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Opinions

Alors que 2013 a été décrétée par les Nations unies “Année internationale de la Coopération dans le domaine de l’Eau”, la coïncidence aura voulu que l’île soit copieusement arrosée durant les tout premiers jours de cette année nouvelle. Ces pluies abondantes sont les bienvenues dans la mesure où, depuis des semaines, nos réserves en eau ne faisaient que s’amenuiser. Même s’il est vrai que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge, et que nous devons toujours attendre d’autres fortes précipitations pour que l’eau de nos réservoirs et autres nappes phréatiques atteigne un niveau satisfaisant et susceptible de permettre une fourniture acceptable à tous.

Début d’année. Rêvons un peu. L’espérance est une chose opiniâtre, qui s’accroche, têtue, à nos esprits et cœurs pourtant si aisément happés par la sangsue de la sinistrose, du découragement, voire du cynisme.

L’histoire retiendra que durant le premier “working day” après les fêtes du Nouvel An, le leader d’un parti politique de l’opposition en l’occurrence, Pravind Jugnauth, a passé seize heures dans les locaux du CCID dans le cadre d’une enquête policière à la suite des propos tenus lors d’une conférence de presse politique. Cette interrogatoire fait suite à une déposition faite à la police, il y a quinze jours par la ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, accusant le leader du MSM d’avoir tenu des propos qu’elle estime pourraient être à caractère séditieux.

En ce dernier jour de l’année 2012 l’ambiance de fête a déjà gagné les maisons des familles mauriciennes. Les préparatifs pour célébrer l’arrivée de la nouvelle année à minuit ce soir battent leur plein. Dans certaines artères principales de la capitale, notamment de la gare Victoria jusqu’à la gare du Nord en passant par l’avenue John Kennedy, le commerce s’est déversé dans les rues comme un torrent faisant de ces régions une véritable foire à ciel ouvert. Les hyper et supermarchés situés dans les centres commerciaux dans les principales agglomérations de l’île ne désemplissent pas depuis le week-end.

On est à la fin d'une année. Le temps de changer un peu de ton et de rire même des sujets les plus sérieux. Prenez l'exemple du Père Noël. S'il a vraiment été chouette avec les enfants qu'il a couvert de beaux cadeaux, il a, par contre, été franchement odieux avec les adultes. Pas tous mais ceux qui exerçent ce noble métier de politicien, dont le sens premier, faut-il toujours le rappeler, est de servir. Très mal inspiré, il a offert comme étrenne une énorme machine à déconner à certains de nos acteurs politiques. Et l'engin a fonctionné à plein régime. Tant et si bien que certains n'hésitent pas à pronostiquer un déraillement prochain de la machine, un peu comme à l'image de ce qui s'était passé dans les années 96/2000.

Le titre d'homme ou de femme de l'année est généralement décerné à une personne qui, par une seule ou une série d'actions, est parvenue à occuper la une de l'actualité. Négativement ou positivement. Ils ont été nombreux les candidats au titre en cette année 2012 riche en évènements.

Grisé par la victoire du Remake 2000 aux élections municipales et la prise de contrôle de trois municipalités sur cinq et encore emporté par la verve émotionnelle qui a caractérisé la campagne électorale, Pravind Jugnauth aurait pu prononcer des mots qui ont dépassé sa pensée ou s’être mal exprimé par rapport à certains sujets délicats.

Qui n'a pas eu envie de rire ou de pleurer, mercredi, après avoir entendu le Premier ministre parler, trémolos dans la voix, de ce dur métier de politicien? De ces grands serviteurs de la patrie qui, selon Navin Ramgoolam, essuyent "des critiques très injustes et des commentaires qui frappent au-dessus de la ceinture…

Elles ont fermé les yeux. Avant d’être témoins de cet ultime affront. Mais leur image plane sur la nouvelle désillusion infligée aux Chagossiens par le jugement de la Cour Européenne des Droits de l’Homme rendu ce 20 décembre.

