PNQ Assemblée nationale


Prostitution infantile : polémique autour des 2 600 cas allégués


DIEGO GARCIA Devant des Law Lords


Londres évoque des "Defence Implications"


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Prostitution infantile : polémique autour des 2 600 cas allégués

Navin Ramgoolam et Paul Bérenger

La Private Notice Question (PNQ) de la séance parlementaire du jour portait sur les conclusions du rapport du Département d'État des États-Unis au sujet de la prostitution infantile et l'exploitation sexuelle des enfants. Elle s'est déroulée sur fond de polémique. Le principal point litigieux concerne le chiffre de 2 600 cas allégués avancé dans tous les rapports rédigés par les États-Unis, que ce soit le Département d'État ou encore le US Department of Labour.

Paul Bérenger a réclamé une étude détaillée sur ce problème sur le terrain en vue de déterminer le nombre exact de cas de prostitution infantile ou encore de cibler les cerveaux derrières les réseaux. Pour sa part, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a soutenu qu'il ne faut pas créer de problème là où il n'y en a pas. Il est revenu sur le fait que, suite aux efforts qui ont été déployés, Maurice n'est plus classée dans la Tier-2 Watchlist des États-Unis. Le PM s'est dit d'accord avec la proposition d'une étude sur le terrain en vue d'éliminer l'impression créée par le rapport de l'Université de Maurice, commandité par le gouvernement en 2001, et alléguant quelque 2 600 cas de Child Prostitutes à Maurice. À noter qu'un ton consensuel était de rigueur entre le leader de l'opposition et le Leader of the House lors des échanges pour cette tranche des travaux parlementaires sous la présidence du Deputy Speaker, Jean-François Chaumière, à la mi-journée.

Bérenger : En ce qui concerne le trafic d'enfants à des fins de prostitution, le Premier ministre est-il au courant que, dans son dernier rapport publié le mois dernier, le Département d'État des États-Unis avance que quelque 2 600 enfants sont impliqués dans des réseaux de prostitution infantile et que la police et les autorités font preuve de laxisme face à ce fléau, notamment dans l'industrie touristique, et si tel est le cas, quelles sont les actions envisagées par le gouvernement et les standards minimaux mis en place par Maurice à cet effet, en indiquant les ressources à la disposition de la police et si l'encadrement légal et juridique est adéquat ?

Ramgoolam : Le rapport du Département d'État américain portant sur la prostitution infantile ou encore d'exploitation sexuelle des enfants est un exercice annuel.

(À ce stade de la réponse, le Premier ministre se lance dans la présentation des critères utilisés par les autorités américaines pour la rédaction de ce rapport.)

À la conclusion de ces études, les pays sont classés dans quatre catégories, soit ceux du Tier-1, des pays qui respectent les minimum standards en matière de protection des enfants contre l'exploitation sexuelle ; Tier-2, des pays qui ne sont pas en mesure de respecter ces minimum standards mais qui déploient des efforts significatifs dans ce sens ; Tier-2 Watchlist, soit des pays qui ne respectent pas les minimum standards imposés avec d'autres manquements, et le Tier-3 comprenant des pays qui ne sont pas en mesure de respecter ces minimum standards et qui ne font preuve d'aucun effort significatif pour atteindre ces objectifs.

Depuis récemment, Maurice ne fait plus partie de la catégorie de la Tier-2 Watchlist comme ce fut le cas auparavant. Le fait que Maurice a progressé dans les catégories constitue la preuve que nous avons fait des efforts pour lutter contre la prostitution infantile avec un renforcement de la loi pour lutter contre ces risques, avec le ministère du Tourisme sensibilisant les stakeholders de cette industrie contre le phénomène de tourisme sexuel, avec une étroite collaboration entre les différentes agences dans ce secteur come la Brigade des Mineurs, le ministère de la Femme, du Développement de l'enfant et du bien-être de la Famille pour lutter contre les abus et aussi une montée en gamme de la campagne de sensibilisation contre ce fléau. Le gouvernement projette de démarrer un nouveau drop-in centre à Grande-Rivière-Nord-Ouest pour assurer une meilleure protection aux victimes de l'exploitation sexuelle contre les risques découlant de leur environnement et également une formation plus poussée à l'intention de ceux qui sont appelés à assurer l'encadrement des victimes.

