Opinions

Pour les inconditionnels des Jeux des îles de l’océan Indien, rien ne sera plus comme avant. Les Comores ont mis leur menace à exécution et ont assommé ces 9es JIOI. 

« S’ils (ndlr : les Comoriens) vont jusque-là, ce sera peut-être la fin des Jeux des îles… » Les propos de Patrick Kanner, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports de la France, sont lourds de sens et jette un autre pavé dans la mare des Jeux des îles, suivant la sortie sur scène des sportifs comoriens, qui avaient boudé samedi le stade de Saint-Paul en pleine cérémonie d’ouverture.

Il y a les fabrications d’enquêteurs zélés exécutant les ordres venus d’en haut. Il y a les abus de la parade aux Casernes centrales agrémentés de convocation under warning suivie d’annonces pompeuses à l’effet que des charges provisoires ont été retenues contre X ou Y sous des délits parfois complètement inconnus de nos textes et des magistrats lorsque ce n’est pas le fourre-tout tout trouvé du “conspiracy” que l’on sort de sa casquette de policier à la découverte qu’il n’y a, en fait, rien dans le dossier. Il y a ensuite les arrêts des tribunaux et des jurys populaires qui sont, eux, implacables. Cette semaine encore, ce ne sont pas les gesticulations d’agents en mal de reconnaissance qui ont impressionné l’opinion, mais les preuves, les vraies celles-là, de leur incompétence légendaire et de leur amateurisme affl igeant.

L’ouverture officielle des 9es Jeux des îles de l’océan Indien a eu lieu hier soir au stade olympique de St-Paul. Au-delà de la partie protocolaire, la politique a, une fois encore, pris le dessus sur le sport. La situation déjà tendue entre l’Union des Comores et la France depuis quelque temps sur le dossier Mayotte a débouché sur la sortie sous forme de protestation de la délégation comorienne du stade

C’est huit mois après le changement de gouvernement que la MBC a réussi à présenter sa nouvelle grille de programmes. Une annonce faite presqu en catamini, la veille pour le lendemain, comme si la direction de la corporation avait été forcée de le faire. En fait, cette annonce suit de quelques heures une réunion nocturne qui s’est tenue au ministère de la Bonne Gouvernance qui, depuis la démission de Pravind Jugnauth, chapeaute la MBC. En plus du président du conseil d’administration et du directeur général, des employés triés sur le volet assistaient à cette réunion.

Dépassant largement ses affinités politiques, la population, dans sa grande majorité, semble afficher, ces jours-ci, une mauvaise humeur et commence à avoir de réels doutes sur nombre de sujets touchant à l’avenir même du pays par rapport à la vision qu’elle s’en faisait tout juste hier, ou avant-hier ! Partout, dans nombre de domaines d’activités, c’est la grogne, l’attente des déclics précis sur le redémarrage éventuel de certains secteurs clés de notre économie. En panne, dans la plupart des cas, en raison même des chambardements politiques qu’aura connus le pays depuis plus d’une année déjà, et qui semblent perdurer...

La fête devrait rassembler les frères des îles de l’océan Indien et elle s’annonçait belle. Pas si sûr qu’elle le sera dans son intégralité, car elle reste dans la confusion. Le cas Mayotte — Maore en langue comorienne — doit être réglé (temporairement comme d’habitude) pour les besoins du défilé autour d’une table ce matin à 11h à la réunion du Cij (une décision en ce sens a déjà été prise en coulisses hier matin). La diplomatie française a laissé traîner les choses, malgré une promesse, dit-on, faite par le président François Hollande lors de sa dernière visite à Mayotte. Cet après-midi à Saint Paul, lors du protocole, un panneau France Océan Indien porté par un Mahorais — la Charte des JIOI interdit au département d’arborer les symboles de l’État français — sera précédé du drapeau tricolore porté, lui, ostensiblement par un Réunionnais — comme ce fut le cas dans les dernières éditions — à l’occasion de la cérémonie d’ouverture des Jeux 2015. Laissant Mayotte, devenu pourtant département français en avril 2011, sur sa faim et ses ambitions politiques.

