Opinions

Robert Mugabe, qui, en trente ans de pouvoir, a transformé l’un des pays les plus développés d’Afrique en un des pays les pauvres au monde, est assigné à résidence par l’armée. Cette dernière dit vouloir débarrasser le vieux tyran de son entourage qui l’a aidé à piller son pays, se débarrasser de ses opposants et s’approprier leurs biens,  avant de contraindre à l’exil des dizaines de milliers de ses concitoyens.

C’est le gouvernement de tous les records. Il y a eu tellement de remaniements et de photos ministérielles sur les perrons du château du Réduit, avec de grands absents comme jeudi dernier, que l’on ne sait plus où ça commence et où cela va se terminer.

Lalyans Lepep tourna une page significative en nommant la première Mauricienne au poste de Président de la République, en la personne de la scientifique apolitique Ameenah Gurib-Fakim. Causant, du coup, une double rupture : non seulement, ce n’est plus un poste, constitutionnel, certes, qui semblait réservé aux hommes principalement, mais en plus, ce ne sont plus les seuls proches du sérail politique qui peuvent y accéder. Le fauteuil de Président de la République ne devrait donc plus avoir de coloration politique. Tant mieux !

Avec le dernier mini-remaniement ministériel de cette semaine, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, n'a désormais plus le droit à l'erreur. Il aura l'obligation d'imposer une discipline de fer au sein de son gouvernement, de veiller à ce qu'il y ait plus de cohésion dans l'action gouvernementale.

La saison hippique 2017 se termine sans grand panache. Les jockeys mauriciens en grande majorité font la pluie et le beau temps, et il n’est point surprenant de les voir faire la queue chaque semaine dans la salle des commissaires des courses avec régulièrement le couperet, à juste titre, pour des montes pour dire le moins scandaleuses. Est-ce vraiment leur faute quand on sait qu’ils sont très vulnérables à l’appât monétaire mais aussi aux menaces dont ils font l’objet s’ils ne se conforment pas à la volonté des marionnettistes ? Ces derniers se multiplient comme des petits pains devant l’absence remarquée des autorités régulatrices plus occupées à blanchir des bookmakers coupables de trafic d’influence ou, pire, à favoriser une fois de plus des hommes d’affaires aux appétits gargantuesques qui profitent de leur proximité avec le pouvoir pour étendre leurs tentacules puissantes dans tous les méandres du jeu dans notre pays.

Le dénouement attendu et inéluctable, en fait, est intervenu dans la soirée de vendredi. Le ministre pyromane qui n’a fait que collectionner des bourdes les unes plus grosses que les autres depuis des décennies et qui a systématiquement poussé le bouchon un peu plus loin depuis décembre 2014, a dû finalement démissionner. Soit. Faut-il dès lors célébrer, crier à l’exploit et se pâmer en y voyant même de l’audace comme le suggèrent certains.

La “dernière” affaire Soodhun, c’est donc un vice-Premier ministre et ministre des Terres et du Logement qui aurait été filmé, lors d’une réunion à son bureau en juillet dernier, déclarant à ses interlocuteurs que les logements sociaux de la NHDC en construction à Bassin, Quatre-Bornes, seront alloués à des hindous et non à des créoles, qui causeraient trop de prostitution...

Saluée par certains comme étant une grande démonstration d’autorité premierministérielle, la démission de Showkutally Soodhun du poste de vice-Premier ministre n’est qu’une tentative de com ratée. Au lieu d’une décision sans appel prise par le chef, vendue par sa com, on a vite compris qu’il ne s’agissait, en fait, que d’un arrangement bricolé « d’un commun accord ».

La décision de Showkutally Soodhun de « step-down »  de ses fonctions en tant que vice-Premier ministre et ministre des Terres et du Logement s'inscrit dans une logique élémentaire. En vérité, tout le monde s'accorde à dire qu'elle aurait dû avoir été prise dès le moment où le Premier ministre avait envoyé les enregistrements des propos de nature communale que le VPM aurait tenus.

Dans sa réponse parlementaire il y a une semaine, Stephan Toussaint, ministre de la Jeunesse et des Sports, a déclaré que Maurice pouvait viser l’or en basket-ball. Méconnaissance du dossier ou juste une incohérence ? La question se pose. En suivant la logique du ministre, Maurice possède à coup sûr tous les atouts pour viser le métal précieux dans une discipline où nous ne sommes même pas en mesure d’instaurer des écoles de formation.

Nous sommes enfin arrivés aux préparatifs officiels de l’élection partielle de Quatre-Bornes, qui occupe la classe politique depuis juin de l’année dernière. On l’a oublié dans les vociférations de la longue précampagne, mais cette élection partielle a été provoquée par Roshi Bhadain pour exprimer son opposition au projet de métro léger.

JCA

— Alors qu'est-ce que tu vas dire à présent ?
— Qu'est-ce que je vais dire à propos de quoi ?
— A propos du secrétaire général de ton parti qui a insulté la Speaker.
— Aio, laisse-moi te dire qu'elle a bien cherché, toi. Si elle n'avait pas expulsé Xavier-Luc du Parlement, cela ne serait pas arrivé.

