Le Premier ministre rentre aujourd’hui au pays après deux semaines d’absence. Navin Ramgoolam était, selon ses proches souffrant avant son départ pour Cape Town dans le cadre du congrès de l’Internationale socialiste à l’invitation de son ami, Luis Ayala, qui a été reconduit à ses fonctions de secrétaire général. Ce qui avait retardé son départ de 24 heures et expliqué son absence à l’ouverture de la conférence des ministres de l’Éducation du Commonwealth qu’il devait lancer.
De Cape Town, le chef du gouvernement a préféré se rendre directement à Londres pour des examens médicaux. À la fin de la semaine dernière, l’on devait apprendre du Prime Minister’s Office qu’à la suite d’une série d’examens médicaux, Navin Ramgoolam a subi une intervention chirurgicale mineure avant de passer sa convalescence à Londres.
Contrairement à ses précédents déplacements à Londres en particulier lorsqu’il a voulu y transiter pour se rendre à Maputo pour assister à une réunion au sommet de la SADC, l’actuel voyage a provoqué des réactions mitigées, sans toutefois attirer les foudres de l’opposition. Le leader du MMM Paul Bérenger, qui avait été informé par le Premier ministre de son état de santé et son intention de se faire soigner, s’est contenté la semaine dernière de lui présenter ses vœux de bon rétablissement de manière digne et solennelle.
C’est sir Anerood Jugnauth, qui participait jeudi à une réunion nocturne du MSM à la Tour Koenig, qui a fait la plus forte sortie contre Navin Ramgoolam en mettant en cause son sens des responsabilités et en s’interrogeant sur la raison pour laquelle aucun communiqué ou bulletin de santé du Premier ministre n’a été publié jusqu’ici.
SAJ assume certainement ses critiques contre le Premier ministre. Il a néanmoins raison sur un point : tout le monde reconnaît le droit au Premier ministre de se faire soigner s’il est malade ou même de prendre des vacances annuelles, il est cependant de son devoir de tenir la population au courant de ce qu’il fait. Souhaitons qu’à son retour, il sera en mesure, à travers une déclaration télévisée ou un communiqué officiel, de donner à la population plus de détails sur son état de santé et si possible sur l’intervention chirurgicale subie en donnant des précisions sur la clinique où il a été admis. Cela se fait d’ailleurs dans toutes les démocraties qui se respectent.
Le temps ne s’est pas arrêté en l’absence du Premier ministre du pays. La densité de l’actualité quotidienne ne s’est nullement amenuisée. Les ramifications et l’ampleur du trafic de la drogue n’ont pas cessé de nous surprendre et de donner raison à ceux qui réclament une commission d’enquête sur le trafic ; la déception des hajees qui ne pourront, contre toute attente, accomplir le pèlerinage à La Mecque est bouleversante ; le quantum de la compensation salariale annoncé par le ministre des Finances jeudi a provoqué un sentiment mitigé.
Cependant, force est de reconnaître que l’absence de Navin Ramgoolam a laissé un vide à la tête du pays créant l’impression d’une grave absence de leadership. L’île Maurice est dans l’attente du retour de son Premier ministre afin de débloquer plusieurs dossiers majeurs à commencer par la suite à donner à l’avis du comité des Nations unies sur les droits de l’homme au sujet du problème présenté par Rezistans ek Alternativ.
Cette instance des Nations unies a provoqué un véritable remue-ménage à Maurice. Sa proposition donne lieu à une véritable cacophonie dans les états-majors de tous les partis politiques. Au risque de nous répéter : la principale constatation du comité est que « the continued maintenance of the requirement of mandatory classification of a candidate for general elections without the corresponding updated figures of the community affiliation, of the population in general, would appear to be arbitrary and therefore violates article 25 (b) of the Convenant civil and Political rights ».
Le comité enjoint le gouvernement mauricien à apporter les corrections nécessaires « to avoid similar violation in the future ». Cette affirmation a ébranlé les éléments fondamentaux, voire le fondement de la démocratie parlementaire, de Maurice. Elle menace tous les efforts faits pendant des décennies afin de construire une vraie nation mauricienne dans la diversité et l’interculturalité. Elle touche les Mauriciens de différentes manières dans leur plus intime conviction. On comprend dès lors l’abondance des réactions à travers les médias aussi bien au niveau de la presse écrite que parlée. Alors que Rezistans ek Alternativ chante victoire, le MMM a replacé ce “pronouncement” dans un contexte différent estimant que le Comité des droits de l’homme n’a ni remis en cause l’obligation des candidats aux législatives de décliner leurs communautés ni préconisé l’abolition du système de meilleurs perdants. Au contraire, il a introduit un élément pernicieux en invitant le gouvernement à remettre à jour le recensement de 1972 s’il veut maintenir le système électoral actuel. Ce qui amène Rama Sithanen a affirmer que c’est le plus mauvais « jugement » jamais prononcé par rapport au système électoral mauricien. En attendant que le Premier ministre donne une indication de la voie que compte emprunter le gouvernement, le leader de l’opposition qui dans un premier temps avait affirmé être disposé à rencontrer le Premier ministre ou à participer à une « table ronde, carrée ou ovale » pour mettre un point final sur la réforme électorale a affirmé, cette semaine, qu’il préférerait que Navin Ramgoolam vienne avec une proposition concrète sous la forme d’un texte de loi avant de s’engager dans toute discussion. Le MMM s’est jusqu’ici prononcé en faveur d’une réforme électorale avec l’introduction d’une dose de proportionnelle et le maintien de quatre best losers. De son côté, le MSM tout en plaidant pour le statu quo n’est pas contre une réforme globale du système électoral. La balle est désormais dans le camp du Premier ministre…
Commentaires
"La balle est désormais dans le camp du Premier ministre…"... Ala mo azout ankor trwa ti pwen saki pou mwa. Atan la, nou abitie em atan, non ? Atan boukou ankor ! Mem pou ban zafer prese li abitie degaze dousma-dousma. Ziska eleksion minisipal ousi, depi de zan nou ankor ape atan mem.
There is no need to make such a mess about the absence of the PM and his treatment in London. He is a human being like all of us and benefit from the right to privacy about his personal health. He informed the Leader of Opposition and this is all that he needed to do.
Welcome back Navinchandra. How do you feel?