SUCRE Accord de partenariat SDS-Südzucker


Cyril Mayer : " Un accord historique "


AFFIDAVIT De retour à Maurice


Un homme découvre sa maison à moitié démolie


SUCRE Accord de partenariat SDS-Südzucker


Cyril Mayer : " Un accord historique "

La logistique portuaire est un atout majeur dans le succès du partenariat SDS-Südzucker. 20 000 conteneurs additionnels seront embarqués annuellement

Le président du Syndicat des sucres, Cyril Mayer, a qualifié d'historique, hier, l'accord de partenariat à long terme conclu avec le producteur européen Südzucker. L'accord - signé hier par le Chief Executive du SDS, Jean-Noël Humbert, et son homologue de Südzucker, Theo Spettmann - porte sur la fourniture annuellement de 400 000 tonnes de sucre blanc et du sucre industriel entre 2009 et 2015 pour être commercialisés directement sur le marché européen. L'accord a été qualifié de " très bon deal " par le ministre de l'Agro Industrie, Arvin Boolell, qui a rencontré les deux nouveaux partenaires, hier. De son côté, Hansraj Ruhee, vice-président du SDS, a réclamé une augmentation du prix du sucre sur le marché local et l'abolition des subventions sur ce produit.

C'est en présence de tous les dirigeants des établissements sucriers et les membres du Syndicat des sucres que l'accord avec Südzucker, la plus grande compagnie sucrière européenne, a été signé, hier. Rencontrant la presse par la suite, le président du SDS a estimé que c'est un accord équilibré. Et d'expliquer que la séparation avec Tate and Lyle fait suite à une étude approfondie qui a débouché sur la conclusion que Maurice n'est pas en mesure de rester compétitive en ce qui concerne la production du sucre roux ; qu'elle a le potentiel pour figurer parmi les fournisseurs de sucre blanc les plus compétitifs dans le groupe ACP/PMA et que les producteurs de sucre de betterave constituent les meilleurs partenaires stratégiques pour Maurice.

A la lumière ces constatations, il a fallu trouver un partenaire capable de donner de la valeur ajoutée au SDS à travers sa présence sur le marché européen. Sur la base d'une analyse approfondie, le SDS est arrivé à la conclusion que la compagnie Südzucker est le partenaire le plus approprié pour Maurice.

Le sucre blanc produit à Maurice doit correspondre aux normes européennes et doit être d'une qualité équivalente à celle que commercialise Südzucker sur le marché européen. Le SDS estime qu'avec la production du sucre blanc et du sucre industriel, Maurice sera en mesure de compenser la baisse de 36% du prix du sucre roux en vigueur à partir d'octobre de l'année prochaine. Le prix de référence européen pour le sucre blanc sera alors de 404 euros contre 335 euros pour le sucre roux.

Jusqu'en 2015

Maurice, qui produit quelque 500 000 tonnes de sucre annuellement, consacrera donc 80% de sa production aux termes du partenariat commercial avec Südzucker. La différence, c'est-à-dire entre 100 000 et 125 000 tonnes, sera commercialisée sous forme de sucres spéciaux.

Le présent contrat prend fin en 2015 avec une possibilité de renouvellement. Le communiqué conjoint publié hier précise : " The partnership between Mauritius and Südzucker is a long-term strategic alliance, the present date of 2015 having been chosen only on the basis of the expiry date of the current EU market regulation term. "

Les 400 000 tonnes de sucre blanc seront produites par deux raffineries qui seront construites à FUEL et à SUDS qui nécessiteront des investissements de l'ordre de Rs 2 milliards. Une partie du sucre blanc viendra de Belle-Vue, qui est surtout spécialisé dans la production des sucres spéciaux.