Nous avons vraiment tout vu et tout entendu ces derniers temps. Nous ne nous attarderons pas sur Pravind Jugnauth et les clichés aussi effarants qu’éloquents de son inexplicable furie à l’Assemblée nationale mardi dernier qui circulent sur les réseaux sociaux. D’une position debout, avec le micro ouvert, le Premier ministre a lancé des épithètes au leader du MMM sans que la Speaker n’intervienne pour lui demander de se rasseoir et de retirer ses propos. Comme elle sait si bien le faire lorsqu’il s’agit de l’opposition.

Bravo à Ramapatee Gujadhur, qui a réussi l’exploit historique en 2017 de compléter le Grand Chelem en remportant les quatre épreuves classiques dans la même année. 83 ans après celui de l’un de ses aïeuls, Amurdeeal Gujadhur, qui avait déjà inscrit le patronyme au panthéon des courses mauriciennes en s’adjugeant les quatre titres… avec le même cheval, Winking, il a conduit à la victoire ses champions qui ont pour noms Ready To Attack qui a remporté la Duchesse et la Coupe d’Or, Tandragee qui s’est adjugé le Barbé et Enaad qui s’est baladé dans le Maiden.

Le grand départ en vue de l’élection partielle dans la circonscription Belle-Rose/Quatre-Bornes sera donné aujourd’hui avec le dépôt de candidature des candidats qui seront de la partie, avec la possibilité de se retirer de la course d’ici la semaine prochaine. À hier après-midi, une bonne quinzaine de candidats s’étaient manifestés. Tous les partis de l’opposition ont confirmé leur présence sur la piste, alors que l’alliance gouvernementale, hier soir, maintenait toujours le suspense concernant sa présence ou non dans la course. À ce stade, l’entrée en course d’un candidat de l’alliance MSM-ML constituerait la surprise de la journée.

Il ne s’agit pas que d’une locution, pour ceux qui, férus de télé, se souviennent d’un documentaire réalisé par la télévision française et qui portait ce titre. « Ni Putes, Ni Soumises » a donné carrément naissance à un mouvement féminin en France en 2002, et qui est reconnu par l’Assemblée nationale de ce pays, et ailleurs dans le monde. Un mouvement qui prône le respect des femmes, de la condition féminine, et pour dire « stop » aux innombrables violences commises envers elles.

Ça commence à devenir intéressant. Vraiment. Le PTr, ou du moins le maître d’œuvre, Ah Fat Lan Hing Choy, le “zanfan lakaz” de toujours des Boolell, celui qui en tant que conseiller de Rajesh Jeetah au Commerce et à l’Industrie avait créé la STCM, une compagnie privée pour concurrencer la STC, a mis le paquet vendredi pour faire de la première sortie publique du candidat travailliste un rassemblement national avec tous les caciques rouges mobilisés à travers le pays pour faire de ce premier rendez-vous un succès. Un peu comme ce qui se faisait lors de la dernière campagne de décembre 2014. Avec les résultats que l’on sait. Ceux qui ont compté les vrais Quatre-Bornais présents et qui sont sur le registre électoral de la circonscription, ont, eux, été plutôt déçus. 

Est-ce que le gouvernement de Pravind Jugnauth a une stratégie bien définie ou est-ce qu’il se contente d’aller où le vent le pousse, quitte à revenir sur ses pas et, surtout, à démentir aujourd’hui ce qu’il a affirmé quelques jours auparavant ? Le traitement de la grève des femmes cleaners est un exemple parfait de ces zigzags dont le gouvernement de Pravind Jugnauth est de plus en plus coutumier. Quand, lassées d’avoir été utilisées comme une balle de ping-pong entre promesses non tenues et engagements non respectés, les femmes cleaners décident d’entamer une grève de la faim, les membres du gouvernement ne bronchent pas. Puis, le Premier ministre déclare que les grévistes se font manipuler par les syndicalistes et qu’il ne cédera pas à la menace. Juste après, l’inénarrable porte-parole du gouvernement enclenche sur la déclaration du Premier ministre et, comme d’habitude, il en rajoute une couche. Non seulement le gouvernement ne cédera jamais, déclare-t-il, mais en plus les grévistes gagnent beaucoup plus que les salaires entre Rs 1 500 et Rs 2 000 qu’elles affirment toucher mensuellement. La publication des fiches de paie des cleaners ne fera pas changer d’avis le ministre porte-parole, qui dit avoir ses « sources ». Mais, contrairement au gouvernement, la population commence à soutenir ces grévistes dont la revendication est tout à fait légitime : toucher le même salaire que les autres cleaners employés par le gouvernement, soit Rs 8 500 par mois.

Imaginez. Imaginez seulement. 

Que demain les éboueurs de l’île décident de se mettre en grève. 

Imaginez. 

Vos poubelles qui se remplissent, craquent, débordent. 

Vos ordures ménagères qui restent là au soleil, sous la pluie, juste à côté de votre maison. 

Les essaims de mouches qui vrombissent autour de ces monceaux d’immondices. 

La puanteur qui en émane. La pourriture qui gagne, inexorablement.

Scénario catastrophe de science-fiction?