PARTIELLE: Quel référendum ?

Voilà bientôt une semaine que Roshi Badhain a démissionné de l'Assemblée nationale. Le fougueux et ambitieux leader du Reform Party avait, par sa démarche, respecté une annonce faite au Parlement une semaine plus tôt dans le cadre d'une intervention tumultueuse sur le budget à l'effet qu'il comptait soumettre sa démission en guise de protestation contre la manière dont le projet de métro express était introduit et afin d'alerter l'opinion publique contre le danger que représente ce projet dans sa circonscription, à Belle-Rose/Quatre-Bornes. « Mon but est de demander un vote sanction contre le métro express », devait-il lancer à la conférence de presse ayant suivi sa démission. Sous le coup de la passion, il est allé jusqu'à qualifier « d'opportunistes » les partis de l'opposition qui n'adhéraient pas à sa démarche et qui présenteraient leurs candidats. Il est même allé jusqu'à demander au Premier ministre de démissionner de ses fonctions afin de se mesurer à lui dans la circonscription. Il ne pouvait alors imaginer que la raison politique allait très vite déjouer ses intentions. Tous les partis politiques de l'opposition ont ainsi annoncé qu'ils présenteront un candidat. Rezistans ek Alternativ a déjà annoncé la candidature de Kugan Parapen alors que le Parti travailliste a confirmé la désignation d'Arvin Boolell, dont le nom avait été cité depuis plusieurs jours. Le MMM et le PMSD, eux, présenteront chacun un candidat, sans se presser pour les désigner officiellement. Quant à l'alliance MSM-ML, à en croire Etienne Sinatambou, elle reste maître du jeu et n'a pas encore abattu sa carte, mais s'est jusqu'ici gardée d'annoncer si elle présentera un candidat. Toutefois, ses principaux porte-parole annoncent déjà qu'une défaite ne représenterait rien pour eux, prenant en compte qu'ils disposent d'une forte majorité parlementaire. Résultat des courses : en une semaine, la prochaine partielle est passée d'un référendum contre le métro à un référendum contre le gouvernement avant de devenir finalement, comme l'affirme Rama Valayden, un référendum pour les partis de l'opposition. Et les manœuvres politiques sont loin d'être terminées, sachant qu'en politique tout est possible, surtout que la date de l'élection partielle n'est pas connue. En attendant, certains souhaitent tout simplement que la partielle soit remplacée par des élections générales, et ce dans un délai raisonnable. Pour le moment, tous les regards sont fixés sur les noms des candidats désignés. Les personnalités les plus citées, sans remettre en cause leur mérite et leurs qualités intrinsèques, reflètent une réalité politique dont tout le monde souhaite se défaire tout en continuant à la pratiquer allégrement : le communalisme scientifique. Dans une circonscription dite éclairée et intelligente comme celle de Belle-Rose/Quatre-Bornes, ne pourrait-on pas sortir des sentiers battus et présenter un candidat ne correspondant pas au format traditionnel de caste et de communauté en cette année où nous nous préparons à célébrer le 50e anniversaire de notre indépendance ?
Par ailleurs, il n'est pas juste de dire que la victoire diplomatique de Maurice aux Nations Unies la semaine dernière a été éclipsée par les événements locaux. L'adoption de cette résolution à l'Onu est en effet une des rares fois où Maurice aura bénéficié d'une couverture médiatique mondiale, non seulement pour sa dimension de souveraineté, mais également en raison de la défaite de deux grandes puissances, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis face à ce « petit grand pays » (dixit Indira Gandhi) dans un coin retiré de l'océan Indien. Un résultat considéré comme « beyond expectations » par The Economist. La majorité des membres du conseil de sécurité et de l'Union européenne n'ont pas soutenu le Royaume-Uni. La décision de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande de voter contre est, elle, attribuée à leur appartenance aux five « I's » (la Grande-Bretagne, les USA, le  Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande), qui partagent leurs informations (“intelligence”) concernant la sécurité. Il est bon que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, fasse personnellement le déplacement à Addis-Abeba pour le sommet de l'UA cette semaine. Ce sera pour lui l'occasion de remercier l'Afrique pour le soutien unanime apporté à Maurice aux Nations Unies. Cela lui permettra aussi de soutenir la candidature de Maurice pour l'organisation, pour la deuxième fois, de la réunion de l'African Economic Platform l'année prochaine dans le cadre du 50e anniversaire de notre indépendance et d'inviter les chefs d'Etat africains à y participer.