SECONDAIRE PRIVE Pr Basdeo-Bissoondoyal College
Un changement d'horaire provoque une manif d'élèves
SIDA Mark Sterling (OnuSida) :
" Renforcer rapidement les mesures de réduction de risques "
L'Église catholique explique son engagement envers les démunis
PROSTITUTION INFANTILE Séminaire ce week-end
CEDEM : " Il faut sensibiliser les jeunes pour qu'ils se protègent "
INDUSTRIE SUCRIÈRE Fermeture de Mon-Loisir
Boolell invite FUEL " à revenir à de meilleurs sentiments "
LÉGUMES Réponse parlementaire écrite
Boolell : les propositions des planteurs transmises aux Finances
INFORMATIQUE National Computer Emergency Response Team
Deux experts indiens en cybersécurité à Maurice
VACOAS-PHNIX Inondations Futloo Lane
Des habitants menacent l'Etat d'actions judiciaires
AUTOBUS Rose-Hill Transport
Des usagers : " Nous exigeons un meilleur service ! "
QUARTIER-MILITAIRE Après l'abandon
Les autorités réagissent
CERCLE DE QUARTIER MILITAIRE :
" Offrir des loisirs sains ! "
TRANSPORT PUBLIC : les opérateurs illégaux réapparaissent
SECONDAIRE PRIVE Pr Basdeo-Bissoondoyal College
Un changement d'horaire provoque une manif d'élèves
Les élèves du Pr Basdeo-Bissoondoyal College, à Flacq, ont refusé d'entrer en classe ce matin, manifestant bruyamment dans la rue contre une décision de la direction - annoncée hier après-midi - de changer les horaires des classes. Celles-ci commencent à partir d'aujourd'hui à 9h pour se terminer à 15h, au lieu de 8h15 à 14h15 comme auparavant. Mais après la vive réaction des élèves, la direction a assoupli sa position et propose un compromis. Ainsi, selon la rectrice, les classes commenceront désormais à 8h30 pour se terminer à 14h40.
Le changement d'horaire a pris de court grand monde au collège Basdeo-Bissoondoyal hier après-midi. Dans la lettre officielle adressée aux parents d'élèves hier à ce sujet, la direction de cette institution explique que bon nombre d'élèves arrivent en retard à cause d'un problème de transport et ratent ainsi la première classe. D'où la décision de repousser l'heure de l'entrée des classes à 9h. Au Mauricien qui l'interrogeait ce matin, Nandini Jeetah, la rectrice du département garçons du collège, maintient que le problème de transport est bien réel pour beaucoup d'élèves. Elle ajoute avoir adressé plusieurs doléances à la National Transport Authority (NTA). " Depuis l'introduction du transport gratuit nous avons noté un retard pour un plus grand nombre d'élèves. Les bus ne s'arrêtent pas pour embarquer les élèves et il n'y a pas de bus schools sur cette ligne. Nous comptons adresser une nouvelle lettre à la NTA " indique Mme Jeetah.
Pour sa part, Daman Beharee, rectrice du département filles du même établissement, soutient avoir demandé à ses élèves depuis le début de l'année, et ce à maintes reprises, de faire des efforts pour arriver à l'heure à l'assemblée du matin.
Même si des élèves reconnaissent que plusieurs de leurs pairs font face chaque matin à un problème de transport, ils protestent néanmoins contre ce changement d'horaire. " C'est une décision unilatérale de la part de la direction. La direction n'a pas jugé bon de discuter de ce changement avec nous ni avec les enseignants. Nou pa le sanzman ", protestent des élèves. Ainsi, des élèves ont décidé de manifester leur colère dans la rue. Depuis 7h30 et pendant deux heures quelque 200 d'entre eux ont bloqué la route menant au collège. Selon des témoins, certains jeunes manifestants étaient quelque peu agressifs ; alors que certains lançaient des pierres et prenaient pour cibles la porte d'entrée principale du collège et des voitures appartenant au personnel. D'autres envoyaient des ufs et proféraient des jurons. Il semblerait que des projectiles aient atteint les vitres de certaines salles de classe. Il a fallu l'intervention de la police pour dissiper les jeunes manifestants et les obliger à regagner leurs classes.
Entre temps, des négociations avaient lieu entre le Student's Council et la direction du collège. Celle-ci a accepté de revenir sur sa décision mais maintient un léger décalage s'agissant de l'heure de l'assemblée du matin. " Après discussions, nous sommes parvenus à un consensus. Les élèves ont accepté notre proposition de commencer les classes à 8h30 ", nous a affirmé Mme Beharee en fin de matinée.
C'est l'absence de consultations sur ce changement d'horaire avec des partenaires de cette institution secondaire qui a provoqué ce vif mécontentement parmi les élèves et également des enseignants. Certains scolaires ont également mis en avant que ce changement d'horaire aurait eu des répercussions sur l'heure des leçons particulières.
Par ailleurs, plus d'un cadre à la PSSA ont affiché leur étonnement quant à ce changement d'horaire. Certes, les PSSA Regulations 1977 ne font mention que du nombre d'heures d'enseignement obligatoires pour une journée normale d'école (pas moins de 5 heures étalées sur 7 à 8 " périodes ") et ne précisent pas les horaires pour le déroulement des classes ; mais selon des responsables de cet organisme, pour la bonne marche des établissements, tout changement dans les conditions selon lesquelles fonctionne un collège doit être porté à l'attention de la PSSA.L'exemple cité est qu'un collège subventionné par l'État ne peut décider, du jour au lendemain, de commencer les classes " à midi ". " Nous devons veiller à ce que les changements soient conformes à l'ensemble des règlements de l'éducation nationale. Ainsi, avant même que cette décision prise par la direction du Basdeo-Bissoondoyal College ne prenne effet à partir d'aujourd'hui la direction aurait dû avertir bien à l'avance la PSSA de son intention ", nous a déclaré un cadre de cette instance.
