Opinions

Tous les projets de développement engagés par le gouvernement, que ce soit l’introduction des nouvelles cartes d’identité, la construction des autoroutes, des barrages hydroélectriques, de réservoirs, des infrastructures de télécommunication, la construction de centrales électriques, les projets immobiliers, l’introduction du métro léger ou autres systèmes ferroviaires, le développement de l’aquaculture ont une portée économique, financière, environnementale, sociale, anthropologique et surtout politique.

Cela fait un bail, nous semble‑t‑il, depuis la dernière fois qu’on ait lu une bonne nouvelle dans les colonnes de nos journaux. On entend déjà les béni‑oui‑oui assener « jamais contents, ces gratte‑papier ! » Mais on peut difficilement se réjouir quand chaque jour qui passe entraîne son lot de nouvelles les unes plus moches et dures à encaisser que les autres.

JCA

— Allo, mon enfant, ici c'est tante Zaza, j'espère que je ne te dérange pas ?
— Tante Zaza quelle bonne surprise. Jamais tu me déranges, toi. Ça fait des mois que je n'ai pas entendu ta voix. Comment tu vas ?
— Je suis frigorifiée mon enfant. A Melbourne c'est l'hiver : un mari l'hiver comme vous dites à Maurice.

J’ai rencontré cette semaine un lecteur qui m’a affirmé que la presse en général — et moi en particulier — était contre le gouvernement. Qu’on ne parlait que de ses échecs et de ses ratés, jamais de ses succès et de ses actions positives. Ces affirmations m’ayant interpellé, j’ai fait un récapitulatif de mes derniers billets d’humeur. Ce lecteur a raison : la majorité des billets est très critique envers le gouvernement et les oppositions. Ce lecteur a raison, mais paradoxalement, il a tort en même temps.

Ainsi ceux qui sont contre le coûteux projet Metro Express dont les contours sont encore très approximatifs et dont l’efficacité reste à être démontrée en attendant les éclairages de demain sont des passéistes et viendraient tout droit  de la préhistoire. On ne sait pas si c’est un autoportrait qu’a dressé Pravind Jugnauth mais il devrait, un de ces jours, relire ses propos de leader d’opposition accidentel — c’est décidément devenu un abonnement — d’octobre-novembre 2014 pour modérer un peu ses déclarations.

Rassurez-vous, ce n’est pas d’orientation sexuelle que nous allons parler. Mais de la première grande sortie publique de celui qui tirait les ficelles derrière les rideaux et qui a fait son coming out cette semaine. Ce que nous savions déjà, c’est ce que ce conseiller de l’ex-PM devenu Mentor, M. Beekhary, n’allait pas se contenter du placard dans lequel, un moment, la nouvelle haute hiérarchie du PMO a voulu l’enfermer.

Le Metro Express, un des plus importants projets d'infrastructures jamais réalisés à Maurice, sera présenté officiellement lundi par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui compte rencontrer la presse par la suite pour s'inscrire dans les détails du projet.

Un point d’interrogation d’abord. Pourquoi un mois après la célébration de l’Eid Ul Fitr, le 26 juin, on en est encore à festoyer pratiquement tous les jours ? Il y a déjà les célébrations dites nationales, des dîners généraux comme au SVICC samedi dernier, puis des agapes régionales comme la demi-douzaine organisées dans la circonscription du Premier ministre et celles qui ont accueilli Showkutally Soodhun à Flacq le mardi 18 juillet et le vendredi suivant à Vacoas. Pour ne citer que celles-là, mais il y en a eu beaucoup d’autres.

Est-ce que c’est un gouvernement qui dirige Maurice ou la direction d’un cirque ? La question se pose s’agissant du comportement et des déclarations de certains des membres du gouvernement. Commençons par le Mentor qui, après la fermeture de la BAI, qui a ruiné des centaines de Mauriciens, a avoué que lui et ses « deux » fils — le légitime et l’adopté pendant un temps — avaient retiré leur argent de la BAI. Juste avant la révocation des licences. Dans ce cas, non seulement trois ministres ont commis un délit d’initié, mais le premier d’entre eux s’est flatté de l’avoir fait. Il y eut ensuite la déclaration de l’ex-ministre de la Santé selon laquelle le gouvernement pouvait nommer qui il voulait à la tête des corps paraétatiques et des ambassades.

