HARCÈLEMENT ALLÉGUÉ Ce matin


Le magistrat Joy Ramphul interpellé par la Central CID


AFFAIRE DEELCHAND Fin du procès


Des témoins confirment les alibis de l'accusé


DÉCÈS D'UNE FILLETTE Casualty Cards falsifiées


Un troisième médecin dans le collimateur de la Santé


NAVIGATION A partir du 14 mai


La frégate Ara Libertad mouillera dans le port


HARCÈLEMENT ALLÉGUÉ Ce matin


Le magistrat Joy Ramphul interpellé par la Central CID

Le magistrat Joy Ramphul arrivant aux Casernes centrales ce matin, peu après 8h, pour son inculpation provisoire par la Central CID

Après avoir fait faux bond aux limiers du Central CID, mercredi dernier, le magistrat du Tribunal de Pamplemousses, Joy Ramphul, actuellement en congé, s'est rendu ce matin peu après 8 h en compagnie de son avocat, Me Ivan Collendavelloo, aux Casernes centrales. Dénoncé dans une affaire de harcèlement sexuel, il a pendant toute la matinée été interrogé Under Warning par l'assistant surintendant de police Clency Meeterjoye sous la double supervision du surintendant Heman Jiangi et de l'assistant commissaire de police Clifford Parsad.

Les faits reprochés au suspect remontent à la dernière semaine de mars dernier, soit du mardi 25 au samedi 29, suite à une première déposition de la victime consignée au poste de police de Pamplemousses le même samedi. Joy Ramphul est arrivé au QG du Central CID accompagné de son père, sir Indur Ramphul, ancien gouverneur de la Banque de Maurice. L'escouade du Central CID était déjà prête pour entamer son interrogatoire sur la base du témoignage de la victime et également des relevés des échanges téléphoniques entre le magistrat et son accusatrice.

En fin de matinée, les indications recueillies aux Casernes centrales en marge de la séance d'audition Under Caution étaient que le magistrat a rejeté en bloc les accusations portées contre lui par l'accusatrice, une habitante de Curepipe. Néanmoins, des procédures avaient été initiées en vue de sa comparution devant le tribunal de Pamplemousses pour des accusations provisoires de "Sexual Assault" et probablement de Forgery of Court Records, alors que des délits sous le Prevention of Corruption Act (POCA), en l'occurrence le trafic d'influence, sont également envisagés .

Après l'exercice de ce matin et la comparution en Cour, la police ne devrait pas objecter à la demande de remise en liberté sous caution du magistrat. Mais vu la gravité des faits reprochés, elle pourrait être amenée à loger une Objection to Departure contre lui. Le délit de harcèlement sexuel n'a pas été retenu vu que cette disposition de la loi ne s'applique que dans des relations entre supérieurs et subalternes en milieu de travail. Le délit de Sexual Assault a été privilégié parce que le magistrat avait osé embrassé sa victime sur les lèvres.

En attendant que les photos prises le samedi 29 mars sur le parking de Shoprite soient versées au dossier à charge, les enquêteurs ont construit leur interrogatoire sur un relevé des échanges téléphoniques du magistrat à sa victime pour l'acculer lors de l'interrogatoire de ce matin. En effet, après avoir obtenu un ordre d'un juge siégeant en référé à la Cour suprême, ils ont pu établir le pattern des appels téléphoniques entre le 25 mars et le 29 mars.

Des proches de la victime, qui a été entendue à plusieurs reprises par la police depuis le week-end du 28 et 29 mars, affirment que celle-ci n'aurait pas encore fait usage des photos montrant le magistrat arrivant au volant de sa voiture au parking de ce complexe commercial des Plaines-Wilhems dans la matinée du samedi 29 mars. Cette pièce à conviction, jugée majeure, ne devrait être utilisée qu'au moment opportun de cette affaire, qui secoue le judiciaire.

Tout a commencé le mardi 25 mars, quand le magistrat devait rendre un jugement dans une affaire de détournement de fonds dont l'habitante de Curepipe est accusée. Selon la version de la femme, le magistrat lui aurait fait des propositions indécentes pour la tirer d'affaire ce jour-là.

" Sa case-la li byin difisil. Mo pe anvi ed oumem me mo pa pe trouv enn simin pou fer sa. Donn-mwa enn lide pou fer sa ! " aurait initialement proposé Joy Ramphul. Ce dernier devait ensuite emmener l'habitante de Curepipe sur le parking d'un des centres commerciaux du Nord à l'heure du déjeuner le même jour.