Mais qui conseille donc Navin Ramgoolam pour ses déclarations publiques, ces jours-ci? Eu égard à ce que le Premier ministre est capable de débiter, la question mérite d'être posée.

Avec l’élection hier de Mario Bienvenu comme nouveau maire de Curepipe a pris fin l’installation des nouveaux conseils municipaux à la tête de nos villes et des présidents de district dans les régions rurales.

Il n'y a pas que les statisticiens, les comptables ou les actuaires qui savent que l'on peut faire dire ce que l'on veut à des chiffres. Que, par exemple, quand, lors d'élections visant à faire élire, au total, 90 conseillers municipaux, l'alliance des partis qui obtient 53 élus remporte 58.88% des sièges à pourvoir. Que l'alliance adverse qui ne fait, lui, élire que 36 candidats ne remporte que 40% des sièges.

On pourra pinailler des années encore, épiloguer sur la faible participation, comme si c'était un phénomène nouveau, passer les résultats à la loupe et inventer de nouvelles mathématiques et équations, mais les urnes ont parlé et on pourra même trouver que la campagne n'est pas assez Facebook ou Twitter pendant que le bon peuple est à court d'eau, c'est l'opposition qui a remporté les municipales même si on a pu constater qu'elle a du travail à faire ou à approfondir dans certaines régions pour remotiver ses troupes. 

Mais dans quel système scolaire Navin Ramgoolam a-t-il appris les mathématiques? Deux fois de suite, ces derniers quinze jours, il a proclamé avoir remporté des élections qu'il a visiblement perdues. Dans le cadre des villageoises, il a affirmé, sans donner la moindre preuve, avoir remporté 110 des 130 villages. Or, aucun parti, groupe ou candidat ayant brigué les suffrages aux villageoises ne s'est déclaré candidat de l'alliance gouvernementale ou de celle de l'opposition, d'ailleurs. Comment peut-il avoir gagné des élections dans lequelles il n'avait pas de réprésentants?

La sérénité revient graduellement dans nos villes après les élections de dimanche dernier au terme d'une campagne électorale intense, qui avait exacerbé les émotions comme cela a toujours été le cas durant pareille période.

L’année sportive 2012 s’étiole dans la discrétion. À l’image d’un pays aux multiples tracasseries socio-économiques. À l’image d’une île qui souffre de plus en plus de son insularité. À l’image d’un monde rongé par une situation macro économique qui perdure.

Ah, quelle belle invention que la politique ! Et quelles saveurs parfumées distillées par les élections lorsqu’elles sont épicées à souhait. Est-ce à dire que les Mauriciens doivent se réjouir du double spectacle dont ils auront été acteurs ? La question mérite d’être posée. Alors que des membres imminents de l’Assemblée nationale avaient tendance mardi à en faire tout un plat – de macaronis pour certains –, les élections villageoises et municipales suscitent, c’est vrai, quelques commentaires. Rassurez-vous : aucunement question dans ces lignes de commenter tel ou tel résultat, déjà mesuré, analysé et décortiqué par la presse et, évidemment, par les principaux intéressés eux-mêmes. Que l’un réclame des élections générales anticipées ou que l’autre veuille éviter l’association à une quelconque « correction » ne changent rien en effet aux résultats. Et encore moins à la tenue des élections qui, d’une manière générale, se sont relativement bien déroulées.

Alors que les élections, comme celles de ces dernières semaines dans les régions rurales et urbaines, permettent de dégager un profil crédible de l’humeur de la population par rapport à l’action gouvernementale et la classe politique, les résultats des examens du CPE projettent une image plus ou moins fidèle de la pertinence de notre système d’éducation et de la situation sociale dans le pays.

Faute de bilan et de programme, la coalition Ptr/PMSD/Union Nationale a finalement sorti les grands moyens logistiques dont il dispose et réussi à trouver un peu sur le tard un slogan.