Opinions

Il y a quelques mois, la présidentielle américaine livrait un vainqueur que peu de pronostiqueurs attendaient, tant ses écarts de conduite et l’incohérence de ses propos semblaient à des encablures de toute logique électorale. Pourtant, Donald Trump l’aura remportée, qui plus est avec une large avance.

«Que dirons-nous aux enfants de demain
Les plus-ou-moins-vivants les pas-encore-présents
Les pas-tout-à-fait-morts
Que leur dirons-nous de ce monde
De ses abattoirs
De ses dépotoirs
De ses fours
De ses murs?
Enfants, dirons-nous
Voici nos mains lasses et molles
Qui n’auront su construire un monde
Voici nos bouches mensongères
Nos riens, nos jachères
Nous vous aurons légué
La mémoire des possibles
En ayant bien pris soin
De les rendre impossibles»

Le Premier ministre nommé s’améliore. Le leader du MSM, plutôt crispé, sans sens avéré de la dérision, a décidé de s’exercer dans un nouveau registre : l’humour. A moins qu’il le fasse sans en être tout à fait conscient. Et puisqu’il a parlé d’exemple, c’est précisément celui de vendredi dernier qui servira à notre propos de ce dimanche. Et quel exemple ! Celui d’abord de la trahison de la promesse de campagne selon laquelle, après les abus de l’utilisation partisane du socioculturel par le gouvernement précédent, ça n’allait, avec Lepep, être plus jamais ça. Non, c’est lors d’une activité pour célébrer le Varusha Pirappu que Pravind Jugnauth a sorti ses vannes.

C’est fou ce que le passage de l’opposition au pouvoir peut changer un politicien. En deux temps, trois mouvements, il change d’opinion et trouve les moyens — en les justifiant — de faire exactement ce qu’il reprochait à ses adversaires. Cette « transformation » — d’autres parleraient de traîtrise ou de reniement — semble aussi fonctionner pour les membres de la société civile qui acceptent des nominations politiques. Dernier exemple en date : la présidente de la République. Celle qui avait promis d’être une présidente de proximité et qui répondait à tous les coups de téléphone des journalistes, ce qui lui a permis de construire son image de marque, ne s’exprime plus qu’à travers la MBC. Depuis l’éclatement de l’affaire Sobrinho, dont les rebondissements et autres révélations sont quotidiens, la présidente est aux abonnés absents. Elle est sortie de son long silence cette semaine pour une déclaration diffusée par la MBC pour donner — enfin ! — sa version des faits. A la place des explications attendues, on a eu surtout droit à une déclaration pour dire qu’elle avait beaucoup souffert de l’affaire et annoncer qu’elle mettait un terme à sa participation aux activités de Planet Earth Institute, l’organisation d’Alvaro Sobrinho. La présidente Ameenah Gurib-Fakim a pris plus d’un mois pour faire ce qu’elle aurait dû avoir fait dès que les premières informations sur cette affaire avaient été publiées. Non seulement elle n’a pas jugé utile de s’excuser auprès des Mauriciens, mais en plus, elle s’est autorisée à donner des leçons à la presse sur la manière dont elle a rapporté et commenté cette affaire. Manière de faire qui, semble dire Ameenah Gurib-Fakim, aurait nui à l’image de la présidence. Mais elle semble avoir oublié que c’est elle-même qui a porté atteinte à cette image par son comportement envers l’investisseur angolais à qui elle a ouvert toutes grandes les portes du Réduit, lui adonné accès aux services du gouvernement et est intervenue pour que ses démarches soient accélérées. Ce n’est pas la presse qui a révélé que la présidence avait demandé et obtenu que le VIP Lounge de l’Etat soit mis à la disposition de M. Sobrinho trente et une fois, mais le Premier ministre, en réponse à une question parlementaire. Est-ce que la Présidente de la République pense que, comme la presse, le Premier ministre « fait des insinuations et des allégations » ?

Une fonction politique, à n’importe quel niveau que ce soit, et, encore plus quand elle est constitutionnellement la plus haute d’un pays, à l’instar de la présidence de la République, exige de celui ou celle qui l’occupe une exemplarité totale. Deux des exigences de rigueur devraient être que la personne concernée ne fasse absolument rien qui puisse lui attirer le moindre soupçon ou même une quelconque perception de comportement controversé. Ce que dans sa pudeur de gazelle (expression que nous empruntons à Jean-Luc Mélenchon) l’Anglais qualifierait improper conduct.

Elle s’est sérieusement mise dans de très sales draps notre première (et, souhaitons-le, pas la dernière) présidente de la République. Pire, l’option de s’expliquer via un message diffusé par la station nationale n’est certainement pas à son avantage. Bien au contraire…

Après des débuts laborieux, l'établissement Gilbert Rousset a montré, samedi dernier, qu'il entend encore jouer les premiers rôles au Champ de Mars cette saison. Avec un quadruple digne de ses ambitions et de son savoir-faire, le tandem Gilbert Rousset-Soodesh Seesurrun a mis la barre haut tôt dans la saison. Par la même occasion, le nouveau jockey titulaire, Brandon Lerena, a réalisé un 100% de réussite avec quatre victoires pour quatre montes. Son exploit est d'autant plus retentissant qu'il a remporté ses courses à la force du poignet dans des arrivées de mouchoir de poche après avoir été très patient au sein du peloton. Cet exploit du jockey sud-africain a sans doute rassuré les propriétaires et supporters de l'entraînement Gilbert Rousset, surtout ceux qui étaient sceptiques sur les réelles qualités du jockey par rapport à ses brillants prédécesseurs.

