Ken Poonoosamy, directeur exécutif suppléant de l’Economic Development Board, se livre, dans une interview accordée cette semaine au Mauricien, à une autopsie de l’économie mauricienne dans le sillage de la pandémie de COVID-19. « La cause principale de la contraction économique est la pandémie de COVID-19 qui est un Black Swan », constate-t-il. Ken Poonoosamy reconnaît cependant que les prochains mois seront « difficiles ». Il ajoute : « Jusqu’à ce qu’un vaccin soit développé, nous continuerons de vivre dans l’incertitude, ce qui entâche gravement la confiance et l’activité des entreprises. »

Le ministre des Finances a annoncé mardi une décroissance de 13% et que le pays est entré en récession. Qu’est-ce que cela veut dire pour le pays. Pourquoi devrions-nous nous inquiéter ?

Si l’on se tient à la définition technique, une récession se produit lorsqu’il y a deux trimestres consécutifs de baisse du PIB qui, en quelques mots, est la valeur globale des biens et services produits dans une économie au cours d’une période donnée. Selon les derniers chiffres de Statistics Mauritius, le PIB a enregistré une contraction de 31,2% au deuxième trimestre de 2020 contre une baisse de 4,2% au trimestre précédent. Une telle contraction s’accompagne généralement de pertes d’emplois et de fermetures d’entreprises. Ce qui est le cas aujourd’hui à Maurice et il y a lieu de s’en inquiéter.
Cependant, il est important de comprendre la cause principale de cette situation, soit la pandémie de COVID-19 qui est un “black swan”, en d’autres mots, un événement exceptionnel. Dans un tel cas, et contrairement aux récessions engendrées par des problèmes structurels persistants, on constatera qu’au fil du temps, la crise sanitaire sera gérée et que le niveau d’activité global reviendra à la normale.

Certes, il y aura des secteurs qui prendront plus de temps à retrouver leur envol, mais pendant le “lockdown”, nous avons vu le développement de nouvelles activités et de nouvelles opportunités sur le plan local. Cela dit, les prochains mois vont être difficiles, et jusqu’à ce qu’un vaccin soit développé, nous continuerons de vivre dans l’incertitude, ce qui entache gravement la confiance et l’activité des entreprises. Maurice a, néanmoins, la capacité de surmonter toutes sortes de défis. Les mesures que le gouvernement a mises en place telles que le “Wage Assistance Scheme”, le “Self-employed Assistance Scheme”, la réduction du “repo rate” ainsi que les différents moratoires sur les prêts contribuent dans une large mesure à atténuer les effets immédiats de cette crise. Aujourd’hui, à l’exception du tourisme, l’économie fonctionne presque à plein régime. Nous prévoyons un rebond important l’année prochaine, même si nous devons regarder au-delà des chiffres du PIB et d’autres indicateurs macroéconomiques pour évaluer les progrès. Les dégâts causés par la COVID-19 vont au-delà du domaine économique. À ce stade, il est difficile de prédire combien de temps durera la pandémie et quelle sera l’ampleur des dégâts. Nous devons donc rester prudents, continuer à surveiller la situation et élaborer des plans d’action pour surmonter tout autre choc.

Les secteurs les plus touchés sont ceux de l’exportation et du tourisme. Dans quelle mesure, les difficultés rencontrées dans ces secteurs impacteront d’autres secteurs de l’économie ?
La fermeture complète des frontières jusqu’en octobre a gravement affecté les secteurs orientés vers l’exportation, et plus particulièrement le secteur du tourisme. Les effets sur le secteur du tourisme sont évidents. Comme nos frontières sont fermées, les touristes ne peuvent pas entrer dans le pays, ce qui entraîne une baisse significative des revenus. D’autres secteurs orientés vers l’exportation tels que le textile et le “seafood” ont été également touchés en raison des problèmes de logistique, de l’augmentation du coût des intrants importés et de la contraction de la demande mondiale. La réouverture partielle des frontières devrait atténuer certaines de ces contraintes, mais ces secteurs continueront de souffrir.

