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Jeux de dupes

Combien de temps encore Pravind Jugnauth et son gouvernement prendront-ils le peuple pour des dupes ? Jusqu’à quel point pense-t-il que ses projets de lois répressives, comme l’Immigration Bill, et ses agissements du même acabit peuvent garder les Mauriciens dans un climat de terreur ? Sur quels critères se basent ces dirigeants pour penser que l’ensemble de la population ne comprend rien à ce qui se passe dans le pays, ou que les Mauriciens sont à ce point sans cervelle ? S’il venait, preuves solides en mains, et non pas avec ses verbiages habituels, démentir et prouver ces « faussetés » qu’il évoque, les Mauriciens ne le croiraient-ils pas, et feraient la distinction avec ceux qui, comme il le dit, « pe zet labou » ?

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Qu’il s’agisse de la disparition énigmatique du chef agent orange Soopramanien Kistnen, dans des circonstances qui demeurent toujours à être élucidées; des récentes révélations touchant à la sécurité nationale; de ce qui se passe à Agalega depuis des mois, où l’Île du Nord a été défigurée; ou encore du dossier relatif à sa résidence personnelle, à Angus Road, Vacoas, pour ne citer que ces quelques cas, quelles preuves concrètes et solides Pravind Jugnauth a-t-il soumises à ce jour ?

Puisqu’il a été élu par les Mauriciens, Pravind Jugnauth n’est-il pas redevable envers cette population quand sa crédibilité est ainsi mise à l’épreuve ? Les institutions, qu’il qualifie d’indépendantes et neutres, autant que sa propre personne, attirent de moins en moins la confiance des citoyens. Non pas par caprice ou folie temporaire. Mais bien parce que dans nombre de cas, ces institutions, présidées par des proches du pouvoir ou gravitant dans son giron, ont donné des signes, sinon des preuves, de faiblesses et de manquements ! Où en est-on, par exemple, avec les cas atroces de brutalités policières qui ont marqué les esprits et défrayé la chronique il y a peu ? Ces enquêtes ont-elles été mises en mode « ronronnement » ?

Devons-nous attendre systématiquement que les mêmes qui jouent aux grandes gueules reviennent à la charge pour donner une nouvelle impulsion ? Est-ce parce que la « majorité silencieuse » ne descend pas dans les rues que ceux qui dirigent ces institutions se permettent de telles postures ? Mercredi soir, Pravind Jugnauth a convoqué le peuple à un rendez-vous médiatique. Les attentes étaient évidemment énormes. Surtout dans le sillage du séisme déclenché, début juillet, par les révélations fracassantes de l’ex-fidèle lieutenant du clan Jugnauth, Sherry Singh. Chaque Mauricien retient son souffle et vit depuis pour ce moment où Pravind Jugnauth viendra soit démentir les allégations et accusations (gravissimes, car touchant à la sécurité nationale), soit, tout au moins, s’expliquer. Au final ? Ni l’un ni l’autre ! Jugnauth fils a une nouvelle fois joué à son petit jeu préféré : l’esquive !

En cinq minutes chrono, le Premier ministre s’est fendu d’un discours on ne peut plus lacunaire, concocté par ses marmitons aux fourneaux de Lakwizinn, pour sortir son baratin… encore une fois. Pravind Jugnauth est devenu, au fil des temps et de ses argumentations, qui vont dans tous les sens, maître du tout et de son contraire. Ce ne sont pas les exemples qui manquent !

Et s’il conclut en demandant, tièdement, aux Mauriciens de ne pas croire en ceux qui, à ses yeux, font preuve de « démagogie » et « d’hystérie » – ce sont ses mots –, Pravind Jugnauth rate, encore une fois, le coche. Et laisse l’arrière-goût dans la bouche des Mauriciens qu’il n’est pas net. Qu’il cache quelque chose. Qu’il y a finalement des éléments troublants dans les allégations et accusations faites contre lui. Qu’il n’a pas le cran d’affronter ses détracteurs. Bref, qu’il y a anguille sous roche.

Et qu’il se détrompe, s’il pense que ses formules toutes faites et creuses, style « tou seki mo fer an tan ki premye minis, mo fer li dan lintere nou pei, nou lepep e nou bann zanfan » font mouche et touchent. Avec la multitude de manquements qui s’accumulent, le capital de confiance de la plupart des Mauriciens envers le Premier ministre s’effrite dangereusement. En évoquant « bann akizasion ki zot pe fer totalman fos », que propose-t-il outre son bagout, et non des preuves, pour convaincre et rallier le peuple ?

 

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