PRIVY COUNCIL Election d'Ashock Jugnauth
L'audition sur deux jours a débuté ce matin
LAW & ORDER Passing out parade à Vacoas samedi
Ramgoolam : " Personne n'est au-dessus de la loi "
PRIVY COUNCIL Election d'Ashock Jugnauth
L'audition sur deux jours a débuté ce matin
L'audition de l'appel d'Ashock Jugnauth, député de la circonscription de Moka/Quartier-Militaire (N° 8), contre le jugement des juges Paul Lam Shang Leen et Bushan Domah, a débuté, à Londres, devant les Law Lords du Privy Council à 10h30 ce matin (13h30, heure de Maurice). L'audition s'échelonnera sur deux jours pour se terminer demain. On ne sait toutefois si les law lords feront connaître leur jugement demain. Interrogés ce matin, les avocats mauriciens concernés hésitent avant de se hasarder à faire un pronostic. " Il faut attendre que l'audition commence ", laissait entendre Sanjay Bhuckory, qui représente Raj Ringadoo.
Ashock Jugnauth est défendu par Me Ivan Collendavelloo et Me Dick Ng Sui Wa. " Cette affaire sera intéressante mais on ne sait pas quand le jugement final tombera. On ne sait même pas si les Law Lords donneront un Oral Judgment dans un premier temps ou bien si nous aurons à attendre des mois ", laissait entendre un autre homme de loi qui se trouve actuellement à Londres.
Raj Ringadoo, candidat battu de l'Alliance sociale au N°8, qui avait contesté les résultats du scrutin du 3 juillet 2005 pour des raisons de corruption et de fausses promesses électorales et qui avait obtenu gain de cause, a, lui aussi, fait le déplacement.
Rappelons que dans un jugement de 96 pages, le 30 mars 2007, les juges Paul Lam Shang Leen et Bushan Domah avaient décrété nulle et non avenue l'élection à l'Assemblée nationale d'Ashock Jugnauth. L'un des principaux points évoqués par Raj Ringadoo pour contester l'élection d'Ashock Jugnauth portait sur la promesse d'un cimetière pour des membres de la communauté musulmane de Moka/Quartier-Militaire. Les juges Lam Shang Leen et Domah avaient souligné que " a candidate will fall foul of the law when he is involved in buying votes i.e. exchange vote for money or any other valuable considerations instead of using cogent arguments to influence the voters. There must be an element of bargaining and the corrupt motive will stand so obviously from the facts ".
En tenant compte des faits pour justifier la démarche de l'ancien ministre de la Santé et candidat de l'Alliance MSM/MMM aux élections du 3 juillet 2005, la Cour suprême avait rejeté le fait que puisqu'une telle décision émanait du Conseil des ministres, cela était justifié. " It was argued that it was a decision of the Cabinet. We are of the view that to announce certains decisions a few days before polling whether by Cabinet or the Prime Minister may constitue an act of corrupt practice of bribery if done for a purpose which was obviously to induce voters and which has nothing to do with the political manifesto ", avaient ajouté les deux juges de la Cour suprême.
Concernant le recrutement des General Workers et des Health Care Assistants, les juges avaient estimé que " it is Ashock Jugnauth who was in any way involved in the request for the list of names from the Ministry of Employment ; the purpose of the request of the list was apparent rather than real ; the purpose of the recruitment was for the specific purpose of creating an illusory expectation in the electorate for fake employment in the Civil service ".
" Candid confession "
Tout en se disant conscient qu'ils ne pouvaient se fier aux déclarations des électeurs pour casser l'élection d'un membre de l'Assemblée nationale, les juges avaient accordé du crédit au témoignage de Nikhil Askoolum, un électeur de N°8. " We still think that his deposition was a candid confession of truth and he stood well the test of the starching cross-examination. Now for the responsibility which falls upon Ashock Jugnauth for the acts and doings of his agents, we are of the view that the acts and doings complained of do amount to electoral bribery ", avaient ajouté les juges en citant de larges extraits d'antécédents dans d'autres pays.
En résumé, les juges Lam Shang Leen et Domah avaient avancé : " We find that the election of Ashock Jugnauth should be declared null and void for having been obtained in breach of sections 45 (1) (a) (ii) and 64 (1) of the Representation of the People Act ".
En dernière partie au jugement, la Cour suprême avait soumis des recommandations pour mieux réglementer la situation en période de campagne électorale. Elle demandait à l'Electoral Supervisory Commission de venir de l'avant avec un Code of Conduct pour le gouvernement, le secteur public, le secteur privé, les candidats de même que les agents de ces derniers. " Fair and free elections are the backbone of a strong democratic process which enable a smooth transfer of power. There has always been an outcry of malpractices committed by the government in power by misusing its authority and most of the election malpractices are attributed to the partisanship of the government coupled wth the electoral largesse to different sections of the community during election time ", avaient rappelé les juges Lam Shang Leen et Domah.