La contraction du secteur du tourisme aura trois effets sur l’économie, des effets direct, indirect et induit. L’effet direct comprend tous les secteurs directement affectés par la baisse des dépenses des touristes. Il s’agit notamment de l’hôtellerie et de l’hébergement, des restaurants, du secteur des transports (aériens et domestiques tels que les taxis) et des magasins. Les effets indirects resurgissent sur les secteurs qui eux-mêmes sont liés aux secteurs directement touchés. Par exemple, le secteur agricole qui fournit de la nourriture aux hôtels sera touché. Il en est de même pour le secteur bancaire et financier ainsi que les services publics tels que l’électricité et l’eau qui seront également touchés car le secteur du tourisme leur achète beaucoup d’intrants. Les effets induits comprennent les effets macroéconomiques résultant de la baisse de l’emploi et des revenus découlant des effets directs et indirects. Les personnes qui perdent leur emploi ou gagnent moins de revenus dépenseront moins pour certains produits, même ceux qui ne sont pas liés au secteur du tourisme tels que les habits, l’éducation et la santé. Cela entraînera une contraction de ces secteurs et, par ricochet, de l’économie.

La fermeture des frontières et la pandémie de COVID-19, en général, ont également affecté les autres secteurs orientés vers l’exportation comme le textile et les fruits de mer à partir d’une combinaison de trois facteurs primordiaux. D’abord, la réduction de la quantité de fret aérien et maritime a considérablement augmenté le coût du transport et la durée du transport, ce qui a, en retour, affecté la compétitivité de ces secteurs. D’autre part, la réduction des possibilités d’expédition a également conduit à une augmentation du coût des intrants importés. Cela aura un impact supplémentaire sur la rentabilité des secteurs tributaires des importations tel que le textile. Enfin, la contraction de l’économie mondiale à la suite de la COVID-19 a réduit la consommation mondiale de tous les produits. Cela a affecté la demande de nos exportations dans tous les secteurs.

Est-ce que les mesures de soutien accordées par le gouvernement jusqu’ici dans le sillage de la COVID 19 ont donné les résultats escomptés ?
Au début du mois de mai, on prévoyait que les effets négatifs de la pandémie entraîneraient une augmentation du taux de chômage à 100 000, contre 37 900 à ce moment-là. Les pertes d’emplois devraient résulter de la fermeture des frontières, d’une baisse des exportations, d’une baisse des activités de vente au détail, ainsi que de leurs effets multiplicateurs sur les autres secteurs principaux tels que le transport, la logistique et les services financiers.

Cependant, environ six mois plus tard, nous pouvons remarquer que, bien qu’il y ait eu des pertes d’emplois, elles n’ont pas été aussi drastiques que prévu. Cela tient en majeure partie au régime d’aide salariale et au régime d’aide aux travailleurs indépendants proposés par le gouvernement qui ont permis aux opérateurs privés de maintenir leur effectif à un niveau raisonnable en dépit d’une baisse d’activité.
Les autres mesures ont permis d’alléger le “cash-flow” des entreprises en fournissant de nombreux soutiens sur le fonds de roulement. La contraction du “repo rate” (taux directeur) a largement allégé les coûts de financement des entreprises, ce qui a libéré des liquidités pour le remboursement des salaires et traitements. La MIC offrira également un répit aux entreprises en détresse.

Il s’agit de mesures à court terme, mais elles visent à préserver l’activité à moyen et à long termes également. Jusqu’à présent, elles ont fait leurs preuves. Mais il serait absurde de s’attendre à ce que le gouvernement contribue à maintenir exactement le même niveau d’activité qu’avant la COVID-19, la limitation des dommages étant la principale ligne d’action. Le budget, en revanche, comporte des mesures intéressantes qui vont au-delà, et surtout qui préparent Maurice à une reprise après la COVID-19. Une fois encore, la limite du succès demeure l’incertitude concernant la durée et l’ampleur de la pandémie à travers le monde.

