Opinions

Les nombreuses zones de cafouillage notées ces dernières semaines au niveau du gouvernement mauricien sont-elles si surprenantes? Pas tant que cela, si l’on considère le caractère hautement hétéroclite de cette alliance réunie à la dernière minute contre Navin Ramgoolam et le ras le bol causé par ses pratiques, plus que pour un programme et un projet d’avenir précis.

En mars dernier, Médgée et Alain St-Louis étaient désemparés, car la nouvelle de la présence d’une tumeur maligne juste à côté de l’oreille droite de leur fille, Fabienne, se confirmait alors que l’intervention chirurgicale devenait parallèlement inévitable. À la demande de ses parents et aussi par respect pour l’athlète, Week-End avait choisi volontairement de ne pas révéler la maladie de Fabienne St-Louis.

Pour les Blancs sectaires américains tout comme pour les Afro- Américains, Stone Mountain revêt un double symbolisme. C’est du sommet de ce fameux bloc de granite culminant au haut des plaines de l’État de Géorgie (États-Unis) qu’on peut avoir une vue plongeante sur cinq États voisins (Géorgie, Alabama, Mississipi, Caroline du Sud et Tennessee). Ces cinq États ont en commun d’avoir tous été esclavagistes. Et, après leur défaite dans la Guerre de Sécession (1960-1965) contre les Yankees du Nord, les survivants de la Confédération des États du Sud ont tenu — au prix de la vie de nombreux ouvriers morts au cours des travaux — à faire graver sur une paroi une fresque fi gurant leurs trois généraux-dirigeants (Robert. E. Lee, Stonewall Jackson et Jefferson Davies) se rendant à Appomattox pour signer la reddition. Depuis, Stone Mountain est devenue un sanctuaire annuel de tous les nostalgiques de Dixieland et de l’Amérique de l’Oncle Tom. Paradoxe ! C’est aussi de cette même Stone Mountain que Martin Luther King, le libérateur pacifi ste noir du siècle dernier, parle dans son fameux discours “I have a dream” de 1965 lorsqu’il disait “ du haut de Stone Mountain, je rêve de voir tous les Américains égaux”. Depuis, Stone Mountain est passée dans la postérité, mais pour des raisons bien différentes que ne l’auraient jamais osé imaginer le Ku Klux Klan.

Les débats sur le deuxième budget de l'actuel gouvernement, présenté cette fois par Pravind Jugnauth, et l'examen des dotations allouées à chaque ministère se sont déroulés en général dans les meilleures conditions. Ce n'est pas l'opposition qui nous dira le contraire. Chaque parti et chaque courant politique représenté au Parlement ont ainsi pu s'exprimer en fonction de leur spécificité et leur stratégie politique.

Il ne nous appartient évidemment pas de décider si Kailash Trilochun mérite le salaire astronomique qu’il a perçu et qui a défrayé la chronique, ces derniers jours. Ce qui ne nous empêche pas de poser quand même quelques questions sur ceux qui ont, en âme et conscience, signé le ou les chèques concernés, avalisant par là même ce fameux paiement qui fait jaser dans toutes les sphères de la société mauricienne. Il revenait à ces derniers de refuser de cautionner cette somme réclamée, s’ils le souhaitaient et s’ils le trouvaient faramineux… Ce ou ces signataire(s) avaient, on le pense, les moyens d’éviter un tel scandale. Et eux ne se retrouvent cependant pas sous les feux des projecteurs au même point que l’avocat… Cela relève évidemment d’un autre débat, qui ne nous intéresse pas ici, pour l’heure.

La semaine de repos du mois d’août a été l’occasion pour tous de s’intéresser aux Jeux Olympiques de Rio et de suivre l’exploit de Usain Bolt qui a remporté sa troisième médaille d’or au 100 mètres, un exploit digne d’un champion exceptionnel. Les professionnels de courses et les turfi stes ont pu aussi se reposer et jeter un regard dans le rétroviseur sur la première partie de la saison qui a donné pas mal de satisfactions mais aussi bon nombre de désillusions. Elle a permis à tous de laisser souffl er le porte-monnaie, malmené ces derniers temps par des résultats de courses surprenants. Les plus mordus ont sans doute rongé leur frein et se sont imprégnés de la dernière course préparatoire du Maiden pour faire leur papier pour notre Ruban Bleu en attendant de retrouver les travées du Champ de Mars dont l’accès sera majoré à Rs 200, un prix raisonnable quand on s’imagine ce qu’on doit dépenser pour voir d’autres spectacles moins captivants et émotionnels dans l’île.

