Opinions

Est-ce que l’union de deux nouvelles vierges produit automatiquement une démarche politique attrayante ? C’est ce que semblent croire Roshi Bhadain et Xavier-Luc Duval, tous deux ministres démissionnaires de feue l’alliance Lepep. Vendredi soir, à Beau-Bassin, ils ont participé à une cérémonie, qui se voulait grandiose, destinée à concrétiser leur union. C’est, précédés par des bonshommes loulous chinois et avec une haie d’honneur, tout de jaune vêtu, que Roshi Bhadain a fait son apparition. Il était accompagné de sa femme et de ses enfants alors que, selon les mauvaises langues, son père était dans l’assistance. Et ce, alors que ses thèmes sont la dénonciation de la dynastie en politique et le deal papa-piti des Jugnauth ! Il a été rejoint plus tard par l’autre nouvelle vierge politique, Xavier-Luc Duval, autre dénonciateur de dynastie en politique. Un dénonciateur qui oublie facilement qu’il a tout fait pour hériter de son père — qui lui-même avait nommé sa sœur et son frère à des postes de responsabilité — et que son propre fils siège au BP du PMSD ! Comme il fallait s’y attendre, les deux vierges ont dénoncé leurs anciens partenaires et promis de révéler une série d’affaires impliquant les membres du gouvernement. En oubliant, une fois de plus, qu’elles ont fait partie de ce gouvernement pendant deux ans et ont été partie prenante des opérations et des décisions qu’elles dénoncent aujourd’hui. Ce changement de langage et de loyauté ne semble absolument pas gêner les deux vierges. Pour eux, les déclarations politiques n’engagent que ceux qui veulent les croire, pas ceux qui les font.

Il s’appelle John Cummings. Ce n’est pas un personnage de roman. Même s’il aurait pu l’être. John Cummings existe en vrai. Et son histoire pourrait être un roman extraordinairement inspirant.

Il n’y a pas plus agaçant dans une société démocratique où c’est censé au citoyen-électeur de choisir le dirigeant de son pays d’entendre, ensuite, cet élu dire qu’il est parvenu là où il a été mis par intervention de “la main divine”. Ou encore parce que c’était son “destin”! Comme si Dieu n’aurait rien à faire de mieux ces jours-ci que de se soucier des succès ou des petites misères de tel ou tel individu alors qu’il devrait, sans doute, beaucoup plus se préoccuper de sauver la planète de désastres environnementaux et de guerres qui n’arrêtent pas de massacrer des innocents par centaines chaque jour.

Stephan Toussaint est au MSM ce que Raj Aubeeluck — affectueusement appelé « Chemise Rouge » — est au Parti travailliste. Depuis son entrée dans la politique active dans la région de Curepipe, le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports s'illustre surtout par le port ostensible de la couleur orange, celle de son parti. Non seulement il ne lâche jamais sa chemise orange, mais Stephan Toussaint arbore aussi une barrette orange pour tenir sa tignasse. Des mauvaises langues prétendent même qu'il porte des chaussettes orange… Comme dit l'adage, les goûts et les couleurs ne se discutent pas.

Deux semaines après l’installation de Pravind Jugnauth aux fonctions de Premier ministre, le gros de l’orage politique semble être passé et la situation revient graduellement à la normale. Le nouveau Premier ministre a fait ses premières sorties publiques à la faveur des manifestations socioculturelles dont la Fête du Printemps et l’abolition de l’esclavage et a reçu la première visite d’une personnalité étrangère, à savoir la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde.

Vomir ses dholl-puri et son alouda du jour devant les grilles de l’Assemblée nationale.
Pisser toute sa vessie contre les roues des rutilantes berlines ministérielles.
Déféquer jusqu’au vertige au pied des grands arbres du château du Réduit.
Autant de choses qui ne sont pas, explicitement, interdites par la Constitution de notre pays. Mais dont on se doute bien, malgré tout, qu’elles ne se pratiquent pas...
Le mood de la semaine, clairement, est celui du dégoût.