SIDA Mark Sterling (OnuSida) :
" Renforcer rapidement les mesures de réduction de risques "
Le directeur pour les régions Est et Sud de l'Afrique de l'OnuSida, Mark Sterling, entouré de sa délégation, a rencontré les principaux acteurs de la lutte contre le Sida, hier, à La Flore, Port-Louis. Le consultant étranger a profité de la présence du Premier ministre pour demander que " les mesures de réduction des risques soient renforcées ". Il a également évoqué la question de leadership. Pour sa part, Nicolas Ritter, directeur de PILS, a souligné l'importance " d'avoir de l'expertise afin d'avoir une réponse efficace à l'épidémie ".
Mark Sterling et les membres de sa délégation ont rencontré, hier, plusieurs Ong et d'autres acteurs de la lutte contre le Sida. Par la suite, le consultant étranger a rencontré le Premier ministre. Faisant référence au plan d'action National Multisectoral HIV & AIDS Strategic Framework (NSF) 2007-2011, Mark Sterling a fait ressortir l'importance de capitaliser sur les mesures d'urgence pour faire régresser l'épidémie du Sida dans le pays. " Il faut rapidement renforcer les mesures déjà prises ", a-t-il déclaré, faisant référence aux traitements de substitution à base de méthadone et le programme d'échange de seringues. " To meet the target, fastly, as commended by the action plan, there is the need for scaling up the harm-minimization programs. " Le directeur régional de l'OnuSida a rappelé qu'il était important d'atteindre rapidement un grand nombre de toxicomanes et de les amener vers le traitement. Pour rappel, il s'agit là d'un des objectifs du NSF.
" Les ressources financières sont importantes, évidemment, a indiqué, pour sa part, Nicolas Ritter, directeur de PILS. Mais pour que la réponse à l'épidémie soit efficace, il faut aussi un élément clé : l'expertise. " Pour le travailleur social, " Maurice manque cruellement d'expertise en matière de ressources humaines. Et ce, à bien des niveaux. Qu'il s'agisse du National AIDS Secretariat (NAS), de la AIDS Unit, au ministère de la Santé, au niveau du Centre National de Désintoxication à Barkly, entre autres. Partout, à chaque niveau de l'effort pour contrer le Sida, nous avons besoin d'expertise. "
Appui
De plus, le directeur de PILS a souligné l'importance de l'aide étrangère comme celle accordée par l'OnuSida. " Le système des Nations unies est une instance qui est disposée à mettre ses compétences et son expertise à la disponibilité des pays demandeurs. Il ne peut intervenir de son propre chef. Il y a un protocole à respecter, explique-t-il. Dans ce sens, j'ai lancé un appel au nom de notre pays, et j'ai reçu l'appui du PM. "
Rappelons que depuis mars de cette année, Maurice est éligible au Global Fund pour soutenir ses efforts dans la lutte contre la maladie. Cependant, notre pays étant un high middle-income country, le Global Fund injectera une aide à hauteur de 35%. C'est au gouvernement du pays de fournir les 65% restant.
Mark Sterling a également évoqué le concept de leadership dans le combat contre le Sida. Nicolas Ritter n'a pas raté l'occasion d'appuyer cet argument, interpellant le chef de l'Etat à ce propos : " We need you to be our hero in this fight ", a-t-il lancé au PM.
Dans la foulée, Nicolas Ritter a également invité le PM à marquer par sa présence la troisième commémoration mauricienne du AIDS International Candlelight Memorial qui sera observé ce dimanche 18 mai. " M. Ramgoolam s'est montré très enthousiaste par cette demande ", indique M. Ritter.
Pour rappel, c'est aux Etats-Unis en mai 1983 qu'eut lieu la première commémoration de cet événement qui rend hommage aux personnes décédées de causes liées au Sida et à celles qui vivent avec le virus. Le AIDS International Candlelight Memorial est donc dans sa 25e année. Maurice a observé l'événement la première fois en mai 2006. Navin Ramgoolam ainsi que d'autres membres de son gouvernement étaient présents au Plaza pour la soirée.
Mark Sterling est accompagné, durant sa visite de Agathe Lawson, Regional Director for Eastern and Southern Africa du United Nations Population Fund ; le Dr Setou Kaba, Country Coordinator de l'OnuSida pour Maurice, les Seychelles, les Comores et Madagascar ; Henk Van Renterghem, Regional Advisor Country Support de l'OnuSida et RST/ESA, et Focal Point for Mauritius ; Brian Pazvakavambwa, attaché à l'OMS, Inter-country support team for Eastern and Southern Africa et HIV/AIDS Team Leader ; Brian Tkachuk, du United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC) et Regional Advisor HIV/AIDS in prison ; le Dr Reychad Abdool, également attaché à l'UNODC, Regional HIV/AIDS Advisor pour l'Afrique et le Moyen Orient, ainsi que Yves Bourny, de l'OnuSida, Monitoring and Evaluation Advisor pour Maurice, les Seychelles, les Comores et Madagascar.
La délégation quitte le pays demain matin.
