Opinions

L’apparition soudaine, dans le ciel mauricien, des premiers drones le week-end dernier laissait présager qu’un vent nouveau pouvait désormais souffler sur notre paysage politique. Un signe, peut-être, qu’il prenait même de l’altitude, de la hauteur...

Tous les aspirants candidats au ticket électoral ne font qu’une chose depuis que le Parlement a été prorogé et que la précampagne électorale a commencé. Tous ceux qui pensent avoir un destin national en raison de leur appartenance communale et castéiste, des lobbies — socioculturels ou autres qu’ils fréquentent — de leur engagement politique ne pensent qu’à ça.

Les deux blocs qui s’affronteront aux élections générales imminentes se retrouvent actuellement avec un sérieux souci : présenter du sang neuf. Et, dans la mesure du possible, pas n’importe quels candidats… L’électorat a très soif des meilleurs éléments disponibles, avec une nette prédilection pour ceux qui sont intègres et droits et qui ne pratiquent pas, tant que faire se peut, la langue de bois !

Les nuages autour de la date des élections générales, que le Premier ministre garde jalousement secrète, commencent à se dissiper. Il est maintenant presque certain qu’elles auront lieu durant la première quinzaine de décembre. Les dés sont jetés. Plusieurs dates sont déjà avancées.

«Carly-Mae Pye has died after a race fall at Rockhampton » , «Apprentice jockey Juan Saez dies after fall», «Jockey Caitlin Forrest dies after horror four-horse race fall at Murray Bridge». Trois headlines de la presse cette semaine qui attristent le monde hippique international et nous rappellent que le métier de jockey est loin d’être une sinécure.

Depuis la signature de l’accord PTr/MMM, Paul Bérenger se livre à une de ses occupations préférées : faire des déclarations à la presse. Cette presse qu’il n’aime pas, à qui il donne des leçons, dont il traite certains membres d’infectes ou de mercenaires, mais dont il n’arrive pas à s’en passer. Le leader du MMM aime faire des déclarations à la presse.

«Depuis ses premiers jours et après, dans l’Opposition comme au pouvoir, le MMM a été à l’avant-garde dans la lutte pour la consolidation des fondements démocratiques du pays. La population de Maurice, de nos jours mieux informée et technologiquement mieux à même de juger (a technology savvy Mauritian Population), souffre du règne d’un obscurantisme ambiant caractérisé souvent par un manque d’équité (fairness) et un mépris manifeste de droits humains basiques ou même d’une manipulation des mécanismes démocratiques pour servir les desseins d’une poignée de personnes.” Qui a dit ça? C’est Alan Ganoo, leader-adjoint du MMM, dans un de ses plus remarquables discours d’homme politique dans un papier de réfl exion qu’il avait produit lors du congrès marquant, à l’Université de Maurice, la célébration du 40e anniversaire de la création de son parti, en septembre 2009.

La date des élections n'est pas encore connue et, contrairement à ce qu'ont pu avancer certains dirigeants rouges prétendument dans le secret, elle ne sera pas annoncée ce matin à Quatre-Bornes, le Premier ministre ayant déjà assuré que ce n'est pas sur l'estrade politique de l'alliance PTr/ MMM qu'il annoncera le jour du rendez-vous aux urnes de la population mauricienne. Pour les partisans des deux partis, il va falloir attendre que Navin Ramgoolam se décide et qu'il choisisse quand et où annoncer la nouvelle tant attendue, pour un pays en état de paralysie depuis bientôt une année et qui est en attente d'une clarifi cation qui lui permette de repartir sur de nouvelles bases. Patience.

Rare, très rare même doit être encore de nos jours cette prérogative. Unique privilège en effet, exceptionnel même, ce droit qui revient à un seul homme de décider de la date des élections générales d’un pays, sans autre critère que son (?) bon vouloir, en son âme et conscience. Privilège, certes, prévu par la Constitution, mais qui demeure néanmoins un peu inique, tant il pourrait, poussé à l’extrême, ne privilégier outrageusement que des intérêts propres et immédiats de son dépositaire, voire de son seul groupement politique. Mais là n’est pas notre propos, et vivre avec n’a été ni un drame, encore moins un problème. Toute médaille, la plus dorée qui soit, comportant aussi son revers…

En cette veille de 12 octobre qui a pris très rapidement des allures de 1er mai hors saison, tous les regards sont braqués sur les deux grands rassemblements politiques de Quatre-Bornes et de Vacoas, où s’affronteront les deux colosses de l’arène politique, plus que jamais en ébullition, depuis maintenant quelques semaines.