Deux sorties, deux résultats en demi-teinte. Comme un match nul, même s’il y a eu une nette domination d’une des équipes. L’accession de Pravind Jugnauth au poste de Premier ministre est plutôt ratée. Elle n’a pas soulevé d’adhésion populaire malgré les efforts considérables du paillasson national et de la police qui a, tôt le matin de lundi, annoncé la quasi-fermeture de la capitale. Comme s’il devait y avoir un tremblement de terre politique. Cette passation de flambeau de chef de gouvernement, unique dans le monde démocratique qui n’est pas régi par un système monarchique, a, en plus, été plombée par le petit coup orchestré par Roshi Bhadain et que les Mauriciens ont pu apprécier en direct en voyant les tronches déconfites et sombres des membres du MSM. Pas d’engouement pour le nouveau Premier ministre et juste une petite démonstration organisée par quelques affidés locaux au N°8.

Xavier-Luc Duval et Roshi Bhadain ont de nombreux points en commun. Ils ont été élus dans la circonscription No 18, communiquent à travers les réseaux sociaux, sont capables de mordre aujourd’hui les mains qu’ils ont baisées hier et surtout d’oublier tout ce qu’ils ont fait au sein du gouvernement qu’ils viennent de quitter.

Des développements inhabituels sur le plan politique ont ponctué ces six derniers jours. Ramdam majeur au sein du GM avec la décision de « Lev pake reste » (empruntons l’expression à XLD) de SAJ, pour passer le flambeau, constitution d’une équipe gouvernementale comprenant bien évidemment des transfuges, volte-face d’un privilégié de Lalians Lepep contre son camp, appel à la mobilisation populaire de l’opposition que l’on souhaitait, pour une fois, unie pour soutenir une même cause et peut-être, enfin, déclencher une action sociale…

Des développements inhabituels sur le plan politique ont ponctué ces six derniers jours. Ramdam majeur au sein du GM avec la décision de « Lev pake reste » (empruntons l’expression à XLD) de SAJ, pour passer le flambeau, constitution d’une équipe gouvernementale comprenant bien évidemment des transfuges, volte-face d’un privilégié de Lalians Lepep contre son camp, appel à la mobilisation populaire de l’opposition que l’on souhaitait, pour une fois, unie pour soutenir une même cause et peut-être, enfin, déclencher une action sociale…

Les Mauriciens ont été cette semaine des témoins effarés des changements politiques et gouvernementaux qui se sont déroulés à une vitesse vertigineuse.

Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine...
C’est l’image que donne l’investiture de Donald Trump, vendredi dernier, à Washington.
Après le choc du 9 novembre dernier, qui l’avait vu élire Président des États-Unis avec 62 millions de votes, et malgré les 64 millions de votes obtenus par Hillary Clinton, les choses semblaient être un peu retombées. Enrobées dans les images émouvantes, et inspirantes, des dernières semaines du couple Obama à la tête des États-Unis. Oui, c’est bien cela qu’on est tenté de dire: du couple Obama.

Le gouvernement lance une grosse opération de communication autour du transfert du poste de Premier ministre entre Sir Anerood Jugnauth et son fils Pravind, ce week-end. L’opération a commencé par l’annonce qu’il était interdit aux ministres de quitter le pays ces jours-ci. A suivi l’annonce que le Premier ministre s’adressera à la nation dans la soirée à la télévision. Pour dramatiser davantage l’opération de communication, il était dit que pour éviter toute possibilité de fuite, la déclaration premierministérielle ne serait pas enregistrée, mais faite en direct. Mais comme à Maurice les secrets sont ceux de Polichinelle, on a rapidement appris que le remaniement projeté, dans le cadre de l’opération papa-piti ne se passait pas comme une lettre à la poste. Il y avait de la résistance concernant les mutations ministérielles et les nominations des nouveaux venus, dont ceux qui viennent de quitter le PMSD. Du coup, l’annonce du remaniement fera l’objet d’un communiqué publié dimanche. Sans doute le temps de calmer les dernières résistances et de terminer les négociations qui s’éternisent. Des ministres qui avaient déjà choisi leurs nouvelles affectations ont dû revenir à la case départ. Ceux qui croyaient qu’ils seraient sur la liste des ministres et découvrent que ce n’est pas le cas commencent à évoquer la phrase qu’on ne peut entendre au gouvernement Lepep : démission et élection partielle. Sans compter les rumeurs déstabilisatrices que font circuler les adversaires du gouvernement sur les appétits démesurés des uns et des autres. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement accumule les mauvaises opérations de communication qui finissent presque toutes par se retourner contre lui. Est-ce que celle en cours sera de la même veine, ou sera-t-elle l’exception qui confirme la règle ? Réponse dans les jours qui viennent.

