ENFANTS DE RUES Ong SAFIRE


" Sur 2 000 enfants de rues recensés, seuls 400 touchés "


NOMINATION A partir du 20 juin


Menon Munien nouveau conseiller à l'Éducation


BAIE-DU-TOMBEAU Action citoyenne


Nettoyage de la plage publique et de terrains en friche dimanche


TOXICOMANIE À l'initiative des résidents


Cité-Mangalkhan s'informe et s'arme contre la drogue


SUD-EST


Mahébourg : l'insécurité gagne du terrain


NORD Lutte anti-drogue


Sensibilisation/formation pour animateurs sociaux


VIE ASSOCIATIVE Comité de Paix de Trèfles :


" Une nouvelle chance à l'école Nuckchady "



AVIATION : Singapore Airlines élue OAG Airline of the Year 2008


ENFANTS DE RUES Ong SAFIRE


" Sur 2 000 enfants de rues recensés, seuls 400 touchés "

SAFIRE (Service d'Accompagnement et de Formation, d'Intégration et de Réhabilitation de l'Enfant), Ong qui œuvre en faveur de l'aide et de la réinsertion des enfants de rues à Maurice, organise une tombola. Le but : récolter des fonds pour financer ses activités. Le problème d'enfants de rues à Maurice n'est pas négligeable : " Sur 2 000 enfants recensés, l'Ong n'a pu toucher que 400 ", a fait ressortir Narghis Bundhun, présidente de SAFIRE.

Ils ont entre 10 et 16 ans, pour la plupart. D'autres sont moins âgés, certains plus. Comme tant d'autres petits Mauriciens, ils ont des rêves pleins la tête et les yeux. Et des ambitions loin d'être démesurées, d'ailleurs. " Travailler à l'usine " ; " Devenir couturière " ; " Apprendre à lire " ; " Etre maçon " ; " Avoir une famille et des enfants " ou encore, " Aller à l'école ". Fafa, G., Benny, Tessa, Siven, Princhi, Hansley et Kersley sont autant d'enfants, parmi des adolescents et de jeunes adultes, livrés à eux-mêmes, rejetés par le système et qui se sont retrouvés à la rue, à un certain moment, et que l'Ong SAFIRE a pu atteindre par le biais de ses animateurs de rues et de ses éducateurs. A ce jour, selon une étude réalisée par cette Ong, ils seraient environ 2 000 enfants de rues à Maurice. " Nous n'avons cependant pu en toucher que 400, a déclaré Narghis Bundhun, présidente de SAFIRE. Et nous manquons cruellement d'éducateurs et d'animateurs pouvant aller vers tous ces enfants. " D'où l'opération de levée de fonds par le biais d'une tombola (voir plus loin).

Princhi et Kersley sont deux exemples d'enfants de rues qui ont pu être " sauvés ". La première, lors de la présentation du document et le lancement de la tombola, n'a pu retenir ses larmes. Témoignant à visage découvert, la jeune fille, déjà mère d'un enfant de quatre mois, a lancé un appel vibrant : " Mo ase bien. Me mo konn boukou, kouma mwa, ki dan bann sirkonstans pir ki mo finn viv. " Remerciant SAFIRE et les éducateurs pour le travail réalisé auprès d'elle, la jeune femme a souligné que " le nombre d'éducateurs dont dispose l'Ong n'est pas suffisant ". Elle a aussi fait ressortir le fait que " la vie devient de plus en plus difficile. Il y a beaucoup de violence partout, autour de nous tous. Les gens ne font plus d'efforts de comprendre leurs prochains. " " J'espère, a déclaré Princhi, que vous tous qui êtes là, ferez ce qu'il faut pour aider les enfants de rues et SAFIRE. " Dans son intervention, la jeune mère a aussi fait état de sa condition modeste de cleaner pour le compte d'une entreprise nationale. " Mais ce n'est pas évident, a-t-elle souligné. Je souhaiterais un travail plus stable qui m'aidera à faire grandir mon enfant dans une atmosphère calme. Je ne veux pas qu'il connaisse le même parcours que moi… " Souhait auquel a fait écho un autre "rescapé" de la rue : Kersley. Le jeune homme qui, lui aussi, a fondé une famille, jure qu'il serait " un parent responsable, devait-il témoigner dans le document. Mo pa ti a kontan mo zanfan konn seki mo finn kone ".

