"Private practice", discriminations et hécatombe

La polémique a été relancée de plus belle depuis le 31 décembre dernier : les médecins du public doivent-ils pratiquer dans le privé ? La question fait couler beaucoup d'encre et suscite des passions depuis des lustres. Ces professionnels de la santé sont payés par l'état; donc, des deniers publics. Autrement dit, l'argent qui sert à leur verser leurs salaires émane en partie de nos sous, que nous, la population, versons sous forme de taxes. Certains remettent en question le sens de l'éthique de ces médecins qui favorisent la double pratique. D'autres évoquent le serment d'Hippocrate.
Élément catalyseur du récent rebondissement dans l'affaire : la décision, du ministère de la Santé, d'organiser, lundi 16 janvier, un "atelier de travail" sur toute la question, en vue de « débattre de cette problématique afin d'arriver à des propositions concrètes pour développer une nouvelle politique », pour reprendre la formule exacte émise par un communiqué émanant des services de la Santé et publié dans la presse, fin décembre dernier. Jusque-là, tout va bien.
Car tous les professionnels de la médecine autant que les principaux concernés, à savoir, le grand public, sont d'accord qu'il faut absolument mettre grand ordre dans tout ce capharnaüm. Soit. Seulement, là où on éprouve une certaine difficulté à suivre la mission que semble s'être donné le ministère de la Santé, c'est sa décision d'impliquer le grand public lors de cet exercice. Il va de soi que le patient, donc, le grand public, est directement, sinon prioritairement, concerné par la qualité de soins et l'accessibilité dans nos centres de santé. Et ce, qu'ils soient publics ou privé.
Mais il nous semble que, dans le cadre d'un exercice tel que propose le ministère, qui s'apparente davantage à un large "debriefing", un type d'"assessment", en somme, soit réalisé de manière méthodique et en respectant un certain protocole. Ne serait-il pas donc plus avisé de tenir, d'une part, une grande réunion avec les professionnels de la santé, comprenant entre autres, l'ordre des médecins ainsi que les différentes associations regroupant les médecins, tant du privé que du public, ainsi que les syndicats au sein desquels se retrouvent ces derniers ? Et, d'autre part, organiser, par exemple, un référendum populaire sur toute la question de double pratique, afin de recueillir les commentaires et suggestions du public sur toute la question ? Cela nous semble un tantinet plus "ordonné" et sain, respectant les principes démocratiques, plutôt que l'immense brouhaha qui pourrait avoir lieu le lundi 16 prochain dans la salle de conférences de la Cybertour 1 à Ébène !
Dans les médias, depuis le 31 décembre dernier, plusieurs acteurs concernés par la tenue de cet "atelier de travail" se sont déjà exprimés et ont fait écho de leurs doutes et craintes, tant sur le fond que la forme de la tenue de cet exercice. D'autant qu'il y a une action en cour déjà et qu'un éclairage est attendu début février prochain. Parmi les réflexions soulevées, de part et d’autre, on ne peut taire celle à l'effet que puisqu'il n'y a pas suffisamment de spécialistes qui œuvrent dans le public, on ne peut que faire appel à ceux qui pratiquent dans le privé ! Ce type d'argumentation va évidemment refaire surface le lundi 16. Et en quelque sorte, est-ce que ce ne serait pas se mordre la queue ?
L'objectif du ministère de la Santé n'est pas du tout mauvais. Bien au contraire. Cependant, la manière de faire relève beaucoup de l'amateurisme. Souhaitons seulement que pour un meilleur résultat, les autorités concernées concèdent à revoir le "modus operandi" plutôt que de s'entêter…
Dans un registre tout à fait différent, mais où l'on note une fois de plus un certain entêtement, on peine à comprendre les raisons derrière une certaine "discrimination" à l'égard des rastas locaux ! En effet, depuis une manifestation en mai 2016, à l'arrestation d'un producteur de disques, membre connu de cette communauté mais aussi par les artistes, cette semaine, plusieurs anecdotes ont ponctué les semaines et les mois, nous laissant souvent perplexes… L'on prie seulement que l'on n'en arrive pas à un point de non-retour où les rastas se sentiraient en marge de notre société. Car la dernière chose dont Maurice a besoin, c'est d'une nouvelle mouture du triste Février-99 !
L'on souhaitait, le 31 décembre dernier, que 2017 démarre sur des chapeaux de roues. Mais pas au point d'enregistrer 4 cadavres sur nos routes pour le seul 1er janvier… Hélas !, l'hécatombe continue et certains givrés du volant persistent et signent. C'est bien qu'une première moto-école voie très prochainement le jour. Cela aidera à former et éduquer convenablement les futurs usagers des routes et autoroutes. Mais que fait-on pour ceux qui se croient toujours les "gran mari du koltar" ? Combien d'autres vies innocentes prendront-ils ? Qu'ils soient emprisonnés ou sanctionnés, rien ne peut rendre aux familles des victimes la perte encourue, souvenons-nous en.