En renonçant à sa charge de souverain pontife, Benoît XVI, de son vrai nom Joseph Ratzinger, entre par la grande porte dans l’histoire de l’Église catholique de Rome. Il est le premier pape à le faire depuis Grégoire XII, qui avait démissionné en 1415, soit il y a 600 ans, au centre d’un schisme dans l’Église.
Comme l’ont fait ressortir hier plusieurs cardinaux dont le cardinal Timothy Nolan, archevêque de New York, Benoît XVl avait un si grand respect pour le siège de St Pierre, avait une idée si noble de ses fonctions et avait telle humilité qu’il n’a pas voulu que cette fonction soit occupée par un homme vieillissant et affaibli. Il s’est sacrifié lui-même.
Son acte est révolutionnaire dans la mesure où la tradition a jusqu’ici voulu que la fonction de souverain pontife soit occupée à vie quelles que soient les circonstances. Il a choisi de bousculer cette pratique. Ce puissant intellectuel aurait pu entrer dans l’histoire comme celui qui aurait assuré la transition entre le charismatique et populaire Jean Paul II, dont il était le proche conseiller, et un nouveau souverain pontife plus jeune. Il a choisi autrement. En renonçant à ses fonctions, il sera un des rares papes à être le témoin de la transition à la tête de l’Église de son vivant. Il sera l’unique pape qui aura assisté à l’installation de son successeur.
Mgr Maurice Piat a eu les mots justes hier en affirmant que l’annonce de la décision du pape Benoît XVI de démissionner de sa charge témoigne d’une profondeur spirituelle et d’une vigueur intellectuelle qui faisaient de lui un grand enseignant dont les messages sont pertinents pour le monde d’aujourd’hui. « Mais en même temps, nous sommes touchés par l’humilité et le courage du pape qui reconnaît que ses forces physiques ne lui permettent plus d’exercer son ministère », a-t-il dit. Pour lui, Benoît XVI se retire paisiblement après avoir été un grand serviteur de l’Église comme théologien, comme collaborateur de Jean-Paul II pendant vingt-cinq ans et comme un pape qui aura marqué malgré son pontificat de courte durée. Parmi ses prises de position de ces derniers mois, dont certains par voie de twitter, on relève la crique du capitalisme « sans régulation », la promotion de la liberté religieuse, la défense de la famille et du mariage entre hommes et femmes, la dénonciation du fondamentalisme religieux et l’appel à la paix.
Avec sa renonciation, Benoît XVI entre dans le panthéon des grands leaders qui, comme Nelson Mandela, ont refusé de s’accrocher au pouvoir envers et contre tout. C’est une leçon magistrale à Robert Mugabe et à ses semblables qui défiant le poids de l’âge et la maladie ambitionnent d’avoir toujours plus de pouvoirs temporels.
En se retirant dans le monastère du Vatican, gageons que Joseph Ratzinger continuera à apporter sa contribution à l’approfondissement de la recherche spirituelle et à l’étude et qu’il ne s’arrêtera pas à la trilogie sur Jésus de Nazareth dont le troisième tome vient de paraître. Durant la période de carême qui débute demain, c’est vers lui et vers son successeur qu’iront les prières des catholiques du monde entier.
Commentaires
Cette démission - ou plutot renonciation - est vraiment triste et désarmante ; elle vient, hélas, à un moment inopportun. Nous connaissons le pape Benoît XVI pour sa position en faveur du mariage et de la famille ; aussi, son souci et son courage dans la recherche de la vérité, n’hésitant pas à corriger les erreurs du passé dans ses livres. N’avait-il pas demandé, l’année dernière, à voir la copie manuscrite d’un évangile en possession du gouvernement turc ? Sa présence et son autorité se feront cruellement sentir à un moment où on adopte la loi en faveur du mariage entre les mêmes sexes en Europe. Une perte, à mon avis, non seulement pour les catholiques, mais aussi pour l’Islam, dans leur combat commun contre les forces du mal.
Un Grand Merci et un Bravo JMP pour ce billet si delicieux et inspitateur pour la fibre si febrile de notre Republique en quete de justesse morale et d'apesanteur idealiste... Shalom et que cette Luminosite Mystique de ce Seigneur parmis les Pontifs nous enveloppe audela de nos peurs et de nos angoisses de securite' futile loin de la Grace Divine.... Que La Verite du Juste demeure somme une crucifixion dans nos Ames....
How about giving a more balanced coverage of Joseph Ratzinger's tenure? In Mauritius, it is very convenient to ignore all the pedophilia cover up or pretend it did not exist, How about Catholics in Mauritius demanding more accountability rather than the usual glossed coverage?
Joseph Ratzinger has orchestrated one of the most perverted cover up in the church's history, starting in 1977 when he was in charge of investigating the abuse of a young boy name wilfried F in Bavaria and "found nothing"..unlike JP II, whomwas trying to open up the church and break the old establishment, ratzinger's TENURE is remarkable for nothing...