Opinions

Depuis plus d’une quarantaine d’années,  Amnesty International — parmi d’autres mouvements abolitionnistes — l’affirme : « L’opinion selon laquelle la peine de mort présente un caractère dissuasif se fonde sur l’idée qu’un individu qui songe à commettre un crime grave peut en être détourné s’il sait qu’il risque ainsi sa vie. La question est de savoir non pas si la peine de mort a un effet dissuasif, mais si elle est plus dissuasive que la réclusion de longue durée, par exemple. »

Bon alors, cela fait plus de 300 ans que le dodo a disparu. Ils ne vont pas encore venir nous emmerder, les «zécolos», à essayer de faire capoter un projet de construction d’hôtel sous prétexte que cela empièterait sur un site où on a retrouvé des ossements du dit volatile qui ne savait pas voler...

Dans toute démocratie, comme dans tout autre système politique — allant de l’autoritarisme à la pire des dictatures ! — quand le pouvoir en place commence à déconner ou à vaciller à la moindre petite secousse interne, le peuple s’impatiente. Et il le fait savoir. Sans même attendre quelque divin porte-drapeau ou autre Cohn Bendit d’occasion, il sait comment s’y prendre pour réagir et faire entendre sa voix. Fort bruyamment des fois. Et, plus souvent, sans crier gare, il descend, de manière impromptue comme un seul homme, tout simplement, dans la rue…

Le feuilleton de l’IBA a continué cette semaine avec quelques coups de théâtre. Si,  comme prévu, le contrat du président et des assesseurs de l’Equal Opportunity Commission (EOC) n’a pas été renouvelé, la direction de l’EOC a causé la surprise en demeurant en fonction. Son président a expliqué qu’il restait en poste en attendant que les remplaçants soient nommés.

Les Mauriciens qui choisiront de participer à des activités de masse pour célébrer la Fête du Travail demain, au lieu de se la couler douce en famille ou à la mer, auront cette année une variété de choix, que ce soit au niveau politique, syndical ou religieux. Ainsi, à Vacoas, L’Alliance Lepep organisera le seul grand meeting politique de la journée après avoir réussi à déplacer le Parti Travailliste, qui avait convoité à un certain moment cet emplacement pour un rassemblement national.

Pour l'heure, seuls Mgr Ian Ernest et Mgr Maurice Piat ont approché le président de l'actuelle Commission d'enquête sur la drogue, l'ex-juge Paul Lam Shang Leen, et ce dans le souci d'émettre leurs inquiétudes et leurs appréhensions sur ces sujets douloureux qui gangrènent notre société. Les fléaux de la drogue, de l'alcoolisme et les autres corollaires associés, tels le VIH/Sida, le rajeunissement de la prostitution et, surtout, l'avènement des drogues synthétiques, n'ont laissé indifférents ni l'évêque de Port-Louis ni celui de Maurice.

Longtemps connu comme le King of long shots, l’écurie Rameshwar Gujadhur est en train, en ce début de saison 2016, de se muer en King of short odds. Trois super favoris à des cotes défiant toute concurrence se sont imposés samedi dernier pour le compte de cet établissement qui se retrouve du coup en haut du classement des écuries avec les habitués Maingard et Rousset. Cette nouvelle donne vient confirmer les nouvelles ambitions cette saison de cet entraînement qui entend jouer les premiers rôles, comme confirmé par son jockey Donavan Mansour qui, lors de ses premières déclarations, affirmait avec une certaine confiance qu’il était à Maurice cette saison pour être jockey champion. Ni plus ni moins. Ce qui avait fait sourire les turfistes car les précédentes visites du jockey sud-africain sur notre sol n’avaient pas laissé un souvenir indélébile sur ses aptitudes à être champion.

Le comité ministériel mis sur pied le 22 décembre dernier pour s'atteler à une ébauche de réforme électorale a soumis ses premières propositions la semaine dernière. Le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, qui assume la présidence du comité et ses neuf ministres-assesseurs (six MSM, deux Muvman Liberater et deux PMSD) a pris quatre mois pour faire ces propositions qui n'ont trait, pour le moment, qu'au financement des partis politiques. Une question est toutefoid de mise : en proposant qu'on augmente à Rs 1 million (soit par quatre fois plus) le seuil actuel de dépenses autorisées à un candidat pour une élection, le comité aidera-t-il réellement à combattre le pouvoir de l'argent en politique ou, au contraire, délivrerait-il un chèque en blanc aux candidats nantis ?