Au niveau de l’EDB, quelle est votre évaluation de la situation économique ?
On peut constater que l’économie est fragile mais résiliente. Une économie ouverte comme la nôtre, malgré tous nos efforts, dépendra de la situation mondiale. Chaque choc aura des effets conséquents sur notre économie et un impact supplémentaire sur la vulnérabilité qui prévaut actuellement. Le pays traverse une des périodes les plus difficiles de son histoire. Ce que nous endurons actuellement est sans précédent. Les moyens d’existence sont menacés par le déclin de l’activité économique. Cependant, le point positif est que nous avons bien géré la crise sanitaire et que certains secteurs ont donc pu redémarrer leurs activités. Le tourisme est indéniablement le secteur le plus touché, avec pratiquement aucune arrivée de touristes dans le pays. Du coup, les exportations ont également été affectées, accompagnées par la baisse de la consommation sur nos marchés principaux affectant nos entreprises locales. Néanmoins, nous avons constaté une amélioration dans certains secteurs comme la construction et, plus récemment, l’exportation de certaines marchandises. Les activités telles que des technologies de l’information et de la communication ainsi que des services financiers sont restées majoritairement inchangées et ont maintenu leur élan comme c’était le cas avant la pandémie de COVID-19.

Cependant, au niveau de l’Economic Development Board (EDB), nous avons constaté que le manque à gagner des investissements pour 2020, incluant le Foreign Direct Investment, est simplement repoussé pour l’année prochaine au lieu d’être carrément annulé, ce qui montre la confiance de notre économie pour faire face à la crise. Cela est assez encourageant pour l’avenir. Les fondamentaux tels que la facilité de faire des affaires et la qualité de vie, restent des leviers majeurs pour attirer les investisseurs.
Après le déconfinement en juin 2020, on a assisté à une reprise graduelle des investissements et des activités dans le secteur privé tel que l’industrie manufacturière de haute technologie incluant la mécanique de précision, la fabrication de dispositifs médicaux, d’emballages eco et une entreprise œuvrant dans le secteur pharmaceutique. Le montant total des investissements tourne autour de Rs 500 millions.

La mise en œuvre de plusieurs projets immobiliers a débuté au second semestre de cette année pour les biens résidentiels, commerciaux, espaces bureaux, etc., à travers l’île dans les “smart cities” telles que Cap Tamarin, Trianon City, Moka City, Beau-Plan Smart City et Uniciti. Dans les six prochains mois, nous attendons une vingtaine de projets qui vont se mettre en chantier avec une période moyenne de trois à cinq ans pour leur concrétisation et qui nécessiteraient un investissement estimé à Rs 20 milliards. Parmi ces projets, on a le développement d’espaces de bureaux par Gritt, United Docks, NExteracom et Hyvec, pour n’en nommer que quelques-uns. Nous restons sereins pour une reprise en 2021 avec plusieurs projets qui vont débuter dans les secteurs manufacturier, pharmaceutique, éducatif, résidentiel, immobilier, etc.

Quel a été le rôle de l’EDB durant cette période difficile ?
Il est important de se rappeler que la période de confinement a été très difficile. Tout en étant une décision courageuse qui a permis de contenir la crise sanitaire, le confinement annoncé dans un délai relativement court a sollicité les institutions comme l’EDB à travailler en dehors du cadre normal afin de répondre à des urgences sporadiques et systémiques causées par la crise de la COVID-19. Il a été impossible dans un aussi court délai de mettre en place des protocoles de fonctionnement pour chaque secteur d’activité et l’EDB a agi comme point focal et comme coordinateur afin de permettre que les activités économiques dites essentielles puissent fonctionner. Par exemple, l’apport de l’EDB a été instrumental afin d’assurer la coordination avec les autorités pour que les usines de transformation alimentaire, les activités afférentes aux services de santé, les centres d’appels, entre autres, puissent fonctionner. Hormis les activités liées à des urgences, cette période éprouvante a aussi requis que nous consultions les acteurs économiques afin de structurer des politiques urgentes d’aide, notamment pour les petites et moyennes entreprises. Ces consultations ont servi aux recommandations pour élaborer le plan de soutien annoncé par le gouvernement le 13 mars 2020 couvrant les niveaux macroéconomique, générique et sectoriel et comprenant quelque 27 mesures spécifiques.