Selon la femme, le magistrat lui aurait alors déclaré que " ar sa plim-la pou desid sa case-la. Si mo anvi mo avoy twa enn semenn Beau-Bassin kot to pou al fer bann nouvo kamarad. Sa plim-la ousi kapav tir twa san gayn okenn problem ". Après cette déclaration, ajoute-t-elle, " li finn trap mo lamin drwat ek li finn anbras mwa lor mo lalev ". Le suspect, poursuit-elle, l'a alors invitée à se rendre dans un hôtel de Grand-Baie en sa compagnie pour quelques heures.

L'habitante de Curepipe a également donné d'autres indications sur l'insistance du magistrat entre mardi et samedi, jour du rendez-vous où il aurait été pris au piège avant de prendre la fuite.


AFFAIRE DEELCHAND Fin du procès


Des témoins confirment les alibis de l'accusé

Vinay Deelchand

Le procès intenté à Vinay Deelchand pour possession et trafic d'héroïne prend fin aujourd'hui avec les plaidoiries de Me Joanne Moutou-Leckning, pour la poursuite, et Me Jacques Panglose, pour la défense. Hier, des témoins assignés par la défense sont venus confirmer les alibis donnés par l'accusé. Dans l'après-midi, deux rédacteurs en chef, ceux du Mauricien et de Week-end, ont déposé, à la demande de Me Panglose.

Le premier témoin à venir dans le box a été l'ancien DCP Vishnu Appadoo, ex-membre de la VIPSU, qui assurait la sécurité de l'ancien Premier ministre sir Anerood Jugnauth. C'est également le père de Sandeep Appadoo, le directeur d'Online Properties (OLP). L'ancien haut gradé de la force policière a fait ressortir qu'il connaît très bien Vinay Deelchand, qui est un ami de longue date, dit-il. Toutefois, après ce qui s'est passé en mars 2004, il n'a pas cru bon de consigner une déposition à la police, puisqu'il estimait que l'accusé aurait suffisamment de soutien.

Puis sont venus tour à tour Riad Mamode, Yousouf Mamode, Abdool Moosadee, Dharamraj Appanah, Dharmarajen Thondee et Subiraj Lodeechand, qui ont tous confirmé que le jeudi 18 mars 2004, il y avait une réunion chez OLP, et le lendemain, une soirée sur la plage de Trou-aux-Biches. Le représentant de Pro Guard Ltd, compagnie qui offre un service d'alarme de sécurité, a déposé pour indiquer les heures auxquelles l'alarme chez l'accusé avait été débranchée, puis connectée à nouveau, les 18 et 19 mars 2004. Un représentant de l'administration pénitentiaire a également déposé pour expliquer les conditions de détention d'Antoine Chetty.

Après le recess, le rédacteur en chef du Mauricien, ainsi que Gérard Cateaux, rédacteur en chef de Week-End, se sont présentés en Cour. Ils avaient été assignés pour venir depuis le matin, mais étant donné qu'ils étaient absents, le juge Paul Lam Shang Leen leur a infligé une amende de Rs 2 000 chacun. À la demande de Me Panglose, cet ordre a toutefois été retiré après qu'ils eurent expliqué qu'ils n'avaient pris connaissance de l'assignation à comparaître, déposée dans les locaux des deux rédactions le 6 mai, que vers midi hier. Ils ont présenté leurs excuses à la Cour.

La comparution du rédacteur en chef du Mauricien avait trait aux éditions du 30 avril et du 4 mai 2004 du journal, dans lesquelles l'affaire Deelchand est évoquée. Les articles concernés n'étant pas signés, l'avocat de la défense a demandé à connaître le nom de leur auteur, à quoi Gilbert Ahnee a répondu : " I am not the author of theses articles but, in my capacity as editor, I assume the full responsibilty for all articles published in Le Mauricien, whether they are bylined or not. "

Dans l'un des deux articles, le journal faisait état d'un communiqué émis par Antoine Chetty. L'avocat a voulu savoir si le témoin avait pris connaissance de ce communiqué.

" I have not seen physically the communiqué ", a dit Gilbert Ahnee, qui a ajouté : " But I trust totally the journalist or journalists who have written the article. "

Il a également noté que " for such stories, when we decide that the articles will not be signed, it is very often for security reasons ". Le rédacteur en chef du Mauricien a aussi fait ressortir que, pour des articles tels que ceux intéressant l'avocat de la défense, il arrive également qu'ils rassemblent des informations rapportées par plusieurs journalistes. À la question de savoir s'il était disposé à révéler le nom du ou des journalistes concernés, le rédacteur en chef du Mauricien a sans ambiguïté répondu : " No ". Invité à s'exprimer sur son degré de vérification personnelle des informations publiés dans le journal dont il est responsable, le témoin a répondu : " It falls under the trust which I have in my team ".


