Opinions

L’AfroBarometer réalisé par StraConsult qui a été rendu public hier projette une image peu élogieuse de la perception de la population concernant l’existence de la corruption à Maurice.

Le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a eu la tâche facile hier après-midi pour la présentation du premier budget de l'Alliance Lepep. Son dernier budget date de plus de 25 ans, ce qui fait que toute comparaison avec sa performance avant qu'il ne quitte ses fonctions serait déraisonnable. Cette absence de repère immédiat donne à Vishnu Lutchmeenaraidoo la latitude nécessaire pour faire les promesses les plus folles, voire prophétiser la terre promise. Il ne s'en est pas privé. Une première lecture de son discours fait ainsi apparaître un projet de développement s'échelonnant sur plusieurs années, ou même décennies, et des mesures budgétaires dont l'application s'échelonnera sur les 18 prochains mois. Le ministre des Finances a intelligemment fait l'amalgame des deux en projetant l'image de la création d'un vaste chantier dont ni le début, ni la fin, ni encore les sources de financement ne sont à ce stade précisé. Ainsi, défiant toute superstition, le ministre a annoncé la création de 13 “employment rich” mega-projets, dont huit seront conçus sur la base du concept de “smart city”. Voilà qui à de quoi faire rêver. Sauf que ces projets ne seront pas réalisés sur des terres de l’État par le gouvernement, mais sur des terrains privés. Dans le cas d'Highlands, il apparaît que le technopôle devrait être créé sur les terres de l’État. Est-ce cela qui deviendra la Highlands City ou ce sont les vastes projets immobiliers qui sont actuellement en cour sur les terres qui appartenaient à  l'industrie sucrière ? Beaucoup de ces projets seront réalisés sur les terres agricoles, impliquant la conversion des terres. Déjà, l'annonce de ces projets a un effet immédiat sur la valeur des terrains dans les régions citées. N'y a-t-il pas un risque que les petits planteurs abandonnent la canne ? Le ministre se prépare-t-il à “write off” la culture sucrière pour s'engager dans la création d'une Island-city ? Le Budget ne donne aucune indication quant aux implications de ces projets sur le développement socio-économique du pays, se contentant de parler de “employment rich” plutôt que de “revenue rich”. Le projet de développement portuaire visant à faire de Maurice un hub régional en termes de transbordement et d'alimentation des navires en produits pétroliers et marchandises diverses est tout à fait recommandable. Toutefois, son montage financier et sa réalisation prendront plusieurs années.

Un peu plus de 100 jours après les dernières élections générales du 10 décembre dernier, c'est aujourd'hui l'heure de vérité pour le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo. Son nom a en effet été associé à celui de sir Anerood Jugnauth lors de la campagne électorale pour son rôle joué dans ce qui est aujourd'hui connu comme étant le “miracle économique mauricien”, et qui avait vu le taux de chômage à Maurice tomber à son niveau le plus bas tout en permettant à notre zone franche industrielle, un des moteurs économiques de l'époque, devenir un exemple pour les pays en voie de développement. Mais près de 25 ans plus tard, la situation locale et internationale est totalement différente. Le protocole sucre ainsi que l'accord multifibre sur le textile sont maintenant loin derrière nous. Maurice est devenue un pays à revenu intermédiaire, soit avec un revenu par tête d'habitant de l'ordre de USD 10 000. Maurice n'est donc plus qualifiée pour bénéficier de prêts à des taux quasi “concessionnels”. Le plus grand défi, désormais, est de projeter le pays vers un nouveau pallier de développement tout en restant compétitif. Pour y arriver, le ministre des Finances s'est fixé pour objectif un taux de croissance de 5,7% pour 2016.

Avant d’en venir aux nouveaux comportements étranges de la police mauricienne sous l’ère Jugnauth, il y a lieu de saluer comme il se doit la belle et historique victoire enregistrée par la République de Maurice sur le dossier Chagos devant un tribunal international. Cela ouvre de nouvelles perspectives pour que le peuple mauricien puisse assumer totalement son intégrité territoriale. Navin Ramgoolam qui, en sa qualité de Premier ministre, avait, en 2010, décidé de ce recours a raison de rappeler que lorsqu’il avait choisi cette avenue, personne n’y avait cru. Sauf ses proches collaborateurs, Philippe Sands QC ou MIlan Meetarban pour ne citer qu’eux. Le dénouement heureux de cette affaire lui donne raison et son ton, hier, était juste et son argumentaire quant à la voie à suivre parfaitement lucide.

