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Réforme électorale : ça passe ou ça casse

Le retour du Premier ministre au pays cette semaine a permis d’éclaircir au moins une chose. Il n’est pas resté insensible à l’avis du comité des Nations unies sur les droits de l’homme, et a mis fin une confusion qui avait émergé durant son absence concernant la nécessité de remettre à jour les recensements de 1972. Les choses sont maintenant claires. Pour le Premier ministre, le système actuel de best losers est dépassé. Il reste fidèle à sa position, plusieurs fois exprimée, qu’il a reprise durant les débats sur le discours-programme. Quelque 44 ans après l’accession de Maurice à l’indépendance, il est impensable qu’on ne puisse pas se considérer comme Mauricien et qu’il faut encore, au moment des législatives, s’associer à un des quatre groupes prévus par la Constitution, qui ne reflètent plus la réalité d’aujourd’hui. Encore que, comme l’a démontré cette semaine Rama Sithanen dans une interview au Mauricien, on ne peut pas dire que la classification de la population comme prévue dans la Constitution ait permis une représentation équitable de toutes les composantes de la population au parlement du fait que la définition de certains groupes — et en particulier celui de « population générale » — est beaucoup trop floue. En vérité, comme c’est le cas en économie, il existe en politique une main invisible forçant les dirigeants à avoir une liste de candidats représentative de toutes les sensibilités de la population dans chaque circonscription. Pour le moment, le Premier ministre souhaite que la représentation proportionnelle tienne en ligne de compte les best losers, alors que Rama Sithanen a fait trois propositions tenant compte d’une liste de RP comprenant 20 députés plus 4. Il reviendrait aux leaders de nommer les quatre derniers.
Le MMM, lui, est venu avec une nouvelle proposition qui permettrait aux leaders politiques de disposer de 8 nominations en plus des 62 élus selon le système FPTP et les 20 venant des listes de représentation proportionnelle. Paul Bérenger l’a-t-il fait afin d’amener le MSM à s’allier à la réforme électorale et de se prononcer en faveur de l’abolition du système de best losers dans sa forme actuelle ? Déjà, Rezistans ek Alternativ s’est prononcé contre ce projet. Il faudra attendre la conférence de presse d’aujourd’hui afin de mesurer la portée et les implications des propositions qui ont été discutées entre le MMM et le MSM, et voir comment réagirait ensuite Navin Ramgoolam. Jusqu’à maintenant, les deux partis ne se sont pas trouvés sur la même longueur d’onde dans tous les cas. Les deux partis ont une approche nuancée par rapport à la priorité de la réforme électorale et l’abolition du système de meilleurs perdants. Le MMM peaufine sa proposition.
Les images parues dans la presse à l’occasion de la célébration de 112e anniversaire de la naissance de SSR le 18 septembre montrent le chef du gouvernement discutant amicalement avec le leader de l’opposition. On ne sait s’il était question de réforme électorale mais, les connaissant, il est évident qu’ils ont voulu projeter une image de détente politique entre le Ptr et le MMM. Plus tôt ce jour-là, au Jardin de Pamplemousses, après le dépôt de gerbes sur le Samadhi de SSR, le Premier ministre avait fait comprendre qu’il souhaitait discuter de la réforme avec le MMM, mais pas avec le MSM, et avait souhaité que le parti de Paul Bérenger fasse preuve de flexibilité. L’appel du pied a été bien accueilli par le MMM par le biais de son secrétaire général, Steven Obeegadoo, qui a souhaité que le Premier ministre présente un texte de loi. À quelques semaines de la réouverture des travaux parlementaires, la présentation d’un texte de loi sur la réforme électorale sera, sans doute, la meilleure chose qui pourrait se produire en cette fin 2012 en matière de démocratie parlementaire.