Le jugement se penchait également sur les pouvoirs et responsabilités de tout Caretaker Government. " [A] Caretaker government takes care of state administration during the interim period until a regular government is formed. Its duties consist solely of performing the day to day administrative jobs and is not supposed to deal with policy functions which may influence the election results ", écrivaient les juges, qui ont demandé à l'Electoral Supervisory Commission de s'inspirer des modèles en Australie, au Pakistan, au Bangladesh et en Inde.
Anil Gayan : " On ne peut préjuger de la décision des Law Lords "
" Il y a toujours un danger à préjuger de ce que les Law Lords vont décider, mais selon les précédents, il me semble difficile que les Law Lords veuillent upset the findings of fact des deux juges Lam Shang Leen et Domah, c-à-d qu'ils ne voudront pas entamer le raisonnement sur les faits étant donné que les juges sont plus au courant de ce qui se passe dans le pays ", laisse entendre le légiste Anil Gayan dans une interview accordée à Mauritius Times vendredi.
" Mais sur le plan strictement de droit, il y a un point sur lequel, je pense, que les juges auront un problème par rapport au "burden of proof". Selon moi, les deux juges ont eu tort d'appliquer un fardeau de la preuve qui n'est pas connu du système juridique. Cependant, j'estime que les Law Lords, même s'ils sont d'accord avec mon point de vue, diront qu'ils seraient arrivés à la même conclusion que les juges dans l'analyse du problème selon le fardeau de la preuve qui est applicable. Mais je souhaite aussi que le conseil Privé fasse une déclaration sur le rôle de l'Electoral Supervisory Commission qui est tenue par la constitution de superviser les élections. Il appartient à cette Commission d'intervenir en cas d'abus ou de fraude électorale et de faire savoir qu'il y existe un problème et que les élections doivent être cassées ou pas. Or, la Electoral Supervisory Commission a été totalement absente de la joute électorale, alors que son rôle est de veiller à ce que tout se passe dans la bonne gouvernance électorale. Je souhaite que les Law Lords fassent ses commentaires à ce sujet également ", poursuit M. Gayan.
Selon le légiste, il existe toujours une possibilité que les Law Lords pensent que les juges Mauriciens ont eu tort, qu'ils ont mal analysé les preuves et que ce n'est pas à Ashock Jugnauth de payer le prix de manque de travail non accompli par l'Electoral Supervisory Commission. " Il existe toutes sortes de possibilités, mais je pense que, on balance, le Conseil Privé ne va pas upset the findings of fact des juges mauriciens. "
LAW & ORDER Passing out parade à Vacoas samedi
Ramgoolam : " Personne n'est au-dessus de la loi "
Changer la perception de la force policière dans le public
est un des messages forts transmis par le Premier ministre, Navin
Ramgoolam, samedi, aux 444 nouvelles recrues de la force policière,
dont 85 policières. Ce fut l'occasion pour le Premier ministre
de préciser que nul n'est au-dessus de la loi, avec en
ligne de mire les groupes dont les agissements mettent en danger
les citoyens mauriciens.
La passing out parade était la première fonction
à laquelle participait le nouveau commissaire de police,
Dhun Iswar Rampersad, qui avait à ses côtés
tous les hauts gradés de la police.
Pour sa part, le Premier ministre participait à sa première
passing out parade depuis son retour au pouvoir en juillet
2005, et même depuis 1996.
Navin Ramgoolam a profité de l'occasion pour insister sur
le fait que les nouvelles recrues devraient amener la population
à respecter l'uniforme. Il a déploré la mentalité
de certains officiers qui ayant intégré la force
policière mènent un train de vie comme s'ils n'attendaient
plus que l'âge de la retraite, car la méritocratie
n'est pas de mise. Entre-temps, le pays devait faire face à
un problème de law and order alors que la perception
dans le public est que la situation se détériore.
Le Premier ministre a exprimé sa détermination de
changer cette perception. Chaque citoyen mauricien a droit à
la sécurité. Il a insisté que la loi de la
jungle avec des groupes des personnes cherchant à prendre
la loi entre leurs mains ne sera pas tolérée. Personne
n'est au-dessus de la loi, a-t-il lancé, en précisant
que le rôle de la police est de sévir contre tous
ceux qui violent la loi. " Maurice doit continuer à
être un endroit où on peut vivre en sécurité
et où les touristes peuvent vivre en sécurité.
On ne peut permettre à un groupe de criminels de ternir
notre réputation ", a-t-il dit.
Le Premier ministre a rappelé l'intention du gouvernement
de durcir les lois contre la criminalité. Il a, aussi,
annoncé que l'accent sera mis sur la formation avec l'aide
de pays comme la Chine, l'Inde, la France, la Grande-Bretagne
et les Etats-Unis.
Jean Marc Poché