Opinions

Depuis la décision des commissaires de courses de sanctionner Vikram Sola pour sa monte suicidaire sur Rear Admiral — à moins qu’il ait eu pour mission de durcir la course pour son compagnon d’établissement Recall to Life, éventuel vainqueur de l’épreuve — de nombreux turfi stes nous disent leur étonnement que le jockey Donavan Mansour s’en soit, lui, sorti indemne de cette enquête pour sa monte tout aussi peu convaincante sur le favori Greys Inn Control.

Sous nos yeux, plus qu'ébahis, se déroule un drame grandeur nature et dont les répercussions pour notre société et notre avenir seront plus que terrifiantes, et peut-être même irréversibles, si rien n'est fait à temps.

Les nominations se suivent et se ressemblent chaque vendredi au Conseil des ministres. Pravind Jugnauth est en train de créer sa propre  toile d'araignée pour remplacer celle que Navin Ramgoolam avait tissée pendant son passage au pouvoir pour contrôler les institutions qui composent l'appareil d'Etat. Ce qui compte, ce n'est pas forcément les qualités et qualifications de ceux qui sont nommés, mais leur loyauté au parti et surtout à son leader. D'ailleurs, on entend certains nominés afficher publiquement cette loyauté, comme le directeur général de la MBC qui a déclaré que son job est de travailler pour le gouvernement du jour. Si ce n'est pas une déclaration d'allégeance publique, cela y ressemble beaucoup. Cet Etat orange est en train de s'édifier chaque vendredi, nomination après nomination. Un rapide survol de la liste des nominés, pratiquement tous du MSM le démontre. Alors que le PMSD se plaint que sa liste de recommandations ne soit pas automatiquement suivie ou prend du temps, la liste orange passe comme une lettre à la poste au Conseil des ministres. Les deux partis partenaires de l'alliance étant obligés de subir la loi de la majorité. Lentement mais sûrement, et de manière quasiment scientifique, le leader du MSM démantèle l'Etat travailliste pour édifier sur ses ruines le pouvoir orange. Les postes clés sont occupés par des proches ou des hommes et des femmes de confiance. Quand il aura terminé cette opération, commencée depuis les dernières élections, tous les leviers du pays seront sous son contrôle direct. Sans avoir l'air d'y toucher, Pravind Jugnauth est en train de bâtir le royaume dont il doit hériter en s'assurant que son éventuel challenger, Navin Ramgoolam, n'ait aucune chance de refaire surface. Il s'assure également que les éventuelles velléités de candidature soient bien contenues par de récentes nominations. Il semble bien que Pravind Jugnauth se soit donné tous les moyens pour ne plus quitter l'Hôtel du gouvernement après la défaite de 2005, la démission forcée de 2011 et le récent épisode découlant du jugement de la Cour intermédiaire. Après ces mauvaises expériences, le leader du MSM ne compte laisser aucun macadam freiner sa course vers le pouvoir total, vers la concrétisation de l'empire qu'il est en train de bâtir. Il le démontre avec chaque nomination. Au train où vont les choses — et avec une opposition morcelée dont une des priorités semble être comment faire pour faire une alliance et entrer au gouvernement —, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher Pravind Jugnauth de réaliser son ambition. Après quinze ans de navinisme en deux épisodes, nous sommes bien partis pour une longue période de pravinisme. Pour Maurice, le futur sera-t-il mieux que le passé récent ?

Il y a des situations tellement cocasses et, en même temps, tellement affligeantes qu’on ne sait plus par où commencer. Navin Beekarry à la tête de l’ICAC ? A l’installation du gouvernement Lepep, ses rares soutiens, enthousiastes, faisant table rase du passé, le voyaient déjà dans le fauteuil d’Anil Kumar Ujodha, mais c’est Lutchmyparsad Aujayeb qui lui fut préféré. Ce dernier installé à la tête de l’ICAC, le 31 décembre 2014, tenta de faire les choses dans les règles, mais il dut jeter l’éponge une année après, en raison des pressions qui étaient exercées sur lui pour qu’il traque le DPP.

Les amendements apportés à la Protection from Domestic Violence Act, présentés par la ministre Aurore Perraud, ont été adoptés mardi à l'unanimité. Aucun parlementaire ne s'y est opposé, bien que les intervenants de l'opposition aient pointé du doigt ce qu'ils considèrent être des insuffisances des amendements proposés.

