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Rodrigues : La coalition 'labouzi'/'le solitaire'

Trois couleurs barrent le paysage de Rodrigues depuis quelques jours. Le blanc de l'Organisation du Peuple Rodriguais (OPR), le vert du Mouvement Rodriguais (MR) et le rouge du Front Patriotique Rodriguais (FPR) : les couleurs des trois principaux partis politiques qui s'affrontent pour les élections régionales, qui auront lieu dimanche prochain. Trois formations se disputent ainsi les suffrages, ce qui est une nouveauté dans un pays où la politique a été toujours dominée par une lutte à deux. Au départ, il y avait le PMSD contre l'OPR, puis l'OPR versus le RPR, devenu par la suite le MR. Ces deux partis ont remporté alternativement les élections en divisant le pays en deux blocs pratiquement égaux. Puis, il y a quelques mois, les relations se sont tendues entre Johnson Roussety, élu Chef-commissaire de Rodrigues à la proportionnelle, et Nicolas Von Mally, leader du MR, élu député de la République de Maurice au suffrage direct, et nommé ministre de Rodrigues. Roussety ayant refusé d'obéir aux instructions de son leader, ce dernier l'a expulsé du MR. Mais Johnson Roussety n'est pas parti seul. Une bonne partie de l'électorat du parti vert – 30% selon certains – l'a suivi pour créer, il y aura un an ce mercredi, le Front Patriotique Rodriguais.
Ce troisième parti vient non seulement semer le trouble dans le système bipolaire rodriguais, mais offre à l'OPR la possibilité de battre le MR et de remettre son leader, Serge Clair, dans le fauteuil de Chef-commissaire. Roussety et Clair s'alliant pour battre les candidats MR ? Ce scénario, impossible à imaginer il y a deux ans, est en train de se réaliser. Si aucun des leaders concernés ne l'affirme ouvertement, le fait est que l'OPR et le FPR ne se critiquent pas dans leurs meetings, préférant tirer à boulets rouge et blanc sur le MR. Mieux – ou pire, pour le MR – l'OPR a monté des équipes pour empêcher les agents du MR d'aller offrir des « ti bagaz » – des bribes en nature – aux électeurs. Johnson Roussety, qui sait comment le système de distribution vert fonctionne, ayant lui-même été un chef distributeur, intervient physiquement pour le faire capoter. Il traîne ses anciens amis à la police et publie la liste des bénéficiaires de « ti bagaz » dans son journal. Il ne faut pas croire que Johnson Roussety se bat pour l'élection de Serge Clair, juste pour se venger de Von Mally et de ses anciens camarades. Son calcul est simple : dans la mesure ou le MR et l'OPR sont de force électorale égale, les voix que Roussety a grappillées au MR pour créer le FPR peuvent être déterminantes. De ce fait, au lieu de n'être qu'un simple trouble-fête électoral, le FPR pourrait être le petit parti indispensable pour obtenir une majorité à l'Assemblée régionale. Comme on sait qu'une réconciliation Roussety/Von Mally est impossible à imaginer – pour le moment tout au moins – il ne reste que l'alliance FPR/OPR pour permettre à Serge Clair de retrouver son titre de Majority Leader.
Vous allez me dire qu'il est impensable d'envisager une alliance dans laquelle se retrouveraient Clair et Roussety, qui ont été ennemis acharnés. Auriez-vous pensé qu'après tout ce que Pravind Jugnauth a pu dire sur Paul Bérenger, ce dernier puisse l'inviter à venir discuter politique dans son salon, photos à l'appui ? Cela a été fait en juin dernier, quand le MSM a quitté l'alliance de l'Avenir. En politique, ce ne sont pas les adversaires qui sont permanents, mais les intérêts. Mais, allez-vous me dire encore, comment l'OPR et le FPR, qui ont – ils le proclament eux-mêmes – des cultures politiques opposées, vont-ils faire pour travailler ensemble ? Auriez-vous imaginé qu'après la cassure de l'alliance MSM/MMM en 2006, ces deux partis puissent se remettre ensemble ? Et pourtant, n'est-ce pas Paul Bérenger qui vient de dire qu'un « remake » de l'alliance de l'année 2000 n'est possible qu'avec Anerood Jugnauth ? Donc, valeur du jour, on s'achemine à un retour de Clair au pouvoir, soutenu par Roussety. À moins que le MR ne parvienne – grâce à la distribution mieux organisée de « ti bagaz » ? – à faire revenir au bercail ses électeurs ayant suivi Johnson Roussety après son départ ? Nous saurons dimanche prochain si la coalition labouzi/le solitaire aura eu raison des tibato.

PS : J'allais oublier de signaler qu'un quatrième parti se présente à ces élections régionales, le Mouvement Indépendantiste Rodriguais (MIR). Son leader s'est inscrit en dernière position sur la liste proportionnelle. Une place où il est sûr de ne pas être élu ! Par ailleurs, on apprend que quatre des candidats alignés par cette formation auraient été inscrits à leur insu. Ce qui ajoute de l'eau au moulin de ceux qui disent que le MIR est l'équivalent rodriguais du Parti Malin de Maurice. Un parti comique.


Johnson Roussety etait chef commissaire elu au suffrage direct dans la Region 5 Port Mathurin. A Rodrigues les adversaires politiques se comportent comme des ennemis. Serge Clair critique la maison de Roussety dans ses meetings. Serge Clair n'est pas du genre a partager le pouvoir quitte a rester dans l'opposition et demissionner pour reclamer des elections anticipees.
ce qui s'applique a Maurice ne s'applique pas necessairement a Rodrigues. les cultures politiques sont differentes

Everytime he's let off the leash Jean Claude puts his foot firmly down his throat. He knows ZILCH about how MIR operates or the blow torch being applied to those in its ranks. Has never spoken to anyone from MIR's central committee and on his latest efforts, never will. Yet, he sees fit to denigrate and poke fun at people he does not know and who have done him no wrong.