POLITIQUE MONÉTAIRE Décision de la BoM


De nouveaux instruments pour éponger l'excès de liquidités sur le marché


ADMINISTRATION Décidée hier


Collaboration CIMA/Finances pour la formation des cadres


COMMERCE BILATERAL A Islamabad cette semaine


Maurice-Pakistan : le Preferential Trade Agreement passé en revue


FINANCES Du 15 au 18 avril prochain


Une Islamic Banking Week de sensibilisation


POLITIQUE MONÉTAIRE Décision de la BoM


De nouveaux instruments pour éponger l'excès de liquidités sur le marché

La Banque de Maurice (BoM) a annoncé ce matin l'introduction de nouveaux instruments afin d'éponger l'excès de liquidités sur le marché. La situation actuelle, a laissé entendre le gouverneur de la Banque centrale, Manou Bheenick, lors d'une conférence de presse, est jugée préoccupante. Un excès de liquidités est source de pression inflationniste.

Entouré de ses proches collaborateurs et d'un officiel de la Debt Management Unit du ministère des Finances, Manou Bheenick a parlé de récentes mesures prises par la BoM en vue de renforcer la structure de sa politique monétaire. La BoM émet actuellement, d'une part, des BoM Bills au vu de la gestion de la situation monétaire et, d'autre part, des Government of Mauritius Treasury Bills (GoM Bills) pour satisfaire les besoins du gouvernement. La Banque centrale émet simultanément des bons à maturité de 91 jours, 182 jours et 364 jours. À partir de demain, les BoM Bills seront proposés les mercredis (si la situation concernant le niveau des liquidités sur le marché l'exige) alors que les GoM Bills seront lancés les vendredis.

La Banque centrale va aussi émettre, à partir de demain, des bons à maturité de 28 jours et de 56 jours, cela afin d'offrir un plus grand nombre d'options aux banques commerciales qui se retrouvent devant des problèmes pressants de liquidités excédentaires. La Banque centrale se réserve le droit de fixer à l'avance les taux de rémunération de ces bons ou alors laisser le marché décider par appel d'offres les taux de rendement.

Une autre décision de la BoM dans le cadre de la gestion de la situation monétaire concerne l'extension de la période de la Special Deposit Facility (SDF). Se situant actuellement entre un et 14 jours, la SDF sera étendue à 21 jours. Cette facilité est également destinée aux banques qui ont un besoin urgent de placement des liquidités en excès. Le taux d'intérêt sera de 125 points de base inférieur au Key Repo Rate. La Banque centrale a aussi revu les taux auxquels elle pratiquera d'autres interventions (Reverse Repurchase Transactions et Repo Transactions) sur le marché.

Le gouverneur a indiqué que les mesures annoncées démontrent que la BoM considère la lutte contre l'inflation comme sa grande priorité, ce contrairement à l'impression que le public aurait pu avoir après la décision du Monetary Policy Committee (MPC) de revoir à la baisse (de 9 % à 8,5 %) le taux directeur de la Banque centrale. Manou Bheenick a, dans la foulée, annoncé la publication, vers la mi-juillet 2008, d'un Inflation Report, conformément à la Bank of Mauritius Act 2004. Ce rapport, qui sera publié sur une base semestrielle, passera en revue l'évolution des prix, la politique monétaire des grandes économies, les sources de pressions inflationnistes et les perspectives concernant l'inflation à Maurice.

La BoM publiera également un Financial Stability Report chaque six mois pour évoquer toutes les questions relatives à la stabilité et la solidité du système financier mauricien tout en sensibilisant les opérateurs, en particulier les institutions financières, aux risques systémiques. Par ailleurs, le rapport 2007 sur la Banking Supervision sera publié très bientôt. La BoM vient de nommer un responsable de la cellule de supervision bancaire.

M.Bheenick a annoncé que les discussions concernant la touche finale à être donnée aux guidelines sur l'islamic banking progressent, les banques ayant réagi à l'ébauche de guidelines. Un sous-comité comprenant des représentants de la BoM et de la Mauritius Bankers' Association (MBA) se chargera d'élaborer le document final. Les autorités bancaires espèrent que la première banque islamique sera opérationnelle avant la fin de l'année mais il se pourrait qu'entretemps des banques existantes fassent des demandes pour instituer des cellules spécialisées (windows) au sein de l'islamic banking.


ADMINISTRATION Décidée hier


Collaboration CIMA/Finances pour la formation des cadres

Le ministère des Finances et le Chartered Institute of Management Accountants (CIMA) vont conjuguer leurs efforts afin de pouvoir dispenser une formation en Management Accounting à des cadres du ministère.

C'est ce qui ressort d'une rencontre, hier, entre, d'une part, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen et le secrétaire financier, Ali Mansoor, et, d'autre part, une délégation du CIMA, conduite par le Global President, Gordon Grant, et comprenant un membre du conseil pour l'Afrique australe, Malcolm Furber, et des dirigeants de la branche locale, Jocelyn Viger et Daniel Chan Chong, nouveau et ancien présidents, respectivement.

