PARTIELLE: Le grand départ

Le grand départ en vue de l’élection partielle dans la circonscription Belle-Rose/Quatre-Bornes sera donné aujourd’hui avec le dépôt de candidature des candidats qui seront de la partie, avec la possibilité de se retirer de la course d’ici la semaine prochaine. À hier après-midi, une bonne quinzaine de candidats s’étaient manifestés. Tous les partis de l’opposition ont confirmé leur présence sur la piste, alors que l’alliance gouvernementale, hier soir, maintenait toujours le suspense concernant sa présence ou non dans la course. À ce stade, l’entrée en course d’un candidat de l’alliance MSM-ML constituerait la surprise de la journée.
Depuis la démission de Roshi Bhadain du Parlement à la fin du mois de juin dernier, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le rêve du leader du Reform Party d’être le seul candidat de l’opposition face à un candidat gouvernemental s’est très vite évanoui. Les trois principaux partis, à savoir le PMSD, le MMM et le PTr, ont très vite affiché leurs couleurs et présenté leurs candidats. Même l’effet du métro express sur la vie des citadins de Belle-Rose et de Quatre-Bornes, qui avait provoqué la démission de Roshi Bhadain, s’est estompé pour faire place à une lutte acharnée entre les partis de l’opposition afin de se faire une idée de lequel d’entre eux bénéficie le plus du soutien populaire. Graduellement, cette élection a pris la forme d’une primaire pour savoir quel parti bénéficie du suffrage populaire sur le terrain et se présente désormais comme un tremplin pour les prochaines élections générales. L’absence éventuelle du gouvernement de cette joute électorale apparaît comme un walk-out des partis au pouvoir et pourrait être interprétée comme un manque de confiance de leur part. Si l’alliance MSM-ML ne présente aucun candidat, nous espérons qu’elle aura la décence d’inviter l’électorat de Belle-Rose/Quatre-Bornes à faire son devoir civique, de faire comprendre aux électeurs que leur droit de vote est sacré et qu’il est de leur devoir de l’exercer sans crainte de représailles.
Les candidats auront désormais 44 jours pour convaincre. Il s’agirait pour les uns et les autres d’exercer le plus de vigilance possible car les campagnes électorales ont le défaut de jouer sur les sentiments et les passions. Le risque de dérapage d’ordre communal et de division de la population est toujours présent. Puisque le Premier ministre Pravind Jugnauth se présente comme le champion en matière de protection de l’unité nationale et a lancé une sévère mise en garde à tous ceux qui chercheraient à diviser la population, il lui importe d’être sans pitié contre tous ceux qui s’engageraient sur le chemin de la division sur une base communautaire, d’ethnie ou de religion. Cette vigilance ne devrait pas se limiter aux intervenants dans le cadre de la campagne sur le terrain mais également sur les réseaux sociaux. On s’attend à ce que le Premier ministre et ministre de l’Intérieur sévisse immédiatement contre tous ceux qui véhiculeraient des propos racistes sur Facebook ou autres. Il doit aussi s’assurer que la MBC n’accorde pas une importance démesurée aux groupuscules véhiculant des propos sectaires et dangereux lors de ses bulletins d’information, comme cela a été le cas ces dernières semaines. Heureusement que les appréhensions exprimées de part et d’autre concernant la visite du Chef ministre de l’Uttar Pradesh, connus pour ses propos violents dans son pays, ne se sont pas concrétisées. Le dignitaire a été à la hauteur d’un homme d’État et a mis en valeur essentiellement les relations entre l’Inde et Maurice. Espérons qu’il aura apprécié le vivre ensemble mauricien qui s’est construit dans la douleur en passant par la lutte contre l’esclavage et l’engagisme, comme l’ont suggéré les différents les artistes lors du spectacle à l’Aapravasi Ghat jeudi dernier et qui est devenu un exemple pour le monde.
Finalement, nous nous associons à tous ceux qui ont condamné avec force les propos et le comportement d’une section d’hommes politiques surtout contre les femmes. Après Ravi Rutnah et Kalyan Tarolah, c’est Mamade Kodabaccus qui s’est mis de la partie pour insulter, cette fois, la Speaker. Le leader du PMSD a agi promptement en suspendant Mamade Kodabaccus de ses fonctions. Il est plus que jamais temps que les hommes politiques fassent meilleur usage de la langue et de leur parole qui doivent être contrôlées par la raison et non par l’instinct. C’est ce qui diffère l’homme de l’animal.