Il y a deux choses fondamentales dans ce qui s’est passé cette semaine autour du cas Soodhun.

Les propos tenus cette semaine par le vice-Premier ministre et ministre du Logement et des Terres, Showkutally Soodhun, à l'encontre du leader de l'opposition, Xavier-Luc Duval, et largement diffusés sur les réseaux sociaux, ont été accueillis avec consternation, colère et inquiétude. Quelles que soient les motivations politiques ou les sentiments animant le président du MSM vis-à-vis du leader du PMSD, son comportement met le gouvernement dans une situation embarrassante.

Le vote final du Finance Bill tel que présenté par le gouvernement n’a surpris personne. Pravind Jugnauth, qui n’a sans doute jamais mis les pieds au Champ de Mars, a fait adopter des amendements qui vont changer la face de l’hippisme mauricien pour, dit-il, combattre principalement les paris illégaux et « le blanchiment de l’argent obtenu, entre autres, du trafic de drogue ou des transactions suspicieuses. » Il a ajouté que « la GRA a été créée pour remplacer le Horse Racing Board de manière à ce que les courses soient organisées dans le respect des normes bien précises, dans la transparence et dans le respect de la bonne gouvernance. »

Donner un micro à Showkutally Soodhun équivaudrait, pour reprendre la formule très imagée de notre kreol maternel, que j'éviterai d'utiliser pour ne pas jeter de l'huile sur le feu. C'est dire que le principal concerné ne sait faire bon usage, voire, usage tout court, de l'outil ! Aussi, gare aux (gros) dégâts…

J’avais cette semaine rendez-vous avec une personnalité,  représentant une grosse entreprise  étrangère à Maurice, pour une interview. D’entrée de jeu, on  me demanda quand j’allais envoyer une copie du texte de l’interview pour les corrections nécessaires. Mon refus de réaliser l’interview dans ces conditions  a étonné mes interlocuteurs.

Une fois est coutume: une occasion de débat vient à nouveau d’être shootée, en raison, semble-t-il, de notre propension bien insulaire à se focaliser sur le messager plutôt que sur le message.
Ici, il s’agit d’une messagère, l’écrivaine Nathacha Appanah. En séjour à Maurice après avoir été en lice pour tous les grands prix de la dernière rentrée littéraire française, dont le Goncourt, pour son roman Tropique de la violence, elle a consacré sa chronique hebdomadaire dans le journal français La Croix à sa rencontre avec des étudiantes mauriciennes au Queen Elizabeth College.

On comprend de mieux en mieux le sens du slogan « Viré mam ». En suivant les délibérations de la commission du trio Lam Shang Leen/Lauthan/Domun, on voit bien qu’il y avait quelque chose de bien plus glaçant derrière tout cela. Ce sont surtout les billes, les billets qui viraient, de mains, de poches.

Dans son édition de dimanche dernier, Week-End annonçait parfaitement la couleur en expliquant que les dernières mesures inscrites dans le Finance Bill 2017 faisait de la « MRA le Big Brother des transactions financières » puisqu’il sera désormais muni d’outils, sous forme d’amendements aux lois existantes, déjà très contraignantes, pour étendre ses pouvoirs de contrôle tous azimuts, « s’apparentant à un gendarme » des transactions financières des entreprises et des individus.

S'il s'agissait d'un film noir dans la plus pure tradition du genre, l'ancien juge Paul Lam Shang Leen, président de la présente Commission d'enquête sur la drogue, qui alimente la chronique ces temps-ci, se verrait affubler de ce sobriquet très éloquent de Paul… L'Embrouille.

L'Assemblée nationale entrera en vacances dès la semaine prochaine, soit après l'adoption du Finance Bill et de l'Economic Development Board Bill, qui ont un rapport direct avec les mesures annoncées dans le budget présenté le 8 juin dernier. Alors que nous arrivons au terme de la première mi-temps des travaux parlementaires pour cette année, on constate que l'image projetée par le parlement, au propre comme au figuré, n'a jamais été aussi mauvaise.