POLLUTION Habitants en colère


Manif devant la CMT à La Tour-Kœnig hier soir


PRB 2008 Selon les Finance Officers de la Fonction publique :


La qualification pour être promu SFO "downgraded"


MCAF Lutte contre la crise alimentaire


Appel aux petits planteurs à cultiver légumes et fruits


POLLUTION Habitants en colère


Manif devant la CMT à La Tour-Kœnig hier soir

Une cinquantaine d'habitants des complexes NHDC Les Tourelles, ˆ La Tour Koenig, ont manifesté hier soir devant les locaux de la Compagnie Mauricienne de Textile (CMT)

Une cinquantaine d'habitants des complexes NHDC Les Tourelles, à La Tour-Kœnig, ont une nouvelle fois manifesté hier soir devant les locaux de la Compagnie Mauricienne de Textile (CMT). Ils disent avoir été réveillés vers minuit par une odeur nauséabonde et une fumée noirâtre émanant des cheminées de l'usine. Il a fallu l'intervention de la police pour ramener le calme et les disperser vers les 3 h du matin.

Les habitants se disent dépassés par cette situation. " Se nou zanfan ki plis an danze ", estiment-ils. Jennifer Gokhool, une habitante, devait nous montrer les lits de ses enfants recouverts de poussière de carbone, ce matin. " Gran dimounn ek zanfan pou malad, nepli kapav ar sa zafer la ", décrient les habitants très remontés. Selon nos informations obtenues de sources officielles, un accident provoqué par une valve obstruée dans le système de filtration serait la cause de cette émission de fumée noirâtre dans l'air hier soir. Nous avons par ailleurs tenté de contacter François Woo, directeur de la CMT, pour avoir des précisions, mais il demeurait injoignable. Selon les protestataires, les particules de carbone provenant de la fumée de la cheminée ont infiltré les maisons, alors que les fenêtres étaient fermées, et sont venues se déposer sur le sol, les effets personnels voire la nourriture. " Cette poussière, légère au toucher, s'enlève difficilement. Il faut frotter avec rigueur pour parvenir à l'enlever ".

Il était environ minuit lorsque les habitants se sont réveillés brusquement, incommodés par une odeur de souffre presque étouffante. " Enn kout minui nounn santi enn brile nou pe panse enn lakaz pe pran dife. Ler nou get deor nou trouve pe fer nwar ek lesyel inn rekouver net. Kan nounn sort deor nounn trouv enn gro lafime nwar pe sort CMT ", raconte Percy, qui était un des premiers à signaler ce phénomène. " Pa pe resi trouv narien deor… Yer la ti extra sa ", ajoute le couple Beenyeeth. " Kouma dir enn lanez nwar pe tonbe ", lance un autre habitant. Lorsque Le Mauricien s'est rendu sur place ce matin pour un constat des lieux, on pouvait encore sentir l'odeur de souffre et constater la poussière noirâtre déposée sur les rues, dans les maisons et cours des habitants de ces résidences NHDC situées à l'arrière de la CMT. Les habitants disent craindre pour leur santé et souffrent, depuis hier, de nausées et vomissements. " Kan mo bros mo ledan mo kras nwar ", relate Sunil Beenyeeth. Certains résidents ont ramassé la poussière de carbone dans des bouteilles ou cuvettes, espérant rassembler des preuves contre ce problème de pollution auquel ils disent être confrontés depuis des années. D'où la constitution de la Plate-forme Anti-Pollution de Pointe-aux-Sables (PAPAS) avec comme président Théophile Sossou et vice-président Michel Reddi. Lors d'une rencontre avec le ministre de l'environnement, Anil Baichoo, ces derniers, ainsi que d'autres membres des forces vives de la région, ont obtenu l'assurance que l'affaire allait être prise sérieusement en considération. Ils envisagent également de consigner une déposition à la police contre la CMT.

