INDUSTRIE SUCRIÈRE Récolte 2008
La coupe estimée à 450 000/460 000 tonnes de sucre
BUDGET 2008/2009 Réactions
Les planteurs satisfaits des mesures annoncées
BUDGET Board of Investment
Évaluation de l'impact sur l'investissement
INDUSTRIE SUCRIÈRE Récolte 2008
La coupe estimée à 450 000/460 000 tonnes de sucre
Le Crop Monitoring Committee de l'industrie sucrière s'est réuni ce matin pour procéder à une première estimation officielle de la récolte sucrière, qui a démarré en cette fin de semaine à Deep-River/Beau-Champ. En effet, les indications recueillies et analysées officiellement misent sur une production variant dans la fourchette de 450 000 à 460 000 tonnes de sucre. Certes, ces estimations sont en progression sur les 437 000 tonnes de sucre de l'année dernière mais encore loin de la barre des 500 000 tonnes de sucre. Ces chiffres ont été rendus publics à la mi-journée par la Chambre d'Agriculture.
Avec une production de cet ordre, le manque à gagner pour l'industrie sucrière est estimé à quelque Rs 1 milliard sur une récolte sucrière normale et au prix du sucre en vigueur l'année dernière. Force est de constater qu'avec la réforme sucrière imposée par la Commission Européenne, le prix de la tonne de sucre sera de Rs 15 200 en 2008 contre Rs 18 200 l'année dernière, soit une baisse de Rs 3 000 par tonne.
Avec cette baisse dans le prix du sucre à l'exportation, l'industrie sucrière sera forcée pour une nouvelle année supplémentaire à avoir recours à l'importation de quelque 40 000 tonnes de sucre en vue de satisfaire le marché local. Avec le prix pratiqué actuellement sur le marché local, des subventions de Rs 400 millions sont à prévoir.
Une autre composante majeure dans les comptes financiers de l'industrie sucrière concerne le Cess. Avec la mise en application des recommandations salariales du Pay Research Bureau (PRB) et la hausse de la facture pétrolière, un montant de Rs 700 millions s'impose à l'item du Cess.
La Chambre d'Agriculture confirme qu'avec une production sucrière dans la fourchette de 450 000 à 460 000 tonnes de sucre, la production de cannes est estimée à 4,4 millions de tonnes. " Les conditions climatiques durant les trois premiers mois de l'année ont été bien meilleures permettant du coup à la canne de rattraper une partie de son retard. À la fin de mars, la canne accusait en taille un retard de 8% seulement par rapport à la normale ", souligne la Chambre d'Agriculture.
Mais les mois de mai et d'avril n'ont pas donné les résultats escomptés avec une pluviométrie déficitaire au mois d'avril et une pluviométrie excédentaire en mai. " Dans les deux cas, le développement de la canne a été largement affecté ; la radiation solaire trop faible durant le mois de mai n'a guère pu améliorer les conditions de la croissance ", ajoute la Chambre d'Agriculture dans son analyse.
En conclusion de ces premières délibérations du Crop Monitoring Committee, la Chambre d'Agriculture note qu'" à partir de maintenant, les espoirs d'une meilleure récolte repose sur un climat plus propice à la maturation de la canne, soit un temps relativement sec et froid, et ce au moins jusqu'au mois de septembre. Autrement, il n'y aura pas d'amélioration du taux du sucre dans la canne et donc du taux d'extraction à atteindre ". La prochaine évaluation de la récolte
Les planteurs satisfaits des mesures annoncées
Quatre associations de planteurs de légumes et de cannes à sucre - la Planters Reform Association (PRA), la Centre-West Small Planters Association, la Small Planters Association et la Mauritius Agricultural Marketing Cooperative Federation - ont exprimé, jeudi, sous l'égide de la Small Planters Welfare Fund, leur satisfaction des mesures annoncées en leur faveur par le ministre des Finances Rama Sithanen, dans son budget, vendredi dernier.
Chez les planteurs de cannes, Salil Roy (PRA) a salué l'effort du gouvernement qui propose le Real Estate Scheme (RES) aux petits planteurs dont les terres ne seraient pas rentables dans le cadre de la réforme de l'industrie sucrière. Il s'est dit aussi satisfait de ses mesures prises actuellement dans le cadre de cette réforme qui va, selon lui, absorber la baisse drastique du prix du sucre qui sera de l'ordre de 36% à partir de 2009.
Sanjeev Dindyal (CWSPA) s'est dit heureux de la décision du gouvernement de write-off ou de rééchelonner les dettes des petits planteurs auprès de la Banque de Développement (DBM). " Pe don 1000 arpan later pou plant legim. Nou don garanti ki avek sa later la dan trwa zan nou pou vin otosifisan. Pa pou ena problem manze dan Moris ", a-t-il déclaré.