Les facteurs critiques pour la réussite de la mise en œuvre de l'accord entre le syndicat des sucres et Südzucker sont les logistiques et le fret. Le sucre sera transporté à partir des raffineries vers le Mauritius Container Terminal dans des conteneurs. Quelque 20 000 conteneurs représentant 50% du nombre de conteneurs à l'exportation seront transportés annuellement. Ce qui nécessitera pendant la période de coupe un va-et-vient quotidien 24 heures sur 24 des camions de conteneurs sur nos routes. " L'efficience portuaire est plus que jamais nécessaire ", ont souligné aussi bien Cyril Mayer que Theo Spettmann, de Südzucker. Ce dernier a fait une présentation de sa compagnie, dont 60% des activités sont consacrées au sucre. La compagnie produit aussi du bio-éthanol à partir de la betterave. Il est convaincu que c'est un secteur d'avenir, mais interrogé sur l'éthanol produit à Maurice, il se dit convaincu qu'il peut être écoulé à Maurice sous la forme de bio fuel dans le cadre un mélange éventuel avec de l'essence.

Pour sa part, Hansraj Ruhee a estimé que cet accord profitera à tous les partenaires concernés dont les planteurs de cannes dans la mesure où les profits découlant de la vente du sucre en Europe seront partagés avec les planteurs. Il s'est toutefois prononcé en faveur de l'abolition des subsides accordés par le secteur sucrier au sucre commercialisé sur le marché local.

Le syndicat des sucres est également en faveur de l'abolition du cess imposé sur l'industrie sucrière pour le financement des institutions sucrière.



Boolell : les mérites de l'accord doivent être expliqués

Interrogé par Le Mauricien ce matin, le ministre de l'Agro-industrie, Arvin Boolell, s'est réjoui du fait que le contrat de partenariat à long terme entre le Syndicat des sucres et la compagnie européenne Südzucker permettra aux producteurs mauriciens d'avoir un marché garanti durant six ans jusqu'en 2015.

La compagne Südzucker est, a-t-il précisé, un partenaire fort, qui réalise que Maurice est un partenaire fiable qui a bien enclenché la réforme sucrière et qui dispose d'une stabilité politique.

Arvin Boolell affirme avoir eu l'occasion de s'entretenir avec les partenaires allemands et mauriciens hier, et a lancé un appel en faveur d'une interaction entre le syndicat des sucres et ses partenaires sucrières, dont les planteurs, pour leur expliquer les mérites de cet accord. La baisse de 36% du prix du sucre roux sur le marché européen sera compensée par la valeur ajoutée découlant de la production du sucre blanc. De plus, ce partenariat permettra de développer un puissant lobby en Europe pour faire comprendre aux Européens que le sucre est un produit sensible. " Notre cause sera portée prochainement devant l'OMC à Genève ", a-t-il dit.

Arvin Boolell a aussi lancé un appel à l'Union européenne pour qu'elle ne donne pas accès au marché européen, durant la période de transition jusqu'en 2015, au sucre provenant de pays tiers, c'est-à-dire qui ne sont ni européens ni ACP. Sinon, cela risquerait de déséquilibrer la structure du marché au détriment des pays comme Maurice. Il a rappelé que les pays comme le Brésil et la Thaïlande ont promis, dans le cadre de leur revendication en faveur de la libéralisation du marché sucrier, de faire en sorte que les pays ACP ne soient pas worse off. D'autre part, le ministre a demandé que les 75 000 tonnes de sucre qui seront distribuées dans la région ESA dans le cadre de l'accord en vue d'un accord de partenariat économique avec l'UE reviennent aux pays qui peuvent produire. Il a également insisté sur l'importance de l'efficience de la logistique routière et portuaire.

Interrogé quant à l'avenir du bulk terminal, il a fait ressortir qu'une solution sera trouvée en collaboration avec la MPA. Le développement portuaire, a-t-il précisé, a un effet multiplicateur en terme de création d'emplois. Quant au prix du sucre sur le marché local, M. Boolell a précisé que l'accord entre la MSPA et le gouvernement prévoit une augmentation graduelle et que, dans un premier temps, les subventions sur le sucre utilisé à des fins industrielles seront abolies.