L’EDB a trouvé des moyens pour favoriser les consultations prébudgétaires pendant le confinement afin de préparer un rapport de recommandations pour soutenir le budget national 2020-2021, présenté le 4 juin 2020. Finalement, nos activités de promotions ont été maintenues, notamment à travers des e-conférences et des webinaires dans des secteurs aussi divers que la manufacture, le secteur financier, l’innovation et les TIC, la santé, entre autres. Un “High Level Committee” présidé par le Premier ministre, en juillet 2020, a examiné 52 propositions de projets d’investissement représentant un montant total de Rs 66 milliards qui seront concrétisés sur les cinq prochaines années.

Comment l’EDB se prépare-t-il à aider le pays à prendre un nouveau départ une fois la COVID-19 maîtrisée ?
Nous ne pouvons attendre la maîtrise du coronavirus pour rebondir avec un plan de relance économique car les avis d’experts divergent toujours sur la probabilité et l’efficacité des vaccins. Il est important de revoir la structure économique intrinsèque et la philosophie de promotion. Au niveau de la structure économique intrinsèque, il est important que nous repensions à valoriser les secteurs productifs pouvant avoir un apport prépondérant en ce qui concerne la souveraineté alimentaire, la santé tout en réduisant notre facture d’importation. Raison pour laquelle nous révisons la structure de la production alimentaire, qu’elle soit terrestre ou marine, pour favoriser la production et la consommation locale. Notons, par exemple, la structuration du National Food Development Programme qui propose une stratégie tenant en compte la disponibilité des terrains, la capacité de production et l’accès aux marchés. La mise en place d’une industrie de la nutraceutique qui rendra le secteur agricole plus résilient en est un autre exemple.

De manière plus générale, nous multiplions nos efforts pour promouvoir des secteurs productifs en travaillant sur la compétitivité intrinsèque du pays et en nous focalisant sur des marchés promoteurs tout en utilisant de manière ciblée les outils informatiques. Nous travaillons sur des besoins spécifiques dans le domaine de la santé et nous sommes en discussions avec des groupes internationaux spécialisés, notamment en oncologie. Nous avons des ateliers hebdomadaires avec les acteurs des secteurs public et privé afin de peaufiner les cadres régulateurs et administratifs. Nous nous engageons à mettre en place une dizaine d’activités de promotion, chaque semaine. Nous avons aussi lancé plusieurs nouveaux “schemes” qui vont aussi contribuer à la relance de l’économie avec une stratégie de diversification et de consolidation, notamment l’e-Commerce Scheme, le Smart and Innovative Mauritius Development Scheme, l’Inland Aquaculture Scheme, entre autres.

Quels sont les secteurs émergents ? Que faites-vous pour orienter les opérateurs vers ces secteurs ?
Afin que la stratégie de reprise soit pérenne, il est important de définir des axes de diversification qui cadrent avec les réalités intrinsèques du pays et ainsi créer l’écosystème pour y favoriser l’investissement. Plusieurs opportunités de développement sectorielles subsistent à Maurice et l’EDB y accorde une importance stratégique afin de consolider leur impact dans l’écosystème national. Parmi les secteurs ayant un potentiel de croissance, nous retrouvons notamment l’économie circulaire, la nutraceutique, le gaz naturel liquéfié, la biotechnologie, l’économie océanique, l’informatique, les centres de données et la fintech. Le pays bénéficie d’une situation politique stable et de fondamentaux solides pour faire émerger ces secteurs grâce à son positionnement stratégique, à sa main-d’œuvre qualifiée, à l’optimisation de la structure régulatrice et fiscale ainsi qu’aux ressources endémiques à haute valeur. Prenons en considération deux exemples de nouveaux secteurs. Les réserves de gaz naturel liquéfié découvertes dans la région offrent un potentiel inouï pour un virage vers une énergie plus propre tout en créant un “hub” de gazéification et de redistribution mais aussi un centre de “spot-trading”.