1,3 million de personnes en deux semaines. L’équivalent de la population de Maurice. Voilà ce qu’a réuni au mois de juillet dernier, en Italie, une œuvre artistique.  
Cette œuvre, c’est la création éphémère de l’artiste-plasticien Christo Javacheff, originaire de Bulgarie. À son initiative, 200 000 cubes de polyéthylène ont été assemblés pour créer un ponton flottant de 3 kilomètres de long, recouvert par 40 000 mètres carrés de toile jaune orangé, courant sur le lac d’Iseo, dans la région lombarde.

Nous n’allons pas utiliser la formule des chanceux qui seraient cocus. C’est vulgaire et c’est d’un autre temps. Allons dire qu’ils ont la baraka. C’est terrible comme les cadeaux leur tombent dessus à la pelle. Regardez Patrice Armance, élu encarté au PMSD. Il a fallu qu’il soit la semaine dernière désigné comme l’heureux gagnant de la loterie Extravaganza organisée par Air Mauritius pour que le pays découvre qu’il est un député. On le connaît probablement un peu dans la première circonscription où il a été élu et on sait seulement qu’il s’était un temps fait remarquer pour avoir été rabroué par le Mouvement Liberater pour une question parlementaire sur le tapage répété qui se déroule dans l’enceinte du Plaza. A part ça, il est à classer dans le camp des muets assez nombreux dans l’actuel hémicycle.

Il ne se passe une semaine sans qu n’éclate un scandale provoqué par un nominé du MSM. Après celui de Heritage City, nous avons eu droit cette semaine à deux autres affaires. Le conseil d’administration de l’ICTA a payé à Me Trilochun, qui ne cache pas son appartenance au MSM et qui est par ailleurs le beau-frère du ministre Nando Bodha, la somme des Rs 19 millions pour une seule affaire ! Ce montant m’a choqué, a déclaré le Premier ministre au Parlement.

Au plus fort de son conflit public en début d’année avec Vishnu Lutchmeenaraidoo, son collègue au gouvernement et frère d’armes au sein du MSM, dont il a d’ailleurs fini par obtenir qu’il quitte le ministère des Finances, Roshi Bhadain, le ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance, a fait dans la presse écrite et sur les ondes radio le commentaire suivant, lourd de sous-entendus : « Si Vishnu Lutchmeenaraidoo a un sens de l’honneur, il sait ce qui lui reste à faire. »

Seule une autopsie – et donc des prélèvements scientifiques, des analyses et des examens – peuvent prouver qu'il y a eu mort d'homme par overdose. Mais quel parent admettrait que le certificat de décès de son enfant porte la mention « mort par overdose » ? Quel proche en ferait de même pour un frère, une sœur, un cousin ou un oncle, même si cette personne était connue pour avoir été toxicomane ?

L’île Rodrigues passe actuellement par un de ses moments les plus difficiles depuis qu’elle a accédé à l’autonomie. Cette île sœur de Maurice a connu beaucoup de catastrophes naturelles dans son histoire : les pires inondations comme les pires sécheresses. Comme toujours, les Rodriguais ont toujours retroussé leurs manches pour relancer leurs plantations et leurs élevages. Cependant, l’épidémie de fièvre aphteuse apparaît comme le coup le plus dévastateur qu’ils n’aient jamais connu. Elle les touche profondément non seulement sur le plan émotionnel, mais surtout elle affecte directement leur principale source de revenus.

C’est la fin attendue d’une véritable folie. Ainsi soit-il ! Heritage City, cette aventure improbable, s’est fracassée et, avec elle, son concepteur Roshi Bhadain et celui qui—pour des raisons qui jusqu’aujourd’hui semblent échapper au commun des mortels — l’a soutenu, Sir Anerood Jugnauth. Ces deux-là ont défendu bec et ongles ce projet dément qui n’était pas nécessaire et encore moins prioritaire et qui, en plus, n’était même pas dans le programme de Lalians Lepep.

