Opinions

Lepep doit avoir le dos bien large ces jours-ci. Très large même, en effet, pour accueillir le nombre incalculable de retardataires qu’il attire curieusement encore dans son sillage…

Les urnes ont parlé, à la grande surprise, elles ont fait tomber l’alliance des deux grands partis du pays, PTr-MMM, et désigné comme vainqueur des élections générales à une forte majorité (47 contre 13) l’Alliance Lepep (MSM-PMSD-ML) menée par Sir Anerood Jugnauth.

Quand, dans quelques années, les étudiants consulteront les archives pour l’année 2014, ils auront du mal à comprendre l’évolution de la situation politique et de ses principaux acteurs. Ils découvriront, par exemple, qu’à la fin de mai, Paul Bérenger mettait un bout de gâteau dans la bouche d’Anerood Jugnauth en signe d’amitié juste avant de mettre fin au Remake MSM/MMM créé pour écarter Navin Ramgoolam du pouvoir. La surprise des étudiants ira en augmentant en découvrant que quelques semaines après avoir cassé le Remake, Paul Bérenger entamera une série de “koz kozé” avec Navin Ramgoolam tout en continuant à être officiellement son adversaire au Parlement en tant que leader de l’opposition. Tout en occupant cette fonction — avec les salaires et avantages qui vont avec — Paul Bérenger continuera à négocier une alliance avec Navin Ramgoolam. Pour convaincre son BP, son CC et son assemblée de délégués du bien-fondé de sa démarche, il avancera l’argument suivant : “Dans une alliance avec le MSM, il n’accédera au poste de Premier ministre que dans trois ou quatre ans. En s’alliant avec Navin Ramgoolam, il devient Premier ministre dans quelques mois seulement.” Un “argument” qui va l’emporter sur toute autre considération et sera ratifié, plusieurs fois, par les instances mauves.

Il est extraordinaire le sentiment de “bouffée d’air”, de respiration, qui s’exprime et se ressent très largement à travers l’île Maurice au lendemain de l’élection législative qui a vu pas seulement une victoire éclatante et d’ampleur inattendue de l’Alliance Lepep, mais aussi, surtout, la défaite-débâcle de l’Alliance dite de l’Unité et de la Modernité (qui s’est désunie à la très moderne vitesse du haut débit).

Rayé mam. Rayer de la carte électorale. C'est ce qu'a failli faire l'électorat de la République de Maurice avec le principal parti du gouvernement sortant, le PTr. Le leader lui-même, donné comme imbattable dans son fief depuis son retour au pays en 1990, est tombé face à trois parfaits inconnus politiques, comme Sir Seewoosagur Ramgoolam en 1982, comme SAJ en 1995, alors que d'autres, considérés comme indétrônables, comme les Arvin Boolell et Anil Bachoo, des "rois" régionaux, des barons locaux, ont été emportés par la vague du mécontentement et du ras-le-bol généralisé dans le pays qui s'est cristallisée autour de l'Alliance Lepep et de son symbole le plus puissant, Sir Anerood Jugnauth.

Maurice a fait cette semaine la démonstration qu’elle est une démocratie exemplaire même si on peut considérer qu’il y a room for improvements. Les résultats des élections ont démontré que l’alternance au pouvoir n’est pas un vain mot pour les électeurs mauriciens et qu’aucune circonscription, aucun groupe de personnes ou de communautés ne peuvent être considérés comme des dépôts fixes pour un parti politique ou un autre.

Alors que le monde célèbre la Journée internationale des Droits de l’Homme aujourd’hui, le 10 décembre, 936 975 Mauriciens et Rodriguais sont appelés à utiliser un de leurs droits les plus précieux : exercer leur droit de vote dans le cadre du système électoral first past the post pour choisir en leur âme et conscience l’équipe gouvernementale qu’ils jugent la plus apte à diriger le pays durant les cinq prochaines années.

La masse de personnes qui s'est déplacée hier matin à Port-Louis et à Vacoas pour manifester leur soutien aux deux alliances qui s'affronteront mercredi à l'occasion des élections générales est une manifestation concrète de la vivacité de la démocratie mauricienne.

Ne nous méprenons pas: l’élection que nous nous apprêtons à vivre mercredi n’est pas une élection comme les autres. Ce n’est pas juste une élection de plus, à balayer d’un revers de main blasé ou excédé, parce qu’après tout c’est toujours la même chose. Non. Il y a là quelque chose d’inédit et de très particulier, dont il importe de prendre la pleine mesure.

Je vous écris de l'extrême nord de notre République. Plus précisément des îles d'Agaléga, situées à un peu plus de mille kilomètres au nord de Maurice, soit à deux jours et demi de bâteau par mer calme. Deux îles qui, en raison du découpage électoral dont on ne comprend pas la logique, font partie de la circonscription numéro 3.

