Opinions

La recherche du scoop et  de l’exclusivité à obtenir avant la concurrence, considérés comme des valeurs de la presse, est en train de montrer ses effets pervers. On l’a vu lors de cette folle semaine. Pour obtenir la nouvelle à diffuser ou à publier avant  la concurrence, on passe de moins en moins de temps à la vérification d’une information.

En 2000, la chanson «Who let the dogs out» de Baha Men devint un succès international. Ce n’est que l’an dernier, 16 ans après, que le Trinidadien Anslem Douglas, qui l’a écrite, a expliqué que les «dogs» se réfèrent aux hommes qui se comportent mal vis à vis des femmes. Le député Ravi Rutnah aurait pu reprendre ce titre comme chanson de campagne...

Triste politique mauricienne ! Ravi Rutnah – celui qui, 2 000 ans après que Jésus multipliait les pains, s’entichait à en décupler le coût lors d'un décompte douteux – n’a pas sa langue dans sa poche, endroit où cette dernière serait pourtant bien mieux gardée.

Juste avant son départ pour son pays d’origine, le Stipe australien John Zucal, invité par le Mauritius Turf Club à analyser les faiblesses de son fonctionnement actuel, a fait une série de recommandations, dont la plus importante est le « complete rewriting of rules of racing » du MTC.

Maurice, exemple du monde ? L’information est tombée récemment : nous ne contribuons qu’à hauteur de 0,01% à l’émission globale de gaz à effets de serre (GES). De quoi apparemment être fiers ! Et ce n’est pas votre serviteur qui le dit, mais bien Etienne Sinatambou lui-même, aidé il est vrai par l’armada de petits soldats de son ministère. Pourtant, à y regarder de plus près, a-t-on vraiment de quoi se taper sur l’épaule ? Petite explication ! Notre planète : 510 millions de km2, dont 70% d’eau, les 30% restants équivalant donc à 150 millions de km2. De cette superficie de terres émergées, notre petite île Maurice et ses 2 000 km2 ne représentent donc qu’un 75 000e du monde. Ce qui ne nous empêche pas d’émettre 1/10 000e de GES. Ce qui, de fait, nous donne une tout autre lecture des chiffres annoncés quant à notre contribution au réchauffement climatique. Sans compter que notre insularité nous confère l’avantage de disséminer lesdits agents polluants à tout vent. D’où ces questions : de quoi parle-t-on exactement et en quoi les chiffres avancés sont-ils rassurants ?

Les conseillers de sir Anerood Jugnauth devraient lui demander d’arrêter de faire des déclarations à la presse. A chaque fois qu’il ouvre sa bouche, il perd un peu du capital de sympathie qui lui reste dans l’opinion publique. SAJ fut autrefois respecté pour sa capacité à prendre des décisions — même si elles devaient lui coûter cher politiquement — et sa manière de s’exprimer directement. Une manière qui pouvait parfois être brutale. A ce niveau, SAJ n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été et chacune de ses déclarations relève plus de l’insulte gratuite qu’autre chose. Ainsi vendredi matin, après la prestation de serment du nouveau ministre de la Justice, remplaçant Ravi Yerrigadoo, obligé de soumettre sa démission dans les conditions que l’on sait, le ministre mentor a déclaré qu’il n’y avait aujourd’hui pas plus de scandales que sous l’ancien gouvernement. Il a ajouté que la presse « tapait » moins sur le précédent gouvernement alors qu’elle s’acharnerait sur l’actuel. Le ministre mentor a une mémoire courte ou sélective. Que ses conseillers lui fassent donc relire ce que la presse disait du gouvernement précédent, de ses ministres, de leurs protégés et de leur propension à considérer les biens de l’Etat comme leur propriété personnelle. C’est pratiquement le même ton que la presse utilise aujourd’hui pour dénoncer le gouvernement dont fait partie le ministre mentor. SAJ a également dit qu’il lisait la presse avec dégoût. Qu’on lui dise que c’est le même sentiment que ressentent les Mauriciens quand ils entendent et voient ce dont sont capables certains de ses collègues du Cabinet.

Les politiques au pouvoir pèsent-ils vraiment leur responsabilité lorsqu’ils s’expriment? On est de plus en plus en droit d’en douter. 

