Opinions

Une fois est coutume: une occasion de débat vient à nouveau d’être shootée, en raison, semble-t-il, de notre propension bien insulaire à se focaliser sur le messager plutôt que sur le message.
Ici, il s’agit d’une messagère, l’écrivaine Nathacha Appanah. En séjour à Maurice après avoir été en lice pour tous les grands prix de la dernière rentrée littéraire française, dont le Goncourt, pour son roman Tropique de la violence, elle a consacré sa chronique hebdomadaire dans le journal français La Croix à sa rencontre avec des étudiantes mauriciennes au Queen Elizabeth College.

On comprend de mieux en mieux le sens du slogan « Viré mam ». En suivant les délibérations de la commission du trio Lam Shang Leen/Lauthan/Domun, on voit bien qu’il y avait quelque chose de bien plus glaçant derrière tout cela. Ce sont surtout les billes, les billets qui viraient, de mains, de poches.

Dans son édition de dimanche dernier, Week-End annonçait parfaitement la couleur en expliquant que les dernières mesures inscrites dans le Finance Bill 2017 faisait de la « MRA le Big Brother des transactions financières » puisqu’il sera désormais muni d’outils, sous forme d’amendements aux lois existantes, déjà très contraignantes, pour étendre ses pouvoirs de contrôle tous azimuts, « s’apparentant à un gendarme » des transactions financières des entreprises et des individus.

S'il s'agissait d'un film noir dans la plus pure tradition du genre, l'ancien juge Paul Lam Shang Leen, président de la présente Commission d'enquête sur la drogue, qui alimente la chronique ces temps-ci, se verrait affubler de ce sobriquet très éloquent de Paul… L'Embrouille.

L'Assemblée nationale entrera en vacances dès la semaine prochaine, soit après l'adoption du Finance Bill et de l'Economic Development Board Bill, qui ont un rapport direct avec les mesures annoncées dans le budget présenté le 8 juin dernier. Alors que nous arrivons au terme de la première mi-temps des travaux parlementaires pour cette année, on constate que l'image projetée par le parlement, au propre comme au figuré, n'a jamais été aussi mauvaise.

Et puis après tout, pourquoi s’emmerder avec ça ? Des vieilles pierres qui s’écroulent ? Des bardeaux pourris ? Des planches vermoulues rongées par les carias ? Oui, après tout, pourquoi faire tout un ramdam autour de la démolition du bâtiment de « la School » à la rue Edith Cavell à Port Louis ? Quel mal y a-t-il à vouloir remplacer un antique édifice en ruines par un immeuble flambant neuf, tout de béton carapacé ? Témoin de notre moderne avancement ?

Oh que c’était mignon, ce cliché de Pravind Jugnauth pris par l’épaule par l’actrice américaine Diane Lane lors de la cérémonie de lancement du tournage à Maurice du film Serenity de Steven Knight. C’était vendredi à l’hôtel Maradiva, propriété du beau-frère du Premier ministre, Sanjiv Ramdanee. Le courant semble en tout cas bien passer entre l’actrice d’Infidèle d’Adrian Lyne, que le réalisateur Tony Goldwyn décrivait comme ayant «… cette sexualité potentiellement volcanique qui n’est en aucune façon complexée et opportuniste », et le chef du gouvernement mauricien, connu pour être peu enclin à la familiarité et aux épanchements.

 Depuis que le gouvernement Lepep est au pouvoir, il ne se passe pas de semaine sans qu’éclate une affaire à laquelle est mêlé un parent ou un proche d’un de ses membres ou un de ses nominés. On aurait pensé qu’après la démission du PMSD, le nombre d’affaires allait diminuer mais cela n’a pas été le cas. Le gouvernement a casé les parents de ses membres et leurs proches, ses partisans, ses agents et leurs amis dans tous les postes disponibles, ou leur a fait obtenir des contrats juteux. C’est ainsi qu’un garde du corps privé de Pravind Jugnauth fournit toutes les prisons de l’île en poisson et assure le transport des employés de la Mauritius Duty Free Paradise. Organisme de prédilection où les proches des personnalités politiques au pouvoir vont exercer leurs talents. Avant-hier, c’était un avocat beau-frère de ministre qui se faisait payer 400 dollars l’heure de consultation par une institution étatique. Hier, c’était des arpents de mer pour des élevages de bambaras qui étaient offerts à un homme dont la compétence en la matière était d’avoir épousé une députée. Avant lui, il y a eu une avocate nommée à un poste sans disposer des compétences exigées par la loi, une autre qui a réussi l’exploit de se nommer au  poste de directrice générale de l’ICTA, une institution dont elle était la présidente. Son exemple a fait école puisque directeur général de la MBC était, juste avant, le président de son conseil d’administration. Loin de se contenter de cet exploit, la présidente devenue directrice générale de l’ICTA était également courtière pendant les heures de bureau et vendait des rencontres avec le Premier ministre avec séance photo. Il y a aussi eu une présidente, très proche d’un ministre, dont le chien est une terreur pour les sentry, qui, trouvant son salaire mensuel insuffisant, l’avait augmenté d’un tiers pour dépasser les 300 000 roupies. On parle aussi d’une copine de ministre  proposée comme ambassadrice parce qu’elle était la plus compétente des candidats, alors qu’il n’y jamais eu appel de candidatures pour ce poste. Passons sur les salaires des conseillers qui dépassent ceux des ministres et des promotions de membres de la cuisine ayant nécessité le limogeage du directeur général de la compagnie aérienne nationale.

