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Un sentiment d’apaisement

La semaine écoulée a été marquée par le retour du Premier ministre aux affaires après une période de flottement qui caractérise les vacances parlementaires. On retiendra particulièrement deux interventions décisives qui auront permis de créer un sentiment d'apaisement dans le pays : sa déclaration concernant sa volonté de créer un « broad consensus » autour de la réforme électorale à la reprise des travaux parlementaires mardi et sa décision, hier, de nommer une personnalité indépendante pour se pencher sur les « errors and omissions » et des anomalies du PRB à l'issue d'une rencontre avec les dirigeants syndicaux de la fonction publique.
Ainsi, à la faveur d'une Private notice question du leader de l'opposition, Paul Bérenger, Navin Ramgoolam a exprimé ouvertement sa volonté de discuter avec le MMM de la réforme et de reprendre les discussions sur les quelques os durs connus de tous. Son objectif est d'arriver sinon à une unanimité, du moins à un large consensus sur le principe d'une réforme électorale. Le mépris manifesté par le Premier ministre à l'encontre du partenaire du MMM, le MSM, n'est pas passé inaperçu et Pravind Jugnauth en a été pour ses frais lorsqu'il a voulu savoir si l'alternative que compte proposer le Premier ministre permettrait d’offrir les mêmes garanties que le système actuel de best losers. Navin Ramgoolam a fait renaître l'espoir de voir un jour l'introduction d'une réforme électorale équitable et juste, qui garantirait par la suite la stabilité du gouvernement. Il a toutefois laissé entendre qu'il ne comptait pas venir avec un texte de loi s'il n'est pas certain d’obtenir un large consensus sur le projet de réforme.  Cet espoir ne serait-il qu'un mirage ? D'aucuns pensent que le Premier ministre viendrait avec un projet de réforme dans le cadre de la campagne électorale en vue des élections régionales attendues pour décembre. La réponse du MMM, aujourd'hui lors d'une conférence de presse conjointe avec le MSM, donnerait une indication sur ce que sera l'avenir.
La rencontre de plus de 90 minutes avec les dirigeants syndicaux hier après-midi à la Treasory House aura pris plus d'un par surprise. Depuis la publication du rapport du PRB, la tension entre les syndicats et le gouvernement n'avait cessé de monter et menaçait de mettre le gouvernement en difficulté. La rencontre d'hier a permis au Premier ministre de renverser la vapeur. Les dirigeants syndicaux sont sortis de la Treasury house satisfaits de l'attitude de Navin ramgoolam. Leur demande concernant la nomination d'un arbitre indépendant pour se pencher sur les anomalies et les erreurs a été à leur satisfaction et acceptée par le Premier ministre. On verra combien de temps durera cet apaisement relatif. Il dépend du respect par le Premier ministre des promesses formulées aux syndicalistes. L'avenir nous le dira.
Sur plan économique deux dossiers brûlants retiennent l'attention : le conflit entre le ministère des Finances et la BoM au sujet du taux de la roupie par rapport aux principales devises étrangères, et le débat autour de la « formule tout compris » proposée par les établissement hôtelier. L'ancien directeur général du FMI, Michel Candessus, a, dans une interview accordée au Mauricien cette semaine, semblé donner raison à Manou Bheenick en affirmant que « Maurice, en réalité, a une pratique de flottement de la roupie mauricienne qui, jusqu’ici, a bien marché ; Le taux de change n’est pas une science exacte. Il y a toujours une certaine marge dans laquelle les monnaies flottent. Je ne crois pas qu’aujourd’hui, il y a un problème majeur de taux de change pour Maurice. » Manou Bheenick, qui n'a pas manqué de rencontrer Michel Candessus, explique à qui veut l'entendre qu'on ne remet pas en cause du jour au lendemain une politique monétaire ayant fait ses preuves durant de longues années. A une quinzaine de jours de la présentation du Budget 2013, la position du ministre des Finances à ce sujet est attendue avec impatience.
D'autre part, les débats autour du « tout compris », qui oppose le président de la MTPA aux hôteliers, mettent en lumière une incohérence totale au niveau de la stratégie de promotion touristique du pays. La question est de savoir si la lutte contre le « tout compris » relève des attributions de la MTPA. Ce contentieux est comparable à un débat sur la démocratisation de la distribution de l'eau potable alors que le niveau de l'eau dans nos réservoir baisse à une vitesse vertigineuse. Au lieu de perdre de l'énergie sur la formule « tout compris », qui est un élément clé dans la politique de promotion touristique aux Seychelles, pourquoi ne pas initier un débat sur la promotion touristique de Maurice à l'étranger et sur la nécessité d'insuffler un nouveau dynamisme au sein de la MTPA de manière à ce qu'elle puisse mener à bien sa mission au niveau international ? Le ministre des Finances a rencontré cette semaine les opérateurs touristiques. Souhaitons que le bon sens finisse par avoir le dessus dans ce secteur sensible le plus affecté par la crise en Europe.
Ce week-end sera dominé par l'organisation à Maurice du Pravasi Bharatiya Divas Mauritius, une rencontre régionale consacrée à la diaspora indienne. Le choix de Maurice pour cette 6e réunion régionale illustre les liens solides qui unissent l’Inde et notre pays. Tenant en compte la couverture médiatique dont bénéficie cette réunion dans la Grande péninsule, elle permet de projeter une image plus exacte de Maurice que le faux portrait qui s'était dessiné dans le cadre des polémiques autour du centre financier. La présence de deux ministres dans l'Île démontre l'importance qu'accorde l'Inde à Maurice. Ces relations devraient se consolider davantage avec la présence du président Kailash Purryag comme invité d'honneur à la PBD prévue au Cochin, au Kerala, en janvier prochain, et avec la présence de Pranab Mukherjee comme invité d'honneur aux fêtes de l'indépendance l'année prochaine.