministre a gardé le suspense le plus complet sur la date des élections partielles dans la circonscription de Belle-Rose–Quatre-Bornes, où la liste de candidats ne cesse de s'allonger. Selon la loi électorale, il a jusqu'au mois de février pour organiser l'élection partielle. Ira-t-il jusqu'à la limite du délai prévu légalement pour organiser cette élection ? Ou optera-t-il en fin de compte pour des élections générales, comme le souhaitent les partis de l'opposition, au lieu de l'organisation d'une partielle ? Mais déjà, de part et d’autre, on se demande jusqu'à quand la fixation de la date des élections, fut-il une élection partielle, restera la prérogative du Premier ministre ? Est-il normal qu'en tant que chef du gouvernement de tout le pays, un Premier ministre dispose de prérogatives pour l'organisation d'une élection à une date qui soit favorable au parti politique qu'il dirige ? Cette question s'applique à tous les Premiers ministres, passés et à venir.
Peut-on espérer qu'un jour la fixation de la date des élections générales après la démission d'un gouvernement ou d'une élection partielle après la démission d'un parlementaire soit confiée à une commission électorale indépendante disposant des pouvoirs appropriés et au commissaire électoral. Autant qu'on le sache, c'est le cas dans de grandes démocraties comme l'Inde. C'est à cette condition que tous les partis politiques et tous les candidats aux élections législatives générales ou partielles pourront participer à des scrutins sur un même pied d'égalité. Voilà des années qu'on évoque la nécessité d'une réforme électorale et de la consolidation des pouvoirs dont dispose la commission électorale. Alors qu'on prépare la célébration du 50e anniversaire de l'indépendance et de la Constitution du pays, n'est-il pas temps qu'on se penche sérieusement sur cette question ?