L'Église catholique explique son engagement envers les démunis
Le diocèse de Port-Louis a effectué, récemment, sur son site Internet, un sondage sur l'engagement de l'Église catholique envers les plus pauvres. Au 8 mai, 5 personnes estimaient satisfaisant l'engagement de l'Église ; 5 autres personnes le jugeaient moyen et 13 personnes trouvaient que cet engagement n'était pas satisfaisant. 4 autres ont dit ne pas être au courant de l'aide de l'Église aux démunis.
Jean-Maurice Labour, vicaire général, indique dans ce contexte que l'Église " s'investit davantage dans l'accompagnement durable sur le terrain " tout en intervenant dans les cas d'urgence, tels le soutien aux victimes des inondations récemment. Tout de même, précise-t-il, " la solidarité avec les plus pauvres se signale par des engagements dans la durée ".
Il en donne ainsi quelques exemples dont Caritas qui, sous l'impulsion de l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, gère deux abris de nuit accueillant chaque soir 80 Sans domicile fixe tout en leur offrant leur bain, un repas chaud, un lit et un petit-déjeuner. La même organisation compte 40 centres d'alphabétisation dans le pays et une maison d'accueil à Pointe-aux-Piments destinée aux familles à la recherche d'un logement. Elles peuvent y résider pour une période de deux ans le temps qu'elles fassent l'acquisition d'une maison. Caritas offre en outre des Services d'Écoute et de Développement (SEED) dans chaque paroisse de l'île ; services qui ont pour but d'accompagner quelque 2 000 familles dans la durée et dont les champs d'intervention sont l'éducation et le logement.
Au niveau de l'éducation, selon Jean-Maurice Labour, " l'Église catholique s'est lourdement endettée pour la construction et l'aménagement de 4 collèges dans des régions rurales (Case-Noyale, Goodlands, Petite-Rivière, Bambous). Malgré les difficultés que le diocèse aura pour rembourser cet emprunt pendant 20 ans, l'Église tient à donner une éducation de qualité aux Mauriciens de toutes communautés, qu'ils soient issus de la ville ou de la campagne ".
Par ailleurs, selon Jean-Maurice Labour, l'Église est aussi sensible par rapport aux nouvelles formes de pauvreté à travers la mise sur pied d'une maison d'accueil pour les toxicomanes et les personnes vivant avec le VIH/SIDA, en envoyant des " soldats " combattre la violence dans des quartiers pauvres.
S'agissant des détenus, " une émission radiophonique "Baro pa aret lavi" est préparée et animée par les médias du diocèse pour que les détenus gardent contact avec leurs familles ". Le vicaire général ajoute : " La liste est encore longue. Précisons que la réalité de ce qui se vit ne s'épuise pas dans ce qui est raconté dans les médias. Il n'est pas possible d'étaler dans le domaine public les longues démarches entreprises, les multiples réunions organisées et leur investissement dans l'accompagnement des plus pauvres ".
PROSTITUTION INFANTILE Séminaire ce week-end
CEDEM : " Il faut sensibiliser les jeunes pour qu'ils se protègent "
Ce week-end, le Centre d'Éducation et de Développement pour les Enfants mauriciens (CEDEM) organise un séminaire à l'hôtel Klondike, à Flic-en-Flac, sur le thème Stop ! Full Stop to child prostitution.
Selon Rita Venkatasawmy, consultante auprès de ce centre, sensibiliser les jeunes sur la question s'avère crucial pour qu'ils se protègent. Par ailleurs, en prévision du prochain Budget, elle lance un appel au ministère des Finances de prendre la mesure de la détresse des enfants victimes de prostitution infantile et d'allouer plus de moyens financiers pour ce problème. " C'est très difficile de réhabiliter ces enfants. Nous avons besoin de psychologues, thérapeutes pour travailler avec eux ".
Ce séminaire est le dernier d'une série de trois financés par l'ambassade américaine à Maurice. " Le but est de sensibiliser les jeunes à la question car on n'en parle pas ; c'est tabou à Maurice. Les gens pensent parfois qu'on exagère ", soutient Mme Venkatasawmy. Trois groupes d'enfants participeront à ce séminaire : d'abord, ceux victimes de prostitution, de manière anonyme ; des collégiens et des enfants victimes d'abus sexuel. " Nous croyons que les enfants ont le droit de savoir comment ce problème peut affecter les garçons et les filles. On croit qu'ils peuvent se protéger en recevant des informations. Les parents ont le devoir d'assurer la protection des enfants en bas âge alors que les jeunes de 14/15 ans ont le devoir de se protéger eux-mêmes. Pour cela, il faut qu'ils soient sensibilisés ".
Ce séminaire sera ainsi l'occasion pour les jeunes participants de partager - sans nécessairement témoigner de leur vécu - leurs points de vue sur le problème de prostitution infantile, cela dans un cadre " revalorisant ". " Qui dit jeune dit la plage. C'est pourquoi on a choisi un cadre positif ", dit-elle.
Ceux des enfants participant à ce séminaire qui ont été victimes de prostitution ou d'abus sexuel ont été repérés par le biais de divers shelters de l'île et aussi à travers le ministère des Droits de la Femme. Par ailleurs, le CEDEM dit être en contact régulier avec nombre de quartiers à risques et " nous recevons souvent des appels pour dire que tel enfant est à risques ".
Interviendront lors du séminaire Françoise Botte-Noyan, secrétaire du National Children's Council (NCC), Gaetan Theodule et Calcutta Gentil, de la Brigade des Mineurs, Rita Venkatasawmy, Shenaz Hossensaeb et Francine Ramdin du CEDEM.
