Opinions

Comme pour toute chose, les mauvaises nouvelles éclipsent celles qui sont bonnes et qui mettent du baume au cœur. C’est par le biais des médias que les nouvelles parviennent dans les foyers mauriciens et d’autres sphères. Les femmes les plus médiatisées depuis ces dernières semaines sont des anonymes qui ont subi la violence des hommes. L’une d’elles, Christiana Chery, qui n’était pas une victime de violence domestique, a laissé sa vie. À chaque fois que la thématique du 8 mars est d’actualité, elle sert de tremplin pour faire ressurgir la condition des femmes, la violence ainsi que toutes les formes de discrimination et de pratiques préjudiciables à leur égard. Ce sera ainsi tant que nous n’aurons pas une société, voire une planète, où l’égalité des sexes sera une réalité. Faire en sorte que la femme soit respectée et reconnue pour ce qu’elle est et ce dont elle est capable est une affaire de tous, dont les politiques. S’il est dit que l’exemple doit venir d’en haut, les dirigeants du pays devraient être les premiers sur le front pour défendre la promotion, sincère, de l’égalité des sexes à tous les niveaux, dans le giron politique, ailleurs et aussi dans la fonction publique, les institutions étatiques afin de gommer les disparités encore existantes dans ces secteurs. Avec les récentes élections régionales à Rodrigues, la représentativité féminine dans les partis briguant la course au gouvernement était à nouveau sur le tapis.

C’est effarant : on dirait que les politiciens français, presque toutes tendances confondues, sont en train de faire un mauvais film de ce qui pourrait se passer dans n’importe quelle république bananière. Le feuilleton dans lequel sont engagées les politiques français et dont la télévision rend compte 24 heures sur 24 est sur le point de dépasser les outrances de la campagne électorale de Donald Trump. C’est dire ! N’en déplaise aux fans de François Fillon — il y en aurait pas mal à Maurice d’après le courrier que je reçois — en se reniant d’un discours à un autre, leur champion est en train de faire comme on fait à Maurice. Du grand n’importe quoi. Comment peut-il avoir annoncé qu’il se retirerait de la campagne présidentielle si jamais il était mis en examen pour refuser de le faire quand la situation se réalise ? Comment peut-on se dire champion de la probité alors que l’on accuse des juges de complot et d’assassinat politique sur la base d’une simple convocation ? Ses propos sont tellement outranciers que beaucoup de ses fidèles préfèrent quitter le bateau qui va droit sur l’iceberg.

La tournure dramatique prise ces derniers jours par ce qui est actuellement connu comme l’affaire Alvaro Sobrinho a créé un sentiment de désenchantement chez beaucoup de Mauriciens. Le plus grave est qu’elle entraîne une institution aussi respectée que la présidence de la République dans un tourbillon susceptible d’affecter son image et, par extension, celle du pays.

Les Américains traversent une période d’incertitude pour le moins inhabituelle depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis.

 « Il a été dit que la politique est la deuxième profession la plus ancienne. J’ai appris, depuis, qu’elle porte une ressemblance frappante avec la première »…
Quatre décennies après, cette citation de Ronald Reagan, qui fut le 40e président des Etats-Unis pour deux mandats dans les années 80, reste d’une étonnante actualité. Mieux : elle se confirme en tous points et semble même vouloir privilégier désormais sa pratique tous azimuts et ce, en toute transparence et en plein jour. Phénomène noté également ici, à Maurice, tout comme en France et aux States. Pays qui nous montre une nouvelle voie à suivre : votant tranquillement à droite et réagissant violemment, dans la foulée, à gauche. La parfaite balance, quoi! Le Seesaw doit définitivement être d’invention américaine…

En 1995, commentant le retour du PTr au gouvernement après 13 ans, Gaëtan Duval disait : “Ils ont tellement faim qu’ils vont s’étouffer en avalant des bouchéés doubles.” Il semblerait que même si le MSM n’a passé que six ans hors du gouvernement, certains de ses membres veulent rattraper le temps en multipliant le nombre de bouchées à avaler. Ils ont tellement faim du pouvoir et de ses avantages qu’ils ne font même pas attention à la manière d’avaler, au risque de s’étouffer.

