MORC. -RAFFRAY Alors qu'il rentrait de l'école


Un enfant de 11 ans séquestré par un inconnu hier soir


AUSTRALIE Mauricien condamné à vie


Eric Gassy victime de Miscarriage of Justice


MORC. -RAFFRAY Alors qu'il rentrait de l'école


Un enfant de 11 ans séquestré par un inconnu hier soir

Ce matin, les limiers de la CID de Terre-Rouge étaient sur le terrain où le garçonnet a été retrouvé hier soir. Ils sont précisément à l'endroit où se trouvait son cartable

Un garçon de 11 ans, porté manquant depuis hier après-midi, a été retrouvé dans un état de choc vers 20 h dans la soirée d'hier sur un terrain broussailleux à proximité de son école primaire à Morcellement-Raffray. Il a indiqué aux enquêteurs avoir été enlevé et séquestré par un inconnu. Aussitôt retrouvé, il a été transporté à l'Hôpital du nord où il est toujours admis. Il est important de souligner que mardi, ce même enfant avait été agressé au cutter et délesté de son porte-monnaie en revenant de l'école.

Hier après-midi, apprenant que leur fils n'était pas encore arrivé chez sa tante à Terre-Rouge, chez qui il se rend tous les jours vers 16h45, pour un soutien scolaire en vue de ses examens du CPE, ses parents se sont mis à sa recherche. A la nuit tombée, la mère s'est rendue au poste de police de Terre-Rouge où une entrée a été faite à 18 h 45.

Les forces de l'ordre ont alors déployé les grands moyens pour retrouver l'enfant. Des équipes de la Special Support Unit, de la Central Investigation Division de Terre-Rouge et des maître-chiens ont effectué, avec le soutien de quelques habitants de la localité, une battue aux alentours de l'école primaire pour tenter de retrouver l'enfant. Peu avant 20 h, le sac de l'enfant a été retrouvé sous un arbre au beau milieu d'un terrain vague longeant la rue Virahsamy-Iyer au pied de la montagne - située à l'arrière l'école. Le père craignant alors le pire.

Quelques instants plus tard, l'écolier a été retrouvé, en larmes, tremblotant et visiblement terrifié, à une trentaine de mètres de son sac. Interrogé, le garçon a indiqué qu'en sortant de l'école, il devait se rendre chez sa tante qui habite à quelque dix minutes de l'établissement scolaire mais qu'il aurait été enlevé par un inconnu qui l'a entraîné dans les buissons.

Craignant que l'enfant ait pu être victime de sévices sexuels, les médecins ont référé l'affaire au Principal Medical Officer de la police pour d'autres examens. Toutefois, à ce matin, aucun rendez-vous n'avait encore été fixé vu l'état de choc psychologique dans lequel se trouve l'enfant. Pour l'instant, même ses parents ne sont pas vraiment au courant de ce qui s'est effectivement passé hier car l'enfant n'arrive pas à en parler, a déclaré sa mère au Mauricien, ce matin : " Depuis qu'il est à l'hôpital, il ne fait que dormir. Il s'est réveillé ce matin encore sous le choc et j'ai préféré ne rien lui demander pour l'instant. "

Le père précise : " Pour l'instant tout ce qu'on sait c'est qu'un homme l'a entraîné dans les buissons et l'a séquestré. Je n'ai aucune idée sur l'identité de cet homme mais je ne veux pas brusquer mon fils. Pour moi, il est évident que c'est un pervers. " Quelques écoliers de l'établissement primaire affirment qu'un homme est souvent devant l'école à la sortie des classes.

" Repaires de malfaiteurs "

Pour sa part, un membre du corps enseignant de cet établissement nous avoue son exaspération face au danger que courent les élèves : " D'une part, l'école se trouve au pied d'une montagne, dans un endroit résidentiel, certes, mais avec beaucoup de terrains vagues et de maisons abandonnées qui sont devenus de véritables repaires de malfaiteurs ces derniers temps. Et d'autre part, la zone étant morcelée, un agresseur peut facilement s'enfuir en passant par les petites avenues pour semer les policiers. Je me demande ce que font les autorités. "

Ce matin, les limiers de la CID de Terre-Rouge mené par l'inspecteur Joomun étaient à pied d'œuvre sur le terrain où a été retrouvé l'enfant. Ils étaient accompagnés du père. Le terrain où l'enfant a été retrouvé semble est très accidenté avec beaucoup de hautes herbes et des buissons atteignant facilement plus d'un mètre. Là où le cartable du garçon a été retrouvé, l'herbe était quelque peu aplatie, suggérant que c'est sans doute là qu'il a été retenu par son agresseur. Ils se sont ensuite rendus à l'Hôpital du nord en vue d'interroger le garçon.

