Opinions

La marche inexorable continue. Après le Brexit en Angleterre, et l’élection de Donald Trump aux États-Unis, la présence de Marine Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles en France vient prolonger le sentiment que le monde bascule dans des extrêmes politiques allant vers la division.

Autrefois, pour savoir ce qui s’était passé au Parlement, il fallait lire les comptes-rendus de la presse écrite, puis plus tard ceux des radios privées.

Malgré leurs grands discours de campagne, ils sont revenus sur leurs engagements. La carte d’identité nationale biométrique contestée sur tous les fronts est un de ces dossiers symboles qui illustrent la grande trahison du gouvernement jadis désigné sous le vocable Lepep.

Deux Premiers ministres en 25 mois, deux ministres des Finances en 18 mois, trois ministres des TIC en deux ans et on peut continuer comme cela, le jeu de la chaise musicale n’étant probablement pas près de se terminer. Mais trois directeurs à la MBC en 28 mois, il faut quand même le faire. C’est un exploit inégalé dans l’histoire des organismes parasités par la politique. Même Air Mauritius et la CNT, avec leur succession de directeurs, employés à tour de bras, puis remplacés avant d’être priés de partir, apparaissent comme anecdotiques.

La fête du travail renouera cette année avec la vieille tradition bien établie consistant à être le baromètre de popularité des forces politiques sur le plan local. En effet, après avoir laissé le champ libre à l’ancienne Alliance Lepep durant des deux dernières années, le MMM sera de retour sur la scène nationale avec l’organisation d’un meeting Place Edward VII alors que le Mouvement patriotique, lui, fera son baptême du feu à la Louise, Quatre-Bornes. Le PMSD, pour sa part, donnera le ton avec son congrès annuel dans la cour de l’école hôtelière dans la matinée de demain.

Semaine éprouvante sur le plan politique ! Avec, entre autres, les deux affaires logées contre les filles et gendres de Dawood Rawat rayées, pour manquements divers de la part des autorités concernées. Cette nouvelle a manifestement retenu l’attention et fait jaser tout au long de la semaine. Et ce n’est pas sans oublier le calvaire des détenteurs de police d’assurance, qui ne savent plus à quel saint se vouer depuis l’éclatement de toute l’affaire… Rappelons que dès le changement à la tête de l’État, en décembre 2014, le glas avait sonné pour le big boss de l’ex BAI. Avec les deux décisions de rayer les affaires contre les filles et gendres de Dawood Rawat, cette semaine, du coup, les spectres de « vendetta politique » et de « règlement de comptes » ont refait surface, bien évidemment !

Après le refus du gouvernement d'octroyer un permis de travail au jockey Damien Oliver récemment pour des raisons qui relèvent de la petitesse d'esprit, voilà que ce fut au tour du Licencing Commitee du Mauritus Turf Club (MTC) de refuser, sans motif explicatif et cohérent, l'autorisation au jockey sud-africain Andrew Fortune d'exercer chez nous.

Tout commença avec une histoire de vol.
Le 18 juin 1972, le Washington Post rapporte qu’une équipe de cinq voleurs a été arrêtée dans les bureaux du Parti Démocrate, au sein de l’immeuble connu sous le nom de Watergate, à Washington. Une affaire en apparence banale. Qui va pourtant secouer la capitale américaine pendant deux ans, aboutir à la première démission d’un Président américain et changer profondément le monde politique des États-Unis.

Il y a comme une grande fébrilité dans l’air. Avant même que les réponses aux questions de Rajesh Bhagwan sur la rémunération de Gérard Sanspeur ou les liens entre le président de la GRA, Raouf Gulbul, candidat battu du MSM aux dernières élections, et le milieu du jeu et des paris ne soient diffusées, les deux nominés politiques ont vite utilisé leurs relais habituels pour s’expliquer et se justifier. Si l’avocat est resté dans la décence, le conseiller à Rs 500 000 mensuelles, se sentant probablement fort de sa proximité avec la branche la plus influente de la famille royale, s’est fendu d’une explication qui a choqué plus d’un.

Les mardis se suivent et Rajesh Bhagwan continue à débusquer de gros lièvres grâce à ses questions parlementaires. Les réponses, et leurs conséquences — que le député de Beau-Bassin obtient à partir de ses questions— font passer au second plan celles du nouveau leader de l’opposition.

En un tournemain, via un buzz médiatique hélas ultra-pompé par certains confrères, le temps d’une conférence de presse dont on ne comprend toujours pas le pourquoi, Nandanee Soornack a accaparé l’actualité ! Depuis mercredi soir en effet, c’est elle qui monopolise l’attention partout : des autobus qui ramènent les travailleurs après leurs dures journées de labeur aux « lounges » des bars où vont se relaxer les cadres de bureaux pour fêter le week-end, sans oublier les inévitables réseaux sociaux. Au point qu’elle a détrôné Navin Kistnah, le témoin clé dans la saisie record de 135 kilos d’héroïne. De samedi soir à son arrivée à Maurice, c’est en effet ce Mauricien qui défrayait la chronique. Jusqu’au « show » de Nandanee Soornack…

Les débats sur la motion du député Armance – contestant l’exemption du projet de métro express de l’obligation de produire un Environment Impact Assessment (EIA) Report – se sont avérés très utiles. Ils auront forcé le ministre Nando Bodha à prendre un engagement devant l’histoire en annonçant que le gouvernement a exigé que les contracteurs soumettent un rapport EIA complet.