La présidente de la République, au terme d’une intervention émotionnelle, mais un peu simpliste voire naïve, a annoncé son retrait de toutes les instances du Planet Earth Institute « afin de préserver l’image de la présidence ». Cette déclaration a laissé un sentiment mitigé dans la population et ne semble pas être suffisante pour faire taire ses détracteurs et tous ceux qui réclament sa démission ou qu’elle « take leave » de ses fonctions.

La circonscription N°14 a osé renvoyer la dame Maya Hanoomanjee dans le karo-kann et si l’on suit le raisonnement aussi bancal qu’ahurissant de la ministre qui a pourtant l’importante responsabilité de l’éducation, cette méchante circonscription qui l’a sanctionnée l’aurait fait à cause de son statut de femme.

Je pense que, petit à petit, une majorité d’hommes est d’avis qu’il faut ouvrir aux femmes les portes du pouvoir et ses institutions pour corriger une injustice qui s’étale sur des siècles. Mais quand on constate comment les femmes appartenant aux diverses factions de Lalians lepep utilisent le pouvoir pour leurs intérêts propres, font pire que les hommes, la remise en question de la parité hommes-femmes s’impose.

Le poids des mots, le choc des images, disait le slogan utilisé par le magazine Paris Match. Mis à part les journalistes assignés à la couverture des travaux parlementaires, la population mauricienne dans son ensemble n’avait pas moyen d’être en contact avec le déroulement des travaux de notre «auguste» Assemblée nationale. Jusqu’à l’avènement de la Parliament TV. Et l’on peut dire qu’il a été rude, le choc de la retransmission en direct de cette foire d’empoigne.

La saison hippique mauricienne trouve petit à petit sa vitesse de croisière et jusqu'ici rien de gravement rédhibitoire n'a été enregistré sur la piste, sauf ce qui apparaît comme quelques incidents involontaires et des erreurs de jugement qui ont quand même fait mordre la poussière à des favoris solides qui gagneront sans doute à leur prochaine sortie. Une enquête serrée et justifiée a été faite sur la monte d'un cheval lors de cette journée et, si le cavalier s'est en sorti indemne, espérons que son « near-miss » de la correctionnelle lui aura servi de leçon et que ses collègues auront tiré les conséquences de ces errements.

Les menaces de mort et les tentatives d’intimidation dont ont fait l’objet Paul Lam Shang Leen et Sam Lauthan, respectivement président et assesseur de l’actuelle Commission d’enquête sur la drogue, viennent surtout confirmer (s’il le fallait encore) l’existence d’une mafia; à l’œuvre dans le pays, étendant ses tentacules dangereusement et n’hésitant certainement pas à prendre tous les risques pour tenter d’enrayer la machinerie mise en branle avec la tenue de cette Commission d’enquête.

La diffusion en direct des travaux parlementaires à la radio, à la télévision et sur les plateformes de communication médiatiques a, que nous le voulions ou non, propulsé le Parlement dans une nouvelle ère de la globalisation et à un autre niveau, communément appelé « the new normal ».

Carence de dignité ou d’amour-propre ? C’est proprement scandaleux d’ainsi abuser des ressources du pays. C’est du petit peuple que ces messieurs flanqués de leur maîtresse abusent. Sans vergogne ni scrupule. Disons-le sans ambages : les dirigeants ne rechignent pas à jouer la carte du népotisme. Imaginez maintenant la répercussion sur le cerveau du serviteur civil dont la nièce fek fini liniversite.

D’un côté, une femme, anonyme, à qui une entreprise de nettoyage propose un salaire de Rs 3 200 pour travailler de 7h à 17h, soit près de 50 heures par semaine. Cela dans l’île Maurice d’aujourd’hui.

L’arrivée de la bande à Lepep a provoqué l’affinement de la politique des succursales qui sont, dans les faits, gérées comme des propriétés personnelles et privées. Dans les municipalités et les organismes para-publics. Le Muvman Liberater a une super succursale à la State House, là où la présidente, une pistonnée du ML, a organisé des agapes pour Alvaro Sobrinho pour qu’il puisse se familiariser avec les membres du gouvernement, avec un gouverneur de la Banque de Maurice réticent à lui accorder une licence les yeux fermés, licence qu’il réussira néanmoins à obtenir par un tour de passe-passe légal.

Quand les Mauriciens subissent une coupure d’eau potable, ils hurlent au scandale, vont sur les radios privées insulter les députés, traitent le ministre de l’Eau de tous les noms et menacent de descendre dans la rue. Ils n’ont pas tort.

La reprise des travaux parlementaires, cette semaine, a permis, comme à l'accoutumée, de porter à un niveau supérieur les débats récurrents sur toutes les questions affectant la vie du pays et qui animent les conversations tous les jours de l'année. Le Parlement reste l'instance suprême et le lieu privilégié où nos dirigeants doivent rendre des comptes de leurs actions gouvernementales à la population, où des législations nécessaires pour la bonne marche du pays sont adoptées et où les élus du peuple peuvent faire entendre les préoccupations et les problèmes que rencontre la population. C'est également un endroit où les différentes forces politiques parlementaires, tant du gouvernement que de l'opposition, peuvent se rencontrer et engager un dialogue, même si cela prend parfois un ton musclé, dans l'intérêt du pays.