965 441 arrivées touristiques en 2012 contre 964,642 en 2011, soit 799 touristes seulement de plus ; arrivée de 39 904 touristes français de moins rien que d’une année à l’autre, soit une décroissance de 13,2% de la France, traditionnellement, notre principal marché émetteur ; baisse tout aussi inquiétante des arrivées d’Italie par -24,1% ; endettement global de Rs 43 milliards dans l’industrie ; licenciement, lundi, de neuf salariés du One & Only Le St-Géran, un des fleurons de l’industrie hôtelière, pour raisons économiques : il n’y a pas à le dire, le tourisme mauricien passe par des moments très difficiles.
Alors que nous sommes, déjà, à seulement deux ans de 2015, année qui, lors des 1ères Assises du Tourisme, en 2006, avait été très officiellement identifiée comme la date-butoir quand le pays allait, supposément, commencer à accueillir deux millions de touristes, le pays attend toujours l’arrivée de son millionième touriste annuel. De même, alors qu’il avait été question, lors de ce même congrès organisé pour dégager un consensus quant à l’orientation future à donner à ce secteur économique appelé à jouer un rôle moteur dans le développement national, d’une croissance moyenne annuelle de 10%, celle-ci n’aura été, jusqu’ici, que de 3,6% l’an.
La croissance infinitésimale de seulement 0,1% enregistrée l’an dernier selon les derniers chiffres officiels publiés en ce début d’année est, pourtant, en grand contraste avec la tendance sur le plan mondial comme sont venues le démontrer, cette semaine, les statistiques du tourisme mondial rendues publiques, mardi, par l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT). Ainsi, en dépit de ses grandes ambitions, alors que Maurice peine, encore, à atteindre la barre du million d’arrivées touristiques, pour la première fois dans l’Histoire, plus d’un milliard de touristes - 1,035 milliard, plus précisément - ont voyagé dans le monde en 2012.
Ce chiffre représente, en fait, explique l’OMT, 39 millions de touristes de plus sur le plan mondial, soit, une croissance de 4% par rapport à 2011. “Demand held well through the year with a stronger than expected fourth quarter”, indique l’agence spécialisée des Nations unies. En fait, les chiffres officiels du tourisme mondial en 2012 laissent entrevoir une croissance positive dans les régions d’Asie/Pacifique (+7%) ; d’Afrique (+6%) ; des Amériques (+4%) et d’Europe (+3%). La seule région qui, l’an dernier, a connu une décroissance (-5%) est celle du Moyen-Orient qui, comme on le sait, est encore fortement en butte à l’instabilité. Encore que cette croissance négative de -5% au Moyen-Orient en 2012 se compare favorablement à celle, pire, de -7% en 2011.
Toujours selon les statistiques de l’OMT, en termes de croissance au niveau des sous-régions, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique du Nord arrivent en tête avec, chacune, un taux de 9% suivies de l’Europe centrale et de l’Est (+8%). Par ailleurs, les arrivées en Afrique ont connu, en 2012, un nouveau record avec 52 millions de touristes, soit, une croissance de 6% après une décroissance de -1% l’année précédente. Au niveau du continent noir, la sous-région de l’Afrique subsaharienne à laquelle Maurice appartient a, à elle seule, connu une croissance de 5%.
Ces statistiques officielles du tourisme mondial pour l’année écoulée donnent, donc, à penser qu’il est un peu simpliste de mettre notre contre-performance sur le seul compte de la morosité économique ambiante dans le monde. Ou encore, de venir prétendre que moins de touristes européens nous ont visités, en 2012, en raison des Jeaux Olympiques de Londres ou de l’Euro 2012, championnat de football des nations européennes “2012 saw continued volatility around the globe, particularly, in the eurozone. Yet, international tourism managed to stay on course”, déclare, à cet effet, Taleb Rifai, secrétaire général de l’OMT.
“The sector, dit-il, has shown its capacity to adjust to the changing market conditions and, although at a slightly more modest rate, is expected to continue expanding in 2013. Tourism is, thus, one of the pillars that should be supported by governments around the world as part of the solution to stimulating économic growth”. Dans ces prévisions pour 2013, l’OMT prévoit une croissance mondiale de 3% à 4%, soit, un taux en phase avec sa prévision de croissance annuelle de 3,8% d’ici à 2020.
Certes, plus que d’autres activités économiques, le tourisme est un secteur extrêmement sensible, notamment aux crises économique et sanitaire, aux catastrophes naturelles et aux menaces sécuritaires. On pourrait, donc, arguer que la faible croissance moyenne de seulement 1,3% par an enregistrée depuis 2008 dans ce secteur, à Maurice, n’est que le résultat des conséquences de la crise économique ayant, à partir de cette date, d’abord, surgi aux Etats-Unis avant de s’étendre en Europe et au reste du monde.
Seulement, voilà : la croissance touristique à Maurice durant les quatre années ayant suivi les attentats du 9 septembre 2001 aux Etats-Unis a été, parallèlement, de 3%, en moyenne, chaque année. Et il faut bien reconnaître que ces années, notamment, aussi marquées par la guerre en Irak et en Afghanistan de même que par l’épidémie du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS) ne furent, tout aussi, pas particulièrement favorables au plein envol du tourisme.
Lors de ces 1ères Assises du Tourisme à Maurice en 2006, Francesco Frangialli qui était, alors, le secétaire général de l’OMT disait, clairement, qu’il ne fallait, surtout, pas attendre la difficulté pour se remettre en question. Plutôt que de se défiler et croire que les choses s’arrangeront d’elles-mêmes, vivement, donc, de nouvelles assises. De vraies pour, cette fois, prendre, réellement, le taureau par les cornes et proposer les solutions qui s’imposent. Mais surtout pas de nouvelles paroles en l’air rien que pour épater la galerie.