Princhi et Kersley se sont fait les voix de ces enfants livrés à eux-mêmes, qui fouillent les poubelles et caniveaux pour se remplir l'estomac, qui dorment à la belle étoile, à la faveur des buildings de la capitale ou des gares routières, et qui passent leur temps dans les salles de jeux. Errant pieds nus et presque en haillons, hiver comme été, ils rencontrent " les regards méprisants " ; " les insultes " des autres, " qui nous jugent ". Nombre d'entre eux témoignent des " violences et des coups subis par des adultes, principalement ".

" Pourquoi faire des enfants quand on ne peut s'occuper d'eux ensuite ? " s'est demandée Princhi, amère déjà à 18 ans et révoltée par cette condition. " Beaucoup de parents sont très négligents, a souligné, pour sa part, Kersley. Ils boivent et ne s'occupent pas de leurs enfants… " Son message : de l'espoir et de la persévérance. " Bizin persevere, malgre tou ! "

De Mahébourg à Terre-Rouge, en passant par Rose-Hill, Port-Louis, Bambous, Rivière-Noire, ces enfants de rues " largués par le système et les leurs, ont tous droit à la vie ".



Des fonds pour survivre

Réunissant ses partenaires ainsi que de potentiels sponsors et bailleurs de fonds, ce lundi 16 juin au Domaine Les Pailles, SAFIRE a présenté un court métrage d'une trentaine de minutes. Réalisé par le PNUD avec le concours des éducateurs de rues de l'Ong et soutenue par la voix off de Marjorie Lenette-Kisnorbo, ce document témoigne du quotidien poignant de quelques-uns des enfants de rues de notre pays. " L'argent n'est jamais suffisant, a rappelé Narghis Bundhun, dans une courte allocution à la fin de la présentation du document. Des fonds, que nous souhaitons soulever, nous aideront pour la formation de nos éducateurs et nos animateurs. Cet argent garantira la survie de SAFIRE. Car qu'adviendra-t-il de ces enfants si l'Ong n'existait plus ? " Remerciant divers partenaires qui soutiennent ponctuellement l'Ong dans ses activités, la présidente a, dans le même souffle, présenté la tombola qui servira à lever les fonds tant nécessaires. Les billets et les talons peuvent être obtenus auprès de SAFIRE ou en appelant le coordinateur principal de la cellule, Edley Maurer, sur le 750 33 70. SAFIRE évoquant une pierre précieuse, ce sont des bijoux qui composent les lots gagnants pour la tombola. Ils ont été offerts à l'Ong par les bijouteries Caunhye, Cledor et Ravior.


NOMINATION A partir du 20 juin


Menon Munien nouveau conseiller à l'Éducation

Menon Munien, recteur du Collège St-Mary's, a pris un congé sans solde d'une année de son poste pour se joindre à l'équipe de conseillers du ministère de l'Éducation. Il prendra ses nouvelles fonctions le 20 juin.

Le recteur du collège St-Mary's, dans une déclaration au Mauricien ce matin, confirme sa décision de se mettre au service du ministère de l'Éducation, à partir de vendredi prochain, pour une période définie, en précisant qu'il a été " seconded for duty ". " C'est un arrangement entre le Diocèse de Port-Louis et l'Éducation pour que je prête mes services au ministère ", indique-t-il. Le nouveau conseiller sera affecté à la ZEP Unit dont une évaluation du projet est en cours en ce moment. " Je vais donner un coup de main à ce projet qui doit prendre une nouvelle orientation à la suite de l'évaluation. À partir de la semaine prochaine je commencerai donc à avoir des rencontres avec toutes les parties concernées dans la mise en œuvre du projet ZEP. Mon expérience dans l'éducation catholique sera certainement un atout dans ce nouvel engagement ", dit Menon Munien.

Le recteur du Collège St-Mary's est aussi un des membres du Fact Finding Committe nommé par le gouvernement en octobre 2007 pour faire la lumière sur les erreurs du Mauritius Examinations Syndicate (MES) lors de la transmission à Cambridge des résultats des examens de SC 2006 en français. À signaler que le rapport de ce comité d'enquête, présidé par le magistrat Nicolas Ohsan Bellepeau, se fait toujours attendre.