Depuis janvier 2008, les crackdown operations se sont multipliées en vue de réduire les risques d'école buissonnière par des écoliers susceptibles de tomber victimes de problèmes. Les opérations se déroulent sur toute l'île avec un mécanisme de surveillance plus pointu dans des zones à risques.

Par ailleurs, la loi a été amendée en vue de durcir les peines contre les coupables. Ainsi, les peines sont passées d'une amende maximale de Rs 50 000 et de cinq ans de prison à une amende de Rs 75 000 et à huit ans de prison pour des délits liés à l'exploitation sexuelle des enfants. Dans des cas où les victimes souffrent de handicap mental, les peines imposables en Cour de justice sont de Rs 100 000 et de 15 ans de prison au lieu de Rs 75 000 et de huit ans de prison.

Mauritius is not fully compliant with the Minimum Standards for the elimination of child prostitution and sexual exploitation of children. Quelque 831 officiers ont suivi des cours de formation.

(Le Premier ministre donne des indications sur les cours suivis et le travail accompli par des officiers de police à la Brigade des Mineurs.)

Des hotlines fonctionnent 24 h sur 24, notamment aux Casernes centrales et tous les membres de la force policière sont familiarisés à un protocole d'assistance à être observé dans des cas où des victimes de prostitution infantile se présentent dans n'importe quel poste de police à travers l'île.

Le Child Protection Act de 1994 a été amendé en décembre 2005 en vue d'assurer une meilleure protection aux enfants. Le gouvernement a préféré adopter une approche globale et réunir tous les délits liés et relatifs sous un seul texte de loi. Le State Law Office a déjà préparé une ébauche de ce texte de loi, qui doit être présenté à l'Assemblée nationale très prochainement. Les dernières consultations sont actuellement en cours. Pour ce travail, nous avons sollicité et obtenu l'expertise disponible de l'agence spécialisée des Nations unies dans la lutte contre la criminalité et les stupéfiants. Nous avions soumis notre requête d'assistance technique en février 2008 par le truchement du ministère des Affaires étrangères. En juin de cette année, un Senior Legal Adviser de cette agence des Nations unies a fait le déplacement à Maurice pour des discussions et séances de travail avec toutes les parties concernées. Le texte de loi devra être devant l'Assemblée nationale très bientôt.

Bérenger : Je suis sûr que le Premier ministre est d'accord avec moi pour dire que le chiffre de 2 600 cas allégués de prostitution infantile est très inquiétant. D'ailleurs, lors de la réponse liminaire, il a évité d'en faire état. Puis-je savoir s'il est d'accord avec cet assessment quantitatif dans le rapport du Département d'État américain ? Et s'il compte réclamer une autre étude plus détaillée de la situation sur le terrain par la police ?

Ramgoolam : En fait, je n'ai pas fait allusion à ce chiffre de 2 600 parce que nulle part dans le dernier rapport du Département d'État américain sur la prostitution infantile à Maurice, mention est faite de ce chiffre. D'où sort le chiffre de 2 600 ? En 2001, le gouvernement d'alors avait commandité une étude sur ce fléau. Ce travail fut confié à l'Université de Maurice, qui avait fait état d'une perception de 2 600 cas. Ce chiffre est mentionné dans le rapport américain de 2002 sur Maurice et depuis ce chiffre est cité dans des rapports sur le problème de l'exploitation sexuelle des enfants à Maurice…

Bérenger : Mais le Premier ministre est-il au courant que ce chiffre de 2 600 cas de child prostitute est également cité dans le rapport du US Department of Labour. This figure is quoted as an accepted figure. En sus de cela, des commentaires dans le rapport sont très durs à l'encontre des autorités mauriciennes (en citant des extraits relatifs). Ne croit-il pas que le gouvernement doit réagir par une déclaration officielle sur la question ? Prenons le cas de la Nouvelle-Zélande, qui s'était retrouvée dans une situation défavorable dans des rapports des Américains. Le ministre des Affaires étrangères de la Nouvelle-Zélande est venu de l'avant avec une déclaration pour apporter les rectificatifs nécessaires dans la presse écrite, à la télévision et sur Internet car ces rapports sont lus sur la toile ?