En dehors de toute catastrophe naturelle qui pourrait nous surprendre sans crier gare – telle une de ces rares crues éclair de triste mémoire (flash floods, fin mars 2013) – les 2000 kilomètres carrés de terre qui constituent l’île Maurice, comme posés sur l’océan Indien sont, si on suit le cours de l’histoire, bien à l’abri de certaines autres calamités extrêmes qui frappent de temps à autre la planète.

Que dire de la campagne qui s’achève ? Qu’elle aura été probablement celle qui aura été la plus moche depuis bien longtemps. Qu’elle a aussi été marquée par une certaine lassitude, même si l’Alliance de l’unité et de la modernité a réussi ses trois sorties ciblées avec les femmes, les jeunes et les personnes âgées. Les Mauriciens ont manifesté un certain ras-le-bol des permutations et des arrangements de circonstances.

Jupiter rendrait-il fou celui qu’il veut perdre ? Les observateurs politiques de tous bords — oui, même parmi certains proches du Parti travailliste — n’arrivent toujours pas à comprendre le but qu’a voulu atteindre, lundi dernier, Navin Ramgoolam en racontant lors d’un congrès comment il a réussi à “casser” le Remake 2000 (MSM-MMM) et transformer Paul Bérenger d’un adversaire en son allié électoral, comme un pêcheur attrape un “gros requin” en l’appâtant “avek enn gro bout laviann ek so disan !”

S'il y a un mot qui vient presque dans la bouche de tout un chacun en cette période c'est  celui de «BILAN». En effet, l'heure est  au bilan pour le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, qui se présente à nouveau devant l'électorat de la circonscription No 5 pour les élections générales du 10 décembre.

Avec l’organisation des deux grands meetings nationaux par l’alliance PTr-MMM et l’Alliance Lepep respectivement Place du Quai, à Port-Louis, et sur la place de la foire, à Vacoas, nous assisterons demain à un sprint électoral final de loin plus important que ceux qui seront courus durant ce week-end au Champ de Mars. Certains observateurs politiques pourront alors se faire une petite idée de qui serait le vrai « crack » et de qui sera le Dogberry de cette course électorale courue sur l’hippodrome politique mauricien.

L’année de la honte! C’est ce qu’aura été l’année des courses mauriciennes en 2014. On pensait avoir touché le fond en 2013, mais les dirigeants hippiques mauriciens au lieu de rectifier le tir ont, avec une arrogance de demi-dieux qui les caractérise, persisté dans leur mission suicidaire et ils ont récolté à leurs dépens les affres d’une descente inexorable aux enfers, à tel point qu’aujourd’hui l’industrie hippique mauricienne se trouve au bord de l’implosion.

Il aurait pu être politicien cherchant ces jours-ci à se faire élire. Il en avait la force, le charisme, le côté rentre-dedans, fort en gueule. Mais contrairement à ce que nous donnent hélas à voir beaucoup de nos politiciens, il avait aussi un rêve, et une vision précise de la façon de réaliser ce rêve. Il y a une vingtaine d’années, José Thérèse est juste, pour ceux qui le croisent, un jeune saxophoniste rentré des États Unis avec une idée folle: œuvrer pour que les jeunes de Roche Bois, dont il est issu, aient une chance d’échapper au cycle infernal de l’échec scolaire, du désœuvrement, de la désespérance, de l’alcool, de la drogue et de la délinquance, à travers la musique. Oui, son rêve, c’est d’ouvrir une école de musique où les recalés du CPE, et de la vie, pourraient trouver une place, une envie, un plaisir, un objectif, une confiance. Ce sera L’Atelier Mo’zar.

Qu’il y ait un débat sur le projet de deuxième République, ce n’est pas une question de choix ni une fantaisie, c’est une nécessité. Voire un devoir. Mais il y a débat et débat. L’alliance qui a proposé le projet l’a succinctement résumé en un concept, c’est que le pouvoir partagé ne peut pas être moins démocratique que le pouvoir quasi-absolu exercé par un seul homme. Quand bien même il a, dans le pays, une majorité toute relative, allons dire, de 49%. Cela aurait dû suffire à susciter une discussion un peu plus rationnelle sur la question que ce qu’il nous est donné d’entendre. 

Après un règne sans partage au top du hit-parade des réseaux sociaux, c’est sur écran géant que les Vire et autre tube Devire Mam viennent suppléer l’armada des blocs politiques dans leurs derniers tours de piste à travers l’île. Pour ceux qui auront visionné la plupart de ces percutants et astucieux montages vidéo, il n’y a pas de doute: la réponse du berger à la bergère est plus ou moins de la même veine, tout aussi dans le ton et tapant bien dans le mille.