Que cache la décision, pour la moins soudaine, — et on évitera d’insinuer qu’elle est irréfléchie — d’Anil Gayan, de supprimer (tout bonnement) le traitement de substitution à la méthadone pour les nouveaux patients ? Et quelles sont ces « alternatives » énoncées, mais qui, jusqu’ici, plus d’une semaine après, sont toujours inconnues ? Quels sont ces « traitements » que ses « médecins » préconiseront après « screening » des nouveaux patients enregistrés ?

Remporter cinq courses au cours de la même journée n’est pas un mince exploit, surtout au Champ de Mars, où la compétition est de plus en plus rude par les temps qui courent. Il faut évidemment saluer la rage de vaincre qui a animé le jockey Derreck David samedi dernier après qu’il eut été sauvé quelques jours plus tôt d’une lourde suspension en appel qui lui aurait valu la fi n de son association avec l’entraînement Rousset. On comprend mieux sa joie communicative et un peu démesurée dans le paddock après ce qui restera la journée la plus prolifi que de sa jeune carrière. Il faut espérer qu’il demeurera dans ce registre plus conforme à ce qui est attendu de lui que ses dérapages passés. Et il doit surtout remercier son duo d’entraîneurs Gilbert Rousset et Sudesh Seesurrun qui lui a concocté des engagements très favorables pour des petits champions bien préparés.

La jeunesse sportive des îles de l’océan Indien se donne rendez-vous durant les neuf prochains jours à l’île de La Réunion pour les 9es jeux de l’océan Indien. Ils seront près de 2 500 athlètes venant de sept îles de la région, les Comores, Madagascar, Maurice, les Maldives, Mayotte, la Réunion et les Seychelles, pour se mesurer dans quatorze disciplines sportives.

C’est un fait indéniable: l’extraordinaire feel good factor ressenti dans le pays au lendemain des élections de décembre 2014 est bel et bien chose du passé. Il y a une usure naturelle de ce genre de phénomème, et rien là de bien extraordinaire. Partout, à travers le monde, les lendemains qui chantent promis par candidats et partis s’émoussent dès lors que l’épreuve du pouvoir impose ses réalités. Qu’il s’agisse de l’élection de Barack Obama aux États Unis ou du retour de la gauche menée par François Hollande en France, l’enthousiasme dans le monde politique ne semble pas chose à même de durer.

On connaissait les comiques de l’ancien régime, on les a remplacé par des pense-petit qui approfondissent et perpétuent l’affligeante médiocrité qui caractérise trop souvent le débat politique à Maurice. Une banderole bleue a provoqué une inutile montée d’adrénaline de la part du tonitruant gardien de la maison Jugnauth sur fond de querelle de territoire et de chasse gardée clientéliste. Une nouvelle banderole de la discorde du PMSD, dirait-on. Mais quoi, le MSM ne savait-il pas ? Le banner et Facebook sont un mode d’expression privilégié par le PMSD. C’est plus facile et plus commode que de se soumettre aux questions de la presse et d’échanger démocratiquement avec les journalistes. À chacun son style.

La forte poussée de fièvre qui avait dominé l’actualité la semaine dernière semble être maintenant plus ou moins sous contrôle. A croire, presque, que le phénomène avait quelque incidence avec l’absence, temporaire, des deux figures de proue de notre, jusqu’ici, très paisible République – le PM et la nouvelle Présidente, tous deux en voyage en Grande Bretagne. Et celle, également, du PM in waiting qui, précautionneux à souhait et avant la lettre, semble bien entendre assurer ses arrières pour un éventuel recours au Privy Council au cas où son appel devant la Cour suprême, contre la décision de la Cour intermédiaire, lui serait défavorable.