Elles en avaient rêvé. Longtemps. Intensément. Un rêve quotidien. Chaque jour pendant plus de quarante ans, elles en ont rêvé. Avec l’assiduité, la fidélité de l’évidence, de ce qui tient en vie. Et puis un jour, fatiguées, peut-être un peu découragées, comme on glisse sur une pente raide que l’on a attaquée et dégringolée cent fois, elles ont glissé hors de cette vie, desot lavi à défaut de desot dilo, parties ailleurs que là où elles désiraient retourner pour exhaler leur dernier souffle. Deux femmes, deux fers de lance du combat inégal mené par les Chagossiens contre Britanniques et Américains qui les ont déportées de l’archipels des Chagos dans les années 60-70 pour se créer une base militaire sur l’île principale de Diego Garcia. L’année 2012 a emporté coup sur coup Charlesia Alexis et Lisette Talate. Et c’est forcément à cette dernière, et à ses sœurs et frères de lutte que l’on pense lorsque tombe, ce 18 mars 2015, cet extraordinaire jugement de la Cour Permanente d’Arbitrage de la Haye. Presque le même  jour où Lisette Talate, née le 19 mars 1941 à Diego Garcia, aurait fêté ses 74 ans.

Ce lundi 23 mars, tous les regards seront inévitablement braqués sur le tout premier Budget que présentera le gouvernement fraîchement élu de l’Alliance Lepep. Bien entendu, grands sont les espoirs de toutes parts d’autant que les enjeux, surtout économiques et sociaux, sont importants.

Sale temps pour l’Angleterre. Alors qu’aucune équipe anglaise n’a pu atteindre les quarts de finale de la Ligue des Champions cette année, voilà que la petite île Maurice a réussi à percer une défense britannique vulnérable pour marquer un but historique devant la Cour permanente d’arbitrage sous la Convention des Droits de la Mer des Nations Unies sur le dossier emblématique des Chagos.

On pensait que c’étaient les instructions venues d’en haut qui poussaient certains policiers, dont des hauts gradés, à faire n’importe quoi et des moins titrés à se comporter comme des personnages sortis des séries télévisées. Avec ce qui se passe ces jours-ci dans la force policière, on commence à se demander si la maladie n’existe pas au plus profond de ceux qui sont censés appliquer la loi. Ne parlons pas de la défense de la veuve et de l’orphelin, il y a longtemps que ce concept a été abandonné.

L’Histoire politique du pays le démontre amplement : après presque chaque élection générale à Maurice, des partis qui ont perdu la bataille enregistrent également — et immédiatement — des défections. Comme si un malheur ne venait jamais seul ! Certes, certaines défections sont des fois plus conséquentes que d’autres, mais cela ne change en rien le fond du problème. Beaucoup d’éléments, parfois des députés élus, mais le plus souvent des candidats frustrés d’avoir été battus, abandonnent leurs compagnons de lutte et s’en vont voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Souvent aussi on en a vu qui, pour leurs petits intérêts égoïstes, sont allés consolider le pouvoir du camp des vainqueurs en évoquant le commode prétexte de «vouloir servir les intérêts supérieurs de la Nation». En réalité, les défections pour des raisons d’authentiques divergences sur des principes sont vraiment d’une extrême rareté !

Loin des années de braise
Du feu de la jeunesse
Loin de la lutte des classes
Des combats auxquels l’on croit
Loin des analyses pénétrantes
Des discours qui nous soulèvent
Loin du rêve qui nous unit
Dans l’espoir des jours meilleurs

Quelque chose de bon pourra-t-il sortir de la crise qui secoue actuellement le MMM et qui s’est manifestée publiquement lors de l’assemblée des délégués de dimanche dernier ? C’est la question qui est actuellement sur les lèvres aussi bien des militants que du public en général. Il faut reconnaître que l’assemblée des délégués du MMM de ce dimanche 15 mars aura été une des plus difficiles dans les annales de l’histoire du MMM, exception faite de 1982-1983 qui avait vu la cassure du parti et donné naissance au MSM. Alors que les plus pessimistes estiment que 46 ans après sa création le MMM s’apprête à toucher le fond et que la popularité de son leader est au plus bas au sein de son propre parti, les optimistes y voient le témoignage concret d’une démocratie vivante qui fait la spécificité de ce parti sur l’échiquier local.

