Opinions

La reprise des travaux parlementaires, cette semaine, a permis, comme à l'accoutumée, de porter à un niveau supérieur les débats récurrents sur toutes les questions affectant la vie du pays et qui animent les conversations tous les jours de l'année. Le Parlement reste l'instance suprême et le lieu privilégié où nos dirigeants doivent rendre des comptes de leurs actions gouvernementales à la population, où des législations nécessaires pour la bonne marche du pays sont adoptées et où les élus du peuple peuvent faire entendre les préoccupations et les problèmes que rencontre la population. C'est également un endroit où les différentes forces politiques parlementaires, tant du gouvernement que de l'opposition, peuvent se rencontrer et engager un dialogue, même si cela prend parfois un ton musclé, dans l'intérêt du pays.

Aimé Jacquet, qui a conduit l'équipe de France au sacre mondial en 1998, a dit dans son livre Ma vie pour une étoile : « Une sélection nationale n'est pas une juxtaposition d'individus, mais un groupe qui vit son football. » Or, il semblerait que le Club M ne ressemble, en ce moment, qu'à un méli-mélo d'individualités, sans capacité collective, sans jeu de fond. Sinon, comment expliquer la déroute contre les Comores ?

Dommage que Tiken Jah Fakoly n’ait décidé de faire un tour de chant chez nous, ces jours-ci… Car son titre, devenu symbole et hymne pour des nations comme la nôtre, est on ne peut plus approprié pour coller à l’actualité de notre petit paradis en ce moment !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la saison 2017 a débuté sur les chapeaux de roue puisque dès la première journée, les tribunes affichaient complet avec un public enthousiaste qui s'était rendu au Champ de Mars en nombre pour soutenir ses champions et découvrir la flopée de nouvelles unités qui découvraient le théâtre de leurs exploits. Une preuve s'il en fallait que la popularité de la première course classique de la saison, la Duchesse of York Cup, est décuplée lorsqu'elle se déroule en tout début de saison, d'autant que les partants étaient de qualité, même si leur degré de forme respectif était incertain.

Cela fait plus de trois semaines que l’affaire Alvaro Sobrihno a éclaté, éclaboussant la Présidente de la République et provoquant une levée de boucliers du gouvernement dont plusieurs ministres ont choisi de défendre l’investisseur angolais.

Il y a ceux qui parlaient de “Only in Mauritius”. Ça c’était avant. Avant de retrouver les délices du pouvoir et tout ce qui va avec. C’était le titre d’une rubrique grinçante vis-à-vis du pouvoir qu’animait Anil Gayan dans les colonnes d’un confrère du matin. Rien n’a changé depuis, même si l’auteur de la chronique se trouve aujourd’hui de l’autre côté de la barrière et qu’il fait pire que ceux qu’il dénonçait dans ses écrits. Or, Only in Mauritius n’a jamais été autant d’actualité.

«Je ne suis qu’un nègre rouge qui aime la mer / J’ai reçu une solide éducation coloniale / J’ai du hollandais en moi, du nègre, et de l’anglais / Et soit je ne suis personne, soit je suis une nation».
Ainsi écrivait Derek Walcott, prix Nobel de Littérature en 1992, mort le 17 mars dernier à l’âge de 87 ans. Parfois, les poètes disent mieux que tout discours ce que nous sommes. Nos origines diverses, mêlées. Et ce que nous pouvons aspirer à être, en tant qu’individus mais aussi dans notre construction commune.

Revoilà la saison des courses après une interruption qui a paru beaucoup plus courte que d'habitue. En effet, l'intersaison 2016-17 a été particulièrement animée avec les tractations pour le remplacement annuel de deux administrateurs du Mauritius Turf Club (MTC). En tout, ces élections-là ont envoyé un message on ne peut plus clair de la part d'une grande majorité de membres qui ont signifié un rejet clair et net d'une politique d'un passé peu glorieux et de toute ingérence de la Gambling Regulatory Authority (GRA) dans les affaires internes de l'organisateur des courses et du MTC.

La première retraite organisée à Maurice cette semaine, réunissant des dirigeants politiques, des capitaines du secteur privé et des universitaires d'une vingtaine de pays africains, dans le cadre de la Plateforme économique africaine par la Fondation de l'Union africaine peut être considérée comme un succès.

Certains disent qu'il suffit de peu pour délirer. Mais dans le cas d'Anil Gayan, faut croire que le problème est ailleurs !