Cette rencontre, qui a été organisée dans le cadre de la visite officielle de Gordon Grant à l'occasion de l'assemblée générale annuelle de la branche mauricienne de CIMA, a permis aux deux parties de faire le point sur les besoins en formation spécialisée.

Selon M. Grant, le ministère des Finances a un besoin de cadres hautement qualifiés au vu de la nouvelle orientation de sa politique de gestion budgétaire et de professionnels dont l'attention est focalisée sur le monde des affaires. Gordon Grant s'est félicité de l'accueil reçu des autorités et, avec des dirigeants locaux du CIMA, a plaidé pour un soutien du gouvernement à la tenue, en 2009 à Maurice, de la conférence du CIMA pour la région d'Afrique australe.

La branche locale a, comme prévu, élu hier après-midi Jocelyn Viger à la présidence de son comité exécutif pour succéder à Daniel Chan Chong. Dans une déclaration au Mauricien, Jocelyn Viger a parlé de la nécessité pour la branche locale de grossir le nombre de ses adhérents, qui s'élève actuellement à une soixantaine. Il y aurait, a-t-il indiqué, environ 130 personnes qui font des études pour l'obtention du certificat CIMA. Le Management Accounting est une formation très poussée et très pointue, a-t-il fait ressortir. Le détenteur d'un tel diplôme, a-t-il ajouté, peut faire de la gestion financière tout en étant impliqué dans la production et le marketing, entre autres domaines. " C'est un véritable Business Manager ", a-t-il fait ressortir. Pour Daniel Chan Chong, les Chartered Management Accountants " sont dotés d'un savoir-faire pour analyser des informations financières et non financières afin de prendre les meilleures décisions stratégiques et améliorer la performance de leurs entreprises ou organisations ".

Le CIMA offre une formation internationale en gestion comptable. On dénombre plus de

160 000 professionnels et étudiants dans quelque 160 pays.

C'est en 2003 que CIMA s'est étendu dans la région d'Afrique australe, qui comprend 14 pays, dont Maurice. CIMA a été fondée en 1919 et portait alors le nom de The Institute of Costs and Works Accountants. Le changement d'appellation a eu lieu en 1986.


COMMERCE BILATERAL A Islamabad cette semaine


Maurice-Pakistan : le Preferential Trade Agreement passé en revue

Une délégation mauricienne forte d'une douzaine de membres et dirigée par Anand Neewoor, secrétaire aux Affaires extérieures, sera à Islamabad cette semaine pour des discussions avec les autorités pakistanaises sur les progrès accomplis depuis l'entrée en vigueur, le 30 novembre 2007, de l'accord d'échanges préférentiels ( Preferential Trade Agreement) entre les deux pays.

Ces discussions se dérouleront dans le cadre de la 7e rencontre du Comité de travail conjoint ( Joint Working Group) prévue du 2 au 4 avril prochain. Le PTA, font ressortir les milieux officiels, a créé des opportunités d'exportation pour les producteurs mauriciens, ces derniers pouvant prendre avantage des marges préférentielles significatives. La liste des produits concernés comprend le thon, le sucre, des fruits (ananas et letchis, entre autres), des fleurs, du chocolat blanc, l'extrait de malte, des pâtes, des détergents, de l'acier et un éventail de produits textiles ( chemises, blouses, sous-vêtements, pullovers, t-shirts, maillots de bain, kurta, charara, ghagra, vestes, etc).

Les milieux commerciaux locaux indiquent que les exportateurs pakistanais ont saisi la balle au bond alors que les exportateurs mauriciens ont été lents à réagir, se contentant dans un premier temps de leurs marchés traditionnels. Cela a été le cas lorsque les échanges commerciaux au sein de la SADC ( Southern Africa Development Community) ont commencé à être libéralisés à partir de 2000. Les exportateurs mauriciens n'ont pas au départ montré un grand intérêt pour ce grand marché regional et c'est depuis peu qu'ils s'y sont tournés.

"Le marché pakistanais représente un gros potentiel pour Maurice. Avec une population de quelque 160 millions d'habitants et une classe moyenne émergente très ouverte aux produits étrangers, le Pakistan est aussi une porte d'entrée pour un marché plus vaste d'environ 500 millions de consommateurs en Asie centrale", fait ressortir un proche du dossier de la coopération Maurice-Pakistan. Par ailleurs, malgré le fait qu'il soit producteur de sucre, le Pakistan continuera à en importer et s'était montré disposé à signer un accord avec Maurice pour la fourniture de 700 000 tonnes de sucre annuellement. Ne pouvant pour l'instant répondre favorablement à cette demande, la partie mauricienne a fait comprendre que le marché pakistanais pourrait devenir intéressant à partir de 2010 à la lumière de certains développements internationaux et avec la hausse attendue de la production locale de sucres spéciaux.

