Shame !

Et si les allocations du président de la République sont spécifiées dans la loi qui sera présentée à l'Assemblée nationale mardi, et que son revenu mensuel, salaires plus allocations, se montent à Rs 355 700 par mois - qui, par ailleurs, sont totalement exonérés d'impôts - tel n'est pas le cas pour les parlementaires. Ce qui fait que les pay packets du Premier ministre et de ses ministres ne sont pas, à ce stade, connus dans leur intégralité. Parce qu'aux Rs 282 000 mensuelles du premier des ministres et aux Rs 192 000 de ses ministres, s'ajoutera une myriade d'allocations, de carburant, de services d'un chauffeur, des frais de représentation. Pour ne citer que quelques unes d'entre elles.
Qu'il y ait un exercice de révision des allocations perçues par le Premier ministre, les ministres et les parlementaires après celui qui a touché l'ensemble des fonctionnaires, cela est indiscutable. Mais la question qui aujourd'hui fait débat est celle de savoir s'il fallait aller aussi loin, s'octroyer des augmentations aussi insolentes et provocantes, dans une conjoncture économique marquée par la morosité générale, un chômage grandissant et de réelles difficultés pour les mauriciens pour maintenir leur niveau de vie ou pour survivre.
Ajouté à cela, un climat social délétère, des morts partout, dans les inondations, dans des accidents de la route, dans des crimes crapuleux, et de nombreux abus sur les enfants. Tout ceci dans un contexte de méfiance croissante envers les institutions, que ce soit la police ou même le judiciaire. Nous parlions de l'extension de la pauvreté, telle que recensée par Statistics Mauritius. Et quelle meilleure illustration de notre échec social et notre déficit de solidarité que la mort de trois sans domicile fixe dans un rayon de cinq kilomètres en moins de 15 jours.
Et alors que dans les grands pays confrontés à des baisses de température extrêmement sévères, la mort d'un SDF est signalée comme un inacceptable drame humain, ici, trois victimes en ce début de froid saisonnier, c'est considéré comme un simple fait d'hiver, comme un banal fait divers. Jusqu'où irons-nous dans notre mauvais choix de priorités, dans une ignorance criminelle des besoins immédiats, urgents, des plus vulnérables, dans l'indifférence choquante face aux attentes de nos concitoyens les plus démunis. C'est là toute la problématique du moment.
Et c'est ce même moment qu'a choisi le gouvernement pour assommer les consommateurs en leur infligeant une augmentation de 50% de leur redevance télé, qu'ils regardent ou qu'ils ne regardent pas la MBC. Une prélèvement annuel de Rs 1 800 pour la Ministers Broadcasting Corporation, pour voir le Premier ministre et ses ministres à longueur de programme, pour que le neveu du directeur général et le frère de Somduth Dulthumun y trouvent leur place en tant que recrues de choix. Payer plus pour avoir toujours moins. C'est du jamais vu. Pour moins que ça, on descend dans la rue en Grèce, en Turquie et ailleurs.
Imaginez ce que ce pays aurait pu faire de concret et de déterminant avec ces Rs 175 millions englouties des radars devenus, ces jours-ci, des objets décoratifs sur l'autoroute. Des radars inutiles placés sur une artère constamment embouteillée pendant qu'au petit matin, à l'heure où on ne rencontre jamais un policier ou un officier de la NTA, des chauffeurs, ivres de leur surconsommation de la veille, heurtent des véhicules bondés, provoquant la mort sur leur passage. La stratégie routière est vouée à l'échec tant que l'on recourra à des artifices coûteux qui poussent les automobilistes à la névrose et tant que l'on devisera des systèmes foireux comme le permis à points pour tous, sauf les chauffeurs de véhicules marrons, plutôt que de s'attaquer au problème à sa source.
À commencer par la manière dont les permis de conduire sont délivrés, à celle dont la police de Navin Ramgoolam fonctionne en se tenant surtout sur le parcours qu'il emprunte, au lieu d'aller traquer les contrevenants là où ils se trouvent, et à celle dont la National Transport Authority d'Anil Baichoo fait ou ne fait pas son travail de contrôle, puisqu'on découvre des véhicules et des conducteurs en infraction de tous nos textes au premier accrochage de tôles.
Avec les Rs 175 millions jetées dans des radars de pacotille, on aurait pu éliminer une partie de la pauvreté, acheter des autobus dignes de ce nom, ou tout simplement venir en aide aux établissements qui œuvrent pour l'éducation des handicapés. Avec le milliard de roupies envolées dans un nébuleux projet de nouvelle carte d'identité nationale, on aurait pu faire des miracles, commencer la création de la nouvelle agglomération administrative de Highlands et régler durablement le problème de logement des plus nécessiteux.
Dans un pays où les dirigeants respectent le peuple, on aurait procédé autrement. Et si la moyenne d'augmentation pour les fonctionnaires est de 20%, il eut été raisonnable pour le personnel politique qu'il améliore ses prestations de façon symbolique. Si tant est que la politique est un service et, l'engagement, un sacerdoce. Quant à la MBC, dans un autre pays, comme l'Inde par exemple, où sa plus haute instance judiciaire se prononce jusque sur le prix auquel les produits pétroliers sont vendus, il y a longtemps que le couplage CEB/MBC aurait été annulé et que ceux qui ont décidé, par souci d'hygiène mentale et refus d'abêtissement, de ne pas regarder la MBC, auraient eu le libre choix de ne pas payer. Mais on est à l'île Maurice. Tout est permis. Shame !