Ils sont nombreux dans les hautes sphères de l’hippisme mauricien à porter des oeillères et vivre dans leur tour d’ivoire. Mais le communiqué du MTC devrait leur ouvrir les yeux puisqu’il en dit long sur le déroulement de certaines courses actuellement au Champ de Mars et en particulier samedi dernier.

Étonnamment, la décision du Directeur des Poursuites Publiques de faire appel du jugement de la Cour suprême n’a pas provoqué les manifestations partisanes ou les déclarations menaçantes de l’année dernière. Souvenez-vous, à un moment, le ministre de la Bonne Gouvernance, qui n’en rate pas une, a profité d’un séjour dans la très démocratique Russie de Vladimir Poutine pour qualifier le DPP de « monstre » ! Il semble que le gouvernement a compris que l’outrance ne fait que desservir la cause qu’elle est censée défendre. Il s’est rendu compte que les opérations montées l’année dernière, parfois avec la collaboration de la police, pour tenter de décrédibiliser le DPP et l’effrayer n’ont fait que lui apporter un gros capital de sympathie et le renforcer dans sa détermination à faire son métier. Ceux qui ont écrit la Constitution de Maurice ont retenu un système qui permet à celui qui n’est pas satisfait d’une décision de justice de pouvoir la contester dans une juridiction supérieure. Puisque nous avons accepté que le dernier recours soit! Le Privy Council et que les provisions de la loi permettent au DPP de faire appel d’un jugement de la Cour suprême s’il n’est pas satisfait de son contenu, qu’il le fasse sans être menacé de quelque manière que ce soit. C’est en laissant les institutions fonctionner librement que le gouvernement se fera respecter, pas en essayant de les court-circuiter.

Mélancolie: c’est le nom de cette sculpture que l’on peut voir dans les jardins de la ville de Genève. Aux côtés de bien d’autres œuvres et installations, qui font partie de la collection d’art contemporain de la ville. Exposées en plein air. Participant à son attrait et à son rayonnement.

La décision très attendue du DPP a été bien accueillie par les démocrates et ceux qui œuvrent pour un assainissement des moeurs publiques. Les esprits chagrins se lamenteront. Ceux, tout excité, qui voyaient déjà l’héritier désigné dans le fauteuil suprême devront sans doute s’armer de patience. Que l’appel du DPP tempère les ambitions de Pravind Jugnauth ne fait pas de doute. Mais dans cette exigence de clarté sur la corruption et les conflits d’intérêts, il n’y a pas que la personne du leader du MSM. Il y a un besoin d’être fixé une fois pour toutes sur ce qui constitue un délit, un conflit d’intérêts et une faute. Nous ne pouvons que nous réjouir ici de la décision bien expliquée dans ses intentions d’ailleurs par le DPP, nous qui plaidions ici même pour une troisième opinion après, celles exprimées par la Cour intermédiaire et la Cour suprême.

Les travailleurs sociaux ont tiré la sonnette d'alarme depuis… 2013 – année de l'apparition des premières drogues de synthèse à Maurice. Souvenons-nous du Black Mamba. Leurs appels, répercutés dans les médias, ont eu pour résultat que la Dangerous Drugs Act soit amendée pour inclure le Black Mamba parmi les substances dites nocives.

Il y a quelque chose de gênant dans la déclaration du vice-Premier ministre Showkutally Soodhun lorsqu'il affirme que « l'Arabie Saoudite n'a pas besoin de Maurice ». C'est à se demander si de tels propos doivent vraiment être pris au sérieux. Soit le bouillant Showkutally Soodhun veut être plus royaliste que le roi, qui, nous en sommes certains, n'aurait jamais fait une telle affirmation, au risque de ternir l'image de son pays, soit il veut se propulser comme le grand défenseur de l'Arabie saoudite, auquel cas il aurait dû choisir entre sa fonction ministérielle et consul honoraire de ce pays à Maurice.

La semaine dernière, nous mettions en exergue les ressemblances troublantes et indéniables qui existent entre les affaires Durso et Callow. Deux courses volées au nez et à la barbe de tous— il y en a eu d’autres — dans l’espace de deux ans avec des conséquences totalement différentes. La première a entraîné une commission d’enquête sous la colère populaire dont les conclusions accablantes ont conduit au recrutement de deux Britanniques qui ont pour mission de mettre sur pied une Turf Authority visant à assainir le monde hippique mauricien.