Par ailleurs, le comité de travail conjoint se penchera également sur les étapes à franchir pour déboucher sur un accord de libre-échange comme envisagé par les deux pays. Les gouvernements mauriciens et pakistanais ont indiqué qu'ils souhaiteraient que les négociations autour d'un FTA soient complétées dans un délai de 18 mois suivant la mise en application du PTA. Le comité conjoint étudiera également les problèmes liés à l'octroi de visa et à l'absence de liaisons aériennes directes.

Anand Neewoor se propose de rencontrer à Islamabad son homologue pakistanais, Reaz Naik, pour un échange de vues sur des des questions intéressant les deux pays aux plans bilatéral, régional et multilatéral.

La délégation conduite par le secrétaire aux Affaires extérieures comprend: Assad Bhuglah, directeur du Trade Policy Unit , L. Ghoorah, Principal Economist au ministère des Finances ; Iqbal Maghoa, Assistant Parliamentary Counsel par interim ; Diwakar Gangaparsad du Mauritius Research Council ; Rafick Nabee du service des Douanes ; A. Mauree du Fishries Department; Prakash Beeharry, directeur d'Entreprise Mauritius ; le Dr A. Kissoonah, managing director de State Informatics Limited; Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la Chambre de Commerce et d'Industrie et Yusuf Salehmohamed, président du Mauritius- Pakistan Joint Business Council.


FINANCES Du 15 au 18 avril prochain


Une Islamic Banking Week de sensibilisation

L'International Islamic Financial Services Ltd (IIFS) organise du 15 au 18 avril prochain, au Domaine Les Pailles, une Islamic Banking Week durant laquelle toutes les explications relatives à ce système financier seront données aux participants et, par extension, aux institutions financières locales ainsi qu'au public.

Selon le Chief Executive de IIFS, Najmul Hussein Rassool, la finance islamique fait son chemin, petit à petit, à Maurice, mais il y a encore beaucoup de gens qui ne comprennent pas de quoi il s'agit. " Ils s'interrogent sur ce type de finance et ce que cela a à faire avec l'islam. Si c'est une nouvelle forme d'extrémisme ou de poussée religieuse, ou si cela implique une islamisation du pays. D'autres se demandent si on doit changer d'identité pour pouvoir bénéficier des avantages de ce système financier. Autant de questions auxquelles cette semaine de sensibilisation permettra d'apporter des réponses ", déclare M. Rassool. Les conférences et les ateliers de travail durant cette semaine d'activités permettront de dissiper les malentendus.

Déjà, M. Rassool précise que la finance islamique n'est qu'une autre façon " to do business ", basée sur certains principes et paramètres. Il ne s'agit pas d'une conversion à l'islam mais d'un système financier basé sur la confiance, l'honneur, la sincérité, la justice et l'équité qui se propage rapidement dans d'autres pays du monde. Eu fait, selon lui, Maurice est en retard dans ce domaine mais grâce à l'initiative du gouvernement pour faciliter son introduction dans le pays, les choses se précisent. " Si le centre financier qu'est Maurice veut développer des produits innovateurs, il existe un potentiel énorme du côté de la finance islamique sur le plan global ", fait-il ressortir. La finance islamique concerne tant le secteur bancaire que les assurances, l'offshore, les trusts et autres volets du monde des affaires.

Pour sa part, le CEO Designate de CIM Financial Group, Vaughan Heberden, estime que la question de la finance islamique est très importante pour Maurice si elle veut devenir un centre financier international et si elle veut concourir avec d'autres centres financiers, tels que la Suisse et le Luxembourg. " Une des choses que Maurice peut faire, c'est de se positionner entre l'Afrique et l'Asie car il y a une population islamique énorme en Afrique qui dispose de fonds significatifs qu'ils veulent investir ", fait-il ressortir.

Ces personnes, estime-t-il, ont le droit de réclamer des investissements qui conviennent à leurs besoins. La réalité, a poursuivi M. Heberden, c'est que de nombreux pays découvrent maintenant la finance islamique.

Interrogé par Le Mauricien sur la mauvaise image de la banque islamique à Maurice en raison d'un incident qui a eu lieu dans le passé, M. Rassool a expliqué qu'en tant que citoyens du pays, il faut respecter les lois et les règlements. " Pour opérer un système financier islamique, il faut respecter les lois du pays ", a-t-il affirmé. Quant au blanchiment d'argent et autres fraudes financières, il a observé que les mêmes lois s'appliquent tant à la finance conventionnelle qu'à la finance islamique. Il a également dit que le gouvernement ayant déjà mis en place l'infrastructure nécessaire pour la finance islamique, c'est au secteur privé maintenant de s'y intéresser.