Opinions

Impossible de passer outre l’épisode du Deputy Speaker de l’Assemblée nationale, cette semaine ! En effet, du haut de ses 24 ans, Adrien Duval, benjamin de l’hémicycle, a insufflé une belle rasade de fraîcheur parmi les rangs de l’illustre structure.

Elle n’a jamais été au plus mal depuis son existence. La MBC touche ces jours-ci le fond. On a eu l’époque de Jean Delaître, avec sa direction et ses préférences politiques, mais il y avait aussi des individualités de grand talent qui compensaient les faiblesses relevées ici et là.

Lourdes, Medjugorje ou autres Fatima devraient songer à aller se rhabiller. Le temps où ces lieux dominaient de la tête et des épaules les miracles semble révolu. C’est ici, désormais, que ça se passe ou, tout au moins, ça se passera si on y met de la patience. Et des sous, évidemment, petite obole d’usage à glisser discrètement dans l’urne, et, bien entendu, l’indispensable sueur qu’on suggère généreusement aux uns et aux autres sans pour autant se mouiller davantage…

Un petit peu opportunistes, pour dire le moins, les déclarations multipliées du nouveau chef de la de fonction publique. Comme les nouveaux décorés de la République, il ne rate pas l’occasion de remercier celui qui l’a nommé. Bien qu’il était le Senior most de la fonction publique, donc le plus qualifi é pour le poste, le nouveau chef ne rate pas l’occasion de se dire “très honoré” que le Premier ministre l’ait nommé au poste auquel il avait droit.

L’Afrique est projetée au premier plan de l’actualité locale à chaque fois que le chef d’État d’un pays frère du continent est de passage à Maurice. Cette semaine, la visite du président du Ghana, John Dramani Mahama, a permis de braquer les projecteurs sur l’Afrique. Cela est dû à plusieurs raisons. Le Ghana et Maurice ont été des années durant cités au plan international comme étant les deux seuls pays africains à pratiquer la démocratie parlementaire et à respecter les principes de l’État de droit.
La visite du président du Ghana a revêtu une importance particulière pour Maurice, car elle marque une nouvelle étape de la stratégie africaine que les autorités mauriciennes s’évertuent à mettre en place depuis quelques années déjà. Certes, quelque 80 entrepreneurs opèrent dans plusieurs pays du continent sur la base d’initiative personnelle et parfois avec l’aide du Board of Investment (BoI). Toutefois, plusieurs importants projets mentionnés lors du passage des chefs d’États africains à Maurice n’ont jamais eu de suite.
C’est le cas pour le grand projet de développement triangulaire entre le Singapour, Maurice et le Congo-Brazzaville. Les projets envisagés au Gabon à l’occasion de la visite de son président tardent à se concrétiser. Le seul projet initié conjointement avec IBL, à savoir la création d’une unité de traitement des produits de la mer, semble connaître actuellement quelques déboires. D’autres projets, comme le développement des zones économiques et agricoles au Mozambique, sont restés lettres mortes.
Cette fois toutes les conditions semblent être réunies pour la réussite du projet de création d’une technopole à Accra. Le terrain a été préparé longtemps à l’avance par le Premier ministre sir Anerood Jugnauth et par le ministre du Tourisme Xavier-Luc Duval, qui ont tous deux eu l’occasion de se rendre au Ghana. Il y a eu par la suite une série d’échanges au niveau ministériel. Les travaux d’infrastructure entrepris par le gouvernement ghanéen sont déjà avancés. Les institutions internationales, dont la Banque mondiale, ont accepté de financer le projet en passant par le BoI. Maurice détiendra pendant 20 ans une majorité de 60 % dans le capital du Special Purpose Vehicle qu’est le Tema Technology Park Ltd. Un plan de travail a déjà été établi. Le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, dirigera une délégation à Accra en novembre prochain. Il ne manque que le traité de non double imposition et l’accord sur la promotion et la protection des investissements.
La réussite de ce projet devrait permettre à Maurice de projeter une image proactive sur le continent africain. Pendant longtemps le pays avait eu la réputation d’essayer de tirer avantage du continent sans rien offrir en retour. La décision de l’ancien gouvernement concernant l’exemption de visa d’entrée à la majorité des pays africains et l’octroi des bourses aux étudiants africains avaient contribué à corriger cette perception.
La participation directe de Maurice dans le développement économique du Ghana permet à Maurice de se positionner comme un partenaire crédible en Afrique dont elle est partie intégrante. Elle sera bénéfique tant au Ghana qu’à Maurice. Le BoI a développé un mécanisme lui permettant d’offrir un service de consultant payant aux pays africains. Ce sera sans doute le cas pour le Ghana. Plus important, les opérateurs économiques intéressés à investir au Ghana disposeront à travers la technopole de Tema des structures appropriées pour la création des entreprises susceptibles de produire des biens et services pour un marché de 300 millions de consommateurs en Afrique de l’Ouest, éventuellement les États-Unis grâce à l’AGOA et l’Europe grâce à l’Accord de partenariat économique avec l’ECOWAS.
Cependant, alors que le gouvernement encourage les opérateurs des PME à investir en Afrique, il est important que ces derniers comprennent que sans une préparation, voire une connaissance approfondie des cultures et traditions du pays choisi pour leur investissement, ce qui est présenté comme un Eldorado, peut devenir un enfer.
Certaines entreprises mauriciennes, et non des moindres, en ont fait l’amère expérience et ont subi des pertes conséquentes. Plusieurs bureaux de consultants et d’experts-comptables dispensent des conseils à ceux qui veulent s’aventurer en Afrique. Toutefois, le desk africain opérationnel au niveau de la BoI devrait être accessible à tous ceux qui sont intéressés. Reza Uteem a raison de proposer la création d’une African Policy Unit au niveau du ministère des Affaires étrangères. Elle constituerait un apport non négligeable à une diplomatie économique plus efficace en Afrique.