Pour sa part, Tunraz Rampall (MAMCF) a déclaré que cette fédération est très intéressée par la Cross-Border-Initiative (CBI) qui consiste à investir à Madagascar dans la culture de légumes et de fruits. Il a dit que le soutien obtenu du gouvernement dans le cadre de ce budget va grandement aider dans ce sens. " Nou pare pou al prodir dan la rezion si gayn posibilite ", a-t-il ajouté. Selon lui, c'est un budget " historique " pour l'agriculture, surtout pour les petits planteurs de légumes et les consommateurs.
Finalement, Kripalou Sunghoon (SPA) a estimé que le budget semble " bien recherché ", avec une bonne orientation " ki pou fer la popilasion bouz ver enn meyer lavi. " Ce budget, a-t-il ajouté, va soulager les planteurs qui sont endettés.
Interrogé par Le Mauricien sur la satisfaction affichée, M. Roy a dit que les planteurs attendaient un tel budget et que le signal envoyé par le ministre des Finances est bon. Mais, a-t-il précisé, il reste beaucoup à faire pour son implémentation. " Mo persiste pou dir ki bouko zafer ki ti anonse dan le pase pa ti fer. Par ekzamp : write-off det planter. Je ne crois pas qu'il s'agisse cette fois-ci d'un effet d'annonce seulement. "
M. Dindyal a répondu que tout budget n'est pas implémenté à 100%. " Nou pe atan ki ban mezir pou planter la pou vini ", a-t-il ajouté. M. Sunghoon a, lui, répondu que le fait que le ministre des Finances ait accepté environ 50% des propositions venant de la part des planteurs montre que l'intention est bonne. " Nous allons veiller à ce que les mesures annoncées soient concrétisées. Sinon kan eleksion vini lerla nou pou deside si pou donn sertifika satisfaksion ", a-t-il déclaré.
Quant à la démarche d'améliorer l'autosuffisance alimentaire dans le pays, M. Roy a souligné que dans le passé Maurice était autosuffisante en pommes de terre et en oignons, " kan nou tipe prodir sa lor later marzinal ". " Avec les mille arpents de terres qui vont être mis à notre disposition, je crois que nous ferons mieux ", a-t-il déclaré.
Évaluation de l'impact sur l'investissement
Le Board of Investment (BoI) estime que le budget 2008/2009 vise des objectifs d'investissement à long terme dans l'infrastructure et le capital humain ainsi qu'une approche inclusive liée à la croissance du pays. Le BoI a évalué l'impact possible des différentes mesures annoncées vendredi par le Grand Argentier sur le cadre général de l'investissement aussi bien que sur divers secteurs d'activités.
Dans une note adressée à l'investisseur, le directeur général du BoI, Raju Jaddoo, affirme que son organisation a été mandatée pour continuer le processus de reforme afin de réduire au minimum le nombre de permis existant. Les réformes sur les litiges commerciaux, l'enregistrement à la propriété, l'accès au crédit, et les permis import/export sont recommandées dans le budget 2008/2009, avec pour objectif de placer Maurice parmi les 10 premiers pays dans le classement du Doing Business Survey de la Banque mondiale. Raju Jaddoo rappelle, par ailleurs, que depuis 2005, le BoI travaille sans relâche pour l'amélioration du classement de Maurice qui se retrouve actuellement à la 27e place dans ce rapport.
Le directeur général parle des opportunités d'investissement privé dans de grands projets d'infrastructure (Highlands, port, aéroport ; éducation tertiaire, entre autres). Il estime également que les perspectives d'investissement pour les sociétés agro-industrielles dans les projets de développement de la production alimentaire, tant au plan local que régional, sont intéressantes. De plus, la création des Real Estate Investment Trusts (REIT) va, selon le BoI, dynamiser le secteur des biens immobiliers.
Le BoI mesure ensuite les différentes déclarations/mesures budgétaires sur l'investissement en les regroupant sous divers chapitres :
Permis
Concernant la rationalisation du système d'octroi de permis, le BoI pense que l'annonce faite par le Grand Argentier vise à créer un environnement des affaires transparent et contribuer à une réduction des coûts et du temps pour le traitement des demandes de permis par les opérateurs privés ;
Enregistrement des propriétés
Le budget annonce une réduction (de 210 à 15 jours) du délai d'enregistrement et, selon le BoI, la réalisation d'une telle mesure permettrait à Maurice d'améliorer son classement (de la 27e à la 19e place) dans le Doing Business Survey. Le BoI pense également que les titres de propriété seront disponibles dans un délai plus court. Un enregistrement plus efficace des propriétés facilitera, par ailleurs, l'accès aux crédits et accélérera l'investissement.