Un exercice du pouvoir de l’intimidation ou de l’intimidation du pouvoir. Rien n’empêchera le groupe Le Mauricien d’informer ses lecteurs et, par extension, la population des travers de ceux qui détiennent le pouvoir ou encore de ceux qui se croient protégés par le pouvoir, que ce soit politique ou économique. Devant une avalanche d’allégations au sujet de la connexion avec les plus puissants parrains de la mafia de la drogue, soit supposément des intouchables, ainsi que la confirmation des tentacules et de la mainmise de ces derniers dans des Honourable and Learned Quarters, le Chairman de la Gambling Regulatory Authority et de la Law Reform Commission, et de surcroît Legal Adviser du Premier ministre et leader du MSM, Me Raouf Gulbul s’est insurgé contre la couverture du Mauricien de mercredi dernier de la déposition de la « junior » Me Tisha Shamloll ouvrant la boîte de Pandore.

Ce samedi devrait être une journée hippique de haute facture avec en point de mire la deuxième épreuve classique de la saison, la Pharmacie Nouvelle Barbé Cup. Avec le retour à la compétition de Parachute Man, le cheval champion 2016, l’attrait en est encore plus fort.

"Mudslinging exercise". C'est en ces termes très peu élogieux, irrespectueux, voire blessants, que le Deputy Speaker de l'auguste Assemblée nationale, et avocat de profession, Sanjeev Teeluckdharry, s'est permis de qualifier la Commission d'enquête sur la drogue, jeudi, lors de sa déposition. Voilà une belle occasion où cet homme de loi très proche du pouvoir, puisqu'il est membre du MSM, aurait mieux fait de se taire !

La commission d'enquête sur la drogue, présidée par l'ancien juge Paul Lam Shang Leen, a polarisé l'attention publique durant toute la semaine. Constat qui n'est pas étranger aux statuts des personnes ayant été convoquées et dont les dépositions étaient attendues avec beaucoup d'impatience. Il ne faut pas aller très loin pour voir comment, dans la rue, dans les bureaux, dans les familles et parmi la population tout entière, l'ampleur de l'implication et la pénétration du trafic de drogue dans la société bouleverse tout un chacun.

Il y a eu le choc des images. Mais le poids des mots a peu suivi.
Pourquoi?
Il y avait pourtant de quoi.  
Elles étaient bouleversantes, ces images de la Grenfell Tower de Londres en feu au milieu de la nuit du 14 juin dernier. 24 étages d’un incendie vertical, un gigantesque candélabre. Des personnes réveillées en sursaut, piégées dans cet enfer, appelant à l’aide, certaines se jetant des fenêtres.

Encore un incident, vendredi, à l’Assemblée nationale. Rajesh Bhagwan a déclenché les hostilités en lançant un tir à deux balles particulièrement bien envoyées à Pravind Jugnauth. D’une position assise, il a juste rappelé que le Premier ministre venait d’essuyer deux revers, son renvoi devant le Conseil privé et la radiation des charges contre le secrétaire général du MMM qui avait été accusé d’obstruction à la justice.

Dans quelques mois Maurice célébrera le cinquantième anniversaire de son indépendance. Depuis cinquante ans tous les partis politiques se disent en faveur  d’une révision du système électoral et surtout de la clause des best losers qui est une manière d’institutionnaliser  le communalisme.

Alors qu’on s’acheminait vers un Barbé grandiose et que le landerneau hippique mauricien semblait avoir retrouvé un tant soit peu de tranquillité, voilà qu’un nouveau cyclone de classe IV vient balayer le Champ de Mars avec des rafales de différentes ampleurs, chacune plus destructrice que l’autre.

Voilà bientôt une semaine que Roshi Badhain a démissionné de l'Assemblée nationale. Le fougueux et ambitieux leader du Reform Party avait, par sa démarche, respecté une annonce faite au Parlement une semaine plus tôt dans le cadre d'une intervention tumultueuse sur le budget à l'effet qu'il comptait soumettre sa démission en guise de protestation contre la manière dont le projet de métro express était introduit et afin d'alerter l'opinion publique contre le danger que représente ce projet dans sa circonscription, à Belle-Rose/Quatre-Bornes.

Cinquante ans. L’histoire a parfois de ces vérités. Comme celle qui entoure le vote aux Nations unies concernant les Chagos, alors que va s’ouvrir, la semaine prochaine à l’Université de Maurice, une grande conférence internationale portant sur les 50 ans d’indépendance de Maurice, que nous célébrerons en mars 2018.

94 nations dans le monde en faveur de la motion mauricienne pour que l’Organisation des Nations unies (ONU) sollicite un avis consultatif de la Cour de iustice internationale sur la décolonisation de notre pays entaché par le démembrement illégal de l’archipel des Chagos de notre territoire national contre seulement 15 pays derrière la Grand-Bretagne occupante et son complice, les Etats-Unis, il y a une première leçon qu’il faut retenir de l’événement extraordinaire qui s’est déroulé, jeudi dernier, à New York : la lutte paie ! Toujours !