SOLANGE JAUFFRET

« Écris quelque chose sur l’environnement ! » Je n’ai rien répondu. Mais j’ai quelques idées…

Et d’abord le Larousse définit ainsi l’environnement = « ce qui entoure, ce qui constitue le voisinage ; ensemble des éléments qui constituent notre cadre de vie ». Comprenons : les éléments (des choses) pour la vie. LA VIE !

    Deux jours après, dans un quotidien, paraît un article certes intéressant, mais il me semble au-dessus de l’intérêt immédiat du citoyen ordinaire… Trop de souvenirs, trop de mots abstraits ; on attendra la sixième colonne pour trouver « banane et papaye ». Donc rien qui puisse déclencher un « Tiens, je n’y avais pas pensé ! Je vais le faire ».

     Le « Ou zete, ou peye » je le reçois en même temps dans la tête et dans l’estomac… Je dois respecter la rue, et sans doute les autres aussi.

     Un jour, rue Chasteauneuf, un homme, à dix pas devant moi jette son sac – vide – de gâteaux piments. À six mètres, trônait une poubelle… Mais mon sang ne fait qu’un tour… je le rattrape : « Pardon… ou pa finn trouv sa poubel-la… 6 met !  – eskize mamzel Zofre » – et il fonce vers son sac huileux… (depuis dix ans, je n’étais plus conseillère).

   Du concret, du visible, du parlant … du « saute-aux-yeux », du « saute-à-l’intelligence ». Les années de « Who cares » ont sûrement eu plus de résultats que des discours persuasifs. J’ai donné une tonne de ces photos à une institution lui suggérant d’intéresser un responsable de collège qui aurait proposé aux élèves de faire une exposition itinérante pour CONSCIENTISER. Et forcément  – malheureusement – sanctionner.

Ainsi l’avait imaginé Christian Saglio, un conseiller culturel de l’Ambassade de France, une très belle exposition itinérante de maisons.  Si mes souvenirs sont justes, il y avait trois catégories de maisons : « belles disparues » ;  celles qui espéraient une restauration et celles qui avaient été entretenues et souriaient à la vie.

     Informer pour susciter le désir d’entreprendre, même de petites actions.