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On a tout faux…

On a tout faux. On n’a rien compris. Prenons l’exemple des marchands ambulants. On nous a souvent expliqué qu’il s’agissait d’une catégorie de personnes défavorisées, qui avaient vu fermer, pour ne pas dire cadenasser, toutes les portes auxquelles elles frappaient et qui, en dernier recours, étaient devenues marchands ambulants, contraintes d’occuper les trottoirs publics pour avoir quelques sous en écoulant des bricoles de toutes sortes.
Or, l’express nous apprend qu’il y a un député qui est aussi marchand ambulant. Et l’administration port-louisienne, avec raison, n’a “pa get figir” et détruit un étal dont il est le propriétaire à Ste-Croix. Ce marchand ambulant, c’est le député de l’opposition Jean Claude Barbier. Il est un élu du MMM de la première circonscription depuis 2000 et est donc à son troisième mandat de représentant du peuple. Il reçoit son salaire de député pour s’occuper de ses mandants et n’est donc en aucune façon qualifié pour exercer comme marchand ambulant avec étal sur rue dans la banlieue port-louisienne.
Le plus sidérant dans tout ça est qu’il s’est vraiment offusqué qu’on ait détruit son étal, lequel lui a apparemment coûté Rs 125 000. Lorsqu’on dispose d’une telle somme pour ériger une structure de rue, il vaut mieux aller directement dans un centre commercial pour écouler sa marchandise. Et il dit disposer de cet étal depuis plus de 20 ans. C’est aberrant qu’il l’ait conservé alors qu’il a été lord-maire et qu’il est devenu député. Ce sont de tels faits qui poussent les gens à désespérer de la politique et à conclure qu’ils sont finalement “tous pareils”. Et comme on les comprend !
On a tout faux. On n’a rien compris. À Curepipe, c’est absolument normal que le MMSD se comporte en propriétaire de la ville. Pour la bonne et simple raison qu’il ne dispose que d’un seul conseiller sur 15 et qu’il gère la municipalité avec le concours, la complicité, en fait, des élus “macaroni” du PTr-PMSD. Le vote de la ville était limpide : il exprimait un rejet de l’administration sortante et a opté pour un panachage des votes et ce sont sur les partis de l’opposition que les suffrages se sont portés. C’est donc un double déni de démocratie que d’ignorer le vœu du contribuable de la ville en organisant, dans un premier temps un coup d’État — un vrai celui-là, pas celui supposé de 1983 — et, un second, en investissant la mairie comme si elle était devenue le quartier général du groupuscule qu’est le MMSD. La dernière “job fair” étant la dernière illustration de cette répugnante confusion des rôles.
On a tout faux. On n’a rien compris. Navin Ramgoolam est vraiment un grand rassembleur. Le 1er janvier de temps en temps et le 12 mars occasionnellement. On ne peut pas le 7 mars féliciter un Somduth Dulthumun pour les leçons d’éducation qu’il prétend pouvoir donner à la presse qui dénonce et qui dérange et, le 12, venir parler d’unité et le 13, à Grand-Bois, clouer au pilori les communalistes alors que les sectaires de tous poils ne se sont jamais sentis aussi puissants que depuis que l’actuel Premier ministre est revenu aux affaires en 2005. Somduth Dulthumun à l’IBA et à la BDM, Balraj Naroo au CEB, défense de CT Power devant un parterre très particulier, décorations républicaines pour ces diviseurs patentés et Navin Ramgoolam, le spécialiste du charbon noir et du charbon blanc, qui critique les diviseurs. On est en plein délire ou peut-être à un spectacle de Jamel Debbouze !
On a tout faux. On n’a rien compris. Il n’y a pas d’argent pour équiper le service national de météorologie pour qu’il puisse être plus précis dans ses prévisions cycloniques et de conditions torrentielles extrêmement dérangeantes pour la population, mais on en a lorsqu’il s’agit de se prélasser dans le salon des petits copains et de grands réseaux qui, entre deux ouvrages, y ont surtout vu une occasion pour assurer leur propre promotion et celle de leurs œuvres, des invendues. On a aussi des sous pour aménager un gymnase à Rs 150 millions dans la circonscription du Premier ministre comme si cela pouvait circonscrire le feu qui couve sur le front social et dont on a reconnu les signes cette semaine même avec une manifestation inédite d’habitants exaspérés de Triolet devant un poste de police, un lieu jadis considéré comme inviolable.
Que dire du budget des 45 ans de l’indépendance et de l’occultation des 21 ans de la République ? Du “jamais vu” puisque, deux mois après les municipales, il paraît que c’était un référendum grandeur nature sur la popularité du gouvernement et de la cohésion de l’équipe dirigeante. Et puisqu’on parle de grandeur nature, c’est vrai qu’on était loin des célébrations du 30e anniversaire de l’indépendance au côut de Rs 39 millions avec ses statues géantes et les tristes dessous de contrats douteux, mais toujours est-il que s’il faut célébrer, il s’agit aussi de faire un usage judicieux des deniers publics. Et ne pas utiliser l’argent du contribuable à des fins partisanes et faire fi du protocole et du sens de l’État en invitant à la table des notables des poupées retapées qui gonflent et dégonflent au gré de l’attention qu’on leur porte ou pas.
Dans un pays où on parque des enfants à problèmes à l’hôpital Brown-Séquard et où on annonce sur décision du Conseil des ministres un hôpital pour chiens, où on a un ridicule observatoire des prix, legs du passage en coup de vent du ministre Sik Yuen au Commerce et à l’Industrie et de ses nominés comme Suttyhudeo Tengur en grand expert des droits des consommateurs, il y a une réflexion à faire sur ce qui est prioritaire et agir en conséquence. Tout le reste n’est que blabla et show. Pas toujours comique. Nous, on a vraiment le sens de l’humour et, contrairement au Premier ministre, on ne fait pas arrêter deux journalistes qui ont eu pour seul malheur d’avoir osé dire qu’il était malade !


Commentaires

Navin Ramgoolam and his caretaker government must go.The sooner,the better!

Jodie, Vos parlez de:::un poste de police, un lieu jadis considéré comme inviolable., Yes we would like to think, that a Police station, is the final frontier.But what do we see,
Specially in a few hot pots,that the Police officers ,run for cover ,when invested by angry mobs.Its the law of the locals, and not the police.