TAUX D'INTÉRÊT À 8 % Raj Makoond :
" La décision du MPC est juste "
La décision du Monetary Policy Committee (MPC) de maintenir le taux d'intérêt à 8 % est juste, a affirmé au Mauricien ce matin le directeur du Joint Economic Council (JEC), Raj Makoond, à la lumière de la position prise par le comité vendredi à la suite d'un débat intense qui a débouché sur une " split decision ".
" Aujourd'hui, Maurice dans sa trajectoire de développement a atteint un stade crucial. Même si la croissance a repris, nous sommes encore loin de doubler le PIB par tête d'habitant dans dix ans. Il faudrait pour cela une croissance de 7 % annuellement. Les dernières statistiques indiquent qu'un taux de croissance de 6,2 % sera difficilement atteint cette année. La production sucrière sera de moins de 520 000 tonnes, la croissance touristique sera de l'ordre de 5,6 % au lieu de 7,5 %, la croissance dans le secteur manufacturier d'exportation sera de moins de 4,6 % avec des risques de pertes d'emplois ", estime Raj Makoond.
Pour le directeur du JEC, il faut maintenir le cap pour la croissance. Or la situation sur le plan international est une source d'inquiétude. La hausse du taux d'inflation sous la pression de la crise énergétique et de la crise alimentaire a une dimension globale en termes de demande et d'offre.
" Tenant tout cela en considération et avec en perspective la nécessité de maintenir la croissance tout en essayant de contenir l'inflation, la décision prise par la MPC est bonne ", dit Raj Makoond. " Tout en maintenant les objectifs de croissance, il ne faut pas perde de vue les risques inflationnistes ".
Interrogé pour sa part samedi au sujet de la décision du MPC, le ministre des Finances, Rama Sithanen, a observé qu'il est sain d'avoir un débat sur cette question. " Nous avons pris des mesures budgétaires. Nous allons suivre de près l'évolution de la situation et décider des remèdes qui s'imposent ", a-t-il laissé entendre. Le plus important, selon lui, demeure la création d'emplois et la croissance, avec une bonne maîtrise de l'inflation.
Plan de restructuration pour l'AMB et la DBM
Le programme de réforme des corps parapublics sera enclenché avec la formulation en priorité de plans stratégiques pour l'Agricultural Marketing Board (AMB) et la Banque de Développement (DBM). Le ministère des Finances a lancé des appels à candidatures en vue d'identifier et de choisir des cabinets de consultants pour confier ces responsabilités. En même temps, le gouvernement a fait publier des Expressions of Interest pour des consultants pour la mise à exécution de l'ensemble du Public Sector Enterprise Programme (PSEP). Dans chacun de ces exercices, le ministère des Finances s'est fixé comme objectifs de dresser une liste de six firmes de consultants lors de l'étape de l'Expression of Interests pour la dernière partie, soit celle de la soumission des Proposals for Consultance.
La documentation élaborée par le ministère des Finances pour le compte de la réforme de l'Agricultural Marketing Board porte sur la nécessité de mener un Diagnostic Work pour une révision du rôle et des fonctions de l'AMB, l'intégration des principes de Corporate Governance au sein de cette institution, une revue du plan stratégique de l'AMB et son rôle dans le commerce des produits agricoles, une révision de l'encadrement juridique de ce corps para-étatique et des mesures pour assurer la viabilité financière de l'AMB.
Le ministère des Finances souligne que dans la conjoncture, des mesures de réforme ont déjà été adoptées avec notamment une libéralisation partielle des Controlled Products avec notamment la libéralisation des importations de la pomme de terre avec un objectif de 60% de ce marché consacré aux opérateurs du secteur privé. Pour ce qui est des oignons, l'objectif fixé est d'allouer 25% du marché aux opérateurs du privé en 2008, pour passer à 50% en 2009.