Ce n'est pas la première fois que l'expertise de professionnels de l'Education catholique est sollicitée par le gouvernement. Ainsi, le précédent gouvernement avait fait appel à Gilberte Chung, l'ancienne rectrice du Collège Lorette de Port-Louis et actuellement directrice du Bureau de l'Éducation catholique (BEC), pour être le Project Manager de la Special Needs Unit du ministère de l'Education. De même les services de Jimmy Harmon, ancien assistant-recteur au Collège Notre-Dame et aujourd'hui responsable du dossier Langue Kreol au BEC, avaient été sollicités en tant que Project Manager de la Prevocational Éducation (PVE).


BAIE-DU-TOMBEAU Action citoyenne


Nettoyage de la plage publique et de terrains en friche dimanche

Deux kilomètres de plage, de l'Auberge à L'Hôtel Les Cocotiers à Baie-du-Tombeau, ont fait l'objet d'une opération nettoyage dimanche. L'objectif des participants et initiateurs de cette action citoyenne : éliminer les terrains en friche qui pourraient servir de repaires de bandits et élaguer les arbres qui contribuent à assombrir les lieux.

Habitants, conseillers, membres des forces vives et associations de la localité et autres volontaires se sont donné rendez-vous hier matin dès 7 h 30 devant le Vieux Fort et le Fort Albert, situés sur la route principale de Baie-du-Tombeau. Cette journée marathon de nettoyage de lieux abandonnés et terrains en friche avait pour but d'éliminer les endroits qui pourraient servir de repaires aux malfrats ou autres dealers de drogue. Au programme, le débroussaillement de plus de deux kilomètres de plage qui s'étendent depuis l'Auberge à L'Hôtel Les Cocotiers. L'initiative revient notamment au Front Commun Hôteliers pour le Développement du Tourisme et le Bien Être de la Baie-du-Tombeau, qui en est à sa sixième opération de ce genre dans la localité. Ces manifestations s'insèrent dans le cadre de sa campagne de sensibilisation et de prévention contre la criminalité. " Nous organisons ces opérations régulièrement. Il n'y a pas longtemps, Baie-du-Tombeau était tristement réputé comme un lieu où il ne fallait pas s'aventurer en raison de divers cas d'attaques, d'agressions, de vols, de viols et de hold-up qui avaient été rapportés ", explique Clarel Bastien, un des responsables du Front Commun et dont l'épouse, commerçante, a elle-même été victime d'un hold-up le 19 septembre 2005. Quatre hommes masqués avaient en effet forcé son commerce en faisant usage de la violence. Le jugement vient d'ailleurs d'être rendu en Cour intermédiaire le 3 juin dernier et les malfrats ont écopé chacun de cinq années de prison.

De petits groupes s'étaient formés hier, se dispersant sur la plage de Old Fort. Alors que certains s'occupaient du ramassage des ordures et autres algues mortes sur la plage, un peu plus loin sur les terrains en friche, plusieurs groupes d'hommes un peu plus costauds et armés de débroussailleuses et de tondeuses s'affairaient à raser l'herbe devenue haute. Bref, rien n'est laissé au hasard, même pas les campements abandonnés ou inoccupés. Pendant toute la durée de l'opération, les volontaires ont eu droit à une animation musicale par l'orchestre de David Dupuy, histoire de leur donner du courage à la tâche. Après cette demi-journée de dur labeur et d'efforts physiques, les volontaires se sont tous réunis au poste de police où le Groupe Rogers a procédé à une petite cérémonie symbolique de dons de deux ordinateurs au poste de police de Baie-du-Tombeau, de même que la remise d'un chèque par le Dr Mukesh Souknundun, de la Clinique du Nord. " L'opération a été un grand succès avec l'aide précieuse des membres du poste de police de Baie-du-Tombeau, sous le commandement de l'Inspecteur Subhas Domun ", conclut M. Bastien. Les habitants quant à eux disent aspirer " à un meilleur environnement à Baie-du-Tombeau où l'on se sent en parfaite sécurité ".


