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Entre l’invitation de Delhi et l’appel d’Ali Mansoor

Qu’y a-t-il de commun entre ces deux éléments? D’abord, les deux ont trait à la gestion de l’économie. L’invitation de l’Inde, qui assure la présidence du G20, le forum intergouvernemental composé de dix-neuf des pays aux économies les plus développées et de l’Union européenne, à Maurice pour se mettre à table lors du prochain sommet de New Delhi les 8 et 9 septembre 2023, est un signe de reconnaissance du parcours et du potentiel de Maurice.

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Certes, la proximité des relations entre Port-Louis et New-Delhi a joué pour quelque chose dans ce choix de Special Guest décidé par les autorités indiennes. Mais il fallait aussi que Maurice mérite cette invitation et soit en mesure d’apporter une contribution, aussi minime soit-elle, pour faire avancer le monde à la sortie de la pandémie de Covid-19, qui n’a épargné ni grand ni petit.

Cette présence au G20 de New-Delhi de 2023, Maurice se doit de la justifier. Et non seulement de s’en féliciter. C’est-à-dire que Maurice doit continuer à se développer pour parvenir à être le modèle que nous ambitionnons.

Le parcours réalisé sur le plan économique a déjà apporté un cinglant démenti à ceux qui ne croyaient pas au génie du Mauricien au lendemain de l’indépendance. Bientôt, 55 ans après, l’heure n’est pas à la mise en accusation de ceux qui avaient entretenu des doutes au lieu de se retrousser les manches.

Cette invitation au sommet du G20 de septembre 2023 devra être un Eye-Opener pour chaque Mauricien. Surtout se rappeler ce qu’Albert Einstein avait dit: « La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre. »

Oui. L’heure n’est pas à se reposer sur ses lauriers. C’est en quelque sorte l’appel qu’a lancé l’ancien secrétaire financier et ancien responsable à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international, Ali Mansoor, lors d’une récente causerie ayant pour thème: « Deciphering the Current Crisis Trends, What’s Next? »

Cette intervention très terre à terre a le mérite d’être Thought-Provoking même si l’on peut ne pas être sur la même longueur d’onde sur les prémisses de son analyse, à savoir les retombées de Pax Americana que ce soit pour Maurice ou le monde entier.

Cet ancien Grand Commis de l’État, après une brillante carrière à l’international, a dégagé quelques pistes de base, susceptibles de nous guider à baliser la voie de demain. Sous l’emballage de Proximate Democracy, il a lancé un cri de cœur à la population « Don’t Ask for Favours from Politicians » ou encore « Moving the Country will bring more benefits to the individual » que de s’occuper de son moi. Même si dans la conjoncture, il aurait encore plus à gagner s’il avait été davantage « Forceful » contre la corruption.

Plus important encore a été le point qu’il a fait sur la pertinence relative à la « force of consultation » en faisant allusion à cette conjugaison d’efforts, voire ce partenariat étroit entre le gouvernement et le secteur privé ayant abouti au début des années 70 à la conclusion du Protocole Sucre, avec un prix extrêmement rémunérateur pour les exportations de Maurice dans le cadre de l’accord liant les pays ACP à l’Union européenne.

Au titre du What’s Next?, la proposition d’Ali M. Mansoor se résume à une idée: Maurice n’a d’autre choix que de doubler la valeur de ses exportations de la pointe de six milliards de dollars à douze milliards d’ici à 2030. Il ne manquera pas de rappeler que les exportations sont tombées à quelque trois milliards.

Il affirmera avec force que Maurice n’y échappera pas à cette logique d’exportations, car « we need to export to pay for all what we consume ».C’est vrai que le savoir-faire et l’accueil chaleureux du Mauricien ont permis à l’économie de reléguer loin derrière la monoculture post-indépendante.

Néanmoins, historiquement, le miracle économique de Maurice s’était articulé sur un facteur, les préférences que ce soit sous le Protocole-Sucre ou encore l’Accord Multi-Fibres (AMF) pour le textile. Deux mécanismes longtemps démantelés avec le vent du libéralisme, qui a soufflé sur le monde au tournant du siècle.

L’intervenant le concède: « the crisis is more complex». Mais le fer de lance pour partir à la conquête de nouveaux marchés ou à la consolidation des déjà-conquis joue ces jours-ci aux abonnés absents.

Toutefois, le temps presse si Maurice veut  s’engager dans la voie projetée par Ali Mansoor ou encore pour faire honneur à l’invitation de New Delhi au G20 de 2023. Et ce ne sont pas les applaudissements, qui détiennent la clé de la réussite.

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