Rita Venkatasawmy est d'avis qu'il n'y a pas suffisamment de programmes de réhabilitation animés par des personnes qualifiées pour les enfants victimes de prostitution. D'autant que, témoigne-t-elle, " c'est très difficile de réhabiliter ces enfants. Il y a des enfants victimes de sévices sexuels chez nous par exemple dont les mères sont dans la prostitution, et ils sont très à risques ".
Mme Venkatasawmy dit souhaiter qu'il y ait davantage de centres d'accueil. " La Child Development Unit est submergée. D'autre part, il ne faudrait pas mélanger les divers cas d'enfants et il faudrait plus de counselling, pas juste une ou deux fois l'an mais un vrai suivi ". Elle poursuit : " Le Solidarity Fund for Children and Women in distress, sous l'égide du Bureau du Premier ministre, investit dans des meubles et ordinateurs. Mais ce sont surtout des ressources humaines dont nous avons besoin : des psychologues, des thérapeutes. Il faut par exemple des sorties thérapeutiques. Les meubles n'agissent pas comme thérapie ".
Pour rappel, le dernier rapport sur la prostitution infantile en 2002 chiffrait à 2 600 les enfants victimes de prostitution infantile.
INDUSTRIE SUCRIÈRE Fermeture de Mon-Loisir
Boolell invite FUEL " à revenir à de meilleurs sentiments "
Le ministre de l'Agro-Industrie, Arvin Boolell, dans une déclaration au Mauricien ce matin, a invité FUEL " à revenir à de meilleurs sentiments ". Ce groupe avait, dans un communiqué diffusé vendredi soir, demandé au gouvernement de lui octroyer 150 000 tonnes de cannes de Mon-Loisir au lieu de 50 000 tonnes. " Je ne céderai pas aux actions qui mettent en cause la bonne marche de la réforme de l'industrie sucrière ", a indiqué Arvin Boolell. Il insiste, également, sur le fait que deux points fondamentaux ne seront pas remis en cause : le coût du transport et la saturation de l'usine.
Le ministre de l'Agro-Industrie a affirmé qu'il est actuellement en consultations avec l'Attorney General, Rama Valayden, afin d'étudier l'opportunité d'amender la loi pour pouvoir accélérer la demande de fermeture d'usine " si la situation est inévitable et si la légitimité l'exige ". " Je ne peux pas accepter que la fermeture d'une usine soit utilisée comme un moyen de pression pénalisant les travailleurs qui sont en droit d'attendre à ce que soit mis à exécution le blueprint qui définit les compensations auxquelles ils ont droit en cas de fermeture d'usine. "
Le ministre Boolell a également souligné que l'allocation des tonnages de cannes de Mon-Loisir à Belle-Vue, FUEL et DRBC a été effectuée à la suite d'une étude effectuée le Cane Miller and Arbitration Control Board. Ce dernier a tenu en ligne de compte la nécessité de minimiser le coût du transport et la saturation des usines. Le CMACB a pris en ligne de compte le fait que la totalité des cannes produites par Mon-Désert-Alma sera écrasée par FUEL et que dans l'éventualité de la fermeture de DRBC, la totalité des cannes sera également dirigée vers FUEL. Déjà, souligne le ministre, cette dernière doit faire l'acquisition de nouveaux équipements et aménager de nouveaux bâtiments pour accueillir les cannes de MDA.
Arvin Boolell s'est appesanti sur les efforts faits après la conclusion de l'accord entre la MSPA et le gouvernement pour respecter les engagements avec la commission européenne : " Des usines ont été fermées, la formation des travailleurs a été initiée, les planteurs ont été regroupés. La Commission européenne a déjà déboursé les fonds prévus. D'autres défis susceptibles d'affecter la compétitivité de l'industrie sucrière doivent être surmontés notamment l'augmentation du prix des produits pétroliers et la hausse du coût du fret. Il ne faut pas oublier que la baisse du prix du sucre atteindra 36% l'année prochaine. On ne doit, par conséquent, pas perdre du temps et on doit tout mettre en uvre pour accélérer la réforme. "
Arvin Boolell aura une rencontre lundi prochain avec les planteurs, les représentants de la MSPA et les autres parties prenantes pour passer en revue la situation concernant le sucre en général.
LÉGUMES Réponse parlementaire écrite
Boolell : les propositions des planteurs transmises aux Finances
Des propositions des planteurs de légumes au ministère de l'Agro-industrie pour leur permettre de faire face à leurs difficultés ont été soumises pour étude au ministère des Finances et du Développement économique. C'est ce qu'indique dans une réponse écrite le ministre de l'Agro-industrie, Arvin Boolell, suivant une récente question parlementaire du député Suren Dayal.
Les planteurs de légumes suggèrent, entre autres, l'harmonisation du taux d'intérêt pour les prêts pour la culture de la pomme de terre à 3% ; la rémission des droits de douane sur les véhicules et les équipements ainsi que de la Taxe à valeur ajoutée (TVA) sur les intrants - pesticides, herbicides et fertilisants - ; l'octroi de fonds additionnels pour la recherche et le développement et l'élargissement de l'Agricultural Technology Diffusion Scheme (ATDS) pour y inclure les équipements.
Selon le ministre, il est un fait que les revenus des petits producteurs de légumes ont diminué considérablement durant les dernières années. Les raisons principales sont attribuées aux changements climatiques et à la hausse des prix des produits pétroliers, des intrants et du fret qui ont eu des impacts considérables sur la production de légumes.
" Maurice étant une île tropicale, les plantations sont sujettes aux caprices de la nature tels les cyclones, les sécheresses et les inondations. De plus, avec les changements dans les conditions climatiques, le business agricole devient de plus en plus risquant. Dans de telles conditions, les planteurs vont subir des pertes de revenus et perdre ainsi leurs investissements ", précise M. Boolell dans sa réponse.