Ainsi il aura fallu qu’arrive au ministère des Finances un adviser, qui considère que son rôle n’est pas de dire systématiquement  yes, minister, pour que le projet Heritage City, présenté  comme l’accomplissement du gouvernement de Lalians  Lepep et un hommage bétonné rendu à son chef, soit gelé. Il aura fallu un simple  rapport pour que le gouvernement sorte de son sommeil pour se rendre compte que le projet qu’il avait soutenu et défendu, à qui il avait alloué des milliards et qu’il avait inscrit dans le budget était mal fait, rempli de défauts et, en un mot, irréalisable. Le gel du projet Héritage démontre à quel point ceux qui nous gouvernent sont capables d’accepter des décisions engageant le pays, ses finances et son avenir sans réfléchir, sans même prendre la peine d’essayer de comprendre ce qu’on leur fait voter. Le gel du projet Heritage City fait éclater en pleine lumière la lâcheté des ministres et des hauts fonctionnaires qui, pour ne pas déplaire au Premier ministre et à son protégé, ont laissé ce dernier  embarquer Aneerod Jugnauth dans un projet catastrophique qui allait le ranger dans la catégorie des Bongo et autres Mugabe qui se font bâtir des monuments à leur gloire de leur vivant. Ce silence, cette lâcheté a commencé depuis novembre de l’année dernière quand Roshi Bhadain annonce le projet  qui consiste à créer une nouvelle ville pour aménager le Parlement,  les bureaux du gouvernement, des magasins, des bureaux et  des appartements. En novembre, la société qui va gérer le projet est créée et en février le Master Plan est dévoilé, le montage financier de Rs 820 millions annoncé ainsi que le nom du consultant  étranger qui va gérer le projet. Le Conseil des ministres donne son feu vert au ministre de la Bonne Gouvernance, qui joue au promoteur  immobilier, en mars. Jusque-là aucun ministre,  aucun haut fonctionnaire, aucun expert ou technicien dont le travail est de veiller aux intérêts du gouvernement et de vérifier dans les moindres détails la viabilité des projets, financés des fonds publics, ne se manifeste, ne pose une seule question.

Ceci est un mur. Un début de mur. Un mur actuellement en construction devant le cimetière de Cap Malheureux, à l’initiative du conseil de district.

Edge effect, ce volet mauricien du projet Ephemeral coast, a été éphémère dans tous les sens du terme… Faisant appel à six sets de vidéo projection, cette exposition coûteuse en location de matériel ne pouvait durer très longtemps, faute sans doute aussi d'un sponsoring véritablement enthousiaste.

Le décès d'un jeune de 22 ans originaire de Triolet en cette fin de semaine, tel le glas, nous ramène à une triste réalité : celle de ces trop nombreux jeunes Mauriciens qui, par curiosité, “peer pressure”, à la recherche de sensations extrêmes et inconnues, ou par simple désir de l'interdit, touchent aux drogues. Selon des témoins sur place, quand Yogesh Jugnah a été pris de violents malaises, durant cette fameuse nuit, qui aura aussi été sa dernière, la victime aurait consommé de la drogue synthétique.

Les passionnés de sport et d'athlétisme n'auront certainement par raté la diffusion en direct ce matin de l'ouverture de la 31e édition des Jeux olympiques de Rio. À partir d'aujourd'hui, et ce durant les prochaines semaines, beaucoup d'entre nous auront les yeux rivés sur le petit écran pour suivre les athlètes et les compétitions préférés, même si, contrairement aux précédents Jeux, il y a peu de chance de voir des sportifs mauriciens en phase finale d'une compétition.

Le discours du budget est venu confi rmer que le gouvernement a défi nitivement tourné la page de la mise en application du rapport Gunn/Scotney de 2016 qui s’inscrit dans la lignée des recommandations du rapport la commission d’enquête Parry de 2014, après les graves scandales et tricheries qui avaient secoué le monde hippique local pendant ces années-là. Le gouvernement n’a donc pas honoré la parole de son Premier ministre qui avait pourtant avec conviction annoncé — dans l’institution qu’est le Parlement — que le rapport Parry serait appliqué in toto. Dommage !