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Dernière chance pour sauver la planète

La vie du pays a été dominée cette semaine par une série de célébrations les unes aussi importantes que les autres. Après la fête de la Toussaint et la fête des morts, nous avons commémoré l’arrivée des premiers travailleurs engagés à l’Aapravasi Ghat. Cette série de festivités s’est terminée en apothéose jeudi avec la célébration nationale de la fête du Divali, qui symbolise la victoire de la lumière sur l’obscurité. Bien entendu, les Mauriciens ont participé aux célébrations en fonction de leurs sensibilités et de leurs identités propres, mais en toute amitié et dans le respect des uns et des autres. Le Chagossian Welfare Fund Board a, pour sa part, commémoré en toute simplicité cette année la déportation de la communauté chagossienne, qui attend toujours la terre promise.
Ces fêtes et célébrations font partie de ce que feu cardinal Jean Margéot avait toujours qualifié de « bouquet mauricien », avec ses fleurs de différentes couleurs, qui font la beauté de notre nation. Comme d’habitude, les discours officiels prononcés à cette occasion ont été axés sur la dimension multiculturelle et multireligieuse, sur le développement inclusif et sur l’unité nationale. Chacun se présente comme plus rassembleur que l’autre, mais personne n’est dupe.
Ces manifestations se sont déroulées sans perdre de vue la situation de la pandémie de Covid-19, qui ne faiblit pas. Les chiffres officiels indiquent des cas par dizaines enregistrés chaque jour, mais qui ne seraient que le sommet de l’iceberg. Ce qui explique que la traditionnelle distribution de gâteaux de l’amitié aux parents et au proche voisinage à l’occasion du Divali jeudi a été effectuée dans le respect du protocole sanitaire. Dans la majorité des cas, le port du masque était de rigueur.
Sur le plan international, la 26e Conférence des parties des Nations Unies sur le changement climatique (COP 26), qui réunit les grands de ce monde, continuera à retenir l’attention jusqu’au 12 novembre prochain. L’accord de Glasgow devrait contenir quelques avancées notables, qui laissent augurer un signe d’espoir concernant le contrôle du réchauffement climatique. Ainsi, des pays importants, comme le Brésil, l’Inde et l’Arabie Saoudite, entre autres, ont pris des engagements fermes concernant les ambitions de zéro émission nette de dioxyde de carbone.
L’interdiction de la déforestation a été soutenue par plus de 100 pays et l’alliance dirigée par le président Joe Biden a pris l’engagement de réduire les émissions de méthane d’au moins 30% d’ici 2030. La volonté de mettre en place des marchés de carbone efficaces a été observée. Les grandes puissances ont pris l’engagement mobiliser des capitaux pour venir en aide aux pays vulnérables. La création de l’IRIS, à l’initiative de la Grande-Bretagne et de l’Inde, et qui aidera les petits États insulaires à développer des infrastructures résilientes et durables capables de résister aux chocs climatiques, en est un exemple. Le Royaume-Uni versera ainsi un montant initial de 10 millions de livres sterling au fonds, qui fournira une assistance technique ciblée. Les négociations à Glasgow ont permis par ailleurs d’obtenir des compléments qui devraient porter à USD 100 milliards le flux annuel de capitaux vers les pays en développement.
Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui participe à la conférence de Glasgow, à la tête d’une délégation, a pour sa part pris une série d’engagements, à savoir de réduire nos émissions de gaz à effets de serre de 40% d’ici 2030, de porter à 60% le taux d’énergie verte dans notre mix énergétique d’ici 2030, d’éliminer progressivement le charbon dans la production d’électricité avant 2030, ou encore de promouvoir une économie circulaire impliquant 70% des déchets de la mise en décharge d’ici 2030. L’utilisation des véhicules électriques sera elle aussi encouragée, ainsi que le recours à l’agriculture intelligente et les programmes de plantation d’arbres à l’échelle de l’île. Il n’a toutefois pas pipé mot sur l’Offshore Petroleum Bill, présentement devant le Parlement.
La COP 26 avait été présentée comme la conférence de la dernière chance pour la planète. Elle semble tenir ses promesses. Du moins à en juger par les engagements pris par les chefs d’États des grandes puissances principales responsables du réchauffement climatique. Cependant, comme le réclament tous les jeunes qui sont intervenus durant la conférence, nous avons besoin d’actions concrètes, et non de promesses…

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