Commentaires

Career/mercenary politicians do need these " largesses". In our permissive society, they will always find reasons to justify them .To the unemployed, eligible youths, they will have to look for other pastures as membership remains for existing club members only.

From: Public reaction and concerns.
MPs' Pay and Expenses.
“l'extension de la pauvreté, telle que recensée par Statistics Mauritius.”/ pinning hopes on individuals in politics and public life is "always a mistake. Bombarded by party in power and its ally that Mauritius is doing much better that any other countries upon economic performance, the fate of the majority citizens is left unattended. Central Bank governor latest statement that householders are shopping for cheapest food items, and cutting down on important basic commodities, translate a forceful downgrading in quality of life. The problems do not end there. The level of complete financial breakdown – such as bankruptcy is not yet a subject of statistical assessment. Financial breakdown of this kind is often accompanied by difficulties in obtaining housing, employment and the purchase of essentials such as food. Furthermore, the proportion of those who are credit impaired who use illegal loans was reported to be huge in Mauritius. Debt collection agencies are bad enough but, when it comes to calling in loans; illegal loan sharks have very unpleasant methods indeed. The Sale by levy practice seems to be a perennial phenomenon, and every Thursday inside the court, some homeowners find they are losing their roofs over their heads. The problems do not end there. Those who cannot get credit, in markets where there are interest rate caps, tend to turn to even more expensive or less desirable sources of finance. This will include forms of finance with much higher explicit charges or the use of mail order to purchase essentials at much higher prices. None of this should imply any lack of sympathy for those who are caught in the payday loan trap. The most vulnerable often suffer most. Trying to simply legislate away a problem does not make it disappear. I wonder how many people here think that the future will be better than the past, and all problems can be solved if we put our minds to it. There is a general sense that if that is not the case then it ought to be, and someone must be doing something to stop it. Illusion is replaced by disappointment. An economy suffers the worst blow in generations with a debt crisis and economic downturn, and the fact that not everything is perfect within five years is seen as total failure. Complexity and humanity are ignored and we end up unreasonably disappointed with every institution, group and policy. After the sky is the limit for the pay packet of the financial secretary, now the ministers go for substantial pay increase-the power of MPs themselves to decide their pay and conditions has been a source of grievance. In Britain- where Mauritius prime minister made regular landings- the Government asked Sir John Baker to carry out a review "to examine options and make recommendations for a mechanism for independently determining the pay and pensions of MPs which does not involve MPs voting on their own pay. We have already heard opinions ranging from: ‘MPs should receive no salary – it is a privilege to do the job’. Mauritius ministers now get immediate and retroactive pay rise while the rest of the country watch new and sudden TV license fee moving higher. For once neither the minister for national Broadcast Corporation nor the director of the MBC chooses to bring the news to the nation. List of scandals is stretching, while real national issues are left in the wilderness. 12 Highest Salaries: Rs 30 Million Per Month To 250 Officials. The State will pay each month starting in January, a whopping Rs 30 million for the salaries of 200 senior executives and fifty heads of parastatal bodies, excluding allowances and other remuneration they will receive.