Ramgoolam : Comme je l'ai dit, le chiffre de 2 600 émane d'une perception évoquée dans le rapport de l'Université de Maurice en 2001. Depuis, ce chiffre est resté collé à nous. It is as if we had shot ourselves in our foot. Par ailleurs, je ne crois pas que le leader de l'opposition et moi-même lisons le même rapport. Dans la copie que je possède, mention est faite des efforts déployés par le gouvernement pour lutter contre la prostitution infantile. Le renforcement de l'encadrement légal pour lutter contre l'exploitation sexuelle des enfants est également reconnu. À partir de 2007, le nombre de policiers affectés à la Brigade des Mineurs est passé de 6 à 35 et le nombre de véhicules d'un à cinq. Le nombre d'adultes interpellés dans des cas dénoncés est de 22. Les inspecteurs du ministère du Travail et des Relations industrielles ont augmenté le nombre d'inspection, avec le gouvernement mettant à la disposition des services concernés les ressources nécessaires pour mener à bien leur mission.

(Le Premier ministre poursuit la lecture avec de larges extraits du rapport du Département d'État américain sur les mesures prises.)

Une preuve concrète que des mesures ont été prises et des efforts déployés est sans conteste le fait que Maurice ne fait plus partie de la Watchlist du Département d'État américain sur la prostitution infantile.

Bérenger : Le Premier ministre serait d'accord avec moi que même un cas serait de trop en termes d'exploitation sexuelle d'enfants. Nous n'allons pas polémiquer. Le Premier ministre reconnaît que Mauritius does not fully comply with the Minimum Standards. Même s'il avance que des efforts sont faits. Il a cité un nombre de cas et d'arrestation pour des délits de prostitution infantile. Mais il est un fait que le chiffre de 2 600, qui est cité, doit être remis en question. D'où l'urgence d'une étude élaborée sur le problème pour pouvoir rétablir les faits.

Ramgoolam : Avant de venir à l'essentiel de la question supplémentaire, je voudrais faire ressortir deux choses. J'ai l'impression que le leader de l'opposition s'appuie sur une version du rapport disséminée par la presse sud-africaine…

Bérenger : Pas du tout !

Ramgoolam : Maurice a progressé et ne fait plus partie de la Watchlist établie par les Américains. Sur cette Watchlist, se trouvent des États comme Singapour, des pays de l'Union européenne ou Israël. Le chiffre de 2 600 ne peut rester collé à la réputation de Maurice. Peut-être une étude apportera les éléments pour corriger cette impression.

Bérenger : Il y a un urgent besoin de lancer cette étude pour remédier à la situation. Des efforts doivent être déployés pour donner la preuve que Maurice respect les minimum standards en matière de lutte contre la prostitution infantile avec de nouvelles ressources. Est-il prêt à inclure le fait que des clients bénéficient de l'exploitation sexuelle des enfants soit un délit dans le nouveau cadre légal et juridique ?

Ramgoolam : Si je ne m'abuse, je crois que tel est déjà le cas. Le projet de loi sera débattu à l'Assemblée nationale très bientôt. Nous avons bénéficié de la coopération de cette agence spécialisée des Nations unies pour la rédaction de ce texte de loi. Pour ce qui est du nombre de policiers, il est passé à 35 avec un accroissement du nombre de véhicules. Malheureusement, le chiffre de 2006 est cité de manière systématique. Je suis d'avis qu'une nouvelle étude devrait nous débarrasser de cette perception.

Bérenger : Le rapport du Département d'État américain fait également état de la nécessité de boucler les procès contre des trafiquants interpellés en 2006 et 2007. Puis-je avoir une indication de la situation par rapport au nombre de procès initiés et de condamnations prononcées ? Il y a des cas qui sont inquiétants.

Ramgoolam : À ma connaissance, il y a eu une augmentation du nombre de cas au cours de ces dernières années. Ainsi, à juin de cette année, le nombre était de 4, en 2007 de 24, en 2006 de 10, et ainsi de suite. L'année dernière, le nombre de cas a augmenté…

Bérenger : Le chiffre de 24 est très inquiétant…

Ramgoolam : Awareness !

Bérenger : J'ai pris connaissance des efforts fort louables au niveau du secteur du tourisme ; de très bons efforts. Dans le même rapport, le Département d'État des Américains trouve que pour décourager les risques de child sex tourism, Maurice pourrait contempler la possibilité de placarder des avertissements à cet effet à l'aéroport, comme c'est le cas pour la drogue. Je suis également d'accord qu'il faut éviter à tout prix toute overreaction.

Ramgoolam : Le leader de l'opposition lui-même met en garde contre toute overreaction. Prenons la liste des pays sur la Watchlist, comme je l'ai mentionné il y a des pays de l'Union européenne. Nous allons étudier les possibilités.