Pour les aider à surmonter cette difficulté, le Small Planters Welfare Fund (SPWF) a lancé un plan d'assurance, un outil de gestion de risques qui offre une couverture aux petits planteurs dont la production a souffert. Ce qui les aide à bénéficier d'un soutien financier qui leur permet de reprendre le travail dans les plus brefs délais après une catastrophe naturelle.
S'agissant des prix des fertilisants, le ministre dit avoir remarqué qu'il y a eu un bond énorme qui varie entre 35 et 72%. Les coûts des pesticides et des herbicides ont augmenté d'entre 20% à 68% et celui du fret de 42%. Ceux des semences de la pomme de terre et de l'oignon ont augmenté d'entre 19 à 65% et ceux des autres légumes de 50% à 100% ces dernières années.
Le ministre indique que ces facteurs échappent au contrôle du gouvernement, mais qu'il y en a d'autres qui contribuent également à la baisse des revenus des planteurs de légumes. Parmi : la main-d'uvre (20%) ; l'irrigation (15%) ; la préparation des terres et la mécanisation (25%) ; la location des terres (28%) et le taux d'intérêt élevé, les vols et le marketing (10%).
M. Boolell rappelle que son ministère a initié diverses mesures, qui ont été annoncées ces derniers temps. Entre autres : l'allocation d'un millier d'arpents de terre depuis juillet 2006 à 354 bénéficiaires ; de nouvelles superficies de terre mises à la disposition des planteurs à Rose-Belle ; et l'encouragement au regroupement des planteurs pour qu'ils puissent bénéficier d'une économie d'échelle.
INFORMATIQUE National Computer Emergency Response Team
Deux experts indiens en cybersécurité à Maurice
Réduire la vulnérabilité du pays face aux menaces de cybercrimes figure parmi l'un des projets prioritaires du gouvernement. Deux experts en cybersécurité, Anil Sagar, Additional Director, et S. Sharma, Joint-Director de Cert-In India sont en mission depuis fin avril pour la création d'un National Computer Emergency Response Team (CERT-MU). Ils ont, depuis leur arrivée, animé plusieurs ateliers de formation. Par ailleurs, le site internet de CERT-MU sera dévoilé officiellement lors de la cérémonie de lancement de l'équipe, mercredi.
" We are here to give training to the CERT-MU staff on incident handling and how to tackle cyber attacks. We will also help the mauritian government to set up the local National Computer Emergency Response Team to fight cyber attacks in the country ", indique A. Sagar, Additional Director de l'équipe indienne. En visite depuis le 28 avril dernier, les deux experts ont notamment assisté à plusieurs réunions avec les responsables du National Computer Board (NCB) et les différents spécialistes en la matière, afin de mettre en place le National Computer Emergency Response Team (CERT-MU), dont le rôle sera d'aider à améliorer la sécurisation des données informatiques. Cette démarche vise à réduire la vulnérabilité du pays face aux menaces de cybercrimes et à mettre en place un système d'alerte face à de telles menaces. Le CERT-MU sera également appelé à coordonner les actions à entreprendre pour contrer ces menaces. La National Computer Emergency Response Team mauricienne travaillera de concert avec les services gouvernementaux, le secteur privé et également avec le public afin d'assurer une certaine interaction entre les parties concernés.
Les deux experts indiens ont par ailleurs animé un atelier mercredi dernier à la cybercité d'Ebène où il était question des " business challenges " que constituent les menaces émergentes tels les Botnets et autres malware. En compagnie des experts informatiques présents, ils ont également passé en revue les statégies adoptées par d'autres pays afin de limiter les impacts des cybercrimes au niveau national. Comme a déclaré Etienne Sinatambou, le ministre des Techonologies Informatiques et de la Communication, mercredi dernier, à l'ouverture de l'atelier, le pays " n'est pas à l'abri de ces attaques ". " Ce que nous pouvons faire c'est prendre les mesures de sécurité nécessaires pour prévenir d'éventuelles attaques ", a t-il mentionné.
CERT-MU, sera lancé officiellement mercredi, de même que le site internet y relatif. Également prévue, une séance de présentation des services fournis par cette instance aux stakeholders.
C'est quoi un Malware ?
Il existe de nombreux risques à la sécurité du système d'information qui évoluent d'année en année, dont des " programmes malveillants ", en anglais appelés malware. Un malware est entre autres un logiciel développé dans le but de nuire à un système informatique. Les principaux types sont les virus (qui se dupliquent sur d'autres ordinateurs affectant ainsi les données), le worm (qui exploite les ressources d'un ordinateur afin d'assurer sa reproduction), le Trojan (programme qui exécute des routines nuisibles sans l'autorisation de l'utilisateur), le spyware (logiciel collecteur d'informations personnelles sur l'ordinateur d'un utilisateur sans son autorisation, et en envoyant celles-ci à un organisme tiers), le keylogger (programme généralement invisible installé sur le poste d'un utilisateur et chargé d'enregistrer à son insu ses frappes clavier), et ainsi de suite.
VACOAS-PHNIX Inondations Futloo Lane
Des habitants menacent l'Etat d'actions judiciaires
Des habitants de Futloo Lane, Phnix, à nouveau victimes
d'inondation, une situation aggravée par la déviation
d'un Storm Drain, dans le cadre de travaux pour le Centre
des femmes, envisagent sérieusement d'entamer des actions
judiciaires à l'encontre de l'Etat. D'ailleurs, des représentants
des résidents de Futloo Lane déposeront devant le
Fact Finding Committee sur les inondations de Lola, dont
les auditions sont prévues entre le 12 et le 15 mai.