Il est triste, regrettable et navrant de constater que le nouveau régime en place, plébiscité avec autant de ferveur populaire (peut-être même un peu trop, d’ailleurs, au goût de nombreux Mauriciens, ces jours-ci…), ne déroge pas à la règle. Explicitons…

Nos politiciens sont souvent de grands comiques qui s’ignorent, surtout quand ils sont ambitieux. Prenez Showkutally Soodhun, ancien syndicaliste devenu politicien, président du MSM et puis ministre. C’est un homme qui parle fort. Trop fort. Dans les meetings, que l’audience soit composée de dix ou de cent personnes, il hurle au micro comme s’il s’adressait à une foule de plusieurs milliers d’individus. Il dit aussi souvent n’importe quoi quand il s’agit de présenter les leaders aux rassemblements. Au dernier meeting du 1er-Mai, il a ainsi annoncé l’arrivée du leader du PMSD : « Ala nou l’amour pé vini ! » Soodhun est également un homme qui, trop souvent, agit et exécute les directives avant de réfléchir. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à manifester devant une radio, qui n’avait pas accordé l’importance que son leader pensait mériter, en oubliant que ses propos étaient enregistrés et pouvaient être produits en cour. C’est ainsi qu’avant même que les opposants à un projet hôtelier controversé ne se soient organisés, le ministre a déclaré qu’il ne céderait pas face aux manifestants et accorderait le permis de construction. C’est également ainsi qu’il a annoncé qu’il y avait de très hauts cadres du judiciaire qui étaient coupables de conflit d’intérêts, lançant ainsi l’affaire que l’on sait. Et qui risque, comme beaucoup d’autres, de lui revenir de plein fouet dans la figure, comme un boomerang.

Le Premier ministre sir Anerood Jugnauth est en vacances à Londres avec les membres de sa famille depuis le week-end dernier. Selon son entourage proche, ce déplacement privé lui permettra de passer du temps avec ses petits enfants, qu’il n’aurait pas vus depuis longtemps. Il est difficile de trouver à redire.

Comme on s’y attendait, le leader du Mouvement Socialiste Militant et jeune Premier ministre en attente, Pravind Jugnauth, fait appel à la Cour suprême contre sa condamnation pour conflit d’intérêts dans l’affaire MedPoint. Il n’avait d’autre choix eu égard à ses très grandes ambitions nationales.

Les semaines se suivent et semblent se ressembler au Champ de Mars cette semaine puisque, de visu sur la piste et dans les coulisses, les choses pour l’heure semblent se dérouler à la satisfaction du public, celui-ci se déplaçant en plus grand nombre. On a vu pour la journée dominicale du 19 juillet dernier des personnes faisant la queue pour accéder au Champ de Mars alors que l’entrée pour les femmes et les enfants était gratuite. Même s’il est vrai que le Mauritius Turf Club a réduit ses nombres de guichets ces derniers temps, il n’en demeure pas moins vrai que ces signes-là sont positifs, d’autant qu’au nombre de personnes s’ajoute une bonne humeur ambiante qui a envahi les tribunes et la plaine, a contrario de la colère subie ces dernières années.

On est en plein cirque. Des ministres, les mêmes d’ailleurs qui balancent de petites nouvelles ici et là et qui sont gobées parfois sans aucune retenue, tendant à monter une affaire tout en distillant de petites allusions au judiciaire. Pour découvrir après qu’il s’agit non pas d’un juge mais du Directeur des Poursuites Publiques. Il fallait vraiment être naïf pour ne pas voir venir. Et c’est toute cette entreprise mal fi celée ou plutôt grossièrement concoctée qui a débouché sur la saga de cette semaine, où la Cour suprême est intervenue pour rappeler à l’ordre une police et ses dirigeants qui se croyaient jusqu’ici tout permis et qui prenaient des libertés avec tous ceux qui ressemblaient de près ou de loin à des opposants à leurs nouveaux maîtres et qui n’arrêtent pas d’innover puisqu’ils ont ajouté un nouveau gadget à leur méthode d’enquête, la perquisition qui s’apparente plus à du voyeurisme matinal qu’à la recherche active et minutieuse des faits. Et ce n’est pas en recourant aux nouveaux ténors du barreau, apparentés Lepep, comme Kailash Trilochun, Ravi Rutnah ou Sanjeev Teeluckdharry, que le fl agrant parti pris policier de ces derniers mois va s’estomper.