Opinions

La décision du Premier ministre, Pravind Jugnauth, de déposer devant la commission d’enquête sur la drogue a été accueillie avec beaucoup de satisfaction par tous ceux suivant avec intérêt les travaux de cette instance et qui placent beaucoup d’espoir quant à son issue. La presse et certains dirigeants politiques, dont le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, l’avaient, dès la semaine dernière, encouragé à prendre cette voie, qui est celle de la raison.

Les allégations lancées par le trafiquant incarcéré, Peroumal Veeren, devant la Commission d'enquête sur la drogue, jeudi 10 août, à l'effet que Pravind Jugnauth, entre autres, financerait, le trafic de drogue, ont fait déraper le Premier ministre non-élu, Pravind Jugnauth. Suivant ses écarts et lapsus qui ont ponctué cet épisode troublant, Jugnauth Jr qui s'était démarqué de SAJ jusque-là, en tenant des propos plutôt modérés, voire trop même, dans certaines situations (on pense ici aux menaces de Soodhun à l'encontre de XLD, leader de l'Opposition, et le "regrettable" de Pravind), a déclenché les foudres en s'en prenant à un confrère peut-être un peu trop zélé de le faire réagir.

Oui, les propos du Veeren ont choqué le pays. Il va sans dire que ce que ce trafiquant a débité doit être pris avec énormément de réserve. Au-delà de sa stratégie, dont on a peine à croire qu’il aura été le seul à le concocter, d’incriminer les uns et tenter de dédouaner les autres, il y a quand même un faisceau de personnages, de faits et de situations qui ne sont pas sans rappeler l’époque où les trafiquants de drogue fréquentaient l’Hôtel du gouvernement et qu’ils étaient ostensiblement présents aux garden-parties de la State House qui poussent au doute. A un très grand doute.

A la recherche de bonnes nouvelles, de bonnes nouvelles gouvernementales s’entend, j’ai été conseillé d’aller voir du côté de la MBC. Et, je me suis dit que cela valait peut-être le coup d’aller voir ce qui est diffusé sur les écrans de l’unique station de télévision mauricienne. Comme tous les Mauriciens propriétaires d’un téléviseur, je suis forcé de payer la redevance à la MBC, et comme beaucoup, je n’arrive pas à regarder ses programmes, surtout son journal télévisé.

Si le ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun, pense qu’un humour de bas étage peut interpeller et sensibiliser un auditoire sur le problème de la pauvreté, il se trompe ! Sans aucun doute un des plus gros défis de son gouvernement et au-delà d’une promesse électorale, la résolution de la pauvreté économique d’une population en marge du progrès social doit être aussi un engagement qui implique un esprit humanitaire. Sans aucune volonté sincère et une politique centrée sur l’humain, il n’est pas possible de combattre la pauvreté.

L'audition de Peroumal Veeren, détenu pour trafic de drogue, hier par la commission d'enquête présidée par l'ex-juge Paul Lam Shang Leen se sera finalement révélée être une véritable bombe à fragmentation, des éclats volant dans toutes les directions et touchant toutes une série de personnalités, dont le Premier ministre. 

La journée des stayers a été à la hauteur des ambitions du Mauritus Turf Club et le groupe Le Mauricien Ltd, qui patronnait cette journée, a toutes les raisons d’être heureux et satisfait de l’accueil du public et des différents responsables du MTC dans la conjoncture.

Peroumal Veeren n’a-t-il pas, quelque part, raison ? Non, bien entendu, cette interrogation ne s’adresse pas à ses allégations sur le PM non-élu mais en poste, Pravind Jugnauth. Pour cela, on laisse le soin aux enquêteurs, à la Commission Lam Shang Leen et aux autres institutions en qui nous avons placé notre confiance, de faire la lumière et de situer les responsabilités.

« Métro, boulot, dodo », dit l’adage populaire. Notre dodo a disparu depuis longtemps et le travail est en voie de disparition. Reste donc le métro, représentant notre futur donc, et dont le projet ne finit pourtant pas d’alimenter la colère de nombreux acteurs de la société civile. D’aucuns s’interrogent en effet sur la réelle pertinence de ce méga chantier en perspective et de son coût pharaonique, des experts avertissant déjà – n'en déplaise à Nando Bodha – que l’ardoise finale dépassera largement les estimations actuelles.

S’il n’était pas « l’inventeur » de la grève de la faim, Mohandas Karamchand Gandhi en aura été sans nul doute le plus fervent représentant, mettant sa vie en péril en deux occasions afin de faire taire la violence lors de tragiques pages de l’histoire de l’Inde. Bien des années plus tard, et à des encablures du leitmotiv du célèbre Mahatma pour justifier son mouvement, la grève de la faim s’est répandue à travers le monde comme ultime moyen de protestation non violent pour mettre fin aux injustices. Reste qu’en cette matière, Maurice semble complètement déconnectée de cette réalité, en ce sens que ce type d’initiative se multiplie au nom de revendications ne pouvant justifier la pertinence de pareille extrémité.