TOXICOMANIE À l'initiative des résidents


Cité-Mangalkhan s'informe et s'arme contre la drogue

Depuis bientôt trois semaines, une cinquantaine de résidents de Cité-Mangalkhan, réunis les jeudis en début de soirée au Centre municipal de la localité, s'informent au sujet de la drogue et s'arment contre ce fléau. Cela dans le cadre d'un programme de prévention de la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA), le Community Preventive Programme (CPP).

" Le déclic a été le Candlelight qu'on a organisé chez nous le 18 mai dernier ", raconte Brigitte Michel, membre de l'Association du développement communautaire de Cité-Mangalkhan et cheville ouvrière de la mise en œuvre de ce programme de prévention. " Mo pa ki krwar ki nou ti pou gagn sa kantite dimoun-la. Plas dans lakaz pa ti ena pou met zot ", s'émerveille-t-elle encore.

Un Candlelight est une veillée à la bougie qu'on organise dans une localité pour sensibiliser les gens aux ravages du VIH-Sida, et par extrapolation aux méfaits de la drogue.

" Je ne me voile pas la face, le problème de drogue existe depuis longtemps à Mangalkhan. Mais nous ne pouvions continuer à nous croiser les bras alors que la situation empire et que de plus en plus de jeunes deviennent victimes de ce fléau ! ", dit la travailleuse sociale. " Se akoz sa problem-la ki ena boukou fami dan Mangalkhan ki na pa avanse dan lavi ", déplore-t-elle. " Parfwa en koupl antye dan la drog. Imazin ki ariv sa fami-la ", déplore-t-elle.

Forts de cette soif d'informations et d'intérêt qu'ont noté les travailleurs sociaux de Mangalkhan chez leurs jeunes concitoyens, ils ont approché les autorités concernées pour les aider à mettre en œuvre un programme de prévention contre la toxicomanie dans leur localité. C'est ainsi que la NATReSA a élaboré pour Mangalkhan un CPP, taillé aux besoins des résidents.

" Cette formation comprend une quinzaine de modules, et la NATReSA fait appel à des personnes-ressources pour les animer. La formation s'étale sur huit semaines ", indique Lindsay Aza, animateur de la NATReSA, désigné Team Leader dans le cadre de ce CPP pour Cité Mangalkhan.

Ces modules comprennent notamment : la Drogue et ses effets néfastes ; le VIH-Sida (1ère partie) ; les Maladies sexuellement transmissibles (MST) ; l'Alternative à l'abus de substances (drogues) ; Community Skills ; la Pression des pairs (Peer Pressure) ; les Valeurs Humaines ; le Tabac ; la Sexualité ; l'Alcool ; la Prostitution infantile ; le Suicide ; les Parental Skills ; le VIH-Sida (2ème Partie) ; et le Project Writing.

" L'objectif principal du CPP est de former des Community Leaders, qui seront appelés à former une ADAPT (Alcool, Drugs & Aids Prevention Team) qui, à son tour aura la responsabilité d'élaborer des programmes de prévention taillés sur mesure pour Cité-Mangalkhan, qu'elle mettra en œuvre pour le bénéfice de la communauté avec le soutien financier de la NATReSA ", indique encore Lindsay Aza.

Certains à Mangalkhan n'attendaient que ce coup de main pour s'impliquer dans la bataille contre la drogue, à l'instar de Sandrine Domingue, une jeune étudiante de 18 ans. " J'ai connu le malheur d'avoir un proche qui a été victime de la drogue et je n'attendais que d'être mieux formée pour aider à empêcher que d'autres jeunes connaissent cet enfer ", lance-t-elle avec enthousiasme.

" Site Mangalkhan li mo landrwa. Nou kone ena problem sosyal. Bizin form bann lider pou li zot relev site-la ", ajoute pour sa part Charles Elizabeth pour expliquer son engagement dans la bataille contre la toxicomanie. Ce jeune étudiant de 20 ans dit " vouloir un maximum d'informations afin d'être mieux préparé pour donner un coup de main à faire de Mangalkhan un lieu où il fait bon vivre ".

David Baillache, ferrailleur de 25 ans, dit, lui, vouloir comprendre le monde dans lequel il vit. " Mo finn oule gagn maximum linformasyon lor la drog ek lor sida pour ki mo kapav amenn mo lalit mwa osi ", dit-il de sa participation au CPP.