" Pa kapav kontinye koumsa ! Ena inzenyer, teknisyen
batiman Centre des femmes pe sede. Zot nek pe fouy enn kanal tou
otour sant-la. Me veritab problem zot na pa pe pran kont ",
s'insurge Sheik Mahomed Futloo, porte-parole des résidents.
Faisant référence à un extrait du procès-verbal
d'une réunion, convoquée au bureau du maire de Vacoas/Phnix
le 2 avril dernier, M. Futloo soutient qu'il était convenu
qu'" although the drain being built along Futloo Lane
as an emergency, its sole purpose is for the protection of the
Women's Centre from further flooding. This is a duplication of
yet another drain already in operation within the compound about
5ft away ". Face à cette démarche, des
résidents expriment leur scepticisme.
" Zot dir nou amenaz cross drains pou kanaliz delo
dan drin. Kouma dir zot pe dir nou aksepte ki delo inond nou lakour
e sorti dan kanal ", ajoute-t-il. Etant régulièrement
touchés par des inondations en période pluviale
ou cyclonique, ils s'étaient farouchement opposés
à ce projet de Centre de femmes dans cette région,
vu la topographie du site et la déviation d'un storm
drain.
Mais les autorités avaient décidé autrement.
Victimes d'inondations, lors du passage du cyclone Gamede et lors
des pluies diluviennes de Lola en mars dernier, les résidents
de Futloo Lane soutiennent qu'ils trouvent " la situation
absolument insupportable ". Et déplorent le fait
que, suite aux récentes inondations, les autorités
se soient contentées d'ériger un mur au coût
de Rs 200 000, d'enlever les slabs et de creuser un canal
autour du Centre de femmes. " Tout cela est insuffisant
! " soutient Sheik Mahomed Futloo.
Le comble, souligne-t-il, c'est que des politiciens ont eu l'audace
de dépêcher sur place une équipe de la MBC/TV
pour les travaux entrepris au canal. " Pris de colère,
un groupe d'habitants a protesté. Et l'équipe de
la MBC/TV a vite déguerpi ", confie M. Futloo.
Estimant que le Centre de femmes n'a pas été épargné,
non plus, par les eaux pluviales, Sheik Mahomed Futloo affirme
que cette fois des résolutions fermes ont été
votées à l'issue de rencontres et de réunions
avec les autorités gouvernementales et locales.
Réunion
Il soutient que les résolutions portent sur a) l'aménagement
de deux cross drains adéquats pour canaliser les
eaux pluviales ; b) le renforcement des berges de la rivière
allant de Futloo Lane jusqu'à hauteur de Palmerstone Road
et c) le dragage du canal et l'élargissement des ouvertures
du pont en vue d'assurer une meilleure canalisation des eaux,
entre autres. Et M. Futloo de citer un extrait d'un procès-verbal
d'une réunion au bureau du maire le 2 avril dernier : "
The Municipal Council undertakes to serve notice to the Ministry
of Women's Welfare to remove all concrete covers along the canal
within the premises and to find alternatives for security purposes.
"
Des résidents font remarquer que suite aux inondations,
causées par Lola, les autorités (police, pompiers,
mairie de Vacoas/Phnix
) ont été alertées.
En début d'après-midi le mercredi 26 mars 2008,
des effectifs de la SMF étaient mandés sur place.
" Ler zot vini kanal fini deborde, Centre de femmes fini
inonde, lakour 8 fami finn inonde
SMF demande ki problem.
Nou dir zot ki otorite finn instal bann slabs of death
isi kan zot ti konstrir Sant fam. Storm drain ki ti ena
kourb natirel pou al zet dan la rivyer Mesnil zot finn devye li
pou fer li vinn en 90° ", ajoute M. Futloo.
S'agissant de ce qu'il qualifie de slabs of death, avant
la mise en place du Centre de femmes, des résidents pouvaient
nettoyer l'ouverture du drain naturel. Mais, en marge de ce projet,
ces slabs of death y avaient été aménagés.
Des hommes de la mairie de Vacoas/Phnix étaient venus
sur place en février dernier pour les enlever. Néanmoins,
aucun piéton n'aurait osé s'y aventurer en période
pluviale ou cyclonique, d'autant plus qu'il y a des câbles
téléphoniques et des tuyaux de tout-à-l'égout
qui passent en dessous. " En conséquence, les eaux
pluviales sont bloquées. L'absence d'une bonne canalisation
provoque des inondations des deux côtés chez les
résidents et le Centre de femmes. Le niveau des eaux pluviales,
s'accumulant, monte jusqu'au cou ", fait ressortir M.
Futloo.
Par ailleurs, les résidents font remarquer que le ministre
Abu Kasenally était venu sur place pour un constat et pour
animer une réunion avec eux et les autorités (maire,
ingénieurs, techniciens du MPI). Si les choses ne bougent
pas, des résidents menacent d'entamer des actions judiciaires
contre le gouvernement.
Des usagers : " Nous exigeons un meilleur service ! "
Des habitants de Plaisance font état de plusieurs problèmes
- autobus en panne, ticketting machines défectueuses,
non respect des horaires
- sur la ligne Plaisance/Port-Louis,
ainsi que sur le service express, dont la desserte est assurée
par Rose-Hill Transport (RHT). Les protestations à RHT
ont été vaines, disent-ils. Compte tenu de la récente
augmentation de prix du ticket d'autobus, ces usagers maintiennent
qu'ils devraient avoir droit à un meilleur service.
