Opinions

L’annonce de l’élévation le mois prochain de l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, au cardinalat a été acclamée à l’unanimité à Maurice. Dans un climat d’attentisme, de doute et de désespérance qui caractérise actuellement la classe politique, et qui se répercute sur la population, cette nouvelle apparaît comme une lumière d’espoir pour le pays.

La publication du supplément-souvenir accompagnant notre édition de la semaine dernière, marquant les 50 ans de Week-End, a donné lieu à un très fort et impressionnant exercice de retour. Tous azimuts! Réveillant, du coup, nombre de nos lecteurs qui doivent faire, comme nous, un peu la sieste le dimanche. Et provoquant le rappel des souvenirs d’un autre temps…

Depuis des années, les vrais pédagogues tirent la sonnette d’alarme sur la baisse du niveau de l’enseignement à Maurice. Depuis des années, ces pédagogues dénoncent la manière d’enseigner qui privilégie le multiple choice, les leçons apprises par cœur et le développement de la mémoire au détriment du sens critique, de l’analyse et de la remise en question.

SAJ a mis fin à toutes les supputations sur l’heure, la date et le lieu de la passation des pouvoirs qu’il avait lui-même annoncée en fanfare à la veille de son long déplacement à l’étranger. Nous évoquions il y a quelques semaines dans ces colonnes le dossier Chagos pour suggérer que le Premier ministre le dernier survivant de la génération Lancaster, tenait à boucler ce dossier avant de céder son fauteuil à son fils. Mais les choses ne se sont pas passées comme il avait prévu.

Donald Trump va-t-il achopper sur les mêmes récifs que Bill Clinton? En 1998, la présidence de ce dernier s’est soudain fracassée sur ce qui est demeuré dans les mémoires comme «l’affaire Lewinsky» ou le «Monicagate», du nom de la jeune stagiaire à la Maison Blanche avec laquelle Clinton a entretenu une relation sexuelle “inappropriée»... Ce qui conduisit à une procédure d’impeachment à l’égard du président Clinton, procédure ultimement bloquée par le Sénat.

La rédaction sportive de Week-End s'était abstenue volontairement de commenter l'arrestation de deux sportifs, nommément, le sauteur en longueur Arnaud Casquette pour une affaire de vol et le footballeur de l'ASPL 2000, Steward Léopold, dont 22 doses d'héroïne ont été trouvées à son domicile à Roche-Bois.

Les journées se suivent et se ressemblent. Et elles sont de plus en plus fades et sans relief. Celle de samedi dernier n’a pas échappé à cette dangereuse tendance. Son programme — refait à la dernière minute comme trop souvent ces derniers temps, pour un règlement idiot de limitation des partants émis par la GRA — recorrigé pour des erreurs de débutants fut loin d’être alléchant pour les turfi stes.

Le Premier ministre sir Anerood Jugnauth a maintenu sans surprise le suspense sur la date de son éventuel départ à la tête du gouvernement. Il a laissé ceux qui s’étaient déplacés pour l’écouter à l’occasion de sa première sortie depuis son retour de New York sur leur faim.

Ce n’est pas l’apparition d’un énième sextape qui a créé le « gros » buzz, non. C’est plutôt le rapide et impitoyable lynchage, démolissant l’adolescente reconnaissable sur le clip qui l’a fait. En quelques coups rageurs, emplis de mesquinerie et de méchanceté, sur leurs claviers, la "super communauté" des internautes a, une nouvelle fois, illustré sa profonde hypocrisie ! Sa facilité à s'ériger en juge et bourreau, à la fois, condamnant au pif, histoire de faire voler les répliques les plus cinglantes, pour recueillir le plus de "like" !

Lundi dernier, le face-à-face Clinton/Trump a attiré plus de 84 millions de téléspectateurs à travers les Etats-Unis. A six semaines de l’élection présidentielle, l’image d’une Hillary Clinton very much in control, (trop?), face à un Donald Trump somme toute égal à lui-même, dans l’approximation, la fanfaronnade, la répétition de la seule chose qu’il semble en fait avoir à dire, et qui, manifestement accroche: redonner l’Amérique aux Américains. Et pas n’importe quelle Amérique: une Amérique forte...

