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We feel so good !

Ouf ! Il pleut enfin. Mais évidemment, l’épée de Damoclès reste hélas toujours solidement suspendue au-dessus de nos têtes. Combien d’eau sera récoltée dans nos réservoirs ? Les nappes phréatiques seront-elles suffisamment approvisionnées ? Quel pourcentage de pertes à prévoir avec les fuites dans les réservoirs et les tuyaux défectueux ? Il pleut, oui. Mais la rude sécheresse qui nous menace depuis plusieurs semaines déjà ne mérite pas une solution Panadol, comme c’est (trop) fréquemment l’habitude. Il ne faudrait surtout pas que dès que les niveaux des réservoirs, nappes phréatiques et autres sources d’approvisionnement en eau potable atteignent un taux raisonnable, les autorités concernées « oublient » et passent à autre chose. Pour qu’en novembre-décembre prochain on entende la même rengaine de ne pas gaspiller l’eau, qu’il faut prier ou que le robinet se mette au régime brutal ! D’autant qu’entre-temps, l’extension du projet Metro express n’a pas été mise en veilleuse.

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Joe Lesjongard est monté au créneau cette semaine. On en viendrait presque à le plaindre. L’homme défend bec et ongles son dossier brûlant et ne doit donner aucune chance à qui que ce soit de ne serait-ce que de penser que tel est le résultat d’une mauvaise (exécrable ?) gestion de la part du gouvernement auquel il appartient ! Le ministre des Utilités publiques et président du parti Orange multiplie désespérément ses efforts pour ne pas que le Mauricien lambda réalise que, année après année, depuis que le MSM et son allié, le ML, gèrent le pays, aucun projet prioritaire concernant la fourniture d’eau potable aux citoyens n’a été réalisé.

Remarquez, le problème ne date pas de 2015 ! Aucun régime n’a accordé l’importance méritée à la question de la fourniture régulière et convenable d’eau potable à tous les foyers mauriciens, c’est vrai. Mais il faut aussi convenir que depuis l’arrivée du régime MSM/ML, rien, ou pas grand-chose, n’a été fait, et que la situation s’est sérieusement détériorée depuis. D’autant que l’une des promesses phares de Lalyans Lepep dans sa campagne “Vire Mam” était clairement d’assurer une fourniture d’eau 24/24h, et ce, les sept jours de la semaine. D’où le 24/7. Mais des travaux de rehaussement du circuit de distribution d’eau, on en a vu que dalle.

Quasiment tous les projets de réfection des réservoirs existants, de consolidation des systèmes en place via les tuyaux nécessitant remplacement, par exemple, et de constructions de nouveaux points de captage d’eau, avec de nouveaux réservoirs ou/et mini-réservoirs, sont restés lettres mortes dans les tiroirs des régents du jour. La priorité des priorités reste toujours le fameux métro. L’extension de la ligne de Rose-Hill à Saint-Pierre, en passant par Ébène, dont l’inauguration est prévue ce dimanche 22, va probablement, selon le gouvernement en place, faire oublier toutes nos misères du quotidien, avec le robinet ne coulant presque plus. Sans oublier que l’essence n’a accusé aucune baisse, même pas d’un malheureux petit pourcentage. Le Petrol Pricing Committee (PPC), énième institution qui suscite des interrogations, n’ayant pas jugé bon d’aller en ce sens, le calvaire de milliers de conducteurs, chefs de famille et d’entreprises perdure et s’endurcit. C’est probablement ça, le fameux “feel good factor” auquel faisait allusion Pravind Jugnauth dans son message du Nouvel an. Ce n’est pas demain la veille qu’il prononcera à nouveau ces mots.

Quand un peuple grogne, qu’il s’exprime via des médias privés et les réseaux sociaux, parce que ceux qui l’ouvrent en public finissent en prison, c’est ça le “feel good factor” ? À moins d’être sérieusement déconnecté ou d’avoir un drôle sens de l’humour.
Pourtant, oui, “we feel good”, ces jours-ci, parce qu’il pleut un peu et qu’on prie sincèrement que la fourniture d’eau revienne un peu à la normale, qu’on puisse respirer un peu. Mais ce facteur de joie est très éphémère et se volatilise en un battement de cils. Parce que la coupe est pleine à ras bord. Parce que trop de pression s’accumule. Parce que le fossé entre ce peuple qui a faim et son gouvernement, qui persiste à jouer à l’autruche, se creuse trop.

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