Il a 55 ans, le même âge que Barack Obama, parti après deux mandats. Mais lui, Pravind Jugnauth, est arrivé au pouvoir en même temps que Donald Trump, le 20 janvier pour l’un, le 23 du même mois pour l’autre. La comparaison devrait peut-être s’arrêter là. Encore que le nouveau président américain a, lui, été élu, même s’ils sont nombreux aux États-Unis à continuer à brandir des pancartes pour dire «not our president» en raison de ce qu’il incarne, et surtout de ce qu’il préconise et ce qu’il fait.

Sir Anerood Jugnauth, parmi tant d’autres politiques, investi par le Conseil des ministres de la mission de mener à terme une réforme du système électoral mauricien ! C’est, sans aucun doute, une des plus grandes farces du présent régime MSM/ML/transfuges qui suscite le plus d’incrédulité.

  • «Est-il normal, et juste, que l’on aie plus de droits parce qu’on est plus riche? Ou plus nombreux? La question est de brûlante actualité»

Signe des temps? Beaucoup de choses viennent nous interpeller cette semaine sur la valeur que nous accordons à l’humain. Témoignage, peut-être, d’une urgence dont nous gagnerions à être conscients. Avant qu’elle ne nous éclate à la figure...

Alors que la politique autour des boîtes de biscuits, qui prennent plutôt la forme d'une boîte de Pandore, continue de dominer l'actualité, un drame se déroule dans le monde et ne doit pas laisser indifférents les Mauriciens, d'autant que nos dirigeants se flattent chaque jour d'avoir une stratégie africaine et d'être une plateforme financière et d'investissements vers le continent. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, les Nations Unies ont déclaré l'état de famine dans des régions situées dans quatre pays, dont trois pays africains, soit le Soudan du Sud, le Nigeria, la Somalie et le Yémen. Quelque 20 millions de personnes sont menacées de mort dans les six prochains mois.

Human, le dernier film du réalisateur français Yann Arthus-Bertrand projeté mercredi soir au cinéma Star, à Bagatelle, apporte un message d’espoir dans un monde qui semble dominé de toute part par la souffrance, qu’il s'agisse de la guerre, la misère, la sécheresse, la violence domestique ou les préjugés, pour ne citer que celles-là. Il y apporte « un peu plus d’humanité dans le cœur de chaque personne qui la voit », comme l’affirmait le réalisateur la veille, lors d’une conférence de presse à Port-Louis.

Quel avenir se dessinera pour le MTC à l’issue du scrutin de mardi où une fois encore deux équipes s’affrontent? Dans un coin, Mukesh Balgobin, qui « ratisse le terrain » pour faire élire la paire Frantz Merven-Kamal Taposeea. Et dans l’autre, la tête d’affiche Gilbert Merven, qui a pour colistier Antish Ramdhany.

J’ai reçu du courrier me reprochant d’avoir mêlé dans un même billet Xavier-Luc Duval, Roshi Bhadain et François Fillon. Mes correspondants me reprochent d’avoir rassemblé ces trois politiciens autour de la question: quand faut-il les croire, quand sont-ils sincères ? Nous n’allons pas citer d’autres exemples de contradictions entre ce que Xavier-Luc Duval et Roshi Bhadain disaient quand ils étaient hier au gouvernement et leurs propos d’aujourd’hui, quand ils se retrouvent dans l’opposition. Comme tous les politiques, ils dénoncent avec autant d’énergie les décisions qu’ils avaient prises quand ils se trouvaient au gouvernement. A qui ferait-on croire que le ministre du Tourisme ne s’intéressait pas à ce qui se passait à l’aéroport et dans ses boutiques duty-free ? A qui ferait-on avaler que Roshi Bhadain, un habitué de la cuisine du pouvoir, ne s’était pas intéressé à la recette du petit sablé de la fille de la Speaker ?