Nos décideurs politiques misent certainement, entre autres, sur notre jeunesse actuelle, pour mener à bien les grands axes de l’Economic Mission Statement présenté en grande pompe samedi dernier.

L’Economic Mission Statement du Premier ministre Sir Anerood Jugnauth jette les bases d’un nouvel espoir pour l’ensemble de la communauté mauricienne, et celles de ses affaires, de voir redécoller de nombreux secteurs économiques qui pâtissent ces derniers temps d’un manque de vision à long terme et de blocages motivés par des intérêts obscurs.

Le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a magistralement réussi l'opération de communication préparée avec minutie par son entourage pour présenter son “mission statement” consacré à la vision économique du gouvernement et pour jeter les bases de la vision de développement pour l'horizon 2030. Pour l'occasion, tous les invités ont répondu présents , remplissant ainsi la salle de conférences de la Cyber Tower 1, qui symbolise aujourd'hui l'entrée de Maurice dans le monde des Technologies de l'Information et des Communication, moteur aujourd'hui de l'économie des services, dont les BPO et les services financiers. Aujourd'hui, le Premier ministre veut, en guise d'héritage au pays, dépasser la cyber-économie pour s'engager dans la “smart- economy”, qui débouchera sur la création d'une “Smart Island”.

Nous y revoilà, donc: à l’orée d’une nouvelle réforme de notre système éducatif. Depuis des décennies, des voix n’ont cessé de décrier un système qui profite certes à une élite mais qui laisse chaque année sur le carreau, à la fin du cycle primaire, plus d’un tiers des jeunes écoliers mauriciens. Il est à prévoir que les résistances seront encore une fois fortes au nouveau projet proposé par la ministre Leela Devi Dookhun, tant sont puissantes la peur du changement mais aussi la volonté, pour certains, de préserver certains acquis. Cela, même si ces acquis s’exercent au détriment du plus grand nombre.

Trois exercices en neuf mois, un Discours-Programme le 27 janvier avec la vision s’arrêtant au quinquennat se terminant en 2020, un premier budget présenté le 23 mars pour définir les grands axes de la politique économique et, hier, 22 août, définition par le Premier ministre du cap 2030. Ça fait beaucoup et, contrairement à certains commentateurs enthousiastes que l’on a pu entendre hier, le peuple, lui, ne semble pas être transporté par les mesures annoncées ni ne croit-il au miracle, alors qu’il est bien placé au quotidien pour savoir ce que cela demande de travail et de sacrifice pour réaliser ne serait-ce que l’essentiel pour soi-même et sa famille. Certains veulent y croire et pensent que les objectifs fixés, plutôt ambitieux, sont réalisables.

On comprend mieux, aujourd’hui, la petite colère affichée par SAJ l’autre jour face à une journaliste qui voulait s’enquérir un peu plus sur son voyage “privé” en Grande-Bretagne. Une cure de jouvence n’est, en effet, l’affaire de personne d’autre. D’autant que tous les frais de cette remise en forme, on s’en doute – nouvelle coiffe, déplacement aérien aller-retour compris – ne risquent pas d’atterrir à la trésorerie de la MTPA ou autre petite caisse d’appoint, grise ou pas. Comme l’auraient été de petites additions, très peu salées on en convient, portant les initiales du roi coq, lors de quelques rares et furtives escapades, tout à fait légitimes certes, hors de son enclos trop restreint. Et, une fois n’est pas coutume, de délaisser le maïs d’usage, prendre la clé des champs et se laisser tenter par de petits et discrets becquetages 3-4 étoiles ici et là !

