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Opinions

Difficile d’effacer de nos mémoires les 11 victimes du 30 mars et les circonstances dramatiques, pourtant prévisibles eu égard à l’avertissement du 13 février dernier, de leur mort par noyade.

Samedi de la semaine dernière 152 millimètres de pluie sont tombées sur Port-Louis. Ces eaux ont dévalé les montagnes et ne trouvant pas suffisamment de canalisations pour les diriger vers la mer se sont transformées en torrents furieux emportant tout sur leur passage.

Après l’eau, l’encre et les mots: les inondations meurtrières du samedi 30 mars à Port Louis n’ont pas fini d’en faire couler. Encore faut-il que cela puisse servir à quelque chose.

C'est le 18 novembre 1659 que Molière présentait pour la première fois sa pièce à succès Les précieuses ridicules. Quatre siècles plus tard, c'est un théâtre de boulevard nouveau genre, bien triste celui-là, qui nous est servi avec, cette fois, de précieux, ou plutôt de parfaits ridicules en première ligne. Pour justifier les graves manquements qui ont provoqué les inondations qui ont fait 11 victimes samedi dernier, le Premier ministre nous ramène à 1992, 21 ans en arrière, et affirme que c'est parce que sir Anerood Jugnauth avait fait passer un texte au Parlement pour faire couvrir une partie du Ruisseau du Pouce. Après avoir parlé de 1992, Navin Ramgoolam a fait un bond en avant pour parler de la période 2000-2005 et imputer la faute au non-remplacement du radar tombé en panne en 2002 au gouvernement qui a précédé le sien.

La nature a fait une violente incursion dans la vie mauricienne que ce soit sur le plan social, économique ou émotionnel cette semaine. Alors que toute l’actualité était braquée sur l’accumulation d’argent sale par des arnaqueurs financiers peu scrupuleux, c’est la soudaine accumulation des eaux dans des zones stratégiques de la capitale et dans les régions avoisinantes qui a inondé les esprits.

Nos deux théâtres abandonnés – le Théâtre de Port-Louis et le Théâtre du Plaza –, ont reçu une liste tout à fait sympathique de visiteurs de marque, de consultants spécialisés, d’architectes, de metteurs en scène, de comédiens et chanteurs renommés depuis qu’ils ont été fermés au public à cause de leur inquiétante vétusté.

Lorsque la journée de courses fut annulée samedi dernier pour terrain devenu impraticable à cause de pluies diluviennes au Champ de Mars, personne ne pouvait imaginer le drame qui se jouait de l’autre côté de la ville.

L’agglomération de Canal Dayot, située à l’entrée sud de Port-Louis et que beaucoup de Mauriciens ont découvert pour la première fois hier, entrera dans la mémoire collective locale comme le symbole du partage et de solidarité.

On se souviendra encore longtemps de ce week-end de Pâques 2013. Il va sans dire que certains esprits superstitieux trouveront moyen de faire une association avec le chiffre 13. Devant un tel choc, une telle désolation, devant la force de la nature, on s’accroche comme on peut à la moindre explication, fut-elle irrationnelle.

Quatre heures de pluie, huit morts ou plus lorsqu’on aura établi aujourd’hui un bilan complet du passage pluvieux d’hier. On n’a rien vu venir. La météo annonçait “la pluie dans les endroits habituels” et que le temps devait être “mi-couvert en général”.

Quelques heures de pluie d’affi lée suffi sent à mettre à genoux le tigre de l’océan Indien que Maurice prétend être. Il suffi t de quelques dizaines de millimètres de pluie pour provoquer des embouteillages monstres, ralentir les télécommunications, mettre à mal le circuit électrique, bref, plonger le pays dans une pagaille indescriptible.

La Commission de l'océan Indien (COI) a frappé un grand coup cette semaine à Mahajanga, à Madagascar, en réussissant à mobiliser quelque 175 personnalités, dont des décideurs gouvernementaux, des opérateurs économiques, ou encore des représentants des agences internationales – à l’instar de la Commission européenne, de la Banque Mondiale et des scientifiques des pays de la région –, autour du projet de sécurité alimentaire.

La saison 2013 a pris son envol en douceur dans une ambiance bon enfant et les amoureux du Champ de Mars avaient vraiment plaisir à se retrouver. Certes, ce n’était pas encore la grande foule mais la masse critique et fidèle qui avait fait le déplacement  a eu droit à de belles épreuves, animées par des chevaux qui étaient dans un état de forme étonnant pour un début de saison, illustré par des performances chronométriques à faire pâlir les meilleurs coursiers de l’île.

En Afrique, cela commence à bouger sur le front de la lutte contre la corruption. Il y a le Sénégal qui a pris le taureau par les cornes et s'est doté d'un organisme qui enquête sur l'enrichissement illicite avec comme premier sujet d'investigation le fils de l'ancien président Karim Wade. Cette semaine même, l'ancien président de la Zambie, Rupidi Banda a dû comparaître devant la justice pour répondre d'une accusation de corruption et de détournement de fonds publics ayant servi à financer sa dernière campagne électorale. Au Tchad, le maire de N'Djamena a été traduit devant les tribunaux pour des faits de corruption, tandis que certains pays progressent dans le classement de Transperancy comme la Namibie et le Cap Vert.

Une touriste française se fait royalement arnaquer au marché de Port-Louis. On lui fait payer Rs 4 600 pour quatre t-shirts, un sachet de gousses de vanille et quelques épices. Des articles qui, selon d'autres marchands, valaient tout au plus Rs 1 200. Ces arnaques seraient monnaie courante au marché de Port-Louis, où les touristes sont littéralement pillés. Les prix se retrouvent multipliés, et c'est ainsi qu'un sachet de safran peut passer de Rs 25 à Rs 300, des t-shirts de Rs 300 à Rs 600, des nappes et des draps brodés du simple au quadruple. La touriste ne s'est pas laissée faire et a porté plainte à la police du Tourisme, qui l'a renvoyée à l'inspectorat du marché. Après discussion avec le marchand concerné – discussion, mais pas procès verbal et amende ?! – une partie de son argent a été rendu à la touriste.

Les travaux parlementaires débuteront mardi en l’absence du leader historique du MMM, Paul Bérenger, en plein traitement à l’hôpital Gustav Roussy à Paris.

Selon l’équipe du Swami Vivekananda Centre, 20 000 personnes se seraient rendues au premier salon international du livre mauricien Confluences. Le caractère événementiel de ce rendez-vous, la présence de célébrités mauriciennes et étrangères ainsi que les nombreuses animations proposées pendant quatre jours à côté des stands d’expositions occupés par les éditeurs, les libraires, les auteurs et différentes organisations à vocation culturelle, font que ce salon a attiré non seulement des lecteurs mais aussi des visiteurs moins habitués à fréquenter les librairies et bibliothèques, ce qui est une aubaine. Au-delà de ce chiffre de fréquentation et peut-être de ventes de livres dont les libraires pourraient s’enorgueillir, l’enjeu consiste pour chacun, du plus jeune des lecteurs au plus brillant éditeur, à maintenir cet enthousiasme et le nourrir dans la vie de tous les jours.

Les courses sont déjà de retour. On a même l’impression qu’il n’y a plus d’intersaison tant l’actualité hippique a rempli ce court laps de temps.

Mon décodeur satellitaire ayant rendu l’âme dimanche dernier, j’ai été privé de télévision par satellite. Comme des milliers de Mauriciens, j’ai dû me remettre à regarder la MBC. Le nombre de ses chaînes terrestres et numériques m’a donné le vertige.