" Le prix du ticket est passé de Rs 18 à
Rs 23 sur la ligne expresse Plaisance/Port-Louis. Pourquoi y a-t-il
des autobus en bon et parfait état qui assurent la desserte
entre Rose-Hill et Port-Louis ? Des autobus propres, climatisés
Nous, les habitants de Plaisance, pourquoi n'avons-nous pas droit
à un tel service ? " demande un employé
de bureau qui travaille à Port-Louis.
Les autobus du service express tombent souvent en panne, notamment
de vieux autobus, font ressortir des passagers réguliers
: " Dès que le chauffeur note une défectuosité
au niveau des freins ou du moteur, il arrête le bus sur
place. Il nous demande d'attendre un autre autobus. Même
scénario lorsqu'un problème est décelé
avec la ticketting machine. Or, sur cette ligne, il n'y
a que les véhicules de RHT qui circulent ", fait
ressortir ce groupe d'usagers. Ils ont le choix : soit attendre
un autre bus express, avec le risque qu'il soit déjà
rempli, soit se rabattre sur un bus de la CNT et payer un autre
ticket. Entre trois et quatre autobus tombent en panne chaque
jour sur cette ligne, assurent-ils, surtout le service express
dans l'après-midi. " Nou fini rant dan enn bis
depi 16 h 10, kan pou demare, kontroler vini li dir bis la pa
pou ale akoz problem masinn tiket. Zot avoy nou dan enn lot bis
expres 16 h 30. Bis-la deza ranpli. Donk nou forse pou atann bis
16 h 45 ", se plaignent des usagers.
Des usagers se plaignent du non-respect des horaires. "
Très souvent, le matin, le bus qui doit passer à
7h apparaît à 7h30. Le bus étant déjà
bondé, des élèves sont laissés sur
la touche. Ils sont contraints d'aller jusqu'à Plaisance,
à la route Hugnin, sur une distance d'environ 2 km pour
avoir un autre bus ", fait ressortir un passager.
Il semble que souvent, à 8 h 30, des élèves
sont toujours aux arrêts d'autobus, cela alors que les classes
débutent à 8 h 10.
L'insalubrité, l'état de délabrement des
sièges, le manque de politesse
figurent parmi les
autres problèmes énumérés par des
usagers.
Sollicité, le Managing Director de RHT, Sanjeev Goburdhun,
rétorque : " Je vous assure que les bus partent
à l'heure sur le service express. Mais il se peut que,
parfois, il y ait des problèmes à cause des embouteillages.
" Pour ce qui est du service express dans l'après-midi,
M. Goburdhun concède : " C'est vrai que nous avons
certains problèmes. Nous allons recruter une dizaine de
mécaniciens pour remédier à cela. "
En revanche, il soutient que dix d'autobus neufs, huit la semaine
dernière et deux cette semaine, sont mis en opération
sur cette ligne.
Pour ce qui est des défectuosités relevées
au niveau des ticketting machines, il soutient qu'en vertu
de la loi, il doit fournir un autobus alternatif dans les 15 minutes
qui suivent.
S'agissant des élèves qui pâtissent aux arrêts
d'autobus le matin, M. Goburdhun répond : " Des
school buses font ce trajet à 7 h 10, mais très
souvent, des élèves les boudent pour prendre le
bus ordinaire. Ce problème fait l'objet de discussions
entre nous, le ministère du Transport et la NTA
"
QUARTIER-MILITAIRE Après l'abandon
Les autorités réagissent
Notre reportage de la semaine dernière consignant la colère
des habitants de certaines régions de Quartier-Militaire
au vu de l'état d'abandon dans lequel les autorités
ont laissé sombrer leur village semble avoir provoqué
quelques réactions. En effet, dès le lendemain de
la parution du reportage, une équipe de nettoyage du conseil
de district de Moka/Flacq s'est rendue au jardin public de Cité
Alphonse-Ravaton et s'est mise à couper les herbes folles
qui avaient envahi les lieux.
" Merkredi gramatin mem, zot finn vinn koup lerb ! ",
se réjouit Louis Ange Chrétien qui passe tous ses
après-midis à prendre le frais sur un banc du jardin.
Il était de ceux qui se sont élevés contre
l'état déplorable de ce jardin.
" Zot finn vinn zis koup lerb
Zis pou lizye dimounn.
Pou ki bann ki pas dan bis, trouve ki li inpe prop ! ",
commente Tasmil Goodur avec scepticisme. Il avait jusque-là
vainement multiplié des démarches pour qu'on réhabilite
ce lieu de loisirs. " Ayo ! O mwin, pa pou gagn otan moustik
! ", se félicite pour sa part Anita Aujaby, qui
avec ses voisines Suzette Philiber et Afroz Taken se désolait
de cette situation malsaine.
Autre réaction des autorités : le député
Suren Dayal a tenu une réunion dimanche avec les maraîchers
de la foire du village qui n'ont de cesse de se plaindre de l'état
d'insalubrité de cette foire. " Zame mo finn trouv
netoy sa la fwar-la ! ", lance une ménagère.
" Est-ce à dire qu'il nous faut faire état
publiquement de nos doléances pour qu'on nous écoute
? ", se demande Taslim Goodur.
Encore que ces villageois se disent toujours pas satisfaits de
la réaction des autorités : " Kan eski zot
pou netoy sa bann platband-la ? ", se demande Louis Ange
Chrétien. " Zardin zanfan Cité Alphonse-Ravaton
ankor ranpli ar lerb. Zot finn oublye koupe, soi dizan ! ",
s'indigne Taslim Goodur pour sa part.
