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Offshore Petroleum Bill : Bérenger demande de revoir le texte « afin d’arriver à un consensus »

Paul Bérenger a fait une demande au gouvernement en vue de revoir l’Offshore Petroleum Bill afin d’arriver à un consensus. Il considère que ce texte de loi marque  un recul par rapport à celui de 1970 sous certains aspects et une avancée sur d’autres.

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« J’aurais souhaité, en tant que patriote et en tant que Mauricien, que quelques jours après la COP 26, et alors que nous allons, avec raison, chercher des milliards de roupies pour protéger notre environnement, que nous prenions le temps de revoir certains aspects du texte de loi et recherchions un consensus », a-t-il déclaré.

Paul Bérenger a noté que le débat sur le texte de loi intervenait non seulement dans le sillage de la COP 26, mais également après qu’un expert des Nations unies ait mis le pays en garde et ait demandé au gouvernement de ne pas aller de l’avant avec ce projet de loi. Il a rappelé que le but de la COP 26 était d’empêcher que le réchauffement climatique ne dépasse les +1,5 °C en réduisant au maximum  l’usage du charbon et du pétrole. Ainsi, sur ce plan, la COP 26 a été un échec, dit-il, mais qu’il y a eu des percées dans la mesure où les Committees of Parties devront désormais se réunir tous les ans au lieu de chaque cinq ans.

De plus, pour la première fois, les pays des Nations unies ont condamné l’utilisation du charbon et du pétrole. Paul Bérenger fait état de la création d’un mouvement baptisé Beyond Oil and Gas Alliance, qui regroupe des pays comme l’Irlande, la France, la Nouvelle-Zélande et le Danemark. Ce mouvement a été créé à la suite d’un rapport de l’International Energy Agency, qui réclame la fin des investissements dans de nouveaux projets de charbon et de pétrole.

Toutefois, si certains pays remettent en cause l’utilisation de charbon et du pétrole, d’autres pays poursuivent leurs travaux de recherches pétrolières. Il a cité le cas de Madagascar, des Seychelles et de l’Afrique du Sud. « Il faut prendre tout cela en considération, mais il faut aussi écouter l’avis des experts », a-t-il dit. À l’échelle internationale, a-t-il souligné, c’est le gaz naturel qui tend à remplacer le charbon et le pétrole, en attendant que des batteries pour stocker de l’énergie se développent ainsi que la technologie de l’hydrogène.

Paul Bérenger s’est également appesanti sur les engagements de Maurice à Glasgow, à savoir l’élimination du charbon avant 2030 et la production d’énergies renouvelables dans la même échéance. « Cet engagement a été pris  un moment où la production de la bagasse diminue d’année en année et que la superficie de terre sous canne continue de diminuer », dit-il.

Il s’est demandé s’il ne faut pas engager une réflexion à ce sujet. En fait, pour le leader du MMM, le défi le plus difficile à relever d’ici 2030 est de savoir comment réussir la transition énergétique à Maurice. « C’est un enjeu national et vital. C’est la raison pour laquelle Maurice n’a pas de temps à perdre alors que le charbon et la bagasse sont au cœur de notre production énergétique, même si le CEB importe de l’huile lourde », dit-il.

« Je ne sens pas que le gouvernement est conscient que nous n’avons pas de temps à perdre pour réussir cette transition énergétique qui, pétrole ou pas, va décider de l’avenir économique du pays », poursuit-il, tout en souhaitant un débat national et urgent sur la transition énergétique. « Il ne faut pas perdre de temps à rêver du pétrole alors qu’il est déjà tard pour réussir cette transition énergétique », ajoute-t-il.

Paul Bérenger a aussi souligné la nécessité d’engager une réflexion dans l’éventualité où le pays découvre du pétrole commercialement viable sur ce qu’il faut faire pour protéger le pays. Il concède que le pétrole n’est pas nécessairement une source de développement économique. Beaucoup de pays qui ont découvert du pétrole, dit-il, ont été confrontés à beaucoup de problèmes, citant ainsi les cas du Nigeria, du Congo et de l’Angola, où l’intégration économique n’a pas eu lieu, et où diverses formes de pollution ont fini par affecter l’économie de ces pays, dont leur industrie touristique.

Il a aussi cité le cas de la Guyane, qui fait face à des problèmes de protection d’environnement. Sans compter que dans certains pays, le pétrole a noyé la démocratie. Il estime que le gouvernement devrait solliciter l’avis de pays comme l’Inde et la Guyane avant d’aller de l’avant. Il a aussi souligné la nécessité de continuer à travailler avec le Seychelles, voire avec les Maldives, tout en déplorant toutefois la trop grande concentration des pouvoirs au niveau du Prime Minister’s Office et du Premier ministre.

Il relève que la constitution d’un comité réunissant les parties prenantes est nécessaire. « Toutefois, ce projet ne figure pas dans le texte de loi. »

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