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L’objectif est atteint. Ce qui a raté la saison passée est arrivé cette année. Il était programmé — avec le soutien des instances appropriées —que la richissime, en effectif, et en moyens, écurie Paul Foo Kune serait championne et elle l’est défi nitivement depuis l’Afrasia Duke of York Cup où son cheval Love Struck et son jockey Sherman Brown ont bénéfi cié d’une course limpide pour l’emporter de peu mais sûrement, à une cote de rêve de 18/1, réduite de 25% après le retrait de dernière minute de l’un des favoris de la course, le représentant de l’écurie Rousset, Albert Mooney. Rien à dire sur la course de Love Struck que Budheswar Gujadhur, dont les capacités d’entraîneur sont reconnues depuis belle lurette, a minutieusement prepare pour cette épreuve et qui a répondu aux attentes d’un entourage aux anges. Il faut dire que cette écurie aura eu le mérite d’inscrire son nom au «hall of fame» des courses mauriciennes en tant que championne au bout de quatre années d’existence seulement. Un exploit rarissime que l’histoire retiendra…

Cette semaine, le MMSD d’Éric Guimbeau vient d’être puni exactement là où il avait péché politiquement. À ses débuts, ce parti avait suscité l’espoir qu’il était encore possible de faire de la politique autrement à Maurice. C’est en affi chant son indépendance aux législatives par rapport aux autres partis qu’Éric Guimbeau fi t croire qu’il était différent. C’est en faisant pire que les autres partis après les municipales qu’il montra qu’il était du même bois. Se déclarant plus propre que les autres, le MMSD ne remporta qu’un siège sur 15 aux dernières municipales de Curepipe.

On se croirait sur du velours. Oui, sur nos routes ces jours-ci, dans de nombreuses agglomérations, on croirait rouler sur du velours, tant sont actifs les asphalteurs de tout crin. Subitement, il y a de l'argent, des machines et des hommes, jusqu’à très tard dans la nuit, pas seulement pour colmater tous les nids de poule qui apparentent nos routes à du gruyère depuis des années, mais pour refaire à neuf des circuits entiers. Et l'on en viendrait presque à bénir les campagnes électorales. Sauf que cela traduit une attitude déplorable à l'égard de l'électorat, et soulève une fois de plus la question de l'argent en politique et du fi nancement électoral.

À Maurice, lorsque quelqu’un qui n’appartient pas à un des partis politiques dominants a une bonne voire une excellente idée pour faire avancer la société dans laquelle il souhaiterait voir vivre ses enfants, il ne faut jamais désespérer. Tôt ou tard, sa bonne idée trouvera toujours le moyen d’être récupérée. Des fois, cette idée-là devient même une mesure phare que les décideurs prétendront alors vouloir appliquer pour moderniser et unir le pays. C’est ce qui est arrivé, dimanche 12 octobre, quand, tout d’un coup, à un moment où personne ne s’y attendait vraiment, Navin Ramgoolam, leader du Parti travailliste et Premier ministre depuis neuf ans a sorti de son chapeau l’engagement que tout éventuel gouvernement Labour-MMM issu des prochaines élections générales abaissera le droit de vote à 16 ans !

Les spéculations vont bon train, à travers l’île, dans de petits groupes qu’on pourrait ramener sous un seul sigle commun et approprié d’OPA (Observateurs Politiques Avertis). Petits cercles restreints, dont la pousse, aux quatre coins de l’île, aura explosé ces jours-ci. Suivant naturellement le rythme auquel ont émergé, subitement, dans la plupart des circonscriptions, les projets de ré-asphaltage de routes et ruelles en cette période préélectorale, traditionnellement bénie et, comme on le sait, toujours au coaltar...

On ne va pas chipoter sur les détails et moquer le fait que ce sont probablement les plus grands contributeurs financiers des campagnes électorales qui sponsorisent la publication de Transparency Mauritius sur un code de conduite pour des élections libres et équitables. Saluons la démarche pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle vaut et qui n’est finalement qu’une piqûre de rappel de ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas en période d’élections. Si cet organisme n’invente pas la roue, il a, au moins, le mérite de remettre sur le tapis quelques mesures longtemps préconisées mais qui ne se sont jamais matérialisées et de souligner une nouvelle fois que nous sommes encore bien loin de ce qui se pratique dans les grandes démocraties comme en Inde où, aux dernières élections, certains, et non des moindres, se sont fait taper sur les doigts pour entorse aux règlements électoraux.

Deux semaines après la dissolution du Parlement, la campagne électorale entre cette semaine dans une phase délicate. Selon toute probabilité, la dernière avant que la campagne ne démarre officiellement, le 3 ou le 4 novembre prochain.

La voilà, enfin! cette Coupe d’Or, l’Afrasia Duke of York Cup 2014, tant attendue! Elle sera courue en ce dernier dimanche d’octobre, synonyme d’automne en Europe, mais également pour la saison hippique mauricienne dont on sent avec une certaine pointe de soulagement les effl uves d’une fin de l’édition 2014 dont on aimerait vite tourner la page tant elle fut, à un moment, cauchemardesque, à tel point que le gouvernement a dû se résoudre à mettre sur pied une commission d’enquête. Qui, nous le souhaitons, fera sauter tous ces verrous qui gangrènent notre hippisme en besoin urgent de se hisser au niveau des centres de référence mondiale et régionale comme Hong Kong et Singapour qui furent, il n’y a pas si longtemps, dans la même croisée des chemins que nous.