Compte tenu du lancement officiel de la campagne électorale demain marqué par l’organisation de deux grands meetings nationaux, les choses ne seront plus les mêmes dans le pays pendant les prochaines semaines, voire durant les deux prochains mois, jusqu’au jour-J des élections générales.

Les nouvelles réjouissantes sont tellement rares dans le cadre de l’hippisme mauricien ces derniers temps qu’il faut profi ter de la moindre pour se redonner du baume au coeur. Dans cette perspective, la nomination de Bertrand Baudot au sein de l’«Advisory Council on Equine Prohibited Substances and Practices» de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques est une excellente nouvelle et l’on doit féliciter chaudement ce chimiste de seulement 47 ans qui a su se faire un nom dans ce monde international très select grâce à son professionnalisme, sa vision, et tout cela avec une modestie qui l’honore.

C’est sans grande surprise que le président de la République, Kailash Purryag, a procédé à la dissolution de l’Assemblée nationale sur l’avis du Premier ministre hier après-midi. En fait, tout indiquait depuis un bon bout de temps que la dissolution allait intervenir avant le 7 octobre. Tout le monde attendait avec une grande impatience le retour du Premier ministre hier matin sachant l’importance qu’il attache à ses prérogatives, plus particulièrement celle concernant la dissolution du parlement et la publication du writ of elections qui comprend la date du dépôt de candidature et celle du scrutin.

Rien que quelques petites heures nous séparent encore du lancement effectif de la prochaine campagne électorale. On le saura vite, demain, après-demain au plus tard, avec l’annonce imminente de la dissolution de l’Assemblée nationale, dont l’ultime séance était originellement prévue pour ce mardi 7 octobre. Au placard et donc aux oubliettes, spéculations et autres hypothèses quant à la pertinence ou non de ce retour précipité aux urnes, programmé et pratiquement imposé même.

La dissolution de l’Assemblée nationale même pas encore annoncée et la campagne électorale à peine commencée, mais déjà des dérives en tous genres notées. Le visuel d’abord. La consigne officielle donnée par la direction des deux blocs de ne pas nuire à l’environnement, d’installer des banderoles de manière ordonnée, n’a manifestement pas été respectée partout. Ce qui reste des banderoles placées à la va-vite et qui volent dans tous les sens à la plus petite brise sont non seulement un eye-sore insupportable mais cela peut aussi constituer un danger pour les usagers de la route. Il importe aux responsables des comités de campagnes respectifs de constamment rappeler les consignes données à leurs activistes et de veiller qu’elles soient scrupuleusement suivies.

C’est fou ce que ceux qui se gargarisent du terme “respect de la démocratie et des instruments qui permettent de l’appliquer” peuvent être les premiers à fouler aux pieds la démocratie. La meilleure illustration est ce que l’on est en train de faire du fonctionnement du Parlement.

Si la magie existait en sport, le Nigeria ou le Cameroun, voire même l'Afrique du Sud auraient déjà été champions du monde de football. Si ces équipes n'ont pas encore accroché ne serait-ce qu'une étoile à leur maillot, c'est parce qu'en sport la magie, sous quelque forme qu'elle soit, ne marche pas. En sport il n'y a que la préparation et la compétence qui comptent. Ajouté à cela, un peu de talent. La chance, elle-aussi, est un élément qui n'a aucune influence sur les résultats d'un sportif, surtout dans un sport individuel.

Nous revoilà en campagne électorale. Et nous revoilà donc, immanquablement, dans une période où les relations entre presse et pouvoir, actuel ou aspirant, vont se compliquer, se durcir, voire verser dans l’agressivité et l’affrontement.

En ces temps de fièvre électorale, tous les moyens semblent bons pour se faire voir… Quant à bien se faire voir, c’est là un tout autre débat !