Opinions

"Mudslinging exercise". C'est en ces termes très peu élogieux, irrespectueux, voire blessants, que le Deputy Speaker de l'auguste Assemblée nationale, et avocat de profession, Sanjeev Teeluckdharry, s'est permis de qualifier la Commission d'enquête sur la drogue, jeudi, lors de sa déposition. Voilà une belle occasion où cet homme de loi très proche du pouvoir, puisqu'il est membre du MSM, aurait mieux fait de se taire !

La commission d'enquête sur la drogue, présidée par l'ancien juge Paul Lam Shang Leen, a polarisé l'attention publique durant toute la semaine. Constat qui n'est pas étranger aux statuts des personnes ayant été convoquées et dont les dépositions étaient attendues avec beaucoup d'impatience. Il ne faut pas aller très loin pour voir comment, dans la rue, dans les bureaux, dans les familles et parmi la population tout entière, l'ampleur de l'implication et la pénétration du trafic de drogue dans la société bouleverse tout un chacun.

Il y a eu le choc des images. Mais le poids des mots a peu suivi.
Pourquoi?
Il y avait pourtant de quoi.  
Elles étaient bouleversantes, ces images de la Grenfell Tower de Londres en feu au milieu de la nuit du 14 juin dernier. 24 étages d’un incendie vertical, un gigantesque candélabre. Des personnes réveillées en sursaut, piégées dans cet enfer, appelant à l’aide, certaines se jetant des fenêtres.

Encore un incident, vendredi, à l’Assemblée nationale. Rajesh Bhagwan a déclenché les hostilités en lançant un tir à deux balles particulièrement bien envoyées à Pravind Jugnauth. D’une position assise, il a juste rappelé que le Premier ministre venait d’essuyer deux revers, son renvoi devant le Conseil privé et la radiation des charges contre le secrétaire général du MMM qui avait été accusé d’obstruction à la justice.

Dans quelques mois Maurice célébrera le cinquantième anniversaire de son indépendance. Depuis cinquante ans tous les partis politiques se disent en faveur  d’une révision du système électoral et surtout de la clause des best losers qui est une manière d’institutionnaliser  le communalisme.

Alors qu’on s’acheminait vers un Barbé grandiose et que le landerneau hippique mauricien semblait avoir retrouvé un tant soit peu de tranquillité, voilà qu’un nouveau cyclone de classe IV vient balayer le Champ de Mars avec des rafales de différentes ampleurs, chacune plus destructrice que l’autre.

Voilà bientôt une semaine que Roshi Badhain a démissionné de l'Assemblée nationale. Le fougueux et ambitieux leader du Reform Party avait, par sa démarche, respecté une annonce faite au Parlement une semaine plus tôt dans le cadre d'une intervention tumultueuse sur le budget à l'effet qu'il comptait soumettre sa démission en guise de protestation contre la manière dont le projet de métro express était introduit et afin d'alerter l'opinion publique contre le danger que représente ce projet dans sa circonscription, à Belle-Rose/Quatre-Bornes.

Cinquante ans. L’histoire a parfois de ces vérités. Comme celle qui entoure le vote aux Nations unies concernant les Chagos, alors que va s’ouvrir, la semaine prochaine à l’Université de Maurice, une grande conférence internationale portant sur les 50 ans d’indépendance de Maurice, que nous célébrerons en mars 2018.

94 nations dans le monde en faveur de la motion mauricienne pour que l’Organisation des Nations unies (ONU) sollicite un avis consultatif de la Cour de iustice internationale sur la décolonisation de notre pays entaché par le démembrement illégal de l’archipel des Chagos de notre territoire national contre seulement 15 pays derrière la Grand-Bretagne occupante et son complice, les Etats-Unis, il y a une première leçon qu’il faut retenir de l’événement extraordinaire qui s’est déroulé, jeudi dernier, à New York : la lutte paie ! Toujours !

La veille de la présentation du budget, c’était le cadeau de Rs 4,5 milliards de Betamax, un véritable coup de massue pour le contribuable à qui on n’avait pas pensé demander son avis avant de badiner avec le dossier du transport des produits pétroliers, et le jour de la conclusion de l’exercice budgétaire, 22 juin, c’était le jugement de la Cour suprême qui tombait renvoyant non pas n’importe quel quidam, mais le Premier ministre et ministre des Finances de l’île Maurice devant le Judicial Committee du Conseil privé de la reine. C’est ce qu’on appelle être poursuivi par la poisse.