AFFIDAVIT De retour à Maurice


Un homme découvre sa maison à moitié démolie

Photo prise par Leonard de la Haye (en médaillon) le 26 mai dernier, avec le bulldozer qui vient d'être utilisé pour démolir un pan entier de mur

Dans un affidavit juré le 30 mai dernier, Leonard de la Haye, pilote de son état, affirme que sa femme, avec qui il aurait des relations tendues depuis trois ans, a vendu à son insu leur domicile conjugal au Morne Work and Surf Ltd alors qu'il était à Londres. Rentrant chez lui, après un voyage, le 26 mai dernier, l'époux, pilote de profession, a eu la mauvaise surprise de retrouver sa maison dans un état épouvantable avec des pans de mur complètement démolis. Un ordre intérimaire émis par le juge Domah, vendredi après-midi, interdit à l'épouse, Lynn de la Haye, et aux nouveaux propriétaires de tenter de déloger M. de la Haye. Ce dernier leur a fait servir une mise en demeure réclamant Rs 50 M de dommages.

Plusieurs pièces de la demeure de Leonard de la Haye, située à Marlin View, Chemin-Mourouks, Morne, ne sont plus qu'un amas de briques et de barres de fer tordues. Des tableaux et divers souvenirs que collectionnait le couple ont été réduits en miettes par un tracteur chargé de démolir complètement la maison en vue du nouvel établissement que pensaient y bâtir les nouveaux propriétaires, Le Morne Work and Surf Ltd.

Dans son affidavit, Leonard de la Haye explique que le 26 mai dernier, à 6 h 30, alors qu'il vient à peine d'atterrir après un voyage à Londres, il reçoit un appel l'informant que des personnes étaient actuellement dans sa cour et qu'une des personnes, à bord d'un tracteur, était en train de détruire un pan de mur de sa maison.

" En arrivant chez moi, je constate qu'effectivement ma maison était en passe d'être démolie et là c'est le choc total quand un parfait inconnu m'informe qu'il est le propriétaire et que je suis en train de violer sa propriété ", a expliqué au Mauricien Leonard de la Haye, qui a également aujourd'hui la nationalité mauricienne. Il nous a également affirmé - et il en fait mention dans son affidavit - que sa femme était alors présente sur les lieux : " Elle parlait aux personnes présentes et donnait des instructions pour la destruction de la maison. "

Notre interlocuteur indique également dans son affidavit, rédigé par les soins de l'avoué Appa Jala, avoir appelé la police : " I called for police assistance but the police informed me that they could not intervene as the persons who were on the site were acting under the instructions from the allegedly new owner of the house and that I had no title or any other document to prove that I am the owner and/or the occupier of the said premises or that I have been in occupation even though it was evident that all my personal effects and my furniture were in the house as well as my maid and my gardener. It was only after the intervention of my legal advisers that the police intervened and then requested the said persons to leave the premises which they did but subsequently came back and caused further demolition of my home. "

Détérioration

Dans une déposition consignée à la police, Leonard de la Haye relate qu'il a épousé civilement Lynn Cofford en 2003 et que dans le courant de la même année, ils ont acheté leur domicile à Marlin View, Chemin-Mourouks, Le Morne. Etant donné qu'il n'avait pas encore la nationalité mauricienne, tous les titres de propriété sont inscrits au nom de son épouse. Mais leurs relations auraient commencé à se détériorer, il y a de cela trois ans, et, aux dires de l'époux, depuis lors, ils auraient vécu séparément dans la même maison.

Par ailleurs, c'est au poste de police que Leonard de la Haye a appris que sa propriété a été vendue le 6 et 7 mai 2008 et a été enregistrée devant le notaire Me Patrice Avrillon le 19 mai 2008.

D'autre part, le 28 mai 2008, en l'occurrence deux jours après son retour à Maurice, un groupe de personnes se seraient à nouveau présentées chez lui, comme il le précise dans l'affidavit : " On 28th, a group of some ten persons again came to my house and attempted to continue the demolition of same. One of these persons ordered me to vacate the premises and threatened to have me killed by drowning me in the sea. "

Leonard de la Haye, qui a retenu les services de Me Jean-Claude Bibi, a fait servir une mise en demeure, hier, réclamant des dommages de Rs 50 M à son épouse et aux nouveaux propriétaires. Entretemps, un ordre intérimaire a pu être obtenu vendredi après-midi interdisant à Lynn de la Haye et aux nouveaux propriétaires de tenter quoi que ce soit pour déloger Leonard de la Haye de sa propriété.