Le représentant-défenseur autoproclamé

Pour Navin Ramgoolam, les propos tenus par son nominé à l’IBA sur les ondes de la MBC ne sont que « l’expression de la liberté d’expression ». L’histoire retiendra que pour le Premier ministre, menacer la presse et tenir des propos incitant à la haine raciale font partie de la liberté d’expression. Mais on peut comprendre cette déclaration de Navin Ramgoolam. Il est pris à son propre piège, dans la mesure où c’est lui qui avait introduit “l’argument” charbon noir versus charbon blanc dans le débat sur les centrales électriques. Un argument que ses sbires n’ont fait que reprendre en les amplifiant, en tant que haut-parleur répercutant la voix de leur maître. En parlant de sbires, il faut également noter la réaction de l’autre, le directeur général de l’IBA, organisme censé veiller au contenu de ce qui se dit sur les ondes locales. Interrogé sur les propos tenus par le membre de son conseil d’administration sur les ondes de la MBC, il a déclaré que ces propos racistes ne le dérangent pas. Que le membre de l’IBA parlait en tant que président d’une association culturelle. C’est le même DG de l’IBA qui avait fait interdire les émissions en direct sur les radios privées, à la veille des municipales, pour empêcher les auditeurs de dénoncer l’administration des villes au cours des sept dernières années. Pour ce spécialiste de la censure, ce que pourraient dire des auditeurs doit être condamné, pas les propos racistes tenus par un membre de l’IBA qui ont été déjà diffusés sur la MBC. Le leader du PTr et ses sbires semblent avoir une interprétation toute particulière du terme liberté d’expression.
L’autre sbire – par ailleurs porte-parole et défenseur autoproclamé de la communauté hindoue – a également une interprétation particulière du terme représentativité. En effet, ce représentant-défenseur prétend dénoncer, menacer, insulter au nom de la communauté hindoue. Or, dans la tribune d’un quotidien de vendredi dernier, un lecteur, Jagdish Seebaruth, est venu démontrer, chiffres à l’appui, ce que représente réellement le représentant autoproclamé : pas grand-chose. Voici un résumé des pertinents calculs de M. Seebaruth : 48% des 1,3 million de Mauriciens – soit 624 000 – déclarent appartenir à la communauté hindoue. Sur papier – le papier qui sert à réclamer les subsides au gouvernement et des nominations au sein des conseils d’administration des corps para-étatiques – il n’existe qu’une dizaine d’associations socioculturelles à Maurice. M. Seebaruth estime – et il dit le faire avec générosité – que chacune de ces associations culturelles compte environ 7000 membres. 7 000 x 10 = 70 000. Par conséquent, le nombre de membres de ces associations socioculturelles – réunies en fronts ou en fédérations – est de 70 000. C’est-à-dire, à peine 12% des 624 000 hindous que compte Maurice. Il faut répéter ces chiffres : les bruyantes et menaçantes associations socioculturelles ne représentent que 12% de la communauté hindoue. C’est avec seulement ses 12% que le représentant-défenseur autoproclamé prétend parler au nom de toute une communauté. Sir Anerood Jugnauth avait raison de déclarer que les présidents des associations socioculturelles ne représentent qu’eux-mêmes.
Ils représentent plus précisément leurs propres intérêts, qui sont indexés sur ceux du gouvernement du jour. Pour le moment, les intérêts du représentant-défenseur convergent avec ceux de Navin Ramgoolam, au point où il est devenu son sbire principal en ce qui concerne les attaques communales. C’est d’ailleurs sa spécialité. Le représentant-défenseur affirme qu’en attaquant ceux qui osent questionner la rapide fortune de Nandanee Soornack, c’est l’honneur de la femme hindoue qu’il défend. Fort bien. Mais où était le représentant-défenseur autoproclamé quand Joyti Jeetun, Soorya Gayan et Sakuntala Jugmoohun ont été brutalement licenciées par le gouvernement travailliste ? Qu’a-t-il déclaré ou écrit à l’époque pour défendre ces trois professionnelles hindoues respectées ? Est-ce qu’elles n’étaient pas assez hindoues pour être défendues, ou est-ce que la mission du représentant-défenseur autoproclamé se limite à la défense des hindoues qui sont les amies, petites ou grandes, du Premier ministre ?


Commentaires

And the role of the Police in all that?Why have they not to date interviewed this nuisance?

The nuissance are the Press.

Le PM a raison, tout le monde a droit a la liberté d'expression. Pourquoi y aurait-il des exceptions?

Monsieur JCA, la presse a aussi sa part de responsabilité : vous accordez trop d’importance à ces gens la. Maintenant que vous savez qu’il représente qu’eux même, j’espère que la presse ne va plus publier leur conférence et autre démagogies. Malheureusement, ces associations, soi-disant, socio culturelles, ternissent l’image des hindous à Maurice, faisant croire aux autres communautés que tous les hindous sont racistes – la majorité des hindous ne connaissent pas cette dame et ils s’en foutent des ses problèmes – si elle a commis des délits, qu’elle soit punis par la justice !
Les associations socio culturelles sont en train de communaliser tout les affaires du pays ! Malheureusement la presse les aident !