Vu il y a quelques jours à la plage publique du Morne: une douzaine de kitesurfers faisant du kite à quelques mètres à peine d’un groupe d’enfants se baignant au bord de l’eau. Loin de rester à distance, au milieu du lagon, les boards cinglent à toute allure vers la plage, à la faveur d’un vent puissant, repartent, reviennent. A observer leur ballet incessant, on se rend bien compte qu’on frise, à deux ou trois reprises, l’accident. Il suffirait qu’un de ces enfants plonge, et ressorte de l’eau quelques brasses plus loin, pour qu’il soit violemment heurté par une de ces planches qui fendent l’eau.

A quoi mesure-t-on la vision, la détermination et l’efficacité d’un gouvernement ? A ses annonces tonitruantes qui sont sans lendemain ? Au contenu du communiqué des délibérations du Conseil des ministres pour voir dans quelle direction on avance ? Quand bien même au pas de tortue. Si c’est ça, on a un vrai problème. La lecture de ces communiqués révèle qu’il n’y a pas eu grand-chose comme réflexion ou de mise en oeuvre concrète depuis le début de l’année. C’est comme si la passation de pouvoir avait ajouté la paralysie à la léthargie.

Doreen Telemaque, la Mahébourgeoise de 47 ans, l'a échappé belle. En revanche, Christiana Chery, 27 ans, elle, est tombée sous les coups de son agresseur. Sa petite Noémie, qui a soufflé ses trois bougies il y a une semaine, ne connaîtra jamais le bonheur de grandir dans l'amour de sa mère.

Un mois déjà que Donald Trump a posé ses valises à Washington. Quatre semaines que le nouveau locataire de la Maison Blanche aura mises à profit pour mettre en branle ses premières promesses de campagne, déstabilisant le monde, à commencer par son pays et, même, son propre parti. Sa politique, c'est bien sûr celle des affaires, une manière de faire qui le pousse à vouloir diriger les États-Unis comme le magnat le faisait il y a peu de temps encore de ses entreprises. À coups de décrets, de provocations. Paraphant à tout va, sans état d'âme et sans donner l'impression d'avoir bien lu entre les lignes. Et encore moins de comprendre les vrais enjeux de ses décisions. Allant jusqu'à jeter aux orties les alliances, les traités. Menaçant l'ordre du monde, les institutions, les organismes et mécanismes auxquels personne, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, n'avait jamais osé toucher. Donnant raison à ceux, encore très nombreux, qui, forcés d'accepter ce mariage « plus blanc que blanc » d'un excentrique milliardaire à leur pays, clament aujourd'hui leur honte d'être Américain.

Le dossier de la réforme électorale est revenu cette semaine sur le tapis avec la reconstitution du comité ministériel chargé du dossier. C'est le Ministre Mentor sir Anerood Jugnauth qui en sera le président, succédant ainsi à Xavier-Luc Duval, passé dans l'opposition à la fin de l'année dernière. Hormis cela, le comité sera composé de presque la même équipe ministérielle.

Les Rodriguais ont donné hier une démonstration de leur maturité politique en se rendant massivement aux urnes hier – avec un taux de participation de plus de 80% – pour élire leur nouveau gouvernement régional. Le calme et la manière ayant caractérisé ce scrutin font de cette île la plus orientale d'Afrique un exemple pour Maurice et pour toute la région. Désormais, quelle que soit l'équipe qui sera choisie pour diriger Rodrigues les quatre prochaines années, la principale priorité restera le vrai développement de Rodrigues. Il s'agira en effet pour les nouveaux dirigeants de prendre appui sur tout ce qui constitue la force de leur île pour en corriger les faiblesses et faire en sorte que l'autonomie soit une réussite.