Les débats sur la motion du député Armance – contestant l’exemption du projet de métro express de l’obligation de produire un Environment Impact Assessment (EIA) Report – se sont avérés très utiles. Ils auront forcé le ministre Nando Bodha à prendre un engagement devant l’histoire en annonçant que le gouvernement a exigé que les contracteurs soumettent un rapport EIA complet.

Alors que l'île Maurice hippique s'attendait à accueillir l'une des plus fines cravaches mondiales sur son sol à l'occasion de cette cinquième journée et ce, pour plusieurs semaines, où sa seule présence allait redonner un peu plus de crédibilité globale à l'hippisme local, voilà que l'État mauricien y oppose un veto unilatéral sans qu'aucune explication valable ne soit donnée ni aux employeurs du jockey ni au public envers qui, pourtant, il a l'obligation de communiquer toute décision de cette nature.

Il y a quelques mois, la présidentielle américaine livrait un vainqueur que peu de pronostiqueurs attendaient, tant ses écarts de conduite et l’incohérence de ses propos semblaient à des encablures de toute logique électorale. Pourtant, Donald Trump l’aura remportée, qui plus est avec une large avance.

«Que dirons-nous aux enfants de demain
Les plus-ou-moins-vivants les pas-encore-présents
Les pas-tout-à-fait-morts
Que leur dirons-nous de ce monde
De ses abattoirs
De ses dépotoirs
De ses fours
De ses murs?
Enfants, dirons-nous
Voici nos mains lasses et molles
Qui n’auront su construire un monde
Voici nos bouches mensongères
Nos riens, nos jachères
Nous vous aurons légué
La mémoire des possibles
En ayant bien pris soin
De les rendre impossibles»

Le Premier ministre nommé s’améliore. Le leader du MSM, plutôt crispé, sans sens avéré de la dérision, a décidé de s’exercer dans un nouveau registre : l’humour. A moins qu’il le fasse sans en être tout à fait conscient. Et puisqu’il a parlé d’exemple, c’est précisément celui de vendredi dernier qui servira à notre propos de ce dimanche. Et quel exemple ! Celui d’abord de la trahison de la promesse de campagne selon laquelle, après les abus de l’utilisation partisane du socioculturel par le gouvernement précédent, ça n’allait, avec Lepep, être plus jamais ça. Non, c’est lors d’une activité pour célébrer le Varusha Pirappu que Pravind Jugnauth a sorti ses vannes.

C’est fou ce que le passage de l’opposition au pouvoir peut changer un politicien. En deux temps, trois mouvements, il change d’opinion et trouve les moyens — en les justifiant — de faire exactement ce qu’il reprochait à ses adversaires. Cette « transformation » — d’autres parleraient de traîtrise ou de reniement — semble aussi fonctionner pour les membres de la société civile qui acceptent des nominations politiques. Dernier exemple en date : la présidente de la République. Celle qui avait promis d’être une présidente de proximité et qui répondait à tous les coups de téléphone des journalistes, ce qui lui a permis de construire son image de marque, ne s’exprime plus qu’à travers la MBC. Depuis l’éclatement de l’affaire Sobrinho, dont les rebondissements et autres révélations sont quotidiens, la présidente est aux abonnés absents. Elle est sortie de son long silence cette semaine pour une déclaration diffusée par la MBC pour donner — enfin ! — sa version des faits. A la place des explications attendues, on a eu surtout droit à une déclaration pour dire qu’elle avait beaucoup souffert de l’affaire et annoncer qu’elle mettait un terme à sa participation aux activités de Planet Earth Institute, l’organisation d’Alvaro Sobrinho. La présidente Ameenah Gurib-Fakim a pris plus d’un mois pour faire ce qu’elle aurait dû avoir fait dès que les premières informations sur cette affaire avaient été publiées. Non seulement elle n’a pas jugé utile de s’excuser auprès des Mauriciens, mais en plus, elle s’est autorisée à donner des leçons à la presse sur la manière dont elle a rapporté et commenté cette affaire. Manière de faire qui, semble dire Ameenah Gurib-Fakim, aurait nui à l’image de la présidence. Mais elle semble avoir oublié que c’est elle-même qui a porté atteinte à cette image par son comportement envers l’investisseur angolais à qui elle a ouvert toutes grandes les portes du Réduit, lui adonné accès aux services du gouvernement et est intervenue pour que ses démarches soient accélérées. Ce n’est pas la presse qui a révélé que la présidence avait demandé et obtenu que le VIP Lounge de l’Etat soit mis à la disposition de M. Sobrinho trente et une fois, mais le Premier ministre, en réponse à une question parlementaire. Est-ce que la Présidente de la République pense que, comme la presse, le Premier ministre « fait des insinuations et des allégations » ?

Une fonction politique, à n’importe quel niveau que ce soit, et, encore plus quand elle est constitutionnellement la plus haute d’un pays, à l’instar de la présidence de la République, exige de celui ou celle qui l’occupe une exemplarité totale. Deux des exigences de rigueur devraient être que la personne concernée ne fasse absolument rien qui puisse lui attirer le moindre soupçon ou même une quelconque perception de comportement controversé. Ce que dans sa pudeur de gazelle (expression que nous empruntons à Jean-Luc Mélenchon) l’Anglais qualifierait improper conduct.