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INSPIRATION  : L’intelligence symbiotique à l’œuvre pour la planète

PRAVINA NALLATAMBY

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Crise alimentaire, pénurie d’eau, perte de la biodiversité, changement climatique, conflits et migrations, on ne les compte plus, ces désastres qui pointent à l’horizon dans les mois à venir. Non ! Dit-on, c’est dans les JOURS à venir ! La planète est en danger ! Des rapports scientifiques et des manifestes divers sur l’environnement nous éclairent en effet avec des chiffres alarmants sur la question. Une conscience écologique a vu le jour. Des gens de tous bords se mobilisent pour réfléchir et agir afin de réduire les dégâts.

Néanmoins, dans certains discours catastrophistes, on décèle un profond scepticisme où tout espoir semble perdu d’avance… Et si on faisait confiance à l’humanité et à sa faculté de puiser dans ses ressources enfouies et de s’inspirer de la nature pour rebondir ? Et si on laissait s’exprimer la jeune génération pleine de vitalité et de créativité, prête à s’engager pour protéger sa planète ? Et si on pensait davantage aux solutions plutôt qu’aux problèmes, parfois sources de débats stériles ?  Une nouvelle conscience, l’intelligence symbiotique « Arrêtons de nous lamenter et de sombrer dans la détresse chronique », nous dit Glenn Albrecht. Dans Les émotions de la terre, son dernier ouvrage, le philosophe de l’environnement australien milite pour sortir de l’Anthropocène, cette ère de la domination humaine. Il nous encourage vivement à nous diriger vers le Symbiocène, un concept qu’il a créé pour décrire une nouvelle ère marquée par la mobilisation de nos émotions en faveur d’une symbiose entre tous les êtres vivants.

Il convie ses lecteurs à prendre la bonne mesure pour l’épanouissement d’une planète riche et généreuse en se libérant des émotions destructrices au profit des émotions fructificatrices et en s’inspirant des relations symbiotiques inhérents au monde naturel qui nous entoure. Selon lui, l’interdépendance entre les hommes et la nature est vitale pour l’épanouissement, la protection et la préservation de toutes nos ressources naturelles. En France, Baptiste Morizot, un autre philosophe apporte sa contribution dans la même veine.

Il voudrait faire développer une « culture » du vivant en nous rappelant la richesse et la subtilité complexe de nos interdépendances et en nous invitant à activer notre sens d’émerveillement face à toute forme de vie. Pour sa part, Augustin Berque, philosophe et géographe, dans une récente publication, Entendre la Terre, redéfinit la mésologie comme une perspective générale. Celle-ci permettrait de rompre avec le POMC (paradigme occidental moderne classique) pour réformer une civilisation qui est en train de mettre en danger l’existence sur la planète. Il propose la transformation de nos comportements face à la crise de l’environnement. Selon lui, recouvrer nos liens avec la Terre est vital pour mieux appréhender le monde par les relations que nous tissons avec notre milieu.

À l’instar de Glenn Albrecht affichant sa foi inéluctable en l’humanité, Marie Desplechin, écrivaine française, nous livre sa « déclaration de confiance » à la jeunesse. Ne change jamais, son manifeste pour l’environnement destiné à des pré-adolescents (8-12 ans), les encourage à garder leurs réflexes d’enfant plus « écologiques » face aux comportements formatés d’une société désorientée par la surconsommation. En exprimant sa confiance en leur intelligence, leur compassion et leur créativité, Marie Desplechin les sensibilise sur la façon d’organiser le partage, de cultiver la solidarité, de prendre conscience de la valeur de l’eau et des forêts et de la biodiversité, de réduire le gâchis, d’apprendre le recyclage et aussi comment se réconcilier avec la terre et l’essentiel.

Aujourd’hui, l’engagement devient communicatif : la mobilisation des jeunes et des moins jeunes est visible de plus en plus dans le monde entier. Passons à l’action en synergie écologique Au cours de ces dernières semaines, au détour de quelques promenades et rencontres, j’ai pu noter le déploiement de l’intelligence symbiotique sous forme d’actions concrètes réalisées avec empathie. On peut emprunter les quais de la vieille gare d’Ornano transformée en recyclerie (1) à la Porte de Clignancourt en région parisienne. C’est un lieu où les “Amis recycleurs” valorisent l’économie circulaire et collaborative. Ils proposent la réparation d’objets électroménagers, se prêtent des outils et travaillent ensemble dans des jardins participatifs. En allant du côté du Bois de Boulogne dans le domaine de Longchamp, on découvre un autre type de mobilisation autour des projets divers à la Fondation GoodPlanet, créée par Yann Arthus-Bertrand, très engagé pour l’environnement.

