Questions d'actualité

Les mardis se suivent et Rajesh Bhagwan continue à débusquer de gros lièvres grâce à ses questions parlementaires. Les réponses, et leurs conséquences — que le député de Beau-Bassin obtient à partir de ses questions— font passer au second plan celles du nouveau leader de l’opposition. D’autant plus que ce dernier , plus en plus souvent, critique les non-décisions d’un gouvernement dont, il y a quelques mois à peine, il faisait partie. Ce que ses anciens partenaires n’arrêtent pas de lui rappeler. Mardi dernier donc, Rajesh Bhagwan a contraint le Premier ministre de révéler aux Mauriciens en direct à la télévision, le montant des salaires touchés par un Special Adviser. Ainsi, Gérard Sanspeur touche près de Rs 500 000 par mois à travers diverses présidences et comme membre de corps para-étatiques. Rs   500 000 c’est plus que le salaire du Premier ministre et beaucoup plus que celui que s’était auto-octroyé  l’ancienne directrice du Cardiac Centre. Quand, en répondant à une précédente question de Rajesh Bhagwan, le Premier ministre avait révélé que l’ex-directrice du Cardiac Centre touchait Rs 323 000, il s’était dit choqué par cette somme. Ce qui n’a pas été le cas quand il a révélé le montant des salaires de son conseiller spécial. Il semblerait que la capacité d’être choqué du nouveau Premier ministre est très sélective : les Rs 323 000 de l’ex-directrice du Cardiac Centre lui restent en travers de la gorge, pas le demi-million de son conseiller, et encore moins le million tout rond que l’on attribue au directeur de MT ! Au-delà de la somme — astronomique pour les Mauriciens — se pose la question de la nomination de ces conseillers, spéciaux ou pas, et surtout de leur résistance. Non, je n’ai pas confondu entre résistance et compétence. Pour ce qui est de la compétence, Gérard Sanspeur semble en être pourvu pour avoir pu — ou su ? — comment naviguer d’un gouvernement à un autre, d’une entreprise à une autre, sans problème majeur. Compétent dans la cuisine interne du gouvernement, il l’est sûrement puisqu’il a réussi — en tant que simple conseiller bénévole — à se débarrasser du tout puissant ministre de la Bonne Gouvernance — par ailleurs fils presque adoptif du Premier ministre de l’époque — et de tous ceux qui pouvaient l’empêcher de prendre le contrôle des terres qui étaient censées abriter Heritage City.
Parlons maintenant de la résistance de ces nominés. Gérard Sanspeur dirige ou est membre de plusieurs compagnies gouvernementales. Il se retrouve exactement dans la situation d’un Secrétaire permanent gourmand dont les jetons de présence, dans les différentes compagnies où il s’était fait nommer, lui permettaient facilement de doubler son salaire mensuel. La question, qui a été posée et à laquelle personne n’a répondu, était de savoir si le Secrétaire permanent pouvait être aussi efficace dans la gestion de son ministère que dans celles des multiples compagnies dont il était un directeur ? La même question se pose aujourd’hui pour Gérard Sanspeur, le multinominé : aussi intelligent qu’il puisse être, a-t-il humainement le temps de consacrer la même énergie, la même attention à toutes ces compagnies dont il fait partie du conseil d’administration ? Si la réponse à cette question est oui, pourquoi avons-nous besoin d’un Premier ministre et d’un gouvernement quand nous avons à notre disposition, Superman ?
Depuis le début de la semaine, un curieux fait divers mélangeant police et alcootest agite certains réseaux sociaux, mais n’occupe pas la une des médias. Non, il ne s’agit pas d’un élu du PMSD habitué à ce genre de déboires. Il s’agit du secrétaire général du MMM, M. Ajay Gunness. Selon des informations de sources policières, l’affaire à laquelle il serait mêlé se serait déroulée le week-end dernier, dans un village côtier. Une patrouille policière demande au conducteur d’une grosse cylindrée de bien vouloir se rendre au poste de police pour subir un alcootest. Le conducteur s’est prêté au contrôle, a soufflé dans le ballon qui a révélé qu’il avait un important taux d’alcool dans le sang. Le conducteur aurait reconnu sa faute, signé un formulaire et accepté de passer le reste de la nuit en cellule de dégrisement. Pendant que le policier remplissait le formulaire nécessaire, le beau-frère du conducteur est arrivé au poste de police pour s’enquérir de la situation. Par la suite, le conducteur aurait quitté le poste de police avec son beau-frère sans passer par l’étape cellule de dégrisement. Plus tard, la police a porté plainte contre le secrétaire général du MMM pour sa conduite dans cette affaire et il a été subséquemment traduit en cour. A l’issue de sa comparution, le secrétaire général du MMM a déclaré qu’il était victime d’un complot, « argument » que le Bureau politique du MMM a repris en chœur. Sans préjuger de quoi que ce soit, il faut dire que cette prise de position des instances du MMM étonne. Qui est donc l’auteur du complot allégué, qui aurait poussé le conducteur de la voiture à boire plus que de raison pour se faire contrôler positif à l’alcootest afin de pouvoir faire accuser son beau-frère ?