Sir Anerood Jugnauth doit être un homme comblé depuis vendredi dernier. Depuis que 94 pays membres des Nations unies ont voté la résolution autorisant Maurice à saisir la Cour internationale de Justice sur le dossier Chagos. Bien sûr, son initiative est le résultat d’un travail commencé par les differents gouvernements mauriciens depuis des années. Mais il est le premier chef de gouvernement mauricien à avoir osé lancer un ultimatum à la Grande-Bretagne pour le retour des Chagos sous la souveraineté mauricienne. Il avait ajouté qu’en cas de non-réponse, il allait référer la question à la Cour internationale de Justice. Le chef d’un pays qui n’est qu’un petit point sur la carte du monde osant défier ce qui reste de l’Empire britannique, sur lequel le soleil ne se couchait jamais ! La réponse fut anglo-américaine puisque la Grande-Bretagne avait appelé les Etats-Unis — pourtant présidés par Barack Obama — à la rescousse. Cette réponse donna une mesure de l’arrogance qui habite encore les colonisateurs, en dépit de leurs grands discours dans les forums internationaux : « Si le dossier Chagos est référé à l’instance des Nations unies, cela pourrait provoquer des dommages aux relations bilatérales de Maurice avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. » Autrefois, ils divisaient pour régner, aujourd’hui ils utilisent la menace économique pour imposer leur politique. Au lieu de reculer et de s’excuser — comme beaucoup de dirigeants de petits pays ont dû être obligés de faire — sir Anerood Jugnauth campa sur sa position. N’ayant pas obtenu de réponse à son ultimatum, il lança une opération diplomatique pour demander aux pays amis de soutenir la proposition mauricienne. Beaucoup disaient que c’était un combat perdu d’avance ; qu’il fallait être ignorant des règles diplomatiques pour défier les grandes puissances et, qu’au lieu de faire ça, Maurice aurait dû avoir fait ça, et j’en passe et des meilleures. Mais têtu et — il l’a dit vendredi soir —, convaincu de lutter pour une cause juste, SAJ a continué sa route. Résultat des courses : la résolution a été votée par 94 pays, dont pratiquement toute l’Afrique, l’Asie, l’Amérique du Sud et certains grands pays européens. Bien sûr, 65 pays se sont abstenus, 15 ont voté contre et il y a encore un long chemin à parcourir pour que les Chagos redeviennent mauriciens et que les descendants de ses habitants puissent s’y rendre librement. Mais l’initiative de SAJ a démontré que, comme beaucoup l’avaient pourtant affirmé, la bataille du pot de terre contre les deux pots de fer n’est pas perdue d’avance. En sus de cette victoire relative, mais victoire quand même, SAJ a permis aux Mauriciens de retrouver un sentiment caché — pour ne pas dire enfoui — au plus profond d’eux-mêmes : la fierté d’être Mauricien. Pour cette fierté retrouvée, on pardonnera au vieux Rambo certains écarts de langage de ces derniers jours, mais certainement pas le fait qu’il nous a laissé en héritage son fils légitime à la tête du pays.

L'adoption jeudi de la résolution autorisant Maurice à demander un avis consultatif de la Cour internationale de Justice concernant l’excision de l’archipel des Chagos a constitué indéniablement un succès retentissant de la diplomatie mauricienne à l'échelle internationale. Ceux qui ont suivi en direct le déroulement des travaux à l'Assemblée des Nations unies ne peuvent nier avoir ressenti des frissons parcourir leur corps au moment de la publication des résultats du vote final. Les appréhensions ont rapidement fait la place à un élan de fierté patriotique. La petite île Maurice a encore une fois, après le tribunal d'arbitrage, eu le dessus sur son ancien pouvoir colonial, la Grande-Bretagne.

L'événement mérite amplement d'être salué autant que d'être classé comme « historique ». Sans démesure, ni excès d'enthousiasme. Que 94 pays du monde aient voté à l'ONU, dans un élan massif de solidarité, avec Maurice, soutenant son désir d'un avis consultatif de la Cour internationale de justice sur la question des Chagos, augure un chapitre nouveau dans cette âpre lutte qui n'a que trop duré… Certes, il ne s'agit là que d'une manche remportée dans une bataille qui s'annonce toujours très ardue et longue. Mais il convient ici de saluer très bas la persévérance de Jugnauth père.

« Le MTC ne contrôle ni les bookmakers ni les parieurs et ne dispose pas des moyens ni des droits pour vérifier les comptes et la provenance de l’argent de ces derniers, ou même des propriétaires de chevaux. Le MTC ne peut donc se substituer aux autorités afin d’effectuer ces contrôles.

Dès que le gouvernement Lepep avait pris la décision d’annuler le contrat de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers par la compagnie Betamax de la famille Bhunjun — soit dans les tout premiers jours de son exercice du pouvoir —, un spécialiste de l’administration publique et privée avait mis en garde dans nos colonnes les nouveaux dirigeants du pays contre les dangers que représentait un arbitrage international dans cette affaire.

Il n’y a pas, dans notre actualité, que ces bouledogues sans dents qu’incarnent nombre de nos institutions. Et il faudra d’ailleurs se pencher sur la validité de ces organismes  censés agir comme régulateurs, qui semblent incapables de se réguler eux-mêmes. Mais qui n’en coûtent pas moins aux contribuables.

C’est un véritable feuilleton que l’affaire Garib-Fakim/Sobrinho avec moments de silence, coups de théâtre et révélations. Comme dans les feuilletons à  chaque fois que l’action commence à ralentir et l’attention du spectateur à faiblir, un nouvel élément – plus précisément, une nouvelle révélation – vient relancer l’action dans le cas du débat qui nous accupe.

Le MSM qui n’avait pas voulu d’une partielle à Piton/Rivière du Rempart et qui a préféré créer une situation inédite d’un Premier ministre qui part mais qui reste ministre et qui a inventé un ministère Mentor, ne pourra vraisemblablement pas échapper à la partielle de Belle Rose/Quatre Bornes. S’il participe, il court le grand risque d’être battu à plate couture compte tenu, budget ou pas, de son impopularité qui n’a cessé de croître depuis que Pravind Jugnauth s’est glissé dans le fauteuil de Premier ministre et du nombre incalculable de casseroles que ce gouvernement a accumulé depuis son installation en décembre 2014.

«… Les courses hippiques ont survécu à l’indépendance en parvenant à séduire la majorité des habitants du pays. Elles sont maintenant menacées de disparition, victimes cette fois de la crise financière.