Notre tout petit bout de rocher posé sur l’océan, par trop souvent flatté d’être multicolore à souhait, puisque toujours bardé de vives couleurs — délébiles et passagères à la fois et qui nous reviennent constamment, entre autres occasions, lors de la fête Holi, avec ses faramineuses balles de couleurs (?) et, plus sûrement, quand s’annoncent les élections générales — doit sérieusement songer à revoir sa copie…

Non seulement Lalians Lepep a été un attrape-tout au niveau des partis politiques et des candidats, il en a été de même pour les concepts et les idées fortes de son programme. Il fallait  que ce programme soit séduisant, paraisse sérieux et moderne. C’est sans doute ainsi que le terme bonne gouvernance y a trouvé son chemin. Le terme, pas le concept. C’est sans doute dans cette tentative de se créer une image sérieuse, innovante que fut crée le ministère de la bonne gouvernance. Saluée, au départ, comme une idée novatrice et  la volonté affichée du gouvernement de mettre fin aux passe-droit et aux autres copinages qui avaient marqué le précédent gouvernement, le ministère de la Bonne Gouvernance se révéla rapidement comme « a bag of wind ». Pire : une institution faisant le contraire de ce qu’elle était supposée accomplir. Rappelons que le responsable de ce ministère vida son compte à la Bramer Bank quelques heures avant la fermeture de cette banque. Si cela ne suffisait pas, il faudrait rappeler comment le ministre utilisa la MBC comme sa propriété personnelle pour faire sa propre propagande et  insulter ses adversaires politiques. Mais ce qu’il ne faudrait pas oublier c’est que l’ensemble du gouvernement a non seulement  soutenu ces actes de mauvaise gouvernance mais que beaucoup de ses responsables en ont fait autant. Quelques exemples : des nominations d’épouses, de fils, de filles, de parents, d’amis, de collaborateurs  et de petites copines à des postes dans les instances gouvernementales justifiées par la phrase suivante : « We are government and government so decides ! »  Mais le problème est que ce qu’on pensait  n’être que des exceptions à la règle sont en train de se généraliser. De devenir la norme gouvernementale.  C’est ainsi que quand  un barachois de plusieurs arpents a été attribué – offert ?– au mari d’une députée, aux critiques de l’opposition savez-vous ce que la majorité a rétorquée ? «  A cause so madame appelle Sandya li pénan droit gagne ene barachois ? »  
Mais il y a mieux — si l’on peut dire !- pour illustrer comment le gouvernement de Lalians Lepep pratique la bonne gouvernance. Il y a quelques  semaines on apprenait que la présidente de l’Independent Broadcasting Authority avait été  nommée directrice générale de cette même institution. Elle avait prétendu avoir participé à des interviews de sélection sans  se douter, un seul instant,  qu’il s’agissait du poste de DG de l’IBA ! Mais la déposition du responsable de l’agence de recrutement devant l’Equal Opportunity Commission, cette semaine, vient démentir les affirmations de la présidente devenue DG. Elle savait  depuis la première interview qu’elle participait à un  exercice  pour le recrutement du  DG de l’IBA. Mais il y a mieux encore dans cette affaire. Assistait à la deuxième interview pour le poste  M. Jugdish  Dev Phooker, l’adjoint de la présidente de l’IBA. Non seulement a-t-il assisté à l’interview, mais il avait demandé et obtenu depuis la veille les questions qui devaient être posées aux candidats au poste de DG. Comment expliquer que le vice-président de l’IBA demande et obtient les questions à l’interview pour la sélection des candidats au poste de DG de l’IBA dont la présidente fait  partie ? Vous arrivez à suivre  comment fonctionne la bonne gouvernance à la mode Lalians Lepep ? J’ajoute un nouvel élément au dossier : M. Jugdish Dev Phooker est, par ailleurs, le Secrétaire Permanent du ministère de la Bonne Gouvernance. Vous n’en  pouvez plus ? Attendez ce n’est pas fini. Convoqué par l’OEC mercredi pour donner des explications sur sa présence pendant les interviews et le fait qu’il avait obtenu les questions qui allaient être posées, le Secrétaire Permanent du ministère de la Bonne Gouvernance a demandé que la réunion soit renvoyée à lundi prochain.
Savez-vous pourquoi le Secrétaire Permanent a demandé que son  audition soit reportée au lundi 25 avril ?  Tout simplement parce que le contrat des membres de l’Equal Opportunity Commission arrive à expiration la veille. Pourquoi est-ce  le contrat des membres de l’EOC n’est pas renouvelé automatiquement ? Parce que le ministre de la Santé tire à boulets rouges contre cette commission et son président depuis que ce dernier a ouvert une enquête sur la nomination d’une de ses très proches à la tête d’un corps paraétatique dépendant de son ministère. Après tout ce qui précède,  comment ne pas être convaincu de la volonté sans failles  du gouvernement de Lalians Lepep de faire régner la bonne gouvernance à Maurice ?

