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Covid : chronique de restrictions attendues

Pravind Jugnauth a, dès son retour au pays, jeudi dernier, remis les pendules à peu près à l’heure concernant la gestion de la pandémie de Covid-19, qui a pris une proportion alarmante avec une accélération de la propagation du virus et du nombre de mortalités. La situation en était arrivée à un point où, dans chaque famille mauricienne, il y avait un cas positif. Et chaque personne pouvait citer le cas d’un membre de sa famille, d’un proche, d’un voisin ou d’un collègue qui est soit infecté, soit décédé.
La situation s’était aggravée considérablement. Les principales forces politiques de l’opposition ont tiré durant plusieurs semaines la sonnette d’alarme. Elles ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme l’incompétence des autorités gouvernementales en s’attaquant directement au ministre de la Santé. Elles ont aussi déploré la politique de “spin doctoring”, de langue de bois et d’opacité, allant jusqu’à demander à la population de ne plus faire confiance aux statistiques publiées quotidiennement par le ministère concerné.
Xavier-Luc Duval et les membres de la Plateforme de L’espoir devaient s’attaquer à la manipulation des chiffres concernant le nombre de personnes infectées. Pour eux, la fausse impression dégagée par ces chiffres avait provoqué un grand relâchement dans la population, facilitant ainsi la transmission du virus et de ses variants. Ils avaient fini par demander un semi-lockdown, avec des restrictions dans certains domaines, dont les loisirs, et, surtout, la fermeture des institutions scolaires. Le leader de l’opposition est d’ailleurs revenu à la charge au Parlement avec sa Private Notice Question.
Beaucoup ont été dégoûtés par le fait que le ministre, au lieu de reconnaître la pertinence des propos de l’opposition, se soit retranché dans la basse politique partisane en accusant Xavier-Luc Duval de faire de la politique sur des cadavres. De son côté, le Premier ministre par intérim, Steven Obeegadoo, s’est placé dans une situation embarrassante lorsqu’en réponse aux inquiétudes exprimées par Eshan Juman au sujet de la situation dans les écoles, il s’est contenté de répondre que la situation était suivie de près. Sauf que, sans crier gare, la VPM et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookhun, à peine les travaux parlementaires ajournés, est apparue non pas au Parlement, où elle avait la possibilité de faire une déclaration officielle adressée à la nation, mais à la télévision pour souligner la gravité de la situation dans les écoles, avec plus de 1 800 élèves infectés. À la surprise générale, y compris des parlementaires de la majorité, elle a annoncé la fermeture des écoles et l’organisation des cours en ligne dès jeudi. Ce qui a provoqué des interrogations concernant la cohésion au sein du gouvernement. La crédibilité du Parlement en a pris un sacré coup.
Pravind Jugnauth, aussitôt rentré au pays, a présidé le High Level Committee avant d’annoncer à la télévision les restrictions, qui répondent en partie aux demandes de l’opposition. Il est maintenant attendu sur le traitement des malades dans les centres de santé et concernant les commandes et la disponibilité des médicaments, désormais en vente en Grande-Bretagne, et qui ont la capacité de mettre un point final à la pandémie. Il faut mettre fin à l’hécatombe provoquée par le Covid. Pour l’heure, la première sacrifiée à toutes les cérémonies officielles est la presse, même si ses membres sont “fully vaccinated”.
Autre événement de la semaine : la COP-26. On attend désormais les commentaires du Premier ministre concernant la conférence sur les changements climatiques de Glasgow, considérée comme cruciale pour maîtriser le réchauffement global, avec notamment la conclusion d’une déclaration conjointe entre la Chine et les États-Unis sur le renforcement de l’action climatique. À vendredi après-midi, le texte final de la déclaration de la COP26 n’était pas encore publié. Il semblerait que la partie touchant à l’élimination progressive des subventions pour les combustibles fossiles ait été diluée. Voilà qui pourrait décider du sort de l’Offshore Petroleum Bill, actuellement en attente d’être débattu au Parlement.
Concernant les travaux parlementaires, le Deputy Speaker Zahid Nazurally a fait preuve de bonne volonté mardi dans sa façon de présider les travaux en l’absence du Speaker. Il a favorisé le dialogue et la tolérance. Ce qui lui a permis d’éviter plusieurs écueils. Cela a été bénéfique pour la sérénité parlementaire.

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