Depuis le mois dernier, l'Agricultural Marketing Board n'est plus engagé dans des opérations de collecte et de distribution de lait. Les pertes accumulées par l'AMB au chapitre du Milk Marketing Scheme sont de Rs 35, 44 millions au 31 décembre 2006 alors que les pertes prévues pour 2007/08 sont estimées à Rs 8 millions.
L'Agricultural Marketing Board compte également vendre ou mettre en location des stores qui ne sont plus utilisés. De ce fait, les facilités d'entreposage de l'AMB à Cluny, qui nécessitent des dépenses annuelles de Rs 5 millions pour les entretiens et qui ne sont d'aucune utilité économique pour l'Agricultural Marketing Board, feront l'objet d'appel d'offres très bientôt.
Dans le cadre de la réforme de l'Agricultural Marketing Board, le gouvernement s'attend à être en présence d'un plan stratégique échelonné sur dix ans. L'une des principales attributions est : " The identification of new strategic trusts of he Agricultural Marketing Board, new marketing and other service opportunities (processing, storage, certification, market intelligence) for the AMB in fresh local produce, imported products and identification of key operational flows and activities related to these services. "
Les différentes étapes dans la préparation de ce plan stratégique feront l'objet de Monitoring par un Steering Committee sous la présidence du Senior Chief Executive au ministère de l'Agro-Industrie et comprenant des représentants du ministère des Finances, de la Reform Unit des Finances, de la Banque mondiale et de l'Agricultural Marketing Board.
Le calendrier de travail établi prévoit que les consultants devront démarrer leur Assignment à partir du 1er septembre avec la présentation d'un Inception Report au plus tard le 15 septembre, une ébauche du rapport final à la mi-novembre, une Power Point Presentation au plus tard le 25 novembre et la soumission du rapport à la fin de novembre.
BDM : quatre raisons pour justifier la réforme
L'urgence d'un plan de restructuration pour la Banque de Développement se justifie en quatre points, selon les attributions définies par le ministère des Finances. D'autre part, le gouvernement soutient que la réforme sucrière imposée par l'Union européenne avec la baisse de 36% du prix garanti pour le sucre devrait avoir des répercussions sur les opérations de la Banque de Développement.
Les raisons derrière le plan de restructural sont :
a) l'opération d'un nouveau guichet pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) avec des possibilités de Below market Financing and Quasi Equity ;
b) un autre guichet pour des prêts avec des taux d'intérêts en vigueur sur le marché ;
c) maintenir le rôle d'intermédiaire financier de la BDM tout en rationalisant les activités de la banque sous le Commercial Windows et
d) faire une différence avec les Debt Collection Activities de la BDM, avec une plus grande flexibilité.
" Therefore a restructuring of the activities of the DBM becomes essential. The proposed reduction in the sugar price by the European Union by 2008 would impact the performance of agriculture in the country as also the Bank as it has a significant exposure to agriculture. The Bank has to diversify its lending. "
Par ailleurs, dans le cadre de cette restructuration, la Banque de Développement ambitionne de revoir ses champs d'opération, notamment dans les domaines des devises étrangères et du Leasing en vue d'améliorer la profitabilité des différents portefeuilles disponibles. " As a development institution, DBM is not currently supervised by the Central Bank. A view has recent emerged that the bank may be brought under the supervision of the Central Bank. There is need for attitudinal transition at the organisational level ", note le document officiel du ministère des Finances.
L'assignment des consultants pour la réforme de la Banque de Développement devra être exécuté en deux phases. La première d'une durée de quatre mois consistera en une comprehensive review des systèmes en place à la BDM et leur évaluation. " The outcome of the assignment will be a roadmap fo DBM to function as a sustainable Financial institution that meets demonstrable commercial and social objectives. "
La seconde phase du contrat devra s'échelonner sur une période de 18 mois et sera axée sur l'adoption par la BDM de Prudential Norms ; l'amélioration du Risk Management au niveau de la banque ; l'introduction de nouveaux produits bancaires comme les Insurance/Guarantee Schemes ; le renforcement des Loans Operations ou encore la restructuration des différents départements à la BDM.