Afin de mieux maîtriser la chaîne d’approvisionnement, l’EDB finalise une étude de faisabilité qui permettrait de mieux structurer le secteur pour attirer des investissements. Par ailleurs, la région regorge aussi de ressources endémiques riches en valeurs nutritives, nutraceutiques et pharmaceutiques. Nous développons une feuille de route visant à faciliter l’accès à des informations inhérentes au développement mais aussi à rendre le cadre régulateur plus attrayant pour des investisseurs. Pour promouvoir ces secteurs émergents, l’EDB organise une série de webinaires et de séances de “networking” virtuel développé par des partenaires locaux à Maurice et à l’étranger afin de mieux cerner les opportunités et les défis.

Êtes-vous inquiet des conséquences éventuelles que pourrait entraîner la présence du secteur financier mauricien sur la liste noire de l’Union européenne à partir du 1er octobre ?
Il est regrettable que Maurice soit inscrite sur la liste de l’Union européenne sans aucune consultation ou évaluation au préalable. La Commission européenne s’est donc basée sur le Groupe d’action financière (GAFI) afin de statuer sur le classement de Maurice. Cette tache à notre réputation aura malheureusement de sérieuses ramifications pour le pays. Cela pourrait créer une certaine réticence auprès des investisseurs, compromettant ainsi l’intérêt pour notre juridiction. Ainsi, il faut faire ressortir qu’au niveau du gouvernement, des institutions de régulation et de l’EDB, nous nous engageons systématiquement avec les principales parties prenantes, y compris les institutions de financement du développement, et les investisseurs influents pour leur fournir tout ce dont ils auront besoin afin de continuer à utiliser Maurice comme plaque tournante pour leurs investissements. Le but est d’éviter un exode des investissements, des structures et des fonds. En outre, nous travaillons de concert avec les entreprises pour continuer à maintenir la bonne réputation de notre plateforme financière, tout en veillant à ce que les investissements transfrontaliers continuent d’être effectués par l’intermédiaire de Maurice pendant ces quelques mois où le pays sera sur la liste noire. Comme vous le savez, Maurice a fait des progrès substantiels et tangibles jusqu’à présent, y compris de nombreuses réformes pour réorganiser ses lois concernant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Un rapport des différentes étapes a été soumis au secrétariat du GAFI le 31 juillet 2020.

Il sera évalué lors des séances plénières qui se tiendront en octobre 2020. Il faut aussi souligner que le Premier ministre préside un comité interministériel consacré au régime AML-CFT, qui évalue les progrès réalisés dans le cadre des mesures prises afin d’enlever Maurice des listes du GAFI et de l’UE. Donc, je tiens à rassurer la communauté des investisseurs que le gouvernement, à son plus haut niveau, fait preuve d’une détermination sans faille et d’un engagement indéfectible afin de redresser la situation. Le gouvernement adopte une approche ferme pour sortir le pays de la liste du GAFI et de l’UE.

Sommes-nous réellement prêts pour la réouverture des frontières et la reprise des activités du trafic aérien ?
L’assouplissement des restrictions est à l’ordre du jour à travers le monde. La réouverture complète des frontières peut être seulement envisagée en fonction de l’évolution de la pandémie de COVID-19, et selon la situation épidémiologique de chaque pays. Les critères qu’il faut prendre en considération sont le nombre de nouveaux cas de COVID-19 enregistrés dans les pays touchés, la tendance à la baisse des nouveaux cas, la capacité de faire des tests et la fiabilité des informations transmises sur la situation sanitaire de chaque pays.