Après son retour au pays, le Premier ministre a, sur l’avis de ses médecins, tourné au ralenti en matière d’activités publiques. Ainsi, il n’était pas à Kewal Nagar dans l’après-midi de mardi. Il n’était pas non plus à la cérémonie organisée à l’occasion de la fête Ganesh Chaturti à Moka. Il devrait reprendre ses activités graduellement à partir de la semaine prochaine. Ce qui devrait lui permettre d’accélérer les choses.
Ce débat ne devrait toutefois pas détourner notre attention sur la situation économique à un peu plus d’un mois de la présentation du budget par le vice-Premier ministre Xavier-Luc Duval. Deux documents, publiés d’une part dans le cadre de la série Economic outlook par la MCB et le memorandum of understanding remis au ministre des Finances par le Joint Economic council, dressent un état réaliste de la situation économique difficile dans laquelle se trouve le pays. « There are concordant and unambiguous indications that the ramifications of the worldwide economic fragilities are permeating, ever more seriously, into the domestic economy. Illustratively, in spite of the strong achievement of the seafood industry, total domestic exports of goods for the first semester of 2012 were flat when compared to last year. » Le document souligne plus loin : « Looking ahead, the performance of the Mauritian economy for the short to medium term is likely to be affected to a non-negligible extent by the prolonged sluggishness of world economic prospects. » La vie n’est pas aussi rose qu’on aurait pu le penser. L’exportation des produits textiles a chuté de 3 %, les arrivées en provenance du marché européen ont enregistré une baisse de 11 %... La croissance économique est estimée à quelque 3,1 % pour cette année, avec une possibilité de connaître une croissance de 3,5 % l’année prochaine. Le JEC ne prévoit pas mieux et observe des signes de détérioration de la situation économique dans les prochains mois, avec une forte pression sur l’emploi. le gouverneur de la Banque de Maurice ne dit pas mieux. Et ne cache pas son inquiétude devant le détournement de l’épargne vers des projets immobiliers et a annoncé le prochain lancement d’un nouvel instrument pour éviter cette ruée vers l’immobilier car, devant la détérioration de la situation économique, « l’éclatement de la bulle immobilière n’est pas impossible », comme il l’a fait comprendre lors de la remise d’une licence d’opération à Banyan Tree Bank. La réunion du Monetary Policy Comittee vaut tout son pesant d’or. Le JEC constate que « the rupee has since depreciated by some 3 %-4 % in effective terms » et que « This figure remains below the 12 % misalignment in 2011 as estimated by the IMF in the latest Article IV consultations. » De son côté, Jacques de Navacelle, dans un récent entretien avec Le Mauricien, estimait que « dans un petit pays comme Maurice, qui dépend complètement de l’Étranger pour vivre, il faut une monnaie qui s’ajuste en permanence pour permettre de développer des activités d’exportation... ».
Attendons lundi pour y voir plus clair.


Commentaires

avec le premier ministre actuel,tous cassent rien ne passent

Why wasting so much Tax Payers Money arguing with each Political Parties. There is a simple solution let's have a Referendum and let the "VOTERS" decide not Politicians.Thank you.

Ene ti pays kuma Moris pa bisin tou sa kantiter minis ek deputes, 2 first past the post par circonscription + 1 proportionnelle.
Ki faire leader bisin nommer? Lepep voter pa sa banne zouisseurs la.
Economie: morisiens bisin travay dure ek intelligemment. Pa pou fasil. Month espere pena crise sociale.

"Cependant, le chef du gouvernement a nuancé ses propos, le 1er février dernier lors de la cérémonie commémorant le 177e anniversaire de l’abolition de l’esclavage au Morne, en affirmant que le Parti Travailliste, dont il est le leader, « n’a jamais dit qu’il faut abolir le Best Loser System ». « Il faut trouver un mécanisme pour que les gens n’aient pas besoin de déclarer leur communauté lorsqu’ils se portent candidats », a-t-il fait comprendre."
(Source: Defimedia February 5, 2012.)