Des officiers du ministère de l'Environnement ont effectué une nouvelle visite aux environs des appartements La Tourelle ce matin. Ils ont procédé à des prélèvements d'échantillons pour des analyses appronfondies en laboratoire. Des photos ont également été prises afin de justifier l'étendue des dégâts.


PRB 2008 Selon les Finance Officers de la Fonction publique :


La qualification pour être promu SFO "downgraded"

Vidianand Naugloo

Les Finance Officers de la Fonction publique répartis dans différents ministères ne sont guère satisfaits des recommandations les concernant du rapport du PRB 2008. Ces Finance Officers (devenus Financial Operation Officers) s'élèvent contre le fait que la qualification requise pour être promu Senior Finance Officer (désormais appelé Senior Financial Operation Officers) ait été " downgraded ".

" Nous sommes très frustrés et démotivés par cet état de choses ", a déclaré au Mauricien Vidianand Naugloo, dirigeant de l'Union of Finance Officers (UFO). Dans une lettre adressée au directeur du PRB le 9 juillet dernier, M. Naugloo attire l'attention de ce dernier sur le fait que jusqu'à tout récemment il fallait avoir un Higher Certificate en comptabilité pour avoir une promotion. Or, aujourd'hui, tel n'est plus le cas, car il suffit d'avoir un Pitman Bookkeeping Certificate ou un LCC Intermediate Certificate, qui sont du même niveau qu'une Form IV. Selon l'UFO, il y a là une nette contradiction avec la politique déclarée du gouvernement et du ministère des Finances de rehausser les qualifications afin que ceux concernés soient plus performants.

Vidianand Naugloo affirme que les Finance Officers ont été forcés de suivre le Diploma in Public Sector Financial Management (DPSFM) Course à l'Université de Technologie. " On nous a même affirmé que c'était une condition sine qua non pour qu'un Finance Officer soit promu au poste de Senior Finance Officer ". De plus, poursuit-il, " we had to sign a bond where we are committed to the ministry of Finances for five years ". Suite à cela, quelque 200 des 250 Finance Officers ont presque terminé leurs cours pour un diplôme, certains détenant même un degré.

Par contre, déplore M. Naugloo, une cinquantaine de Finance Officers ont choisi délibérément de ne pas suivre ces cours, signant même des formulaires pour exprimer leur refus. " C'est ainsi qu'aujourd'hui, avec le PRB, il y a deux catégories de Finance Officers ", affirme notre interlocuteur. D'un côté, dit-il, il y a un groupe " which is bonded unnecessarily " alors qu'il a fait l'effort de suivre le cours, et de l'autre, un groupe " which is not bonded, qui n'a fait aucun effort mais qui pourtant bénéficiera des mêmes avantages et salaires ". Situation qui, dit-il, crée un climat de frustration parmi les détenteurs du DPSFM, ce qui pourrait avoir des répercussions sur leur travail.

Par ailleurs, l'UFO estime qu'il y a un grand fossé entre les qualifications requises pour le poste de Senior Financial Operation Officer et celles pour être Assistant Financial Operation Manager. " Alors que pour le premier on ne demande qu'un minor certificate in Bookkeeping, pour le second on demande un degré ". Par ailleurs, poursuit Vidianand Naugloo, " there is no consistency " dans les propositions du PRB vu les grandes différences entre les qualifications requises " for similar positions in the Procurement and Establishment Cadres ". C'est ainsi que pour les postes le Senior Officer et de Human Resource Officer, des diplômes en Store Management et en Human Resource respectivement sont obligatoires, dit-il.



Deux options de l'UFO proposées au PRB

Pour l'UFO, les recommandations du PRB sont davantage un facteur de " desincentive and demotivation " pour ceux qui souhaiteraient acquérir de nouvelles techniques. D'où l'appel au PRB pour qu'il reconsidère ses recommandations concernant les qualifications requises pour le poste de Senior Financial Operation Officer dans son prochain rapport sur les Errors & Omissions. Et cela à la lumière de deux options qui lui sont suggérées dans la lettre de l'UFO.