Avec Xavier Duval, au moins il y a une certaine constance. Au moment de payer les recommandations du Pay Research Bureau au coût de plus de Rs 5 milliards l’année dernière, celui qui était encore le ministre des Finances de ce pays, apparemment pas très emballé, avait convoqué la presse pour souligner, à juste titre, ce que nous savions déjà, à savoir que « kontribiab ki pou paye sa ». Il est, hier, revenu sur ce PRB — c’est décidément un os qui lui est resté en travers de la gorge ou il a un vrai problème avec les fonctionnaires — pour soutenir que si l’on a payé d’un trait les généreuses augmentations salariales du service public, on peut tout aussi bien porter le taux de la pension universelle à Rs 5 000 par mois contre Rs 3 623 actuellement.

L’apparition soudaine, dans le ciel mauricien, des premiers drones le week-end dernier laissait présager qu’un vent nouveau pouvait désormais souffler sur notre paysage politique. Un signe, peut-être, qu’il prenait même de l’altitude, de la hauteur...

Tous les aspirants candidats au ticket électoral ne font qu’une chose depuis que le Parlement a été prorogé et que la précampagne électorale a commencé. Tous ceux qui pensent avoir un destin national en raison de leur appartenance communale et castéiste, des lobbies — socioculturels ou autres qu’ils fréquentent — de leur engagement politique ne pensent qu’à ça.

Les deux blocs qui s’affronteront aux élections générales imminentes se retrouvent actuellement avec un sérieux souci : présenter du sang neuf. Et, dans la mesure du possible, pas n’importe quels candidats… L’électorat a très soif des meilleurs éléments disponibles, avec une nette prédilection pour ceux qui sont intègres et droits et qui ne pratiquent pas, tant que faire se peut, la langue de bois !

Les nuages autour de la date des élections générales, que le Premier ministre garde jalousement secrète, commencent à se dissiper. Il est maintenant presque certain qu’elles auront lieu durant la première quinzaine de décembre. Les dés sont jetés. Plusieurs dates sont déjà avancées.

«Carly-Mae Pye has died after a race fall at Rockhampton » , «Apprentice jockey Juan Saez dies after fall», «Jockey Caitlin Forrest dies after horror four-horse race fall at Murray Bridge». Trois headlines de la presse cette semaine qui attristent le monde hippique international et nous rappellent que le métier de jockey est loin d’être une sinécure.

Depuis la signature de l’accord PTr/MMM, Paul Bérenger se livre à une de ses occupations préférées : faire des déclarations à la presse. Cette presse qu’il n’aime pas, à qui il donne des leçons, dont il traite certains membres d’infectes ou de mercenaires, mais dont il n’arrive pas à s’en passer. Le leader du MMM aime faire des déclarations à la presse.

«Depuis ses premiers jours et après, dans l’Opposition comme au pouvoir, le MMM a été à l’avant-garde dans la lutte pour la consolidation des fondements démocratiques du pays. La population de Maurice, de nos jours mieux informée et technologiquement mieux à même de juger (a technology savvy Mauritian Population), souffre du règne d’un obscurantisme ambiant caractérisé souvent par un manque d’équité (fairness) et un mépris manifeste de droits humains basiques ou même d’une manipulation des mécanismes démocratiques pour servir les desseins d’une poignée de personnes.” Qui a dit ça? C’est Alan Ganoo, leader-adjoint du MMM, dans un de ses plus remarquables discours d’homme politique dans un papier de réfl exion qu’il avait produit lors du congrès marquant, à l’Université de Maurice, la célébration du 40e anniversaire de la création de son parti, en septembre 2009.

La date des élections n'est pas encore connue et, contrairement à ce qu'ont pu avancer certains dirigeants rouges prétendument dans le secret, elle ne sera pas annoncée ce matin à Quatre-Bornes, le Premier ministre ayant déjà assuré que ce n'est pas sur l'estrade politique de l'alliance PTr/ MMM qu'il annoncera le jour du rendez-vous aux urnes de la population mauricienne. Pour les partisans des deux partis, il va falloir attendre que Navin Ramgoolam se décide et qu'il choisisse quand et où annoncer la nouvelle tant attendue, pour un pays en état de paralysie depuis bientôt une année et qui est en attente d'une clarifi cation qui lui permette de repartir sur de nouvelles bases. Patience.

Rare, très rare même doit être encore de nos jours cette prérogative. Unique privilège en effet, exceptionnel même, ce droit qui revient à un seul homme de décider de la date des élections générales d’un pays, sans autre critère que son (?) bon vouloir, en son âme et conscience. Privilège, certes, prévu par la Constitution, mais qui demeure néanmoins un peu inique, tant il pourrait, poussé à l’extrême, ne privilégier outrageusement que des intérêts propres et immédiats de son dépositaire, voire de son seul groupement politique. Mais là n’est pas notre propos, et vivre avec n’a été ni un drame, encore moins un problème. Toute médaille, la plus dorée qui soit, comportant aussi son revers…

En cette veille de 12 octobre qui a pris très rapidement des allures de 1er mai hors saison, tous les regards sont braqués sur les deux grands rassemblements politiques de Quatre-Bornes et de Vacoas, où s’affronteront les deux colosses de l’arène politique, plus que jamais en ébullition, depuis maintenant quelques semaines.