MONIQUE DINAN

– Fondée en 1857 en Belgique et arrive à Maurice en 1866

Troisième enfant d’une famille noble en Belgique sa famille est profondément chrétienne. Son père est ambassadeur auprès des États pontificaux. Elle voyage en Italie et dans d’autres pays d’Europe. De santé fragile, Émilie s’adonne à la lecture et à la prière. Sa délicatesse naturelle développe très vite en elle le sens aigu du péché et du pardon de Dieu. Ce sentiment sera à la base du charisme reçu qu’elle développera plus tard au sein de sa famille religieuse. Elle fait aussi la découverte de la spiritualité de saint Ignace de Loyola : ses exercices spirituels, le discernement, la conversion et la mission. Par esprit d’obéissance, selon la coutume de l’époque, elle accepte d’épouser, à l’âge de 19 ans, le Baron d’Hooghvoorst, bien que déjà elle sentait un premier appel à la vie religieuse. De cette union naissent quatre enfants, deux fils et deux filles. Désormais sa vie se partage entre sa famille, les pauvres et les engagements mondains. En 1847, son époux meurt après. Veuve à 29 ans, elle se consacre à ses enfants et à la visite des pauvres.

Le 8 décembre 1854, c’est la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par le Pape Pie IX (1792-1878). Alors qu’Émilie est en prière, elle fait une forte expérience spirituelle. Elle comprend que Marie lui demande de la remplacer sur la terre auprès de Jésus vivant dans l’Eucharistie pour l’entourer de respect, d’adoration et d’amour. Elle se confie aux prêtres jésuites. Elle suit une retraite et rédige le Premier petit écrit sur la famille religieuse qu’elle veut fonder. Le projet suit son cours. Elle rencontre quelques difficultés avec sa famille à cause de sa vocation religieuse. Elle décide alors d’aller habiter à Paris, où elle s’installe le 15 octobre 1855. Le nom choisi pour la congrégation est Société de Marie Réparatrice et Émilie prend le nom de Marie-de-Jésus.

La petite communauté s’établit à Strasbourg en 1857 et Émilie prend l’habit avec ses dix premières compagnes. Une année plus tard, elles prononcent leurs premiers vœux. Ses deux filles viennent se joindre à elle, mais toutes deux meurent bien avant leur mère. Les fondations se succèdent en France et à l’étranger dans une vingtaine de pays, en Inde en 1860, à l’île de La Réunion en 1863, en Italie en 1865 et à l’île Maurice en 1866. La société est approuvée par le Saint-Siège en 1869 sous le pontificat du pape Pie IX. La mission de la Société est la « réparation avec Marie pour faire connaître, aimer et adorer Jésus ». L’Eucharistie est au cœur de sa spiritualité. Dans ce but, les membres organisent des retraites, font l’accompagnement spirituel, la catéchèse, la formation humaine selon les besoins des lieux. Mère Marie-de-Jésus meurt le 22 février 1878 chez son fils Adrien au cours d’un voyage de Rome en Belgique. Elle allait avoir 60 ans. Elle est béatifiée à Rome le 12 octobre 1997 par le pape Jean- Paul II.

C’est sur l’invitation de Mgr Michael Adrian Hankinson o.s.b. (1817-1870), évêque de Port-Louis, que Mère Marie-de-Jésus délègue trois religieuses à l’île Maurice pour prendre en charge un orphelinat de la Mission indienne. Elles s’installent à Saint-François, un faubourg dans l’est à Port-Louis. D’autres activités viennent s’y ajouter. Des vocations naissent. La communauté s’agrandit. Les sœurs s’installent alors à Rose-Hill en 1918. Elles sont engagées dans l’évangélisation, la pastorale paroissiale et diocésaine. Elles invitent les Mauriciens – hommes et femmes – à venir adorer le Saint-Sacrement qui est exposé nuit et jour.

Le Montmartre mauricien, avec sa chapelle dédiée au Sacré-Cœur et consacrée le 20 juin 1941, est un haut lieu de prière et d’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. La communauté de Maurice compte 15 religieuses : 12 Mauriciennes, 1 Rodriguaise, 1 Ougandaise et 1 Réunionnaise.

Ces religieuses vivent autour du Montmartre à Rose-Hill et ont aussi une communauté dans la région de la Balise dans Rivière-Noire. La petite communauté de Rodrigues a été fermée au mois de juillet de cette année.