Pour répondre à l’urgence environnementale, la Fondation forme une « génération de citoyens éclairés » grâce à des programmes nationaux de sensibilisation à destination de la jeunesse sous forme de rencontres et d’accompagnements personnalisés afin de les aider à concrétiser des projets variés. Lors du premier week-end de juin, avec l’arrivée de l’été, on a associé la théorie à la pratique où beaucoup ont mis les mains dans la terre aux « Rendez-vous des jardins » pour planter des framboisiers. Pour rester près du sol et saisir l’importance de consommer de bons produits, on ne peut que saluer l’augmentation des AMAP (Association pour le maintien de l’Agriculture paysanne) en France.

Ayant comme mission la défense des circuits courts, ces associations protègent le petit producteur grâce à un contrat le reliant à un groupe de consommateurs. Chaque partie en tire profit en faisant rimer solidarité et santé. Comme dit Marie Desplechin, toutes les actions comptent ! Il faut juste y croire, comme font Christian, Clément et Mathilde, trois jeunes très motivés, qui ont créé en 2019 l’association “Ma petite planète” (MPP) pour donner une vision positive de l’écologie. Par le biais de défis ludiques, ils sensibilisent leur entourage. MPP (2) a déjà offert à 100 000 joueurs à travers le monde (dont 70 000 relèvent du public scolaire) l’occasion de passer à l’action dans leur quotidien par des challenges très stimulants dans des domaines aussi variés que l’alimentation, la biodiversité, l’énergie, la technologie et la solidarité.

Actuellement, dans l’édition adulte du printemps, 10 000 joueurs sont inscrits. MPP a pour objectif de toucher plusieurs millions de joueurs et de travailler avec l’Education Nationale. Oui, nous pouvons croire en la nouvelle génération, prête à relever les manches et à s’engager concrètement pour préserver la planète. Particuliers, entreprises et établissements scolaires ont tous une excellente raison d’y participer dans la bonne humeur. Cette belle initiative nous renvoie à l’empathie chère à la nouvelle génération de philosophes et qui se traduit par une remarquable synergie humaine. Cela donne l’impulsion nécessaire aux missions choisies. Solidaires et généreux, soumis à une certaine discipline, cultivant la sobriété, on peut développer une conscience éclairée en vivant en harmonie avec son milieu.  Dans notre tour d’horizon, pour conclure avec un autre exemple et non des moindres, suivons le mouvement Savesoil “Sauvons les sols” (3) initié par Sadhguru, un visionnaire sensible aux relations symbiotiques unissant l’homme et l’Univers.

Le mouvement met le doigt sur l’urgence d’agir en pleine conscience pour la restauration des sols et pour le bien-être de l’humanité. Lors d’un rallye à moto et en solo, traversant 27 pays d’Europe à l’Inde, qu’il vente ou qu’il pleuve, Sadhguru a mobilisé toute son énergie pour sensibiliser la population mondiale. Le 21 juin, à la fin de son périple, il a touché 3,2 milliards de personnes dans le monde ; par ailleurs, 74 ont accepté d’agir pour sauver les sols. Sept nations des Caraïbes, l’Azerbaïdjan, les Emirats Arabes Unis et huit Etats indiens ont signé des protocoles d’accord avec Save Soil afin de mettre en œuvre des politiques de sauvegarde des sols. D’autres pays se sont engagés pour soutenir le mouvement.

Le projet de Sadhguru dans les semaines à venir est de rencontrer les dirigeants afin d’avoir des accords politiques pour la régénération des sols, l’objectif étant d’augmenter le taux de matière organique actuel des sols et de le maintenir entre 3 % et 6 %. Une grande exposition mondiale organisée depuis le mois de février reflète l’adhésion des citoyens très engagés. La richesse des galeries constituées des réalisations colorées et très touchantes sur la valeur des sols et de la biodiversité est visible en ligne (4). Saluons la créativité de la jeunesse dans le monde entier, et félicitons la contribution des jeunes de l’île Maurice (5) pour leur contribution. Une belle synergie à encourager ! De nos jours, le quotient intellectuel marche de pair avec le quotient émotionnel.

Qu’en est-il du quotient symbiotique ? Dans un monde où l’effondrement écologique fait ressortir le concept de l’interdépendance entre tous les vivants de la terre, sommes-nous prêts à évaluer notre degré d’engagement pour avoir un meilleur impact sur la préservation de la planète ?

1.https://www.larecyclerie.com/infos-pratiques/ 2.https://mapetiteplanete.org/ 3.https://savesoil.org 4.https://exhibition.savesoil.cc/galleries/  5.https://exhibition.savesoil.cc/members/joshita/mediapress/

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