Pour ce qui est de l'incident de mardi, l'affaire a été rapportée au poste de police de Terre-Rouge. Il ressort qu'en revenant de l'école, l'enfant a été victime d'une agression au cutter et d'un vol comme l'explique son père : " On lui a pris son porte-monnaie et on lui a lacéré le bras. Nous avons consigné une déposition à ce sujet. Je ne peux vous dire si c'est la même personne. "

Le Mauricien est allé à la rencontre du maître d'école de l'établissement pour savoir si des arrangements ont été faits pour qu'un policier soit posté devant l'école à la sortie des classes. Répondant par l'affirmative, il n'a toutefois pas pu nous dire s'il y avait un policier devant l'école hier après-midi. D'autre part, nous avons appris que le maître d'école a été appelé à soumettre un rapport au ministère sur cette affaire.

Rappelons que depuis des années, les forces vives de Morcellement-Raffray ont alerté les autorités sur les dangers que représentent les terrains vagues qui sont légion dans cette localité. Dawood Mootoojakhan, président des forces vives, a, à maintes reprises, envoyé des lettres aux autorités concernées, sans résultat.


AUSTRALIE Mauricien condamné à vie


Eric Gassy victime de Miscarriage of Justice

Jean Eric Gassy

Jean Eric Gassy, ancien psychiatre mauricien exerçant en Australie qui avait été condamné à vie pour le meurtre par balles de Margaret Tobin le 14 octobre 2002, à Adélaïde, a été victime d'un Miscarriage of Justice. C'est ce qu'a révélé la Haute Cour d'Australie dans un jugement en appel rendu hier. De ce fait, Jean Eric Gassy, qui avait assuré sa propre défense devant cette instance judiciaire, pourra quitter la prison de Yatala, où il est incarcéré depuis janvier 2004, en attendant le déroulement de son nouveau procès prévu pour le début de l'année prochaine.

Le motif derrière le meurtre de la victime, Margaret Tobin, ancienne South Australia Mental Health Chief, dans un ascenseur de ce département de la Santé à Adélaïde, est que Jean Eric Gassy n'aurait pas digéré sa responsabilité et son rôle dans la décision de le radier de l'Ordre des Psychiatres en Australie quelques années auparavant. C'est ce qu'a soutenu le ministère Public lors du procès au criminel, qui avait été suivi par la presse australienne et mauricienne.

En ce qui concerne le jugement en appel d'hier, la presse australienne soutient que le verdict du Full Bench de la Haute Cour d'Australie était à une majorité de trois contre deux. " The majority said Supreme Court judge Ann Vanstine had merely reinstated the essential elements of the Prosecution case, with barely a reference to the defence case. After a day and a half, the jury returned its guilty verdict 30 minutes later. High Court Judge Michael Kirby, who sided with judges Bill Gummow and Ken Hayne, said that there was powerful evidence of Gassy's guilt. Justice Kirby said this made it a borderline case for retrial. Definitely, it is at the cusp ", soulignent les journalistes australiens Michael Pely et Pia Akerlan en faisant état des attendus de ce jugement en appel.

Aux termes de cette décision de la Haute Cour ordonnant un Retrial en faveur de Jean Eric Gassy, ce dernier peut s'attendre à être élargi de la prison de Yatala en prévision du nouveau procès, qui devra être entendu l'année prochaine. Mais il devra initier de nouvelles procédures pour sa remise en liberté provisoire dans les semaines à venir.

Erreurs

Les proches de la victime, dont entre autres l'époux de Margaret Tobin, prennent mal ce revirement de situation. " I was hoping more than anything else that this (the retrial) would be the last thing. It would be knocked on the head and that would be that. But reality said that was not to be and you try again I guess ", a déclaré à la presse Don Scott, le conjoint de la victime, après le jugement.

Le meurtre de Margaret Tobin de quatre coups de pistolet tirés à bout portant dans un ascenseur d'un immeuble du département de la santé dans le sud de l'Australie remonte au 14 octobre 2002. Le ministère Public affirme dans le dossier à charge que six mois avant de commettre ce crime, le suspect avait fait des réservations sous le faux nom de Pais dans un hôtel d'Adélaïde, sachant que sa victime allait participer à une conférence du Royal Australian College of Psychiatrists. Il aurait fait le voyage en voiture de Sydney à Adélaïde, et pris sa victime en filature alors qu'elle regagnait son bureau. Il l'aurait abattue de quatre coups de feu dans l'ascenseur avant de prendre la fuite et rentrer à Sydney en voiture.

Jean Eric Gassy, qui avait assuré sa défense lors de son procès, a soutenu en appel devant la Haute Cour que la juge qui l'avait condamné à vie avait commis 11 erreurs. Mais la Haute Cour d'Australie ne devait en retenir que deux. " The case against him was circumstantial as other lift passengers could not identify him and no witness could say that he was left alone in the lift with Tobin. Justices Gummow and Hayne said Justice Vanstine's direction restated the essential elements of the circumstantial case upon which the prosecution relied in proof of guilt. The way forward which the judge suggest it was alone a single path leading only to a verdict of guilt ", souligne le jugement majoritaire pour justifier un cas de Miscarriage of Justice et un Retrial.

Les trois juges affirment que " the evidence which was led at the trial permitted the jury to draw these conclusions but the evidence did not compel them ". Les deux autres juges, Susan Crennan et Susan Kiefel ne partagent la décision des autres juges sur le Bench. Elles affirment que la juge Vanstine n'avait émis aucune directive aux membres du jury.