" En fait, le CPP ne vise qu'à autonomiser (empower) une communauté à se prendre en main par rapport au problème de la drogue et d'autres problèmes sociaux ", conclut Lindsay Aza.



Un peu d'histoire

" Mangalkhan est une localité située entre Floréal et Vacaos. Le lieu tire son nom de Mangalkhan, un bandit notoire qui y avait établi son refuge. Son seul nom jetait l'effroi au sein de la population qui craignait ses attaques. Plus tard, la forêt qui occupait une superficie importante du lieu a été abattue et on y construisit un hippodrome.

" Les anciennes loges de l'hippodrome ont été converties en centre social, école maternelle et bâtiment industriel. Il est à noter que la cité résidentielle de Mangalkhan a été bâtie sur l'ancien hippodrome. "

(Sources : " Randonnée au cœur des localités mauricienne " par Breejan Burrun et Bhurdwaz Mungur)



20 ans de programmes de prévention/réhabilitation

Suite au rapport d'un comité d'élite (Select Committee) sur la drogue en 1985, le Trust Fund for the Treatment and Rehabilitation of Drug Addicts a été institué en juin 1986. En 1996, les problèmes de drogue dans le pays ont été revus par un autre comité. Le rapport qui en a découlé a eu pour résultat la restructuration du Trust Fund, tranformé en National Agency for the Treatment and Rehabiliation of Substance Abusers (NATReSA) en décembre 1996.

La NATReSA a opéré de juillet 1997 à décembre 2000 sous l'égide du ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie, puis transférée sous celle du ministère de la Sécurité sociale.

La NATReSA a pour objectifs, entre autres, de coordonner, au niveau national, des programmes de prévention, de traitement et de réhabilitation, dans le domaine de la toxicomanie.


SUD-EST


Mahébourg : l'insécurité gagne du terrain

Les travailleurs sociaux, tout comme de simples villageois, tirent la sonnette d'alarme : le problème de l'insécurité s'aggrave à Mahébourg (voir encadré), village du sud-est de l'île ayant valeur de patrimoine historique.

" Par zour ena kat a sink ka vol dan vilaz ! ", s'alarme Georges Ah-Yan, travailleur social et conseiller de village très connu de la localité, aujourd'hui figure nationale. " Nou pe vinn kouma Durban, en Afrique du Sud, kot ou bizin mont enn miray dis pie oter e kot ou bizin rant kot ou boner ! ", lui fait écho Dhaneshwar Deonarain, représentant du village au conseil de district de Grand-Port/Savanne.

" Kot sinema Odeon ou trouv tou sort kalite figir lous ! ", ajoute un villageois sous couvert d'anonymat.

À en croire certains habitants de Mahébourg, dès la tombée de la nuit, des individus à la mine inquiétante rôdent dans le village. " Mahébourg est une localité de seulement 22 000 habitants. Tout le monde connaît tout le monde. L'étranger, on le sent de loin ! ", ajoute pour sa part Georges Ah-Yan.

Pour certains villageois, il n'y a aucun doute : c'est l'alcool et la drogue qui attirent ces tristes individus dans leur village. " Cela fait des années que nous nous battons contre ces fléaux. Malheureusement, la situation empire ! ", déplore Georges Ah-Yan. " Depuis, ces trois dernières années, Mahébourg n'a connu aucun développement. Est-ce la cause de tant de dégradation sociale ? ", se demande Dhaneshwar Deonarain.

Ce District Councillor est d'autant plus inquiet que son village est un site historique et touristique. " Les touristes vont cesser de venir ici ! ", déplorent-ils.

Et Georges Ah-Yan qui raconte la mésaventure de ces touristes qui, pas plus tard que la semaine dernière, se sont fait voler leurs appareils photo et autres effets personnels dans son propre restaurant. " Une minute d'inattention, et on se fait voler ! ", s'offusque-t-il.

" Kan fami vinn kot ou aster ou bizin fer kikenn vey loto deor, tansyon zot kokin kaset ", ajoute Dhaneshwar Deonarain.