Revenons sur cette campagne présidentielle  française, qui ressemble de plus en plus a ce qui se fait parfois dans les pays du tiers monde que l’on qualifie, un peu rapidement à Paris, de républiques bananières.

Commençons par le sommet. Est-ce bien avisé de la part d’une présidente fraîchement investie de s’impliquer dans une compagnie privée internationale, la Planet Earth Institute Ltd ? Prêter serment le 5 juin 2015 et accepter déjà d’être un gadget électoral lorsqu’on sait que les municipales se tenaient le 14 juin et devenir quelques jours plus tard, le 1 er juillet 2015, un des directeurs de la compagnie de Monsieur Sobrinho a de quoi susciter des interrogations. On doit maintenant penser que l’angolais était une connaissance antérieure à l’arrivée d’Ameenah Gurib-Fakim à la State House puisque la compagnie, sise au 49 Berkeley Square  4th Floor, London, a, elle-même, été enregistrée le 29 octobre 2010.

Si Logan récolte les hourras dans les salles où il est actuellement projeté, à Maurice comme ailleurs, d’ici quelques mois, il est très probable que ce sera au tour du Chairman de la Commission d’enquête sur la drogue, Paul Lam Shang Leen, de sortir ses griffes ! Elles ne seront pas en adamantium, à l’instar de celles de Wolverine, certes. Mais il y a fort à parier que la Commission frappera très fort, là où ça fait très mal. Car on imagine mal que l’ancien juge, autant que ses deux assesseurs, en l’occurrence l’ancien ministre et surtout inlassable activiste contre le trafic Sam Lauthan, et le Dr Ravin Dhomun, se laissent piéger ou cèdent à la pression. Qu’elle soit politique ou autre.

Les grands débats et polémiques sur des questions d’intérêt national et crucial pour l’avenir du pays comme la gouvernance dans le secteur financier et combat contre la drogue devaient connaître une brève pause en début de semaine. Le pays accueillera une cohorte de dirigeants politiques et capitaines d’industrie africains à l’occasion du lancement de la Plateforme économique africaine par la Fondation de l’Union africaine dans les prochains jours. C’est un honneur pour Maurice d’avoir été choisie par l’organisation panafricaine pour cette première réunion.

Il aurait fallu pour ce 12 mars que l’on parle de patriotisme, de ce qui nous unit un demi-siècle après l’indépendance, des progrès dans la construction de la nation mauricienne. Mais malheureusement, les méthodes utilisées par le gouvernement, les attaques de trois de ses principaux dirigeants contre la presse ces derniers jours ne le permettent pas.

Cela fait quarante ans cette année que nous célébrons la Journée Internationale des Droits de la Femme décrétée par les Nations unies. Quarante ans, des avancées importantes certes, mais depuis quelque temps le sentiment très net d’un recul, d’atteintes fortes à des droits que l’on aurait pu croire acquis. Développement effrayant d’une rape culture en Inde. Remise en question du droit à l’avortement en Europe. Usage officiel de sévices comme la flagellation dans des pays comme les Maldives près de nous. Et puis, violente aussi à sa manière, la légitimation, aux États-Unis, d’un langage que l’on n’aurait jamais cru entendre dans la bouche d’un aspirant-Président, qui se dévoile comme un “pussy grabber” et qui non seulement gets away with it, mais se fait élire à la Présidence, y compris par des femmes.

On a failli se méprendre sur l’identité de l’invité d’honneur aux célébrations de l’indépendance et de la République. On aurait pu penser qu’il s’agissait d’Alvaro Sobrinho alors que celui de rechange déniché à la dernière heure est le vice-président du Ghana, Mahamudu Buwamia, qui n’a que très récemment accédé à ce poste. Il y avait de quoi se tromper.

Pour sa première sortie médiatique depuis qu'il a été élu président, Mukesh Balgobin a cherché à prendre les taureaux par les cornes et, par la même occasion, a tenté de faire taire toutes les polémiques qui peuvent exister, qui sans doute existeront encore, autour du projet de commigling des paris à travers les opérateurs des totalisateurs. Hier dans une interview qu'il a accordée à notre confrère de L'express, le président du MTC a déclaré que le club de la rue Eugène Laurent ne vient pas faire jouer la concurrence à ce niveau, ne comptant pas non plus « opérer le Tote et ne gérera pas de serveur pour le commingling » des paris dans l'immédiat.

La célébration du 49e anniversaire de l’indépendance de Maurice est placée cette année sous le signe de l’Afrique avec la présence dans l’île du vice-président de la République du Ghana, Mahamudu Bawumia.