Décidément, ceux qui disent que Lalians Lepep a été davantage constituée pour s’opposer au tandem Ramgoolam-Bérenger que pour proposer un programme alternatif de gouvernement ont raison. Lalians a été tellement surprise par sa victoire que 22 mois après, elle n’arrive pas à la gérer. Jusqu’à présent, la plupart des décisions prises ont été marquées par une non préparation, un manque de maîtrise des dossiers menant obligatoirement à l’échec. La gestion de l’affaire Soornack en est une preuve manifeste. La seule chose que le gouvernement de Lalians Lepep semble maîtriser c’est quand elle fait preuve de générosité vis-à-vis de ses proches, mêmes les nouveaux venus. C’est ainsi que nous avons appris que la Maubank, crée par le gouvernement pour «gérer» les dettes de la défunte Bramer Bank, vient de rayer, entre autres, celles de MM. Rakesh Gooljaury et Mahen Gowressoo. Les dettes de Rs 565 millions du premier nommé et celles d’environ Rs 100 millions du second ont été effacées. Jusqu’aux dernières élections, ces deux personnes étaient très proches de Navin Ramgoolam. Depuis, elles sont les star witnesses dans des procès intentés à l’ancien Premier ministre. Faire effacer les dettes des transfuges politiques avérés : voilà une manière originale de nettoyer le pays des passe-droits et, de la corruption ! D’un côté, on efface les millions de dettes des anciens gros clients de la banque de l’ex-BAI et de l’autre, on interdit aux victimes des assurances de la même BAI d’organiser une grève de la faim pour réclamer le “remboursement” des leurs contributions. Lalians Lepep avait proclamé qu’elle serait le gouvernement des ti-dimounn. Jusqu’à maintenant, elle s’est surtout illustrée comme étant le gouvernement de so bann dimounn.

C’est une évidence qui s’impose. Pour un Premier ministre fatigué et pressé de rendre son tablier, sir Anerood Jugnauth ne se refuse pas de longues ballades en altitude connues pourtant pour être éprouvantes. Même pour ceux qui sont plus jeunes et qui ne voyagent qu’occasionnellement. Parti le 15 septembre pour un travail de lobbying et une allocution qui a été délivrée au petit matin du 25 septembre — heure de Maurice —, ce n’est que demain qu’il rentre au pays. Trois bonnes semaines loin de nos rives, faut le faire. Et c’est le troisième voyage de longue durée qu’il entreprend. Ce n’est pas donné à tout le monde et ce n’est surtout pas donné en termes de coût pour le Premier ministre et sa délégation dont la composition pouvait donner à penser qu’il s’agissait d’une sortie familiale.

Le bras judiciaire de l’organisateur des courses, le stipe room, demande normalement à ce que la constance des performances des chevaux et des jockeys soit la norme, ce qui est tout à fait normal. Mais cette instance fait-t-elle preuve de cette même constance ?

Les réactions sur les ondes n'ont pas tardé à se faire entendre suivant le cas des deux sportifs, l'un gardien de but et l'autre ancien athlète de haut niveau, appréhendés respectivement pour délit de drogue et pour vol. Deux cas qui, malheureusement, ne sont pas à l'honneur du sport (mauricien) et de toutes ses valeurs humaines et morales. Et la grande question que l'on se pose est sans doute celle-ci : comment en sont-ils arrivés là ?

L’accession – inévitable et prochaine – de Pravind Jugnauth à la tête du pays suscite, comme il se doit, son lot d’interrogations et de commentaires, tant dans la rue comme dans les salons et sur les ondes, et ce surtout de par la conjoncture qui lui permettra d’occuper le fauteuil premier ministériel, c’est-à-dire en succédant à son père, sir Anerood Jugnauth sans avoir donc à passer par des élections ! Ce sera la toute première fois dans l’histoire de notre petite île qu’un Premier ministre le deviendra sans passer par des législatives. D’où le fait que l’on peut comprendre les réserves émises tant par la classe politique que par l’homme de la rue.

Jamais de mémoire d’homme, depuis le retour de Seewoosagur Ramgoolam de la conférence de Lancaster, le retour du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, n’aura été aussi attendu par les Mauriciens. Lorsqu’il avait quitté le pays il y a trois semaines, il avait créé l’impression d’un commandant qui s’engageait dans une campagne cruciale en vue d’amener deux grandes puissances, à savoir la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, à dire quand Maurice sera en mesure d’excercer son droit de souveraineté sur les Chagos.

Le Premier ministre Sir Anerood Jugnauth, est intervenu la tribune des Nations unies, à New York, vendredi dernier, et on croit comprendre que c’était la dernière fois qu’il avait l’occasion d’en appeler personnellement au soutien de la communauté internationale à Maurice sur le dossier Chagos.Le PM clame qu’il s’est donné pour « mission sacrée » de faire aboutir le dossier de la revendication mauricienne sur l’archipel et dans son entourage et l’on affirme qu’il est déterminé « à relever le défi ».

En démissionnant vendredi dernier de toutes les instances du MMM, le Dr Zouberr Joomaye a peut être offert un beau cadeau au parti des mauves pour ses quarante-sept ans. Et peut-être aussi à Maurice. Parce que la démission du Dr Joomaye peut susciter un débat pouvant déboucher sur un renouvellement de la classe politique, que beaucoup de Mauriciens disent souhaiter.

Ceux qui ont conseillé à Zouberr Joomaye de démissionner du MMM 48 heures avant la tenue d’un congrès marquant le 47e anniversaire de ce parti et qui pensent avoir frappé un grand coup ont dû vite déchanter. Ils auraient voulu que ce soit ce développement politique qui monopolise l’attention ce week-end, mais ce qui se voulait un coup de tonnerre n’aura finalement été qu’un éclair vite passé.