DÉCÈS D'UNE FILLETTE Casualty Cards falsifiées


Un troisième médecin dans le collimateur de la Santé

La falsification alléguée de casualty cards découverte lors d'une enquête du ministère de la Santé sur le décès d'une fillette de huit ans à l'hôpital du Nord, qui a conduit à la suspension de deux médecins mardi dernier, concernerait aussi un troisième médecin. Cette affaire fait grand bruit parmi les médecins de l'État.

Depuis mardi dernier la Police enquête sur cette affaire de falsification de casuaty cards de la petite Selvee Chengadoo, décédée le 10 avril dernier à l'hôpital du Nord. Pour rappel, les parents allèguent qu'il y a eu erreur médicale dans le traitement prodigué à leur enfant et ont porté plainte à la police. Le ministère a référé à la police cette affaire de falsification alléguée sur la base, dit-on d'un " dossier très solide ". " Il ne s'agit nullement d'une enquête à la légère du ministère ", soutient-on.

De sources sérieuses, on apprend que les médecins qui ont traité l'enfant lors de son passage à l'hôpital auraient été confrontés à certains faits " assez troublants " au sujet des casualty cards de la jeune patiente et qu'ils auraient " avoué " certaines modifications. Ainsi, il semblerait que les cartes présentées lors de la full-fledged departmental enquiry du ministère ne correspondraient pas à celles que les proches de l'enfant disent avoir vu au moment de son hospitalisation. Parmi les indications qui ont intrigué les enquêteurs du ministère figure la couleur de la carte, qui aurait changé. Par ailleurs, son aspect laisserait croire qu'elle serait plus récente en comparaison avec les autres cartes établies le même soir que l'admission de l'enfant. Elle serait en effet plus propre et présenterait une écriture plus fraîche. On apprend qu'un troisième médecin pourrait être impliqué dans cette affaire. Le ministère de la Santé a déjà identifié celui-ci, mais il appartient à la police de poursuivre son enquête et de décider de la marche à suivre. Parmi les deux déjà suspendus, un des médecins serait un jeune, nouveau venu dans le service.


FFC EX-LOLA Le juge Domah constate :


Il existe plus de 326 sites inondables

Le projet coordinator de la National Development Unit (NDU), Veebousen Mootoosamy, a observé que le problème d'inondation est " about land management ". C'était hier, lors de sa déposition devant le Fact Finding Committee sur les pluies torrentielles du 26 mars présidé par le juge Bushan Domah. Selon lui, il convient d'avoir un organisme pour s'assurer que tout développement fasse provision pour un système d'évacuation d'eau adéquat.

" It is a much more complexe issue. A body should be there to address this ", a répondu Veebousen Mootoosamy à une question du président du comité, portant sur la hausse du nombre de sites affectés par les inondations. M. Mootoosamy estime le problème lié à une mauvaise gestion des terres. " Il y a de plus en plus de morcellements et pas de travaux majeurs pour des drains ". Il prend l'exemple de la capitale, qui connaît de nombreux développements avec des bâtiments en construction sans qu'il n'y ait de travaux de tout à l'égout. De même, poursuit-il, les terrains perméables connaissent un bouleversement avec le développement. Quant aux sites privés, de plus en plus de murs d'enceinte y sont construits. " Local authorities has got lots of work to do to regularize permit ", affirme-t-il, avant de souligner qu'avec ces constructions, l'eau est déversée sur les rues " which are not designed for that ".

Répondant aux questions du juge Domah, Veebousen Mootoosamy a estimé qu'il faut identifier le problème initial et que tout organisme de service (Central Water Authority, Central Electricity Board, Waste Water Authority) devrait avoir l'autorisation du National Drainage Committee pour poursuivre les travaux. En ce qui concerne les morcellements, il n'existe aucun corps régulateur, dit-il. " This should be under the umbrella of an authority. They need to handle and design parameters and specifications to follow ", comme c'est le cas avec la Road Development Authority quand il y a construction de route. Selon M. Mootoosamy, cela découragera également ceux qui ont la fâcheuse tendance à boucher les passages d'eau.

À une question de l'assesseur Vaghjee, l'intervenant a concédé qu'avec le développement, il y aura de nouveaux sites susceptibles d'être inondés. " I can't quantify but the tendancy is on increase ".

Veebousen Mootoosamy a déposé un certain nombre de documents et de cartes concernant les sites qui ont été identifiés en 2003 par des consultants concernant les inondations et ceux qui ont connu des travaux. Ni Mon-Goût ni Rivière-Citron ne figurent sur cette liste initiale de 326 sites, non plus sur les nouveaux sites identifiés par la suite. " Aucun travail n'a été effectué à Rivière-Citron ". Quelque 25 sites avaient été identifiés dans les districts de Pamplemousses/Rivière-du-Rempart. Parmi, 21 sont de Pamplemousses. M. Mootoosamy précise que le rapport de 2003 propose des " structural solutions ". Et d'indiquer que la liste des sites a été obtenue via les collectivités locales et date de 1999.