Annoncé depuis des semaines comme devant être un des points forts de l’action gouvernementale de l’alliance Lepep, la publication du projet de sir Anerood Jugnauth pour relancer l’économie mauricienne a eu lieu hier. C’était d’abord la conclusion d’une opération de communication montée par le gouvernement autour du terme — galvaudé et impropre — “deuxième miracle économique”. Galvaudé parce que trop souvent utilisé pendant la campagne électorale. Impropre parce qu’on oublie que miracle veut dire « hasard heureux, extraordinaire et totalement inattendu ». Donc impossible à organiser, à comprimer dans un projet échelonné sur un certain nombre d’années. Opération de com ou pas, il était temps que le gouvernement prenne une initiative pour faire oublier ce qui a caractérisé son action depuis son élection : un manque de leadership. On avait de plus en plus le sentiment qu’en dépit du fait que la force de l’alliance Lepep reposait sur SAJ, il était en retrait au gouvernement, alors que certains ministres opéraient chacun dans son coin, avec quelques couacs retentissants, et ne fonctionnaient comme une équipe que dans le cadre de grandes opérations de com. Comme celle contre la BAI, qui se révèle, au fur et à mesure, comme un règlement de comptes hâtivement décidé dont personne n’avait pensé à mesurer les conséquences financières, sociales et politiques. Et dont la mauvaise gestion, reposant plus sur des pulsions que la réflexion, a sérieusement terni la réputation de Maurice en ce qu’il s’agit de la bonne gouvernance et du respect des procédures internationales.

 

La ministre de l’Education, Mme Leela Devi Dookun-Luchoomun, a été auréolée d’une belle guirlande de louanges, venant même des bancs de l’opposition, par rapport au projet de Nine-Year Schooling qu’elle a présenté jeudi. Ce projet que beaucoup souhaite voir implémenter le plus rapidement, même s’il y a des réserves, ici et là, est une priorité nationale puisqu’il y va de l’avenir des dizaines de milliers de nos jeunes compatriotes. Personne ne peut en disconvenir. Et il est tout à fait normal que cela ait constitué le gros de la conférence de presse.

Depuis son retour au pays la semaine dernière, après un séjour prolongé en Europe, c’est un sir Anerood Jugnauth gonflé à bloc, prêt à attaquer sur tous les fronts, que la population a retrouvé sur le terrain politique et gouvernemental cette semaine. Lors de sa sortie publique lundi, devant les représentants des Petits États insulaires en développement, il n’a pas lésiné sur les mots pour annoncer son intention de prendre le taureau par les cornes dans la lutte contre la corruption.

La victoire surprise mais sans coup férir de Diamond Light dans la Turf Magazine Golden Trophy 2015, face à ses principaux concurrents de cette course courue sur 2200 mètres, en fait aujourd’hui un favori incontesté du Maiden qui retrouvera cette année le parrainage prestigieux d’Air Mauritius, l’épreuve reine de notre saison hippique qui consacrera le meilleur stayer de l’année sur la distance classique.

Le nouveau gouvernement n’a pas encore neuf mois, mais quand on le regarde dysfonctionner, on peut avoir le sentiment qu’il date de plusieurs années. Qu’il est arrivé à bout de souffl e pour multiplier les bévues à ce rythme. Depuis neuf mois, et à part quelques supposés coups d’éclat qui se sont vite retournés contre lui, ce gouvernement donne le sentiment de ne pas avoir fait grand-chose.

La grand-messe censée réconcilier le pays avec l’essentiel est prévue pour samedi prochain. Le Premier ministre doit dévoiler le plan qui va relancer l’économie en panne depuis des mois et jeter les jalons de la société mauricienne à l’horizon 2030. On espère que ce sera pas essentiellement l'économie bleue de Land Based Oceanic Industry promise par le gouvernement Ramgoolam depuis 2006 même s’il faut reconnaître que c’est son équipe qui a fait avancer le dossier de l’extension de la zone maritime mauricienne. Enfi n, est-on tenté de dire.

Le rideau est tombé sur les 9èmes Jeux des Iles de l'océan Indien. Après les réjouissances et les retrouvailles, il est maintenant temps de tirer les leçons de la cacophonie qui a régnée pendant ces Jeux. Le président du Conseil international des Jeux des Iles (CIJ) et président du comité olympique mauricien (COM), Philippe Hao Thyn Voon, a fait son bilan en convoquant la presse vendredi dernier à Port-Louis. C'est justement là, la première leçon à tirer des jeux réunionnais où la communication a été quasi absente. Car on se serait attendu à un point de presse plutôt le jour de l'ouverture des Jeux, après le départ des Comoriens.

Le gandia est un sujet qui suscite, inévitablement, des débats toujours très passionnés. Il en a, de nouveau, été question cette semaine. L’enjeu, pour l’heure, est autour de la décriminalisation de la plante. Décriminaliser n’est pas légaliser : il convient, d’emblée, de bien souligner cette nuance. Car dès que l’on nomme le cannabis, c’est la levée des boucliers immédiate, sans même prendre le temps de comprendre et d’essayer de contextualiser le débat, hélas !