La première option proposée est que les Financial Operation Officers détenant un DPSFM " move three increments in the Master's Scale up to salary point Rs 29 000 ", avec la fusion des grilles de salaires du Financial Operational Officer et du Senior Financial Operation Officer " with a QB at Rs 28 000 " permettant aux Financial Officers avec un diplôme " to cross QB and move to salary point of Rs 29 000 ". La seconde est d'aligner les qualifications du Senior Financial Officer à celles requises pour le poste de Procurement & Human Resource Officer.


MCAF Lutte contre la crise alimentaire


Appel aux petits planteurs à cultiver légumes et fruits

Le président de la Mauritius Cooperative Agricultural Federation (MCAF), Ellanah Appanah, appelle tous les petits planteurs à participer au combat contre la crise alimentaire qui menace le pays avec, d'abord, la hausse persistante des prix de produits alimentaires et, ensuite, la pénurie des denrées de base telles que le riz et la farine, qui s'annonce pour les années à venir.

" Nous sensibilisons déjà les petits planteurs à faire davantage d'efforts, à ne pas se contenter de leurs plantations seulement mais à aussi penser à cultiver des légumes et des fruits dans leur arrière-cour, entre les lignes de la canne à sucre. Ils ne le font pas actuellement ", déclare-t-il. Selon lui, cela est tout à fait possible à Maurice mais n'a pas été mis en pratique durant les quatre dernières décennies parce que le prix du sucre était bon. " Nous nous sommes contentés de ce prix sans rien faire d'autre ", déplore M. Appanah.

Maintenant que les prix ont dégringolé et que d'énormes difficultés économiques se profilent à l'horizon, surtout à partir de 2009, " Les petits planteurs doivent cultiver des légumes et des fruits afin d'obtenir davantage de revenus ", plaide M. Appanah. " Les terres sont là, l'expertise aussi, il n'y a qu'à les travailler. Ce qui va aider non seulement à hausser leurs revenus mais aussi à combattre l'insécurité alimentaire ", dit-il.

Hormis cette démarche, la MCAF encourage aussi ses membres à produire dans d'autres pays prêts à accueillir l'expertise mauricienne, tels le Mozambique et Madagascar. L'un des membres de cette fédération coopérative, Gansham Goodhram, le fait déjà depuis 2001. " Nos autres membres devraient suivre l'exemple de M. Boodhram. C'est un créneau à exploiter que la production d'oignons, de maïs, de pistaches et de tomates pour Maurice. Le potentiel est là mais il n'est pas exploité ". La MCAF, indique-t-il, dispose de tous les intrants, des semences et autres qui faciliteront la tâche des petits planteurs.

Le président de la MCAF observe que les petits planteurs sont très conservateurs, mais estime-t-il, ces derniers devront, tôt ou tard, s'intéresser à de tels projets. " Ce ne sera peut-être pas cette année parce que le prix du sucre est encore bon, environ Rs 18 000 la tonne de sucre malgré les premières baisses. Que se passera-t-il l'année prochaine ou en 2010 et dans l'avenir, quand le prix baissera davantage pour atteindre environ Rs 12 000 la tonne ? Ils seront obligés de faire ce qu'on leur demande aujourd'hui, au cas contraire, ils ne survivront pas ", soutient-il.

M. Appanah insiste aussi auprès des petits planteurs pour le regroupement afin de bénéficier de l'économie d'échelle. Il avoue, cependant, qu'il y a un petit problème à ce niveau dans le sens que les terres appartenant aux petits planteurs sont éparpillées. " Il y a par exemple des plantations de cannes sur un arpent, puis des légumes, puis à nouveau des cannes. Ce qui rend difficile le regroupement ", explique-t-il. N'empêche, ajoute notre interlocuteur, qu'il faut dégager un plan qui pourrait être facilement adopté par les parties concernées. Pour conclure, le président de la MCAF est d'avis qu'il faut soutenir la démarche du ministre Arvin Boolell, qui est de " produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons. "