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Something is (bloody) rotten !

Qui pensait sérieusement que Pradeep Roopun, notre président de la République, ne signerait pas les amendements apportés à l’IBA Act, et qu’il prendrait parti en faveur d’un débat éclairé ? Il a été ministre sous Pravind Jugnauth, et qui a accédé à son poste de chef d’Etat avec la bénédiction de… Jugnauth Jr. Seriously ?
Nous sommes loin, extrêmement loin, de février 2002 et de l’épisode Cassam Uteem, qui avait refusé de signer la Prevention of Terrorism Act (POTA) et avait préféré rendre son tablier de président de la République afin de rentrer chez lui, l’esprit et le cœur tranquilles. Y’a pas photo. Les comparaisons ne sont même pas permises. Et puis d’ailleurs, les hommes de la trempe de cet ancien chef d’Etat, qui a marqué des générations de Mauriciens, toutes communautés confondues, il y en a une grosse pénurie. On peut même avancer que c’est une race… éteinte ! À voir ces ex-MMM qui ont rejoint le clan orange, ne jurer que par leur « jeune leader » et leur « talent » à retourner vestes et langues, on en perd son créole !
Si Pravind Jugnauth et ses Spin Doctors l’ont ainsi envisagé, ils ont en tout cas bien réussi leur coup. Non pas qu’ils aient gagné cette première bataille dans la répression des radios libres, mais ils sont surtout parvenus à dévier l’attention principale du problème majeur qui nous frappe en pleine face : l’explosion brutale et sans fin, semble-t-il, du Covid-19, avec surtout sa cohorte de décès, chaque jour qui passe. Oui, la vraie priorité est notre situation sanitaire. Xavier-Luc Duval se démène comme un beau diable à chaque séance de l’Assemblée nationale pour mettre la pression.
Notre urgence, c’est « mett lamin ek latet ansam » et de combattre ce satané virus, qui tue nos proches, amis et parents tous les jours. L’important, c’est de mettre toutes les ressources qui sont à notre disposition à profit – toutes ces associations de la société civile et Ong, ces centres qui existent à travers l’île, les groupes et tout le monde – et d’axer une campagne massive, agressive et totale sur l’importance de respecter scrupuleusement les gestes barrières, de ne pas sortir de chez soi s’il n’y a pas d’urgence, de protéger ses proches et, surtout, nos personnes âgées et ceux qui sont les plus vulnérables, qui présentent des complications de santé.
La campagne de vaccination se déroule plus ou moins bien, après plusieurs couacs majeurs. Mais il reste encore quelques personnes, malheureusement, non convaincues de l’importance de se protéger et de protéger ceux qu’ils aiment. Il convient de leur expliquer clairement, et avec les bons arguments, pourquoi ils devraient changer d’avis. À lui tout seul, l’Etat ne peut y arriver. Alors pourquoi ne pas embarquer toute la population dans cette mission ? Pravind Jugnauth ne voit-il pas que ce serait tout à son honneur (et son avantage) de le faire ?
Un confinement d’une quinzaine de jours, réclamé tant par des médecins que des politiques et la société civile, aiderait à ralentir la progression trop accélérée du virus et de ses variants. Pravind Jugnauth a bien fait comprendre qu’il ne partageait pas cet avis. La reprise économique importe davantage. Soit. Mais force est de constater que ses mesures énoncées depuis le 11 novembre n’ont pas grandement aidé à diminuer le taux de mortalité akoz-Covid. D’où l’urgence d’un élan national. Rapide, coordonné et efficace.
L’oxygène réclamé ainsi que l’aide humaine et professionnelle arrivent. Mais ce n’est pas assez pour faire un miracle. Le salut, et on y croit sincèrement, viendra d’une action conjuguée par TOUS les Mauriciens. À situation inédite, approche tout aussi inédite. Que l’on mette de côté nos divergences et différences, et que l’on réagisse comme un seul Mauricien. Un patriote qui a à cœur l’amour de son prochain et sa survie. Ce qui pourrait être les prémices, pourquoi pas, de l’émergence d’une nouvelle génération pleine de promesses…
Persister dans la voie de diviser pour régner ne fait qu’envenimer la situation. Avec tout le ramdam – interpellations policières des manifestants anti-IBA (amendment) Act –, tout cela contient des ingrédients pointant dans la mauvaise direction. Nous n’avons surtout pas besoin de cela.

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