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Transition à toutes les sauces !

Transition se présente comme le nouveau buzzword. Transition à toutes les sauces. Transition énergétique ou encore transition économique. C’était avant et pendant les débats sur le budget 2022/23. Et ce sera également Post-Budget. Tout cela pour souligner l’urgence que représente le changement climatique, sur lequel l’on ne détient aucun contrôle et avec des dégâts imprévisibles. Les exemples de ce déferlement incontrôlable, que ce soit en termes de températures excessives, comme cela a été le cas en Europe le précédent week-end ou en inondations notamment en Afrique du Sud, voire même à Maurice, mais toutes proportions gardées, ne manquent pas. Une seule constance : en dépit de toute la maîtrise de la science, l’homme n’est que vulnérable face au changement climatique.

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De la gamme d’interventions sur le budget à l’Assemblée nationale, celle du député d’Ivan Collendavelloo, tranche sur plusieurs volets, sauf celui où il a pris un malin plaisir de s’attaquer à son ancien parti, le MMM. Ce parlementaire, dont l’érudition ne souffre d’aucune contestation, a gratifié le Hansard et ceux ayant suivi son discours en direct en début de soirée ce vendredi-là d’un survol historique magistral sur la torture d’État. Certes, le sujet est d’actualité avec les dénonciations contre les actes de barbarie attribués à des policiers.Mais plus importante encore a été sa réflexion d’une précision chirurgicale pour situer l’enjeu du changement climatique. N’avait-il pas dit que « COVID will end. The war (in Ukraine) will come to a stop one day, and all this will be behind us. But there is one thing that is irreversible. We can slow it down but we cannot stop it, and some of my colleagues on both sides of the House have referred to it, it is climate change. »?N’avait-il pas encore affirmé l’extrême fragilité de l’homme face au changement climatique en déclarant « a universal approach is being required to fight climate change. We cannot do much but whatever we can do, we have to do ».

Mais l’essence de l’intervention d’Ivan Collendavelloo ce jour-là se résume à un point fondamental, mais qui peut être facilement relégué au second plan: « the burden is a shared burden with the public, with NGOs and we have got to participate together ».La voie unique pour mieux apprécier ce Shared Burden n’est nulle autre que « public consultations when developing strategies and policies in respect of climate change ».

Ivan Collendavelloo ne savait pas encore que lors du récent Commonwealth Heads of Government Conference (CHOGM) au Rwanda, la substance de son appel allait indirectement trouver écho. Mais pas lors de la séance plénière avec les ténors politiques. Mais lors des délibérations de l’African Youth Conference on Climate Justice, précédant le jamboree politique de la fin de la semaine.Sur cinq demandes formulées, la troisième est révélatrice à plus d’un titre car elle traite de la Youth Participation in Decision Making, soit « the African youth demanded that young people be considered in the design, implementation, monitoring, evaluation and reporting of climate action intervention from grassroots to the national level ».Le message de la jeunesse d’Afrique à leurs aînés du Commonwealth est des plus limpides et ne peut être ignoré. Facile de se gargariser de slogans, qui ont le potentiel d’être Mind Arresting. Facile de parler de transition énergétique ou encore de transition économique.Mais pour récolter les premiers dividendes dans le combat contre le changement climatique, il est plus qu’évident qu’une autre transition doit s’opérer, soit celle de la transition de générations, notamment donner le droit de la parole à l’autre et de l’écouter et encore plus de l’accepter.

Cette demande est quasi unanime et homogène parmi les jeunes, à savoir que les décideurs politiques, aussi imbus qu’ils soient de leurs pouvoirs et prérogatives, doivent savoir se mettre à l’écoute de cette jeunesse, héritière d’une Mother Earth en très mauvaise posture. Le mieux que l’on puisse faire est de donner en priorité la chance à cette dernière transition pour amorcer ce changement car comme le dit Ivan Collendavelloo en langage des plus imagés « we are playing with our lives, and no amount of increase in pensions will be able to cure climate change ».

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