On a eu la présentation lundi dernier, la réclame vendredi et, vu le casting et le scénario proposés, le film risque fort d’être classé dans la catégorie horreur. Entre deux lancements de pose de tuyaux, l’inauguration précipitée d’une moitié de foire comme à Quatre-Bornes, une distribution de molletons, une petite séance de ramassage d’ordures dominicales et un shooting avec des acteurs venus de Hollywood, le Premier ministre a, lundi, lancé son Metro Express : coût pour les contribuables d’aujourd’hui, de demain et d’après demain, Rs 18 milliards. Pour le moment. Quelles que soient les assurances données.

Deepak a cinquante ans. Grand, bien bâti, il marche toutefois les épaules basses, avec dans le pas quelque chose de traînant que ne justifie pas tout à fait ses épaisses bottes en caoutchouc.

Depuis des mois, Mauritius Telecom procède au remplacement des fils en cuivre de son réseau par la fibre optique. Ces travaux et ceux de maintenance des lignes de téléphone sont désormais effectués par des contracteurs qui, selon certains abonnés, ont des agendas tellement chargés qu’il faut maintenant attendre plusieurs jours pour une réparation ou un transfert. Les abonnés regrettent les anciens techniciens de MT, qui avaient une approche plus amicale et beaucoup moins technique que celle affichée par ceux qui les remplacent. Avec la sous-contraction, les délais pour les réparations et autres travaux ont sensiblement augmenté. C’est ainsi qu’une abonnée est restée sans téléphone pendant trois semaines lors de son dernier déménagement. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’abonnée n’a pas changé de district ou de ville, mais a déménagé en restant dans le même quartier. Elle a quitté une maison pour un appartement où la fibre optique avait été déjà installée ! Par ailleurs, certains contracteurs qui installent la fibre optique signalent aux abonnés que contrairement à l’ancien système, le téléphone ne marche que quand le circuit électrique fonctionne. Comment vont fonctionner les systèmes d’alarme électronique qui sont reliés au circuit téléphonique en cas de panne électrique prolongée, pendant le passage d’un cyclone, par exemple ?

« With the gradual change in the structure of Horse Racing in Mauritius, there is a definite need for a racing Guide… giving all concerned as much information as possible of the horses performances throughout the season »

Tous les projets de développement engagés par le gouvernement, que ce soit l’introduction des nouvelles cartes d’identité, la construction des autoroutes, des barrages hydroélectriques, de réservoirs, des infrastructures de télécommunication, la construction de centrales électriques, les projets immobiliers, l’introduction du métro léger ou autres systèmes ferroviaires, le développement de l’aquaculture ont une portée économique, financière, environnementale, sociale, anthropologique et surtout politique.

Cela fait un bail, nous semble‑t‑il, depuis la dernière fois qu’on ait lu une bonne nouvelle dans les colonnes de nos journaux. On entend déjà les béni‑oui‑oui assener « jamais contents, ces gratte‑papier ! » Mais on peut difficilement se réjouir quand chaque jour qui passe entraîne son lot de nouvelles les unes plus moches et dures à encaisser que les autres.

JCA

— Allo, mon enfant, ici c'est tante Zaza, j'espère que je ne te dérange pas ?
— Tante Zaza quelle bonne surprise. Jamais tu me déranges, toi. Ça fait des mois que je n'ai pas entendu ta voix. Comment tu vas ?
— Je suis frigorifiée mon enfant. A Melbourne c'est l'hiver : un mari l'hiver comme vous dites à Maurice.

J’ai rencontré cette semaine un lecteur qui m’a affirmé que la presse en général — et moi en particulier — était contre le gouvernement. Qu’on ne parlait que de ses échecs et de ses ratés, jamais de ses succès et de ses actions positives. Ces affirmations m’ayant interpellé, j’ai fait un récapitulatif de mes derniers billets d’humeur. Ce lecteur a raison : la majorité des billets est très critique envers le gouvernement et les oppositions. Ce lecteur a raison, mais paradoxalement, il a tort en même temps.

Ainsi ceux qui sont contre le coûteux projet Metro Express dont les contours sont encore très approximatifs et dont l’efficacité reste à être démontrée en attendant les éclairages de demain sont des passéistes et viendraient tout droit  de la préhistoire. On ne sait pas si c’est un autoportrait qu’a dressé Pravind Jugnauth mais il devrait, un de ces jours, relire ses propos de leader d’opposition accidentel — c’est décidément devenu un abonnement — d’octobre-novembre 2014 pour modérer un peu ses déclarations.