Bodha : Le rapport du Département d'État américain identifie les enfants vulnérables comme ceux venant des régions en difficultés et à risques. Il y a encore le rôle des chauffeurs de taxi dans ce réseau. N'est-il pas nécessaire de mener une enquête approfondie pour mieux appréhender le problème ?

Ramgoolam : C'est quasiment le même schéma dans tous les pays du monde, avec notamment les régions à risques et le rôle des chauffeurs de taxi. Il ne faut pas faire croire que Maurice fait face à un véritable problème avec la prostitution infantile et attirer l'attention du monde entier sur nous.

Bodha : Des efforts sont déployés pour s'attaquer à ce problème. Mais, dans l'immédiat, le plus important est de tenir à l'écart ces victimes de l'exploitation sexuelle de leur environnement, qui abusait d'eux. Il y a un encadrement formé à mettre en place ?

Ramgoolam : J'ai fait état d'un Drop-In Centre. Maurice ne dispose pas des mêmes moyens que les États-Unis.

Navarre-Marie : Le Premier ministre a parlé d'un nouveau texte de loi. Mais la loi n'est pas une fin en elle-même. Le plus important demeure le respect des dispositions de la loi et la formation de ceux qui sont chargés de faire respecter la loi. En 2001, Maurice avait signé l'Option Protocol dans la lutte contre la prostitution infantile. Le Premier ministre peut-il donner la garantie que Maurice procédera à la signature de la convention bientôt ?

Ramgoolam : Nous avons fait des progrès. Nous avons renforcé le cadre légal et juridique. Le nombre d'officiers engagés a augmenté. It's not just the law. Nous allons adhérer à la convention.

Jeewah-Daureeawoo : Ce problème de prostitution infantile découle principalement de la pauvreté. Peut-on savoir ce que le gouvernement compte faire pour venir en aide à ces familles ?

Sithanen : EAP (Eradicating Absolute Poverty) !

Ramgoolam : Dans le dernier discours du budget, le vice-Premier ministre et ministre des Finances a proposé une série de mesures pour lutter contre la pauvreté.

Deputy Speaker : Last question !

Le député Sam Lauthan, qui s'apprêtait à formule une interpellation supplémentaire, est coupé court.

Bérenger : Le Premier ministre a concédé que Maurice n'a pas encore atteint le niveau pour respecter les Minimum Standards imposés par les États-Unis dans la lutte contre la prostitution infantile. Puis-je savoir si le gouvernement prendra des mesures pour que tel soit le cas, avec notamment une étude détaillée du problème sur le terrain par la police en vue d'identifier, comme l'a souligné Nando Bodha, les coupables derrière ces réseaux ? We need a thorough study.

Ramgoolam : Nous avons progressé. Maurice ne fait plus partie de la Watchlist du Département d'État. Nous avons fait des efforts. Je crois qu'il nous faudra initier cette étude pour nous débarrasser de cette perception de 2 600 cas allégués suite à l'étude de 2001.


DIEGO GARCIA Devant des Law Lords


Londres évoque des "Defence Implications"

Manif des Chagossiens devant la Haute Cour de Londres

Avec le début des débats, hier, devant le Full Bench des Law Lords à Londres, le Foreign and Commonwealth Office est monté au créneau pour tenter d'obtenir une interdiction du retour des Chagossiens dans leur archipel natal, soit un renversement du jugement de la High Court et de la Cour d'appel britannique au mois de mai 2007. Me Jonathan Crow, QC, qui assure les intérêts du gouvernement britannique, a brandi les exigences des Américains à l'effet qu'aucun Chagossien ne doit être autorisé à rentrer dans son île natale. Il a mis en avant une loi datant de 1865, soit la Colonial Laws Validity Act, pour demander aux cinq Law Lords d'invalider et d'annuler le verdict de ces deux plus hautes instances judiciaires de la Grande-Bretagne.

Dans son ensemble, la presse britannique de ce matin assure une couverture de la première des quatre journées de délibérations consacrées à cette affaire qui remet en question les Royal Prerogatives.