Pour sortir de l’impasse et pour redonner au sport hippique ses lettres de noblesse comme le dit le nouveau président Jeenarain Soobagrah il est impératif que le Mauritius Turf Club (MTC) prenne des décisions courageuses. Et de ce fait envoyer les bons signaux non seulement à la communauté des turfistes, mais avant tout et surtout aux autorités gouvernementales qui détiennent un pouvoir abusif sur les courses sans pour autant investir un seul sou dans cette industrie.

Quoi qu’on puisse bien reprocher à la présente génération, notamment un défi cit d’engagement politique et social du plus grand nombre par rapport aux under- 30 des années 60-70, s’il ne restait pas encore à Maurice de jeunes militants dynamiques et convaincus de la cause qu’ils défendent, au jour d’aujourd’hui, deux combats dans lesquels beaucoup de leurs aînés ne croyaient pas vraiment auraient été irrémédiablement perdus; celui contre la prolifération dangereuse de centrales d’énergie à charbon dans le pays et celui mené pour le libre accès de tous les citoyens à l’îlot Gabriel.

Plus jamais ça ! C’est ce qu’on souhaite après ce qui est arrivé à Iqbal Toofany. Et on espère que ce sera le dernier cas après ceux de triste mémoire qui ont eu pour noms Eddy Labrosse, Joseph Réginald Topize dit Kaya, Rajesh Ramlogun et Anand Kumar Ramdhony. Ce n’est pas normal qu’un citoyen interpellé pour un délit, qu’il n’a peut-être pas commis, décède dans des conditions dignes d’un autre temps, du règne des Tontons Macoute. Même s’il a commis un délit, il doit être traité comme un être humain mérite de l’être en attendant que la justice décide de son sort, le condamne ou l’acquitte. C’est comme cela que cela doit se passer dans un pays civilisé et moderne.

Quand Jean-Claude Barbier avait annoncé au début de l’année “Je quitte le MMM, mais pas seul”, le Bureau politique mauve avait déclaré, comme un seul homme, que leur ex-collègue bluffait. Ils avaient tort, une fois de plus. Parlons un peu de ce BP que l’on a tendance à oublier pour concentrer toutes les attaques sur Paul Bérenger. Il est vrai que le leader des mauves a une manière bien à lui de mener son parti — une manière dictatoriale — a répété cette semaine la démissionnaire Lysie Ribot.

Maurice a découvert avec beaucoup d'intérêt et de sympathie le Premier ministre indien Narendra Modi, qui s'impose comme une véritable force de la nature en politique, tant sur le plan local qu'au niveau international.

Narendra Modi était déjà venu à Maurice en simple citoyen pour participer à la célébration de l’anniversaire du Mahatma Gandhi. Il semble qu’il ait gardé un souvenir inoubliable puisqu’il en parle à chaque fois que l’occasion se présente. Ce fut le cas récemment au Gujrat, à l’occasion de la réunion annuelle de la diaspora indienne. Il avait alors souligné que l’anniversaire de la naissance du Mahatma est célébré avec plus de ferveur à Maurice qu’en Inde. Il ne cache pas son admiration devant la piété avec laquelle les dévots mauriciens se rendent au Ganga Talao en pèlerinage, devant ce lac sacré où a été déversée l’eau du Gange. C’est d’ailleurs au Ganga Talao qu’il a choisi de débuter sa journée de jeudi. Pour Narendra Modi, les liens entre Maurice et l’Inde sont plus que fraternels. Ils sont d’ordre filiaux. Dans le cadre de la préparation de sa tournée à Maurice, ce caractère familial n’a pas échappé au Premier ministre indien qui rappelle que 70 % de la population mauricienne est d’ascendance indienne, que les premiers travailleurs engagés indiens sont arrivés à Maurice en novembre 1834 en marge de l’abolition de l’esclavage et que ces derniers ont connu des moments très difficiles dans les champs de cannes à cette époque. Il se souvient également que la date du 12 mars a été choisie par sir Seewoosagur Ramgoolam pour l’accession de Maurice à l’indépendance afin de rendre hommage au Mahatma Gandhi qui a commencé la « marche du sel » à cette date en 1930. Laquelle marche marquait le début de la lutte indienne pour la liberté.

Monn fer enn rev
Kot tou kouler san lakoler
Marye pike Resi soulev
Montagn betiz ek prezize

Bien que le discours-programme du nouveau gouvernement n’y faisait pas explicitement référence, l’innovante technique utilisée par un trio de choc, émergeant soudain des rangs du pouvoir en place, pour faire ‘cracher le morceau’ à tout interlocuteur récalcitrant s’est avérée, si l’on en croit les uns et les autres, tout à fait payante et expéditive.