La police ? Elle est sans moyens et sous-équipée, selon ces travailleurs sociaux. " Zot pran ban motocycliste kontravansyon, me zot pa kapav al fer patrol pou kontrol voler dan Mahébourg, dan Beau-Vallon ou dan Blue-Bay ", constate Georges Ah-Yan.

Et Dhaneshwar Deonarain de tenir les autorités responsables de cet état de choses. " Minis ek depite pa finn reisi fer narien pou Mahébourg ", note-t-il avec dépit.



Il était une fois Mahébourg

" Le nom de Mahébourg (Bourg de Mahé) a été donné le 2 février 1806 à l'endroit en mémoire de Mahé de Labourdonnais, gouverneur de l'Île de France (1735-1746). En octobre 1806, le nom a été changé en celui de Port Impérial en l'honneur de Napoléon. Ce changement de nom a eu lieu sous l'administration du Gouverneur Decaen, laquelle administration s'est signalée par une consolidation des moyens de défense militaire à Mahébourg pour parer à toute invasion étrangère. Après la conquête de l'île par les Anglais, le nom de Port Impérial a été abandonné et l'endroit a été rebaptisé Mahébourg.

" Monuments, bâtiments et rues rappellent que non loin de là s'est déroulée l'une des plus grandes batailles navales du premier Empire - celle de l'Île de la Passe (1810) - inscrite à l'Arc de Triomphe à Paris. Le musée naval occupe la maison coloniale française où le capitaine Duperré, commandant de la flotte française, et le capitaine Willoughby, commandant de la flotte anglaise, tous deux blessés lors du combat naval de 1810 dans la baie de Grand-Port, furent soignés de leurs blessures. "

(Sources : " Randonnée au cœur des localités mauricienne " par Breejan Burrun et Bhurdwaz Mungur)


NORD Lutte anti-drogue


Sensibilisation/formation pour animateurs sociaux

Une nouvelle campagne de sensibilisation et de formation à l'intention d'animateurs sociaux de la région nord a été lancée à Triolet, jeudi dernier. Il s'agit d'une initiative du SSR Disability Services Centre Triolet, en collaboration avec la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA), le PMO et le ministère de la Sécurité sociale. L'atelier d'un jour a ciblé au moins quarante animateurs sociaux du district de Pamplemousses.

" Dans le social, il importe d'être polyvalent ", affirme Anun Kumar Ghallu, directeur de la NATReSA, lors de son intervention au Centre social de Triolet. L'objectif de ce projet : aider des leaders sociaux à partager leur expérience, à établir des réseaux et identifier des toxicomanes. Il est également question d'aider à la prévention au plan de la consommation et du trafic dans la région nord.

Au vu des nouveaux enjeux, M. Ghallu souligne qu'il est important pour les animateurs sociaux de connaître de nouveaux sujets. Après avoir énuméré les principales drogues et autres fléaux qui tuent des gens, à savoir la drogue dure, le tabac, l'alcool et le VIH/Sida entre autres, Anun Kumar Ghallu affirme que 5 millions de décès liés à la drogue sont enregistrés dans le monde chaque année et que le nombre de 3 millions est noté pour le VIH/Sida. " Des 4 000 produits chimiques décelés dans le tabac, 60 sont cancérigènes. Les travailleurs sociaux doivent être en présence de ces éléments. Cela les aidera dans le cadre de leur lutte. " Il souligne que l'alcoolisme serait un véritable problème dans le nord du pays, et met en cause le nombre de débits d'alcool en opération dans cette région.

Notre interlocuteur affirme que l'alcoolisme fait des ravages et cause des méfaits, dont des cas de violence domestique et de mésentente conjugale. D'autre part, M.Ghallu fait état de 293 cas de femmes battues et de 44 cas d'hommes battus à Maurice pour l'année écoulée. " Nous assistons actuellement à une féminisation de l'alcoolisme ", dit-il. À propos du nombre d'admissions à l'hôpital Brown Sequard, il fait remarquer que 13 à 17 % sont des femmes alcooliques.

Pour sa part, Lata Ram, Senior Adviser au bureau du Premier ministre et habitante de Triolet, soutient que la tenue d'un tel atelier de travail aurait toute son importance pour la région. " La formation et l'éducation sont des outils essentiels pour combattre la drogue ", déclare-t-elle.