De quoi devrions-nous parler ce dimanche ? De l’exercice “asté/vendé” de consciences et d’allégeance à des prix mirobolants lorsque le maroquin ministériel et ses privilèges considérables à eux seuls ne suffisent plus ? Du ministre des Finances arrivé depuis seulement huit mois qui va, sans retenue, flanqué de ses fidèles suppôts du ML, inaugurer la salle des fêtes du Plaza alors que c’est celui qui occupait le poste en 2013, Xavier Duval, qui avait débloqué les fonds et que c’est l’équipe municipale qui était là jusqu’à juin 2015 qui avait lancé toutes les procédures ?

L'information publiée hier dans la presse indienne à l'effet que le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Boris Johnson, aurait personnellement sollicité l'aide de la Grande Péninsule pour convaincre Maurice de ne pas aller de l'avant avec sa résolution, présentement devant l'Assemblée générale des Nations Unies, a été accueillie non sans surprise à Maurice.

Nous sommes bien évidemment loin, très loin même, des grands frissons distillés par les blockbusters US que sont les Hunger Games ou autre Imitation Game. Nous pataugeons ici en pleine mare marécageuse politique où l’unique grand frisson équivaut à… se surpasser en matière de mensonges et de lâcheté ! Inutile d’aspirer à être vrai ou vouloir l’être ou le rester. Bannis les principes de vérité, d’authenticité ou de sincérité. Oubliez, bien évidemment, tout ce qui se rapporte à la loyauté et la fidélité. Pensez (et optez surtout !) plutôt pour la servilité, la docilité et la langue de bois, éléments sine qua non pour être éligibles et participer à ces stratégies et numéros de haute voltige pour faire partie des « élus » du peuple ! Puisqu’au jeu de l’hypocrisie, le politique règne en maître et conjugue le quotidien selon ses frasques et désirs…

Pour remporter une élection — ou/et faire mordre la poussière à son ennemi de toujours —, les politiciens sont capables de tout. Par exemple, contracter une alliance avec leur pire ennemi pour en abattre un autre. Anerood Jugnauth l’a souvent fait au cours de sa carrière : une fois en s’alliant avec Bérenger pour battre Ramgoolam, l’autre fois en s’alliant avec Ramgoolam pour envoyer Bérenger effectuer un séjour dans le karo kann de la défaite.

Beaucoup de réactions suite à la publication, dimanche dernier, de cette colonne sous le titre «Le jour où j’ai fait un test ADN». Où je racontais comment, aux États Unis, j’ai récemment envoyé un échantillon de salive pour participer aux analyses entreprises par AncestryDNA. Analyses dont les résultats m’indiquent que j’aurais des origines à 78% asiatiques (Asie du sud, centrale et du sud), à 11% africaines (dont 9% Bantou d’Afrique du sud-est), 7% d’Europe (Scandinavie, Irlande et Grande Bretagne), 3% des îles du Pacifique et 1% d’Amérique.

Non, ce n’est pas une blague, il y a bien une députée du nom de Marie Claire Monty. Élue en dernière position au N°4, Port Louis Nord/Montagne Longue, aux dernières élections générales. Elle a eu un problème dès le départ, cette dame, le même que celui de Tassarajen Pillay Chedumbrum. Elle fait partie de ceux qui, au moment de la distribution des investitures, ont un pied ici, un autre là bas et on ne sait pas toujours dans quel camp les ranger précisément. Un ADN politique incertain jusqu’au jour où il y a une carotte à distribuer et qu’ils sautent dessus.