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Drogue : Frédérick Ania identifie Kusraj Lutchigadoo  

Le témoin vedette : « Depi zour mo ti gayn menas, so visaz kler dan mo latet. Li mem ki pe asize dan lakour-la »

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Le juge Aujayeb ordonne à la poursuite de produire la lettre contenant les conditions d’immunité de Frédérick Ania

La Star Witness Frédérick Ania, dont les allégations avaient mené à l’arrestation de Kusraj Lutchigadoo dans la saisie de drogue d’une valeur marchande de Rs 33 millions le 27 février 2018, a témoigné. C’était lors de la reprise du procès hier devant le juge Lutchmeeparsad Aujayeb, siégeant aux Assises. En Cour, à la demande de Me Rehnu Gowry-Bhurrut, assistant DPP, assistée de Me Bhavna Bhagwan, il a identifié Kusraj Lutchigadoo comme étant celui qui s’était fait passer pour un certain Keshan Ramsurn, et qui avait pris livraison des colis à Ebène.

« J’ai remis à trois reprises des colis à cette personne, qui se faisait tout le temps passer pour Keshav Ramsurn. C’est lui-même qui me parlait au téléphone chaque fois. Depi zour mo ti gayn menas, so visaz kler dan mo latet. Li mem ki pe asize dan lakour-la », a déclaré le témoin Frédérick Ania.

À la barre des témoins, lors de son interrogatoire par Me Rehnu Gowry-Bhurrut, Frédérick Ania est revenu sur la journée du 27 février 2018, jour où il avait été arrêté à la suite de la découverte de drogue dans des colis qu’il devait livrer à un certain Keshav Ramsurn. Il travaillait alors en tant qu’employé de la compagnie de courrier DHL et avait fait la connaissance de Keshav Ramsurn à travers Saheer Lalmohamed, un autre accusé dans cette même affaire. « Li ti prezant mwa Keshav kouma so kamarad e Keshav ti pe call mwa a sak fwa ena so parsel ti pe rantre », dit-il.

Ainsi, le 27 février 2018, les relevés téléphoniques produits par la poursuite confirment plusieurs échanges entre Frédérick Ania et le dénommé Keshav. Ce dernier l’avait d’ailleurs appelé tôt le matin pour l’informer qu’il attendait livraison d’un colis, déjà arrivé au bureau de DHL. Il communiquait ainsi avec lui pour lui faire savoir qu’il avait effectué le tri le matin et qu’il n’y avait aucun colis à son nom.

« Menas »

Dans le passé, l’employé de DHL avait, à trois reprises, livré des colis pour Keshav Ramsurn à la Blue Tower d’Ebène. « Sa zour-la, plizier fwa linn apel mwa e avway mwa mesaz pou dir mwa rod so parsel. Mo ti pe dir li pena okenn parsel pou li me ariv enn ler li pa ti pe kwar mwa. Linn koumans dir mwa so parcel ek mwa e mo finn kokin li », a poursuivi le témoin.

Il ajoute qu’à un certain moment, alors qu’il était sorti pour livrer d’autres parcelles, à Ebène, Keshav Ramsurn l’aurait rencontré en route avant de le forcer à monter dans sa voiture. « Linn krwaz mo simin, linn fors mwa pou borde. De dimounn inn trap mwa, inn met mwa dan so loto e la, linn menas mwa. Dan sa moman-la, mo supervizer pe call mwa pe dir mwa ena livrezon pou fer pou enn Keshav Ramsurn, e mo bizin retourn biro », indique-t-il à la Cour.

Le témoin devait faire ressortir qu’en retournant chercher le paquet, en vue d’effectuer la livraison, deux officiers de l’ADSU, déguisés en employés de DHL, l’ont alors accompagné. D’ordinaire, dit-il, Keshav Ramsurn prend livraison de ses colis à la Blue Tower, à Ebène. « Ce jour-là, quand je suis arrivé à la Blue Tower, je l’ai appelé à deux reprises, mais il n’a pas répondu. Par la suite, il m’a appelé pour me demander de venir quitter le colis près du restaurant Kas Poz, à Ebène. Une fois là-bas, il n’est jamais venu. Je suis alors retourné au bureau avec le colis, et c’est par la suite que les policiers m’ont informé que les paquets contenaient de la drogue. Je n’étais pas au courant », ajoute-t-il.

Frédérick Ania dit avoir identifié Kusraj Lutchigadoo aux Casernes centrales comme étant celui qui se faisait passer pour Keshav Ramsurn. En Cour hier, il l’a de nouveau identifié comme la personne venant prendre livraison des colis et qui l’appelait à chaque fois. « Trois fois j’ai remis des colis à cette personne, qui se faisait tout le temps passer pour Keshav Ramsurn. C’est lui-même qui me parlait au téléphone chaque fois. Depi zour mo ti gayn menas, so visaz kler dan mo latet. Li mem ki pe asize dan lakour-la », a déclaré le témoin vedette.

Répondant à une question de la poursuite, qui cherchait à savoir si, quand il effectuait ses livraisons, il ne vérifiait pas la pièce d’identité de ses destinataires, le témoin devait répondre qu’avec la quantité de livraisons qu’il effectue quotidiennement, il n’a pas souvent le temps de vérifier leurs identités.

Son contre-interrogatoire se poursuit aujourd’hui. Kusraj Lutchigadoo est défendu par Mes Gavin Glover, Senior Counsel, Yanilla Moonshiram et Shakeel Mohamed, ainsi que Me Pazany Thandarayan (avoué). Il est accusé d’avoir tenté, le 27 février 2018, de prendre possession d’une importante quantité de drogue, dont la valeur est estimée à Rs 33 millions.

Par ailleurs, le juge Aujayeb a tranché en faveur des avocats de la défense, soit Mes Glover, SC, et Mohamed, qui avaient logé une motion pour obtenir la lettre faisant état des conditions d’immunité accordées à Frédérick Ania dans cette affaire. La poursuite avait objecté à cette motion, évoquant la confidentialité de ce document. Pour étayer ses dires Me  Glover s’est appesanti sur le fait que ce document comporte plusieurs informations pertinentes sur la décision d’accorder l’immunité à ce témoin et sur le poids de son témoignage en Cour. La poursuite a par conséquent produit la lettre.

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