Londres s'est fait de manière catégorique l'écho de Washington pour objecter à un retour des Chagossiens dans l'archipel. Tout en concédant que le déracinement des Chagossiens quelque quarante ans de cela, " contained some indeniably unattractive features ", l'homme de loi du Foreign and Commonwealth Office a soutenu que l'infrastructure disponible dans les îles des Chagos ne peut accueillir une population pour y vivre en permanence. " There is no infrastructure on the islands and there is nothing to support a civilised way of life. The US authorities stress the importance of the islands being uninhabited ", a mis en avant Me Jonathan Crow s'adressant au Full Bench, composé de Lord Bingham, Lord Hoffmann, Lord Rodger, Lord Carswell et Lord Mance.

Poursuivant dans la présentation des arguments retenus par le Foreign and Commonwealth Office en vue de justifier cet ultime appel, l'homme de loi britannique a mis l'accent sur le fait que l'administration américaine soutient qu'une repopulation de l'archipel des Chagos constituerait un " Unacceptable Risk " à leurs intérêts. Ce matin, la presse britannique révèle que " the US military had also said that any return would compromise the security and pose an unacceptable risk at what is the largest installation of its kind outside the United States of America ".

" It has financial implications, political implications and defence implications. The Chagossians do not own any territory… They have no rights on the islands at all. What is being asserted is a right of mass trespass ", a avancé Me Crow. Celui-ci a accusé des Chagossiens d'agir sur la base de motivations purement politiques en faisant état de liens des Chagossiens avec des partis politiques, dont l'objectif reste la fermeture de la base militaire américaine à Diego-Garcia.

Me Crow est revenu sur l'importance constitutionnelle de la décision du gouvernement britannique d'interdire le retour des Chagossiens en prenant avantage des dispositions sous des Orders in Council. " The appeal is only concerned with the lawfulness of what was done in 2004 to prevent the return without permission ", a souligné le conseil légal du Foreign and Commonwealth Office en demandant aux Law Lords de se concentrer sur la " reality of the issues before you ".

Le Foreign and Commonwealth Office a avancé que les Law Lords ne doivent pas se préoccuper de ce qui s'était passé dans les années 60 et 70 " when the decision to expel the islanders was taken and measures adopted to expel the islanders for peace, order and good government ". Le gouvernement est appelé à dépoussiérer un texte de loi du 19e siècle en vue de se justifier. En effet, Me Crow est d'avis que The Colonial Laws Validity Act de 1865 ne permet pas aux cours de justice d'intervenir dans les affaires relevant des prérogatives royales.

Les autorités britanniques rappellent que les Chagossiens ont bénéficié de compensation d'un montant de £ 14,5 millions " in full and final settlement " et que les coûts pour le retour des Chagossiens dans l'archipel sont extrêmement prohibitifs. Me Crow n'a pas manqué de souligner que les Chagossiens sont des citoyens britanniques.



Olivier Bancoult : " Ce jugement est d'une extrême importance "

Olivier Bancoult, leader du Groupement Réfugiés Chagos (GRC), qui se trouve à Londres à la tête d'une délégation d'une trentaine de Chagossiens, qui ont fait le déplacement à cette occasion, a situé l'importance de ce jugement devant les Law Lords confirmant leur droit de retour dans leur archipel natal. C'est ce qu'il a déclaré à la presse britannique dans la matinée d'hier.

" This hearing is critical for us. This has been an extremely difficult time for the Chagossians after we were evicted by the British Government from our homes and our way of life. This happened nearly half a century ago but, even though we can't reclaim the years we lost, these wrongs can still be put right ", a déclaré Olivier Bancoult.

L'avocat du GRC, sir Sydney Kentbridge, QC, devra intervenir devant les Law Lords avant la clôture des débats jeudi. Les indications sont que la riposte des Chagossiens devrait être entamée à partir de demain. A cette occasion, l'ancien président de la République, Cassam Uteem, qui sera de passage dans la capitale britannique, a prévu d'assister à la journée de délibérations de demain.

La décision de Londres de recourir à des Orders in Council en juin 2004 fait suite à des pressions exercées par des Américains pour interdire tout retour des Chagossiens dans l'archipel. Cette démarche du gouvernement britannique en s'appuyant sur des Royal Prerogatives avait été renversée par la Haute Cour de Londres et la Cour d'appel subséquemment.

Dans leur ruling, les juges britanniques en appel avaient trouvé " The decision was in reality that of the Foreign Secretary, not of Her Majesty, and is subject to challenge by way of judicial review in the ordinary way ". Malgré ces revers, le Foreign and Commonwealth Office devait persister en saisissant la House of Lords en ultime recours.