Barkly, Palms Hotel et La Source. Rien de commun à première vue ? Et pourtant, ces trois lieux ont été le théâtre de récents mouvements d’humeur de la population. Ces faits sont, dans certains cas, spontanés, compréhensibles et, dans celui de la rue Rotin, à La Source, probablement l’œuvre d’une petite bande organisée, expressément grisée par celui qui tire les ficelles, celui-là même qui avait perturbé un rassemblement de l’alliance PTr/MMM le 6 décembre 2014 à La Louise. L’impatience et l’exaspération et son expression explicite, en face à face avec des politiques ne sont pas des phénomènes nouveaux, mais c’est quand même symptomatique d’un certain ras-le-bol.

Au milieu de la masse d’informations et d’événements qui ont dominé l’actualité de cette semaine émerge le visage d’une honnête femme dont le courage a fait monter subitement la moutarde au nez ministériel de Showkutally Soodhun. Elle mériterait bien le titre de femme de la semaine.

Après la mémorable journée du Maiden, le Champ de Mars a repris son train-train quotidien et, une fois n’est pas coutume, il n’y a rien de bien tranchant dans l’actualité hippique, sinon de dire que le sprint local a trouvé un nouveau leader avec le cheval de l’écurie Merven Beat The Retreat, vainqueur sans coup férir de la Princess Margaret Cup, et que le nouveau jockey chypriote de l’écurie Daby, Ioannis Poullis, a fait des débuts remarqués et que Black Tractor et Charleston Hero ont confirmé leurs bonnes dispositions actuelles, quoi qu’ils ont tous deux bénéficié d’un soft lead et d'une protection rapprochée à l’arrière.

Petit cours d'histoire musicale. Flash-back à la fin des seventies, au royaume de Sa Majesté, où il ne faisait pas trop bon vivre puisqu'à l'époque, crises politique, sociale et économique pourrissaient la vie des sujets d'Elizabeth II. Bon, pas au point où l'on humait que « something is rotten in the state of… », pour reprendre Hamlet. Mais, définitivement, les choses ne tournaient pas rond en Angleterre.

Il y a déjà des histoires d’éléphants volants. Des contes.
Peut-être un jour, les enfants d’aujourd’hui raconteront l’histoire de conteneurs volants. Pas des contes. Du vrai.

Modernisation. C’est devenu un mot magique. Modernisation oui, mais la question qui interpelle aujourd’hui non seulement la République de Maurice, mais le monde entier, est : quelle modernisation ? Tous ceux qui posent cette question et qui veulent savoir si le coût élevé pour la population des projets non prioritaires contribue vraiment à améliorer sa qualité de vie au quotidien sont relégués à la préhistoire. C’est un peu facile.

Donc, ce n’est pas le Premier ministre qui a donné l’ordre à la MBC de ne pas couvrir les incidents de Résidences Barkly et de La Butte, vendredi de la semaine dernière. Le directeur de la cellule de communication du PMO l’a affirmé au cours d’une émission radio samedi. Il a dû faire rire les auditeurs, qui savent que depuis des années la liste des sujets qui doivent être diffusés dans le JT de la MBC est visée et parfois même rédigée au PMO. Sous tous les gouvernements.

Abject. Révoltant. D’une rare et inouïe violence. Des actes barbares. Des tueries innommables. Des scènes de décapitation et de mutilation insoutenables. S’agit-il d’images de propagandes de Daech ? Non. Il s’agirait plutôt d’exactions de l’armée Birmane sur une minorité musulmane, les Rohingya.

Après la forte tempête qui a secoué les régions de Barkly et de La Butte la semaine dernière, le pays a retrouvé un calme relatif cette semaine. L’intervention impromptue de la police la semaine dernière pour démolir les maisons de quatre familles à Barkly et d’une famille à La Butte avait provoqué de la colère dans la population, surtout après l’annonce que des personnes avaient été bousculées malgré l’injonction de la Cour suprême.

« Journaliste pour ta première page,
Tu peux écrire tout ce que tu veux,
Je t’offre un titre formidable :
La ballade des gens heureux ».

Gérard Lenorman

On dirait que le train gouvernemental a complètement déraillé. Ils impose le Metro Express pour décongestionner le trafic et ils justifie le projet, aussi coûteux soit-il, au motif que le pays perd des milliards dans les bouchons interminables, mais il s’arrange en même temps pour créer la pagaille sur nos routes, comme jeudi pour une simulation d’accident au Pont Muttur à Réduit, sur un tracé connu pour être névralgique et à une heure de pointe, causant ainsi un embouteillage monstre sur le trajet Curepipe/Port Louis.

Ce qu’il a entendu d’abord, c’est ce grondement, au loin.
Comme un orage approchant.
Le ciel était clair pourtant, en ce premier jour de septembre.