" Il existe plus de 326 sites susceptibles d'être touchés par des inondations ", devait alors constater le juge Domah. Acquiescement de M. Mootoosamy, qui devait préciser que le rapport propose divers " guidelines to address the issue ". De plus, note-t-il, la topographie de l'île continue de changer. D'ailleurs, certains des sites qui avaient été identifiés " need no longer to be addressed ", souligne M. Mootoosamy, qui ajoute que la NDU procède aux travaux selon une liste prioritaire. Quelque 90 nouveaux sites ont été identifiés depuis la soumission de la liste en 2003, précise-t-il.

L'assesseur Jacques Rosalie devait souligner qu'en 1959/60, il y a eu des inondations similaires à Mon-Goût causant mort d'homme. M. Mootoosamy a affirmé ne pas en avoir connaissance.

Interrogé à son tour, Anand Dookhony, Chief Regional Development Officer, s'est, en sa qualité d'habitant de la région, exprimé sur la gestion des terres. Les développements effectués par l'industrie sucrière avec le VRS n'ont pas pris en considération un système d'évacuation d'eau adéquate : " They (Ndlr : l'industrie sucrière) blocked many drains ", affirme-t-il. Il indique qu'en 2006, une visite à Mon-Goût du PM, Navin Ramgoolam, et des ministres de l'Environnement et des collectivités locales, Anil Baichoo et James Burty David respectivement, avait donné lieu à un projet d'embellissement de Rs 2 M. Les travaux comprenaient également l'élargissement des berges de la rivière.


NAVIGATION A partir du 14 mai


La frégate Ara Libertad mouillera dans le port

La Ara Libertad, frégate argentine pour la formation des marins mouillera les eaux mauriciennes le 14 mai prochain. Le bateau sera ouvert au public dans l'après-midi de son arrivée jusqu'au 17, date à laquelle elle mettra le cap pour les Seychelles.

La Ara Libertad a quitté Buenos Aires le 5 avril dernier avec à son bord 320 hommes sous les commandes du capitaine Juan Jos Iglesias. La frégate a fait une première escale à Cape Town avant de se diriger vers Port-Louis où elle est attendue pour le 14 mai. Pendant ce périple qui prendra fin le 6 décembre, le trois-mâts aura visité 17 ports. Après Maurice, il sera à Port-Victoria, avant de se diriger vers l'Inde, la Malaisie, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, la Nouvelle-Calédonie, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Tahiti, le Chili et l'Uruguay.

Dans un communiqué de presse, l'ambassade argentine en Afrique du Sud indique que le bateau sert à former des marins argentins et de présenter ce peuple à travers le monde. Il sera au quai A dans la rade de Port-Louis et sera ouvert au public dans l'après-midi.

" Her main purpose is to prepare them to face their professional future sea life ", fait ressortir le communiqué à propos des aspirants marins. La formation a lieu sur une durée de 6 à 8 mois " in which they receive instruction onboard during navigation, in order to turn the crew into genuine seamen and women ". Leur présence dans différents ports a aussi pour but de favoriser les échanges culturels. " This fosters the achievement of broader knowledge and understanding of the world's reality and enables them to have an integral insight when faced with their own decision making challenges. "

Tous les ans, fait ressortir le communiqué de presse, dix jeunes officiers de l'armée argentine ou d'autres pays sont invités à se joindre à l'équipage. " University students and citizens from many countries have also sailed onboard, having unforgettable experiences. "

L'ambassade d'Argentine indique que ce trois-mâts est une fierté pour le pays " because it is a designed and built in national shipyards by Argentine craftsmen ". Selon elle, " it is one of the largest of its kind in the world ". Le bateau fait officiellement partie de la marine argentine depuis mai 1963 et a parcouru 800 000 miles nautiques à travers le monde. Il a visité plus de 500 ports dans 60 pays.

En 2004, des travaux de remis à jour ont eu lieu sur le bateau. La révision a pris fin en 2007. Le trois-mâts compte maintenant des facilités additionnelles pour les femmes de même que des équipements technologiques dernier cri.

L'ARA Libertad jauge 3 765 tonnes et fait 104 mètres de long. Son mât le plus haut est de 56, 2 mètres. En 1966, elle a établi le record de vitesse de la traversée transatlantique, parcourant 741, 4 miles nautiques, soit 3 225, 1 kilomètres en six jours et quatre heures. Elle avait rallié Cape Race (Canada) à Dursey Island (Irlande).

Le capitaine Juan Jos Iglesias est un vétéran de la guerre des Malouines, survenue en 1982.