RÉFORME ÉLECTORALE: Il n'y a pas le feu !

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, aura beau clamer – mais généralement, uniquement lorsque cela l'arrange – qu'il n'aime pas qu'on regarde l'avenir du pays en ayant les yeux fixés sur le rétroviseur. Et pourtant, avec la manière que mettent et le gouvernement et, également, les oppositions parlementaires MMM et MSM, à faire aboutir la réforme électorale, il y a bien lieu de comparer avec les pratiques antérieures.
C'est d'abord une grande erreur que de ne pas regarder en arrière lorsqu'on cherche à avancer. Winston Churchill, qui l'a sans doute lui-même emprunté à un penseur beaucoup plus progressiste que lui, faisait toujours remarquer que « plus vous regardez loin derrière vous, plus vous serez capable de voir loin devant vous ».
Si le Premier ministre prenait un moment la peine d'examiner au moins un des aspects positifs de la gestion coloniale de notre pays par les Britanniques, nous sommes sûrs que, tout en appréciant l'aide totalement bénévole de l'ancien ministre Rama Sithanen pour une modernisation du système électoral, il ne permettrait pas que ce passionné expert ne consulte qu'une cinquantaine de parties (formations politiques et individus) qu'il (Rama Sithanen) dit avoir listés avant de rédiger un rapport qui sera si vital pour la démocratie dans notre pays. Ashok Subron et son mouvement Résistans ek Alternnative, le Blok 104 et tous ceux qui pensent comme eux ont entièrement raison. Même si ce n'est pas le cas dans le réel, la perception est que l'exercice de Rama Sithanen – après la mise à la poubelle sommaire  du rapport Carcassonne – ressemble bien à un complot corporatiste. Même sous l'administration coloniale, une démarche d'amendement du système électoral se faisait dans la transparence maximale. En 1955, lorsque a eu lieu la première Conférence constitutionnelle de Londres ayant abouti à la recommandation de la représentation proportionnelle (avortée par la suite), le maître colonial a consulté les partis organisés, mais également certains individus bien en vue de l'époque qui avaient des points à faire ressortir. Mais même ces dispositions ont été jugées insuffisantes, au point où, lorsque cela a été au tour de la Commission Trustam-Eve de venir à Maurice en 1958, avec pour objectif d'imposer le suffrage universel (pour les élections de 1959), l'éventail des consultables a été davantage élargi. Ensuite, aussi, lorsque la Commission Harold Banwell est venue en 1966, ses experts constitutionnels se sont vus bien obligés de faire publier une annonce à l'Officiel, invitant tous ceux qui souhaitaient se faire entendre sur le système électoral à venir déposer.
Nous avons pu faire part, hier après-midi, à Rama Sithanen de récriminations et de murmures de plusieurs secteurs et individus qui trouvent – à raison, il faut le reconnaître – qu'une réforme électorale ne peut être menée de nos jours, sans un mandat officiel et sans participation de l'ensemble de la société civile. Surtout à un moment où la "démocratie participative" est un modèle qui se répand à travers le monde. Rama Sithanen a paru concéder que la revendication n'est pas dépourvue de pertinence, et il s'est dit prêt à communiquer le numéro de son téléphone fixe (le 425 9574) à tous ceux qui voudraient prendre contact avec lui. Toutefois, il fait ressortir qu'il a beaucoup travaillé sur la question de la réforme électorale, qu'il a fait des recherches qui remontent à aussi loin que la fin des années 1800 (impliquant qu'il n'a donc, lui, pas négligé le rétroviseur), et qu'il s'est fixé un délai pour léguer rapidement et gratuitement un rapport à la société mauricienne.
En 2012, nous estimons que les choses ne devraient pas se faire de cette manière. Il n'y a absolument aucune raison qui justifie que Rama Sithanen entame une course contre la montre avec ses recommandations sur la réforme électorale. Et puis, tout travail mérite salaire. Il n'y a donc aucune raison pour que la peine qu'il y met ne soit pas rémunérée. Pour une fois, et pour la cause, personne ne devrait parler de unsollicited bid ! Que le gouvernement et l' opposition s'entendent pour prendre les mesures de transparence nécessaires afin qu'aucune opinion de réforme ne soit laissée sur le bord de la route.
La mission de Rama Sithanen doit être officielle, et il serait vraiment recommandable que ses propositions soient, ensuite, soumises à un référendum, comme l'a suggéré l'ancien ministre de la Culture travailliste, Joseph Tsang Man Kin, dans un intéressant article publié, vendredi, dans le Mauritius Times. Dans cet article, que Rama Sithanen n'avait d'ailleurs pas lu, Joseph Tsang Man Kin fait un appel pour un système qui épargnerait ceux qui sont nés après 1982 des affres du communalisme de leurs grands-parents. Que Rama Sithanen se donne le temps requis pour que ses propositions soient le plus crédibles possibles. Et puis, les prochaines élections sont pour dans trois ans et quelques poussières. Il n' y pas le feu !


Commentaires

Mr Marimootoo, you are spot on ! Right from day 1 ( actually even before Minus Days!) I raised the same questions. There is a serious question of credibilty about Mr Sithanen. It cannot be simply forgotten that he was a Minister in the Last Government, and the manner he was un-ceremoniously dismissed as an MP! The manner that " Tickets" are issued and quite often how candidates are parachuted in constituencies at the 11th Hour- both issues affected Sithanen, then how does he deal with them in an impartial manner in his report? LePep Admirab is being kept in the dark as to what are the real motives of " La Demarche Citoyenne" de Rama Sithanen. Are we really talking of "Reformes Electorale" or is it not, a 2012 version of a "WINNING FORMULA" TO SHARE POWER AND TO DECIDE ON A STATE RETIREMENT SCHEME FOR 2 AGEING LEADERS just like SAJ did in 2000. At least the Sachs and Carcassonne commission had PRECISE TERMS OF REFERENCE AND CLEAR OFFICIAL MODUS OPERANDI. Mr Sithanen is being given a Green card whereby he can pick and choose, cut and paste, as he deem fit. Le LePep can only ( and must ) sit and watch the Master (!) at work. In Mauritius anyone with a PhD becomes an Expert overnight ( largely a habit, if not created by, fully endorsed by the "Free" Press !). I do not doubt the integrity of Mr Sithanen but where in a Democracy will "Reformes Electorale" be carried out in this manner? Why should we also accept, without scrutiny the competences of Mr Sithanen. We must not forget that Previous "Experts" ( en la personne de Sachs et al , et de Carcassonne et al,)- fully recognised experts with proven tract records ( they are afterall Professionals in the field ( academics or otherwise)- well, they have failed to come up with a model for Mauritius.
Mr Sithanen criticised Carcassonne's team for not consulting the population, etc, but the big question remain, IS SITHANEN DOING THE SAME ? i HAVE TRIED TO HAVE A CITIZEN INPUT BUT TO NO AVAIL. This suggestion of his Line Telephone number, is simply adding insult to injury. I don't want any favour from anyone when it comes to my basic fundamental Human Rights as a citizen.

The first problem for Ramgoolam.is that he must officialy bin the Carcassone Report...and,believe it or not,that will need some real competences!Hence Ramgoolam's time in purdah,during the last few weeks!As suggested,in the above article,the point of view from civil society should be sought in order to really gauge the country's mood with regards to the now overdue electoral reforms.To achieve this Rams Sithanen must be given an official mandate to carry out this very important job!