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VIOLENCE ROUTIERE : informer encore et toujours

Bientôt les grandes vacances scolaires. Ressortiront alors des placards, trottinettes, rollers et autres vélos. Pas très loin, non plus, les fêtes de fin d'année marquées, à souhait, par des réceptions et autres soirées à n'en plus finir et où la griserie est comme de rigueur. Synonymes de détente et de convivialité retrouvée pour petits et grands, les mois de novembre et de décembre sont aussi, hélas, ceux des carnages sur les routes.
Déjà, sur le plan international, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) laisse comprendre que la violence routière est en passe de surclasser, d'ici à quelques années, le VIH/Sida en termes de défi de santé publique à relever. Dans son premier rapport global sur la question publié en 2009, cette agence des Nations unies indiquait que l'insécurité routière était responsable de 1,3 million de décès et de 50 millions de blessés dans le monde chaque année. L'OMS précisait que 90% de ces morts sur les routes se retrouvaient dans les pays pauvres ou à revenus intermédiaires, où l'on ne dénombre pourtant que 48% du parc automobile mondial.
À Maurice ces 30 dernières années, l'on aura compté une moyenne d'environ 140 morts par an, soit quelque 12 morts chaque mois. Rien que pour cette année, près de 120 personnes ont déjà péri sur nos routes, dont cinq rien qu'au cours de la première semaine d'octobre. Le coût économique des accidents de la route dans notre pays est évalué à Rs 2,6 milliards annuellement. Dans 80% des cas, le facteur humain – excès de vitesse, alcool au volant, conduite dangereuse et autres négligences – est considéré comme la principale cause des accidents.
Dans son premier rapport sur la sécurité routière dans le monde, l'OMS rappelait à qui de droit certains faits scientifiquement prouvés. Que, par exemple, le port d'un casque aux normes éprouvées réduit de près de 40% le risque de décès en cas de chute, et de 70% le risque d'un traumatisme grave. Que le port de la ceinture de sécurité réduit jusqu'à 50% le risque de décès des passagers à l'avant, et jusqu'à 75% celui des passagers à l'arrière.
L'OMS soulignait, de même, qu'un piéton qui se fait renverser par un véhicule roulant à 30 km/h ou moins a 90% de chances de survie et que, parallèlement, à 45 km/h ou plus, le piéton à moins de 50% de chances de survivre. En matière de sécurité sur les routes, l'on aura ainsi jamais de cesse de répéter de telles informations cruciales qui devraient, de prime abord, être d'un intérêt certain pour les usagers vulnérables – piétons, cyclistes et autres conducteurs de deux-roues motorisés.
Toujours se faire un devoir de porter des vêtements clairs quand on marche le soir en chemin ; prendre pour habitude de marcher, le long des routes, du côté droit pour bien voir venir les voitures en sens inverse et, ainsi, mieux les éviter en cas de besoin ; ne jamais accompagner un enfant en le faisant marcher du côté de la voie passante ; porter des vêtements réfléchissants le soir quand on est à deux-roues ; s'habituer à éteindre son portable quand on est au volant… Tels sont, entre autres, les conseils de spécialistes de la sécurité routière.
Certes, le facteur humain est, en grande partie, la principale cause d'accidents de la route à Maurice. L'on ne devrait pas pour autant masquer d'autres facteurs de risques. L'état de nos infrastructures routières, d'abord. Si, en général, celles-ci ont connu une amélioration constante ces 25 dernières années, beaucoup reste néanmoins à faire pour une sécurité maximale des usagers.
Les trottoirs, en premier lieu. À ce niveau, il semble qu'il n'y ait aucune standardisation. Quand ils existent et ne servent pas de zones de parking ou d'encombrement pour des étals délabrés de marchands de rue, ils sont le plus souvent irréguliers et ne répondent manifestement à aucune norme fiable de sécurité, notamment pour les handicapés et les personnes âgées.
Les bandes de stationnement aux arrêts d'autobus, ensuite. Dans la plupart des cas, elles n'existent pas. Non seulement cela concourt à aggraver le problème de congestion, surtout aux heures de pointe, cette absence de "lay-bys" sur nos principales routes de desserte par autobus constitue un réel danger pour la circulation routière. Plus généralement, des choses restent à parfaire au niveau de la signalisation routière, souvent insuffisante, si ce n'est défaillante.
Chaussées qui attendent à être marquées depuis des lustres ; plaques de signalisation endommagées ou vandalisées non remplacées ; absence ou défaillance de feux de signalisation : l'on imagine facilement les dégâts que cela peut occasionner, surtout quand le problème se pose au niveau de l'un des 23 "black spots" identifiés sur le réseau routier national par les autorités elles-mêmes.
Ailleurs, c'est l'étroitesse de certaines routes à forte densité de circulation qui pose problème. La route Hugnin, à Rose-Hill est l'exemple type de ce dernier cas. Comment aussi ne pas parler de ces nids de poule grands comme des cratères, conséquences des interminables travaux d'entretien sur les réseaux des services publics que l'on ne se presse jamais de réparer et qui constituent, notamment, en temps de fortes averses, de véritables pièges, surtout pour les deux-roues.
Avec un taux de décès annuel sur les routes qui tourne, à Maurice, autour de 13 pour chaque 100 000 habitants, beaucoup reste à faire pour que le pays atteigne la fourchette de 3,4 à 5,4 pour 100 000 habitants des mieux classés au monde – Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède. En matière de violence routière, toutefois, la logique élémentaire veut que plus il y aura de voitures sur les routes sans que, parallèlement, le réseau ne s'étende de manière proportionnée, plus il y aura des accidents et plus l'on comptera des morts.
À ce propos, c'est pour quand déjà, le métro léger ?


Commentaires

Children playing ball on the road.................
Every oncoming vehicle has to horn.............
Please gine me some peace.....

Tout a fait d'accord :La rue n'est pas un terrain de jeux! Il faudrait que d'autres media outlets prennent le relais pour le rappeller a la population.Merci pour cet article.