Obtention de crédits
Le Boi est d'avis que l'extension de la couverture du Mauritius Credit Information Bureau aux institutions financières non-bancaires et autres utility companies devrait permettre à un plus grand nombre de consommateurs à obtenir des facilités de crédit. De plus, la création de bureaux privés d'informations sur les crédits aidera à l'élimination des information asymetries entre emprunteurs et créanciers. Les mesures aideront également les créanciers à mieux évaluer les risques de crédit et le profil des emprunteurs.
Respect des contrats
La mise sur pied d'une Cour pour juger les litiges commerciaux devrait se traduire par une réduction considérable du temps pris pour la mise en application des contrats. L'objectif de ramener de deux ans à sept mois le délai pour enforce un contrat aura un impact direct sur la capacité du secteur des affaires à appliquer les clauses des contrats et s'assurer que tout litige commercial soit réglé à temps. " Firms will be less conservative in extending trade credit given the risk that contracts would be enforced in a timely manner ", écrit le BoI. Ce dernier estime que l'ensemble des mesures va encourager l'investissement à long terme et permettre à Maurice d'améliorer son classement en terme de Doing Business.
Energie renouvelable
Avec la création d'un fonds de Rs 1,3 milliard sous l'appellation de "Maurice île Durable" et la mise sur pied d'une institution régulatrice pour le secteur énergétique, entre autres, les investisseurs seront beaucoup plus intéressés à se lancer dans la production d'énergie renouvelable. De plus, tenant compte de l'accent mis dans le budget sur la réduction de la consommation de l'énergie fossile, le BoI pense que les ménages et les entreprises, les établissements hôteliers, entre autres, seront incités à investir dans l'énergie solaire, des technologies pour l'économie d'énergie et à développer des projets d'investissement sous le concept PPP (Public/Private Partnership).
Sécurité alimentaire
Mention est faite d'une série de mesures et d'objectifs pour l'accroissement de la production alimentaire aux plans local et régional. Le BoI est d'avis que les opérateurs locaux auront la possibilité d'exploiter les opportunités dans les pays de la région et envisager une production à plus grande échelle dans divers sous-secteurs : production vivrière, de lait, de viande, aquaculture, entre autres.
Infrastructure
Les projets de rénovation du réseau routier, de l'aéroport, du port et d'expansion du réseau SAFE ouvriront la voie à des investissements accrus dans le développement du réseau routier et la construction de ponts/chaussées (toujours sous le concept PPP), l'amélioration des infrastructures portuaires et aéroportuaires, la conception et construction des méga-projets (Highlands/Tianli), les public utilities et la technologie informatique.
Services financiers
Le budget fait état d'amendements législatifs en vue d'encourager les institutions financières à se lancer dans de nouveaux services/transactions transfrontaliers. Le BoI affirme que cela donnera un coup de pouce au marché des titres et permettre à Maurice de se placer comme un hub régional pour ce type de transaction financière. La flexibilité qui sera accordée aux banques concernant les horaires pour effectuer leurs transactions va plaire au monde des affaires. Par ailleurs, L'investissement en terme de financial lease devrait croître, prévoit le BoI.
Développement immobilier
La série de mesures proposées dont la réduction des droits de douane sur certains items de construction, le développement de la zone aéroportuaire, la conservation d'énergie concernant la conservation d'énergie dans les projets IRS (Integrated Resort Scheme) vont créer des opportunités d'investissement dans la construction de bâtiments commerciaux, la création de facilités de loisirs, des projets immobiliers comportant un volet de conservation d'énergie.
Services logistiques
L'étude sur le port franc va déboucher sur de nouveaux investissements dans ce secteur en vue de le transformer en une véritable plate-forme commerciale entre l'Asie et l'Afrique. Le projet d'expansion de l'aéroport incitera à des investissements dans les services (manutention, accueil des passagers, boutiques hors-taxe, etc). Les développeurs d'infrastructures, en particulier des entrepôts, s'intéresseront au projet de nouveau terminal port-franc à l'aéroport. Le BoI s'attend aussi à des investissements dans le port et dans les services de bateaux de croisières avec l'aménagement d'un terminal spécial par la Mauritius Ports Authority.
Technologie informatique
L'installation d'un câble sous-marin pour établir une connexion internet à haut débit entre les îles de l'océan indien et qui va compléter celui entre l'Afrique et l'Asie (SAFE) augmentera, selon le BoI, la croissance du secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication et intéressera davantage les investisseurs potentiels.