Par ailleurs, l'intervenante fait ressortir que le village de Triolet n'est pas épargné par la drogue. Elle indique que plusieurs seringues - vraisemblablement liées à la consommation de drogue - ont été découvertes. " C'est un signe que la drogue est présente à Triolet. Il nous faut des actions concrètes en vue d'éradiquer ce fléau ", soutient-elle. Dans ce contexte, Lata Ram fait référence à un plan d'action du Prime Minister's Office en vue de lutter contre la drogue.


VIE ASSOCIATIVE Comité de Paix de Trèfles :


" Une nouvelle chance à l'école Nuckchady "

Le Comité de Paix de Trèfles est une Organisation non gouvernementale à but non lucratif créé en 1998, à l'initiative d'un groupe d'habitants de Trèfles, tous conscients du manque d'activités sociales dans la localité.

" Après les événements de 1999, nous avons réalisé qu'il y avait un manque d'activités sociales dans la région et qu'il fallait à tout prix relancer ce genre d'activités ", explique le président du Comité de Paix, Edley Jaymangal. En 2000, soit deux ans après sa création, l'Ong est enregistrée. Ses activités se concentrent sur l'école R. C. Nuckchady GS, surtout depuis qu'elle a été décrétée école ZEP. La plupart des membres de l'Ong ont fréquenté cet établissement et ont tenu à contribuer à leur manière au rehaussement du niveau, en organisant des cours de rattrapage les samedis et d'autres activités pour le développement de l'enfant - séminaires, sorties éducatives pendant les vacances scolaires, journées récréatives, sessions de prévention ou d'initiation à l'informatique, entre autres.

Le Comité organise, par ailleurs, ce dimanche 22 juin une collecte de sang à l'école Nuckchady, dans le but d'initier les enfants aux activités sociales. " Les habitants, les parents ainsi que le public en général sont invités ", précise Edley Jaymangal. La collecte de sang aura lieu de 8 h 30 à 13 h et se fera avec l'aide de cadres du ministère de la Santé qui a mis à leur disposition une caravane de santé.

Le Comité de Paix compte une quinzaine de membres. " Il y avait une dynamique extraordinaire où nous avions beaucoup de projets en tête… nous voulions tout faire, mais petit à petit nous nous sommes rendus compte qu'on ne pouvait tout organiser. " Plus personne, explique Edley Jaymangal, ne s'intéresse au volontariat. " Les gens sont occupés à trouver un deuxième boulot… On ne peut d'ailleurs pas leur en vouloir, le coût de la vie a augmenté. Ce n'est pas la volonté qui fait défaut, c'est le temps ", poursuit notre interlocuteur. Si pour Mary Savrimuthu et Gilbert Arokeum, l'engagement dans le travail social, c'est une affaire de famille, d'autres, comme Gaëtan Aldonis et Richard Quirin, qui ont choisi d'intégrer l'Ong afin d'aider les enfants de la localité, " pou montre zot bon sime ". Le plus jeune membre de cette Ong est Andy Baho, élève au Collège du Saint-Esprit. Cet ancien élève de l'école Nuckchady a tenu à se porter volontaire dans le but d'aider les autres. " Nivo lekol inn bese, popilasyon lekol ousi inn bese. Nou dan enn sistem kot pe koz exselans dan ledikasyon me ki serti si li pa egal partou ? ", se demande-t-il.



AVIATION : Singapore Airlines élue OAG Airline of the Year 2008

Singapore Airlines a remporté l'OAG (Official Airline Guide) Airline of the Year 2008 et a décroché également le Best international First Class. C'est ce que fait ressortir un communiqué de presse de British Airways émis à la presse.

Pour sa part, British Airways (BA) remporte le Best Transatlantic Airline 2008 et le Best Business/Executive Class ; Virgin Atlantic, le Best Airline based in Western Europe ; Emirates, le Best Airline between Europe and Asia/Australasia et American Airlines, le Best Economy/Coach Class

Ces trophées sont décernés suite aux votes des passagers réguliers.

La compagnie aérienne britannique a été nominée dans cinq autres catégories : OAG Airline of the Year 2008 ; Best airline based in Western Europe ; Best Airline between Europe and Asia/Australasia ; Best Economy/Coach Class ; Best International First Class.