Ravi Rutnah, membre fondateur du Muvman Liberater : “Oh! Mr Nicolas Righter. I call him Righter. Mr Nicolas Righter who I call, but Ritter, so they say.” C’était mardi après-midi à l’Assemblée nationale alors que ce député-là défendait le texte de son collègue de parti, Anil Gayan. Lequel signe l’arrêt de mort de la NATRESA. Cette indigne et énième pitrerie de cet élu a immédiatement provoqué de vives protestations des travées de l’opposition et il a échu au chef de file du PTr, Shakeel Mohamed, d’invoquer un point de procédure en ces termes: “He is talking  about someone who is not in this august Assembly, and the minimum that we owe to anyone is not to deform and play around with his name as though it is a joke.  That is the minimum.” Réagissant, le Speaker adjoint Adrien Duval à l’adresse du député: “It is true that it is not upholding the decorum of the House to name  people in a negative way… but please refrain from deforming the name of people. Consider this a warning.”

Tout semble indiquer que le corps découvert à Terre Rouge, dans l’après-midi du mercredi 20 avril, serait celui d’Andy Pénélope. Ce jeune habitant de Batterie Cassée était un des témoins dans l’affaire Gro Derek. Celui-ci, pour bref rappel, est impliqué dans un méga scandale de trafic de drogue. Andy Pénélope était porté disparu depuis septembre 2015.

Après des longues années d’inaction de la part des autorités concernées qui ont permis aux colporteurs de prendre profondément racine et de proliférer dans les rues de Port-Louis, le ministre des Administrations régionales, Anwar Husnoo, a décidé d’appliquer une politique de zéro tolérance. Conformément à la loi en vigueur, aucun colporteur n’est désormais autorisé à opérer dans aucune des rues de Port-Louis et tous ont été canalisés vers la place de l’Immigration et à la place Decaen à côté de la gare Victoria.

C’était trop beau pour durer. Le bon comportement généralisé sur la piste jusqu’ici à quelques rares exceptions près — comme celui du jockey Callow pour sa monte scandaleuse sur Kentucky Bluegrass — a été mis sous l’éteignoir des considérations déviantes dès la quatrième journée. Les commanditaires ont-ils pris la relative mansuétude des autorités contre les petits écarts comme une invitation pour voir où se situe la limite de la tolérance ? En tout cas, s’ils n’ont pas froid aux yeux, ceux qui les surveillent ont apparemment, eux aussi, du répondant et cela est une bonne nouvelle.

L’incroyable imbroglio dans lequel est plongée la principale composante de l’alliance politique au pouvoir était plus que prévisible. Que son ampleur et sa semblante soudaineté surprennent va encore. Mais plus d’un, et nous étions de ceux-là, dans cette rubrique ou sous forme d’autres petits billets gratuits glissés de temps à autre ici même, l’avaient vu venir…

Mais de quel argument ou dossier dispose Vishnu Lutchmeenaraidoo pour que sir Anerood Jugnauth ne prenne aucune mesure ou sanction contre lui ? Est-ce que le Premier ministre le laisse filer, comme on le fait avec un cerf-volant avant de couper la corde, ou est-ce que le colistier d’Anerood Jugnauth détient dans son jeu une carte maîtresse qui le rend intouchable ?

 C’est une situation étrange et en même temps assez cocasse. Il a fallu attendre que deux de ses ministres soient confrontés à des enquêtes pour que sir Anerood Jugnauth découvre l’horreur, le côté abusif, arbitraire et injuste des arrestations policières sur la base d’accusations et d’allégations, et que des charges provisoires soient logées avant que la cour ne soit ensuite mobilisée pour les procédures de remise en liberté conditionnelle. Avec les inconvénients qui les accompagnent, interdiction de quitter le territoire et de coûteuses demandes de variation order auprès des cours de justice à chaque déplacement.

Sommes-nous encore des pays "démocratiques"?
Pour provocante qu'elle puisse paraître, la question n'en devrait pas moins se poser au vu de ce qui se passe actuellement autour de nous.

Ça tangue de plus belle à l’Hôtel du gouvernement… Si, dans les premiers jours de l’éclatement de l’affaire de l’Euro-loan de l’ancien Grand Argentier, une certaine discrétion était de mise, cette semaine, le même Vishnu Lutchmeenaraidoo est sorti de ses gonds. Pour pointer un doigt accusateur vers son collègue de la Bonne gouvernance et des Services financiers, Roshi Bhadain, qui aurait ourdi un complot…