Les récriminations fusent : " Aucun des points
de lumière du Jardin Alphonse-Ravaton ne s'allume. Est-ce
grand-chose que de les faire fonctionner ? " Sylvio Arlanda,
qui habite le quartier de Bonne-Veine, fait parler sa colère.
Selon lui, les jeunes du village doivent payer Rs 200 à
chaque reprise afin d'être en mesure de jouer au foot au
stade de l'endroit. " Dimounn deor kapav vinn zoue. Zenes
isi pa kapav. Kouma ou pale ki zot aste labyer olie zoue football
? "
Par ailleurs, l'insécurité routière autour
de la mosquée et de l'église dans la région
perdure dans l'indifférence des autorités, affirme-t-on.
" Bizin ena enn aksidan mortel pou ki zot bouze ? ",
s'interroge Ahmed Roheemun, président de la mosquée.
CERCLE DE QUARTIER MILITAIRE :
" Offrir des loisirs sains ! "
En l'an 2000 cinq jeunes de Bonne Veine, à Quartier Militaire,
tous mordus de ballon rond, décident de fonder un club
de foot-ball. C'est ainsi que le Cercle de Quartier Militaire
(CQM) a vu le jour. " Apar inpe foutborl pa ti ena narien
pour bann zenes sa lepok-la dan nou landrwa ", explique
Kaviraj Joorawon, nouvellement élu à la présidence
du cercle. " Ce désuvrement des jeunes commençait
à nous inquiéter, et nous avions remarqué
que de plus en plus de jeunes se laissaient gagner par l'alcool
ou le gandia ", poursuit-il. " C'est pour offrir
l'alternative des loisirs sains à nos jeunes que nous avons
fondé ce cercle ".
Forts de l'enthousiasme des débutants, les responsables
de ce nouveau club de jeunesse contactent personnellement leurs
amis du quartier pour les inciter à les rejoindre dans
les activités du club. " Le fait que le foot-ball
a été présenté comme notre principale
activité nous a grandement facilité la tâche,
car presque tout le monde aime le foot ", explique le
nouveau président.
Le 1er mai 2001, alors que d'autres couraient aux meetings politiques
de la Fête du Travail, les animateurs du CQM inauguraient
leur local, gracieusement mis à leur disposition par Abdel
Koosah, un généreux mécène. "
Ce local nous a permis de nous engager dans des activités
sociales tout en offrant des jeux intérieurs, comme le
carrom, les dominos, les cartes, entres autres, à nos membres
", indique le président.
Le foot continuera toutefois à galvaniser l'énergie
des membres du CQM. Sous la férule de Palvez Sudd, joueur
qui habitait à l'époque le village, les jeunes du
CQM s'entrainaient une fois la semaine sur le terrain de la State
Secondary School de Quartier Militaire. " On déboursait
Rs 200 par entraînement ! ", précise Kaviraj
Joorawon.
Très vite, la jeune formation est appelée à
devenir l'équipe junior de la Rangers' Youth Club, club
de foot de première division de Moka-Flacq qui n'a pas
de club junior. " Nous sommes toujours les juniors de
Rangers' Youth Club ", lance Kaviraj non sans fierté.
Le président ne peut s'empêcher toutefois de déplorer
le manque de soutien des autorités aux jeunes. "
Pena narien pou zenes ! A penn si nou finn kapav organiz de tournwa
gras a finansman de bann sponnsor prive ", déplore-t-il.
Le CQM ne délaissera pas pour autant le domaine social.
C'est ainsi qu'une collecte de sang est organisée en 2006
avec la collaboration du Moka/Flacq Regional Youth Council. "
Un franc succès ", indique le président.
Les jeunes du CQM carressent l'idée d'organiser une nouvelle
collecte de sang et un examen médical pour les personnes
du troisième âge de leur localité. "
Sa pou aide nou si donn nou enn koudmin ! ", souhaite-t-il.
TRANSPORT PUBLIC : les opérateurs illégaux réapparaissent
Le secrétaire général de la Mauritius Bus
Owners Cooperative Federation (MBOCF), Sunil Jeewoonarain, se
dit satisfait des revenus additionnels amenés par la hausse
des tarifs d'autobus, intervenue depuis lundi dernier. Il craint,
cependant, que les opérateurs illégaux et l'allocation
de nouveaux permis de contract vehicles ne viennent placer
les propriétaires des autobus individuels dans la même
situation qu'avant, soit des difficultés à joindre
les deux bouts.
" On pensait que cette hausse des tarifs allait nous aider
à sortir de la crise financière dans laquelle nous
nous trouvions. Mais voilà que les véhicules illégaux,
dont la grande majorité, je dois l'avouer, avaient disparu
de la circulation, ont refait leur apparition. Je peux citer les
routes : de La Louise à Flic-en-Flac, de St-Pierre à
Port-Louis, de Quatre-Bornes à Rivière-Noire et
aussi ailleurs ", déclare-t-il. Selon lui, il
y a également des voitures privées qui font le taxi
train dans plusieurs endroits. " Zot pe grat boukou nou
bann pasaze lor nou larout ", ajoute-t-il.
M. Jeewoonarain craint que la situation dans le transport public
ne se corse à nouveau, d'ici quelques mois, et qu'elle
n'entraîne de nouvelles difficultés financières
chez les propriétaires individuels. " Nous ne pouvons
continuer à réclamer des hausses des tarifs à
chaque fois. Les autorités doivent combattre le transport
illégal pour que nos autobus puissent rouler et offrir
un bon service aux passagers ", dit-il.