Autrefois, les hauts fonctionnaires et les présidents et directeurs des corps paraétatiques étaient au service de l’Etat. Ils se qualifiaient d’ailleurs serviteurs de l’Etat, dans le sens noble du terme. Ces hauts fonctionnaires respectés de leurs subordonnés, aussi bien des politiques, étaient capables de dire non aux ministres et de les obliger à respecter les lois du pays. Aujourd’hui, beaucoup de hauts fonctionnaires, de présidents et de directeurs de corps paraétatiques se sont carrément mis au service des politiques. Ces «yes minister » semblent croire que leur travail consiste à réaliser les désirs des ministres, même s’ils sont en contradiction avec les lois ou les règlements. C’est cette nouvelle manière de faire qui explique, par exemple, que Mme  Nandanee Soornack et M. Rakesh Gooljaury se sont vu ouvrir les portes des ministères, de l’aéroport et des institutions d’Etat pour devenir, en quelques mois, de richissimes homme et femme d’affaires. Pour être honnête, il faut aussi souligner qu’il n’y a pas que certains hauts fonctionnaires qui font tout pour satisfaire les désirs de leurs ministres et de leurs protégés. Certains brasseurs d’affaires du secteur privé ont également gracieusement offert leurs espaces commerciaux aux protégés du jour pour contenter leurs protecteurs. Sans doute en prévision d’un retour d’ascenseur lors d’une prochaine négociation.

Dans un pays de droit, de surcroît une République où la séparation des pouvoirs a toujours été un principe honoré, est-il permis que l’on traite des magistrats de personnes “sans aucune expérience qui rendent des jugements bric-brac” ?

Un mardi noir pour Hassan Fakim et Siddick Maudarbocus. L’un est un assistant-directeur général du CEB et l’autre un petit employé de la DBM. Leur point commun ? Ils ont tous les deux été suspendus le mardi 31 mai. Un comité d’enquête institué par le CEB a statué que Hassan Fakim est celui qui a été désigné responsable si une lettre du directeur du CEB à la PS du ministère des Services publics s’est retrouvée en possession du leader de l’opposition. Ce comité d’enquête avait pour membre Kanen Colunday, un proche du ministre de tutelle, un habitant de sa circonscription et, last but not least, un partenaire des Collendavelloo Chambers.

Les incidents malheureux qui se sont produits à la rue St Georges en début de semaine avec pour cibles l’ambassade de France et son voisin d’en face l’hôtel St Georges ont suscité une condamnation unanime dans tant au niveau du parlement que dans le pays en général.

Les deux représentants de la Gambling Regulatory Authority qui avaient clamé haut et fort, dans une récente émission radiophonique, qu’ils étaient mandatés par le Premier ministre pour «clean up the mess» n’ont, semble-t-il, pas bien compris le message du Premier ministre. Ils ont, en effet, laissé fi ler entre leurs doigts la première occasion de le faire. Les explications fournies par le président de la GRA, Raouf Gulbul chez nos confrères de l’Express turf à l’effet que le jockey australien « a trompé la vigilance de tout le monde» est un aveu patent d’incompétence à moins que ce ne soit autre chose. En tout état de cause, la position du «pas moi ça li ça» adoptée par les trois maillons de la chaîne de répression des courses mauriciennes, du MTC à la GRA en passant par la Police des Jeux est révoltante et démontre qu’il n’y a pas de réelle volonté de nettoyer les écuries d’Augias. Ils ont tous fait preuve d’une légèreté et d’un grave manquement à leurs responsabilités vis-à-vis des turfi stes mauriciens, qui sont très nombreux à avoir été lésés par la monte choquante de Callow sur Fyrkat . L’impression est que tous ont voulu se débarrasser d’un encombrant personnage qui, s’il décidait de parler, aurait pu faire tomber pas mal de notables. Au fi nal le mess a été covered up.

Depuis quelques années maintenant, les « filles de joie » tentent de se réunir pour se représenter et réclamer leur droit à la parole. Leur Ong, la première à Maurice à fédérer les travailleuses du sexe, Parapli Ruz, est désormais enregistrée auprès des autorités locales. Une avancée certes en cette direction qui implique le respect des droits de ces femmes.

On ne l’a pas assez dit : l’actuel ministre des Collectivités locales a réussi là où une bonne dizaine de ses prédécesseurs ont lamentablement échoué. Il a réussi à libérer les rues et les trottoirs de Port-Louis des marchands ambulants. Pendant des années en effet, les différents ministres — et les gouvernements dont ils faisaient partie — ont promis de trouver une solution au problème en se contentant seulement de le dire.