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Petits dessous et gros sous…

Il y a de ces signes qui ne trompent pas. L'intolérance de plus en plus affichée et véhiculée par ceux qui nous gouvernent contre tout ce qui pourrait gêner tant soit peu ce pouvoir, démocratiquement acquis certes, mais qu'ils voudraient désormais sans partage aucun, atteint ces jours-ci les limites de la paranoïa.
On avait déjà eu un avant-goût, à la veille même du scrutin pour les récentes élections municipales, par le biais d'agents notoires dans certains postes-clé, venus bien maladroitement se rappeler à notre souvenir par cette grotesque démarche de faire taire la voix… des auditeurs des radios privées à un moment crucial précédant le vote. Depuis, d’autres tentatives se sont multipliées pour contrer tout ce qui pourrait déplaire aux seigneurs du jour qui tentent également de protéger, dans la foulée, cette formidable armada d'affairistes qu'on découvre de plus en plus dans leur sillage et dont on pouvait difficilement soupçonner et le nombre et, encore moins, l’appétit !
Le ton est monté d'un cran au lendemain même du cinglant désaveu de l'électorat des villes et la dernière passe d'armes, à l'assemblée nationale, nous a donné une idée sur quel terrain pourrait désormais se déplacer et patauger le débat politique. De coups bas en coups bas, on s'invite presque à en découdre avec, comme arme suprême, des échos venant des abords de chambres à coucher et qui, sait, demain du pied du lit même des uns et des autres...
Jusqu’ici, le bon peuple mauricien s'était bien accommodé, sans gros effort il faut le dire, aux petites incartades de certains de ses dirigeants de légende - peu nombreux certes, mais tout de même de grosses pointures, de par la notoriété s’entend ! - et qui ne cachaient pas, bien au contraire, leurs excès, souvent des fois tout à fait limités... Mais qui provoquaient, certes, des règlements de comptes discrets, bien vite rangés dans le placard des anecdotes. Les offensés d'un jour comptant, pour la revanche, sur un petit agent volontaire pour effleurer au canif, à la sauvette mais en pleine rue, à quelques mètres même du parlement – emblématique prémonition ! - une fonctionnaire de carrière et non des moindres ! Mais, le plus souvent, des hommes de main faisaient écran pour dissiper, ici, un petit nuage dérangeant ou, là encore, pour éloigner tout curieux d’un fait divers un peu trop croustillant, à même de figurer tout juste en entrefilet dans la rubrique people…
Mais les temps ont définitivement changé, tout comme l’ampleur des « petites affaires ». Où les gros sous ont bien vite fait d’occulter les petits dessous. Et faire nos ballets roses d’hier prendre plus de couleur. Voire tourner au rouge vif !


Commentaires

La population ouvre les yeux tout doucement, cela ne se fera pas en un jour mais cela se fera et ça a commencé. Le vrai changement aura lieu le jour ou ceux et celles qui prennent les princes du jour pour des Dieux sur terre réaliseront qu'ils sont humains comme vous et moi, qu'ils ont des défauts et même de très gros puisse qu'ils croient pouvoir se le permettre. Il y a trop de scandales de toutes sortes pour espérer que la population continue d'avoir confiance en ces 'princes'. A force de nous prendre pour des bouriques ce sont eux qui se tournent en bourique et le résultat des elections municipales le montrent bien.

La dérive totalitaire du pouvoir n'est plus à démontrer tant les exemples d'abus en tous genres et de mépris envers le peuple se multiplient depuis quelque temps. Grisés par l'influence qu'ils exercent sur les uns et les autres, ici dans un cas flagrant de 'cover up', la pour s'enrichir davantage - et fermons les yeux sur la corruption -, les grands ténors du régime sont bien devenus gagas. En effet, le mot paranoïa n’est pas de trop.
Malheureusement, la société civile demeure extrêmement faible et fragmentée. Que peut faire la presse indépendante pour éclairer ses lecteurs sur les grandes manœuvres anti-démocratiques de nos gouvernants et, par ricochet, contribuer à faire éclore une révolution citoyenne, pacifiste et profonde, pour remettre le pays sur des rails éthiques et transparents ?